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les événements de 1830, il prêta serment au nouveau gouvernement, et vota constamment avec le centre droit.
Il a terminé sa carrière en 1834.
Champart, terme usité autrefois dans plusieurs coutumes et provinces pour exprimer une redevance qui consistait en une certaine portion des fruits de l'héritage pour lequel elle était due. Ce mot vient du latin campi pars ou campi partus, d'où Ton a formé dans les anciens titres latins les mots campars, campipartum, campartium, campartum, campardus , campartus , campipertio.
(V oy. du Cançe,aux mots Campi pabs) .
En français, ce droit recevait aussi différents noms : en quelques lieux, on l'appelait ferrage ou agrier; en d'autres, on l'appelait tasque ou tâche, droit de quart ou de cinquain, neuvième vingtain, etc.
Ce droit avait lieu en différentes provinces, tant des pays coutumiers que des pays de droit écrit. En quelques endroits, il était fondé sur la coutume, les statuts ou les usages du lieu; en d'autres, il dépendait des titres.
Il y avait trois sortes de champarts : on distinguait d'abord le champart seigneurial, qui tenait lieu de cens, et était dû in recognitionem dominii; on donnait aussi ce nom à une redevance semblable au surceus ou rente seigneuriale; enfin le champart non seigneurial était celui qui consistait dans une redevance foncière due au propriétaire ou bailleur de fonds, dont l'héritage avait été donné à cette condition.
Le plus ancien règlement que l'on trouve sur le droit de champart se trouve dans des lettres de Louis le Gros, de l'an 1119, accordées aux habitants du lieu nommé Angere régis, que Secousse croit être Angerville dans l'Orléanais. D'après ces lettres les habitants de ce lieu devaient payer au roi un cens annuel en argent pour les terres qu'ils possédaient. Ces lettres furent confirmées par Charles VI, le 4 novembre 1391.
La dîme, soit ecclésiastique, soit inféodée , se percevait avant le champart ;
et le seigneur ne prenait le champart que sur ce qui restait après la dîme prélevée; c'est-à dire que, pour fixer le champart, on ne comptait point les gerbes enlevées pour la dîme.
La quotité de ce droit dépendait de l'usage du lieu, et plus encore des titres. Les coutumes de Montargis, de Berri et de Vatan le fixaient à la douzième gerbe, s'il n'y avait convention contraire; celle de Dovine à la dixième gerbe. Dans certains lieux il était encore plus fort : quelques seigneurs en Poitou percevaient de douze gerbes deux, et même trois. Dans les provinces de Lyonnais, Forez, Beaujolais, il était ordinairement du quart ou du cinquième des fruits; c'est pourquoi on l'appelait droit de quatre ou de cinquain. En Dauphiné, on l'appelait droit de vingtain, parce qu'il était de vingt gerbes une.
Le champart étant une redevance en nature proportionnée au produit, les seigneurs avaient des officiers, nommés numeratores, qui comptaient les gerbes dont se composait la récolte, afin d'établir le nombre des gerbes qui leur revenait. Leur office se nommait notnbrage (numeragium) ; et l'on ap; pelait dû même nom leur salaire, qui ordinairement se prélevait aussi sur la récolte.
Champaubert, village de l'ancienne Champagne, auj. du dép.de la Marne, à deux myriamètres d'Épernay, ou Napoléon battit l'avant-garde de I armée prussienne, le 10 février 18H.
Champaubert (bataille de). — La France était envahie par l'Europe coalisée; ses armées, affaiblies par a campagne de Russie et par la détection des alliés, défendaient cependant la patrie avec toute l'ardeur que pouvait inspirer la présence de Napoléon.
Mais la supériorité numérique de Blùcher et de Schwartzemberg était telle, que pour n'être pas enveloppe ou coupé de la capitale, l'empereur dut , au commencement de février 1814 , se retirer de Brienne sur Troyes et sur Nogent. Il avait au.*' pour but de séparer par ses habiles et rapides manœuvres les deux grandes
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armées prussienne et autrichienne, pour les attaquer et les battre l une après l'autre. Ce plan eut un premier et brillant succès, le 10 février, à Champaubert , où le général russe Ousonwief s'était arrêté, à la tête de douze régiments. Napoléon le voyant isolé, fit marcher contre lui Marmont, soutenu par Ney. L'ennemi , mis à couvert par des bois et par un marais, résista avec courage; mais on enleva les bois, et Ton se jeta sur les Russes, qui, débordés à droite et à gauche, ne purent résister. Attaqués une seconde fois sans avoir eu le temps de se remettre de ce premier échec, ils furent de nouveau culbutés et poussés jusqu'au village par le corps de bataille des Français. Ils espéraient s'y arrêter et recommencer le combat, quand, à droite et à gauche, ils aperçurent des divisions d'infanterie et de cavalerie, et furent contraints de se jeter dans la traverse d'Épernay. Près de la Caure, ils changèrent de' direction, croyant pouvoir déborder à leur tour l'aile droite des Français et reprendre la chaussée d'Étoges; mais une brigade de cuirassiers les chargea par le flanc, les mit en désordre ; puis l'infanterie de JMey les prévint au débouché de la route et acheva leur défaite. Le général russe fut pris avec six mille des siens; le reste de ses troupes demeura sur le champde bataille ou tut noyédans un étang. Quarante pièces de canon, tous les caissons et les bagages restèrent en notre pouvoir. Le lendemain, Blùcher fut battu à Montmirail.
Champcenetz (le chevalier de), né à Paris en 1759, était officier aux gardes françaises avant la révolution.
Lié avec Rivarol, le vicomte de Mirabeau et quelques autres, il composa avec eux un recueil périodique intitulé les Actes des Apôtres , pamphlet dirigé contre les chefs du parti révolutionnaire. On a encore de lui beaucoup d'écrits du même genre, et entre autres : les Gobe-mouches au Palais- AoyaL et le Petit Almanach de nos grands hommes. Après le 10 août 1792, Champcenetz s'était retiré à Meaux, où il aurait pu vivre en sûreté.
Mais il eut l'imprudence de revenir à Paris; il y fut arrêté peu de temps après, condamné à mort par le tribunal révolutionnaire, et exécuté le 23 juillet 1794.
Champ clos. — Au temps des combats judiciaires, on appelait ainsi un terrain que Ton couvrait de sable, qu'on environnait d'une double barrière, et sur lequel on élevait des estrades pour le roi, les juges du camp, les dames, les hommes de la cour et le peuple, que ne manquait jamais d'attirer le spectacle d'un procès plaidé par les armes et jugé par la fortune aussi souvent que par la valeur.
Tous les apprêts du champ clos se faisaient ordinairement par l'accusateur; quelquefois cependant l'accusé avait la fierté de vouloir concourir pour moitié dans la dépense. On lit dans Sauvai que le prieuré de Saint- Martin des Champs et l'abbaye de Saint- Germain des Prés avaient des champs clos. A cette occasion, Sainte- Foix remarque que, comme les religieux de ce prieuré et de cette abbaye ne pouvaient point se battre, ils n'avaient préparé ces champs de bataille que pour les louer à ceux qui, dans une contestation , étaient décidés à recourir au jugement de Dieu.
Ce fait peut être exact; mais ces champs clos pouvaient aussi servir aux moines de ces abbayes à vider, par le moyen d'un champion, ainsi que le faisaient les vieillards, les femmes, les enfants et les gens d'église, les différends auxquels donnaient lieu leurs rapports avec les gens du monde.
Quand les champs clos furent fermés à ceux que divisaient des intérêts pécuniaires, ils restèrent ouverts à ceux qui demandèrent à prouver par le duel la fausseté d'une accusation ou d'une imputation qui blessait leur honneur.
En 1547, il en fut préparé un à Saint- Germain en Laye pour Jarnac et la Châtaigneraye. Sous Charles IX, on en établit un à Vincennes pour le duel qui eut lieu entre Honoré d'Albret, seigneur de Luynes, et le capitaine Panier, qui lui avait reproché le soupçon qu'on avait contre lui au sujet de
T. iv. 29* Livraison. (Dict. ehcycl. , etc.)
la Motte et Coconas. De Luynes fut vainqueur en présence du roi et de toute la cour. Le dernier champ clos fut celui que Henri III permit en 1578, dans la rue Saint-Antoine à Paris, pour le combat qui fut livré entre Caylus, Maugiron et Livarot, contre Balzac d'Antraguet, Aidie de Riberac et Sehomberg. Voyez Combat judiciaire, Duel, Jugement de Dieu.
Champ db mai. — Les assemblées nationales étaient désignées,sous la première race, par le nom de champ de mars; sous la seconde, elles furent appelées champ de mai. Le continuateur de Frédégaire à l'année 706 nous apprend que Pépin le Bref changea l'époque de ces assemblées et qu'il les mit au mois de mai. C'était le moment des expéditions militaires; les rois consultaient alors les chefs et passaient l'armée en revue. Outre ce changement dans l'époque de leur réunion, les comices nationaux en subirent un plus important dans le mode de leur composition. Les prélats y furent appelés et v obtinrent, surtout sous Pcnin, une influence qui en écarta bientôt les chefs militaires. Tous les actes de ces nouveaux champs de mai émanent de l'esprit ecclésiastique ; et , en effet , la dynastie carlovingienne fut beaucoup plus soumise à l'influence religieuse que les Mérovingiens (voyez Cablovingibns et Mérovingiens).
Sous Pepiu, les assemblées devinrent des conciles, comme en Espagne , chez les Wisigoths. Les décrets des diètes de Verberie, de Vernon, de Metz , de Compiègne , sont aussi bien des canons de conciles que des capitulâmes. Sous Charlemagne, la grandeur du roi était telle, que l'Eglise se laissa dominer à son tour. D'ailleurs l'esprit belliqueux de ce prince rendit aux assemblées leur ancienne forme, et 1» s guerriers y reparurent. Toutefois, les prélats n'en furent pas exclus, mais aucun des deux partis ne domina l'autre; ils étaient égaux devant l'empereur.Hincmar, arenevéquede Reims, a écrit, à la demande de quelques grands du rovaume, une lettre pour l'instruction cfe Cari o m a n , fils de Louis le Bègue, qui contient des détails très-
curieux sur les assemblées sous Charlemagne. M. Guizot a cité cette lettre dans sa vingtième leçon et dans ses Essais. Ces grands plaids étaient précédés d'une réunion ue conseillers où l'on préparait ce qui devait être proposé a l'assemblée générale. Outre l'initiative, les rois avaient la sanction. Les décrets de ces assemblées étaient les capitulaires (voy. ce mot). Charlema-
Sie, Louis le Débonnaire, Charles le hauve, tinrent beaucoup de ces grandes diètes; mais elles disparurent lorsque commença la dissolution de l'empire carlovingien.
Champ de mai en 1815 (assemblée du). — Nous nous bornerons à donner ici quelques détails sur cette solennité, dont nous avons essayé de montrer le caractère politique dans l'article Cent joubs. Bien qu elle ait été loin de répondre à l'attente générale, cependant les paroles énergiques que l'empereur adressa aux fédérés et à la députatioo des électeurs enflammèrent un moment les esprits. Des invocations patriotiques, une éloquence militaire, étaient la seule ressource qui restât à Napoléon depuis le 22 avril , jour où il avait promulgué de son propre mouvement l'acte additionnel , et trompé l'espoir de la France, à laquelle son décret de Lyon avait annoncé une constitution sérieuse, et non un vain simulacre de charte octroyée. Loin d'avoir à nommer les députés qui devaient composer la nouvelle assemblée constituante, leséJecteurs n'eurent plus qu'à constater le résultat des votes sur l'acceptation ou le refus de l'acte additionnel. Encore, ce dépouillement des votes n'etait-il qu'une formalité illusoire, puisque 1 empereur, n'admettant pas la possibilité d'un refus, avait ordonné, le 30 avril , que quatre jours après la publication de son décret, les collèges électoraux se réuniraient pour procéder à l'élection des représentants du peuple, conformément a l'acte envoyé pour être soumis à son acceptation. C'était toujours la même tactique qu'aux beaux temps du consulat et de l'empire, tactique qui consistait à arranger les choses a sa manière, et à demander ensuite au
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peuple s'il donnait son adhésion aux laits accomplis. Quoi qu'il en soit, pendant dix jours, des registres furent ouverts aux secrétariats des municipalités, des administrations, des grelles de tribunaux et de justices de paix, chez les notaires et dans chaque régiment.
Comment n'aurait-on pas été sùr d'avance de la majorité, puisqu'on faisait voter l'armée, et que la discipline était là pour éclairer ses votes? En vingtcinq jours, le relevé général de chaque département fut envoyé au ministre.
Néanmoins, malgré ces façons expéditives, l'empereur fut obligé d'ajourner au 1er juin l'assemblée du champ de mai, qui avait d'abord été indiquée pour le 26 mai, et dans laquelle devait être relevé le chiffre des votes affirmatifs ou négatifs. Ainsi, pour que la déception fut plus complète, la fameuse assemblée du champ de mai n'eut pas lieu dans le mois dont elle porte le nom. Des grandes proportions d'une nouvelle fédération nationale, elle descendit à celles d'une fêle militaire. Le chef de l'État n'y parla de constitution et de liberté qu'avec une réserve extrême ; en revanche , le grand capitaine y parla de guerre et de gloire avec autant de magie qu'à son ordinaire. Malheureusement i\apoléon,en dépit de sa confiance dans son propre génie , allait être moins heureux contre la coalition des rois que contre l'indépendance nationale. La victoire sur l'étranger ne devait plus nous consoler des défaites de la liberté à l'intérieur.
Le 1er juin, tout Paris se porta au Champ de Mars, où vinrent se réunir le gouvernement, les membres de la représentation nationale et de la chambre des pairs, les députations des collèges électoraux, celles des différents corps de l'armée et les fédérés des faubourgs Saint-Antoine et Saint-Marceau. Le trône de l'empereur s'élevait en avant de l'École militaire, au milieu d'une enceinte demi-circulaire de gradins immenses, où étaient assises six à sept mille personnes d'un côté et autant de l'autre. Pour donner un caractère religieux à la solennité, l'empereur avait fait dresser à côté du trône
un autel où la messe fut célébrée en grande pompe. Avant de recevoir le serment du peuple et de l'armée, le nouveau Charlemagne fit bénir ses armes par le clergé, lequel, avant peu, devait bénir celles des étrangers qui allaient ramener les Bourbons. Pour voler au combat, les bénédictions des
f)rêtres ne sont pas suffisantes , lorsque e guerrier qui les implore n'a pas su mériter les bénédictions du peuple, qui sont la manifestation la plus certaine de la protection divine.
Après la célébration de la messe, la députation des collèges électoraux, composée de cinq cents membres, vint entourer l'empereur sur les marches du trône. Dubois d'Angers parla en leur nom. Quelques-unes des paroles de l'orateur laissèrent voir que lesélecteurs n'étaient pas complètement satisfaits de l'acte additionnel. Il dit que, confiant dans les promesses de l'empereur, les électeurs lui remettaient, et aux deux chambres, le soin de consolider et de perfectionner sans secousse le système constitutionnel, et que les Français, serres autour du trône, étaient décidés à tous les sacrifices pour maintenir V indépendance et V honneur national. Ensuite Cambacérès, arehichancelier de l'empire, proclama que l'acte additionnel aux constitutions de l'empire était accepté à la
f>resque unanimité des votes. Fin effet, e nombre des votes négatifs n'était que de quatre mille sept cent quatrevingt-douze, tandis que celui des votes aflirmatifs s'élevait à un million cinq cent trente mille trois cent cinquante sept, majorité factice, qu'il n'avait pas été iort difficile de se procurer, puisque, comme nous l'avons dit, il y avait eu un registre ouvert dans chaque régiment. Après que les acclamations eurent cessé , l'empereur signa l'acte de promulgation et prononça les harangues éloquentes dont nous avons cité quelques passages dans l'article Cent jours. De nouvelles acclamations se firent entendre. Alors l'empereur prêta sur l'Évangile le serment d'observer et de faire observer les constitutions de l'empire. Les grands di-
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gnitaires et toute l'assemblée jurèrent aussi d'être fidèles à ces constitutions. Après le Te Deum, Napoléon quitta son manteau impérial , et s'avança sur les premières marches du trône, pendant qu'un roulement de tambours attirait sur lui l'attention du peuple entier. Alors, montrant les drapeaux que tenaient les ministres de l'intérieur, de la guerre et de la marine, l'empereur dit aux troupes : « Soldats «de la garde nationale de l'empire, « soldats des troupes de terre et de « mer, je vous confie l'aigle impériale, « aux couleurs nationales. Vous jurez « de la défendre, au prix de votre « sang , contre les ennemis de la patrie « et de ce trône? Vous jurez qu'elle « vous servira toujours de signe de « ralliement: vous le jurez? » Nous le jurons! s'écrièrent I armée et la rçarde nationale, que des traîtres empêchèrent quelques mois plus tard de tenir leur serment. Heureux de l'enthousiasme qui avait accuelli ses dernières paroles , l'empereur alla se placer avec son cortège sur un trône au milieu du Champ de Mars. Il y distribua les drapeaux aux présidents des collèges électoraux des départements, à la garde nationale de Paris et à la garde impériale; puis les troupes, au nombre de cinquante mille hommes, dont vingtsept mille gardes nationaux, défilèrent devant lui aux cris de vive l'empereur! répétés par la foule immense qui couvrait les tertres du Champ de Mars.
Comme fête nationale, l'assemblée dite du champ de mai fut incomplète, et ne mérite en aucune manière d'être comparée aux deux grandes fédérations de 1790 et de 1793; comme fête militaire, elle eut un brillant succès, et chacun en sortit convaincu que l'aigle impériale allait de nouveau s'élancer a la victoire. C'était tout ce
Sue demandait le plus grand capitaine es temps modernes.
Champ de mars, assemblée de chefs et de guerriers que les premiers rois francs avaient coutume de convoquer tous les ans au mois de mars et
Sui se tenait en plein air. Flodoard , istorien de l'église de Reims, et l'au-
teur de la Vie de saint Rerni, pensent que ce nom vient de Mars, dieu de la guerre, adoré par les barbares avant leur conversion. Du Cange préfère l'avis de ceux qui croient que ces assemblées étaient ainsi nommées parce qu'on les convoquait au mois de mars, et assurément il a raison. Dans l'origine, ces assemblées n'étaient que des réunions militaires. Ce fut dans un champ de mars , où il faisait la revue de ses troupes, que Clovis fendit d'un coup de hache la téte de ce guerrier qui l'avait bravé à Soissons; ce fut dans un champ de mars qu'il annonça à ses compagnons qu'il avait résolu d'envahir le territoire des Goths, et m/il leur tint ce discours si bref et si significatif rapporte par Grégoire de Tours.
Sans perdre ce caractère primitif, les champs de mars furent moins exclusivement militaires quand la race conquérante eut commencé à s'organiser sur le territoire des vaincus. AÏnsi les assemblées tenues à Cologne, Trêves, Andernach, sous les petits-fils de Clovis , s'occupèrent de la législation du peuple franc. Le décret de Childebert est l'œuvre de Tune de ces assemblées. Avec la décadence des Mérovingiens, les champs de mars tombèrent en désuétude. Mais la victoire de Testrv, en assurant le triomphe du parti aristocratique , remit en vigueur une institution qui donnait aux leudes une part considérable dans le gouvernement. Les guerriers qui avaient vaincu pour Pépin d'Heristail prétendirent être consultés par lui, et il fit revivre les comices généraux de la nation selon les anciennes coutumes.
Le roi mérovingien assistait à la première séance, prononçait un discours sur des lieux communs du temps, sur la paix intérieure, sur la défense des églises, des veuves, etc. ; rendait quelques édits aussi insignifiants que ses paroles, et rentrait ensuite dans sa pilla de Maumagne. Pépin présidait après son départ, recevait les ambassades étrangères et réglait tous les intérêts de l'état. Telles furent sous les Mérovingiens les vicissitudes de ces assemblées, que les chroniqueurs ap-
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pellent campus martii, publicum mal- MM, placitum, conventus gênerafis, etc.
Champ du drap d'or.— En 1520, Charles-Quint et François Ier, se préparant à la guerre, se disputaient l'amitié de Henri VIII , prince orgueilleux , passionné , et qui avait pris luimême pour devise : « Qui je dé/ends est maitre. » Charles avait déjà visité le roi d' Angleterre, quand François voulut à son tour avoir une entrevue avec ce prince. Les deux souverains étaient convenus de cette rencontre parle traité de 1518, en vertu duquel Tournai avait été restitué à la France; mais leurs commissaires avaient perdu beaucoup de temps à régler les dispositions que l'on croyait nécessaires pour ménager la sûreté et le point d'honneur des deux rois. Au commencement de juin, les souverains arrivèrent au lieu du rendez-vous avec leurs courtisans ; et, jaloux de se surpasser en magnificence, ils déployèrent un luxe dont on n'avait pas encore vu d'exemple. « Avoit fait le roi de France , dit Fleuranges , les plus belles tentes qui furent jamais vues , et le plus grand nombre et les principales étoient de drap d'or frisé dedans et dehors, tant chambres, salles
aue galeries; et tout plein d'autres raps d'or ras, et toiles d'or et d'argent. Et avoit dessus lesdites tentes force devises et pommes d'or ; et quand elles étoient tendues au soleil , il les faisoit beau voir. Et y avoit sur celle du roi un saint Michel tout d'or, afin qu'elle fust cognue entre les autres, mai? il étoit tout creux. Or, quand je vous ai devisé de l'équipage du roi de France , il faut que je vous devise de celui du roi d'Angleterre, lequel ne fit qu'une maison; mais elle étoit trop
S lus belle que celle des François, et e plus de coutance ; et étoit assise ladite maison aux portes de Guines, assez proche du château; et étoit de merveilleuse grandeur en carrure , et étoit ladite maison toute de bois, de toile et de verre; et étoit bien la plus belle verrine que jamais Ton vit , car la moitié de la maison étoit toute de \errine; et vous assure qu'il y faisoit
bien clair. Et y avoient quatre corps de maison , dont au moindre vous eussiez logé un prince. Et étoit la cour de bonne grandeur, et au milieu de ladite cour et devant la porte y avoit deux belles fontaines qui jetoient par trois tuyaux, l'un hypocras, l'autre, vin, et l'autre, eau. Et faisoit dedans ladite maison le plus clair logis qu'on sauroit voir, et la chapelle de merveilleuse grandeur et bien étoffée , tant de reliques que de tous autres paremens, et vous assure que si tout cela étoit bien fourni, aussi étoient les caves, car les maisons des deux princes, durant le voyage, ne furent fermées à personne.» Ces tentes étaient dressées dans un champ situé entre Guines et Ardres, et qui reçut le nom de champ du drap d or. Les deux rois s'y rencontrèrent le 7 juin ; ils s'embrassèrent, entrèrent dans le palais, et y signèrent un nouveau traité rédigé par Wolsey et par Robertet. Dès le lendemain , François I", qui « n'étoit pas homme soupçonneux, et qui étoit fort marry de quoi on n'ajoutoit pas ptus de foi tes uns aux autres,» laissant de côté tous les règlements établis par les commissaires , alla à Guines voir Henri VIII , sans être attendu. Il entra dans la chambre du roi qui dormait encore, l'éveilla et l'aida à s'habiller. Le lendemain , Henri VIII lui rendit sa visite ; et dès lors , pendant trois semaines, les deux cours passèrent leur temps en déduits et choses de plaisir. « Par douze ou quinze jours coururent les deux princes l'un contre l'autre , et se trouva audit tournoi, grand nombre de bons hommes d'armes, ainsi que vous pouvez estimer, car il est à présumer qu'ils n'amenèrent pas des pires. Je ne m'arresterai à dire les grands triomphes et festins qui se firent là , ni la grande dépense superflue , car il ne se peut estimer ; tellement que plusieurs y portèrent leurs moulins, leurs forests et leurs prés sur leurs épaules (*). » Cette entrevue , dont on attendait de si grands résultats, n'en produisit aucun. Le
(*) Mémoires de M. du Bellay.
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traité signé par les deux rois devait unir à jamais l'Angleterre et la France; mais, pendant que le chevaleresque François I" joutait à Ardres, et y prodiguait follement les sommes qu il venait d'arracher à la France, sous prétexte des besoins de l'État , Charles-Quint gagnait Wolsev et préparait en secret la ruine des projets de son rival. Henri VIII, en s'en retournant, trouva à Gravelines Charles qui était venu à sa rencontre, et lui renouvela ses pro»
messes d'alliance. Quoi qu'il en soit, les arts ont perpétué le souvenir de cette féte royale , que représentent les bas - reliefs en marbre de rhdtel de Bourgthéroalde, à Rouen, exécutés au seizième siècle, et d'un fort beau travail.
Champ du Mensonge (*). — Après son expédition contre Pépin, roi d'Aquitaine, l'empereur Louis s'était hâte de regagner son palais d'Aix-la-Chapelle.
Il croyait avoir mis fin à la guerre , et il espérait, après la lutte honteuse qu'il avait soutenue contre son fils, trouver quelques instants de repos.
Mais bientôt il apprit qu'une grande ligue s'était formée; que Lothaire, Pépin et Louis, le roi de Bavière, se disposaient à venir lui demander, à main armée, le maintien des anciens partages. Déjà les trois rois avaient rassemblé leurs guerriers. L'alarme fut grande au palais d'Aix-la-Chapelle.
L'empereur Louis convoqua ses fidèles et tous ceux qui s'étaient dévoués aux intérêts de sa femme Judith et de Charles , le plus jeune de ses fils. Beaucoup répondirent a cet appel ; c'étaient sans doute des hommes du ISord qui prirent les armes en haine des populations du Midi , qu'entraînaient à leur suite les fils de I empereur. C'étaient aussi quelques évêques et quelques abbes, qui n'avaient point cessé d'avoir part aux faveurs impériales; des comtes nouvellement créés , et les officiers enri-
(*) Nous empruntons cet article plein d'intérêt et de recherchai curieuses aux scènes historiques publiées par M. Jean Yanoski , dans le Xationatdu a5 août i838.
chis par les bénéfices que Louis accordait avec tant de prodigalité.
Quand l'empereur eut autour de lui une suite nombreuse, il se mit en marche, et il arriva à Worms aux approches du printemps. Il s'arrêta quelque temps dans cette ville, et il y célébra les têtes de Pâques et de la Pentecôte. Lothaire , Pépin et Louis envoyèrent à leur père plusieurs messages ; ruais l'empereur rejeta toutes leurs propositions. Cependant il ne savait à quoi se résoudre, et il hésitait encore lorsqu'il apprit que ses fils s'avançaient avec leur armée; alors il résolut de marcher à leur rencontre.
Près deColmar, entre cette ville, Kùnsheim et Sigoltsheim, s'étend une vaste plaine qu'on appelait Rothfeld ou le champ rouge; c'est dans cette plaine que les armées se trouvèrent en présence. Des deux cotés on éleva des tentes; et les guerriers, qui avaient des vivres en abondance dans ces riches campagnes du Rhin, purent attendre le résultatdes négociationsqui venaient de commencer. Mais déjà la partie n'était plus égale; les hommes les plus illustres de l'Empire arrivaient au camp de Lothaire , le chef de la ligue, et au milieu d'eux on voyait l'évéque de Rome, dont la suprématie sur toutes les églises d'Occident, sanctionnée par le roi Pépin et par Charlemagne, était alors fermement établie.
Il y eut un moment où le bruit courut dans l'armée de Louis que le pape Grégoire allait l'excommunier, (ut et les siens. Un grand tumulte s'éleva, et les évêques qui accompagnaient l'empereur s'écrièrent : « ÎNous ne reconnais- « sons point l'autorité de Grégoire, et a si le pape de Rome nous excommunie, «nous l'excommunierons à notre tour.»
Bientôt la colère fit place à la réflexion , et la crainte s'empara des plus courageux. Le pape était le chef reconnu de toute la chrétienté , et c'eût été un sacrilège que de combattre contre lui.
Le pieux empereur Louis devait avoir lui-même de grands scrupules. Dès lors le découragement gagna son armée, et ceux qui l'entouraient attendirent avec anxiété l'issue de cette lutte.
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Cependant des messagers franchissaient chaque jour l'intervalle qui séparait les deux camps; et, s'il faut en croire un contemporain, l'empereur et ses dis échangèrent entre eux ces paroles :
« Vous me devez la vie , écrivait « l'empereur à Lothaire , à Pépin et à « Louis ; n'oubliez point que je suis « votre père. »
A quoi les fils répondirent : « Après « Dieu , ô le plus grand des Augustes, « votre personne est ce que nous avons • de plus cher et de plus sacré. Nous « ne sommes point des rebelles, comme « le disent nos ennemis; nous venons, « en suppliants, implorer votre misé- « ricorde. Ne nous condamnez point « injustement, ne nous dépouillez point « sans cause de notre héritage. »
L'empereur ajouta : « Souvenez- « vous que vous êtes mes vassaux , et « que vous vous êtes engagés par ser- « ment à me demeurer fidèles. »
« Nous ne vous avons point refusé « le service que nous vous devions, car « votre honneur , votre gloire , votre « bonheur, sont des choses qui nous « sont plus précieuses que la vie. Si « nous venons en armes vers vous , « c'est pour vous délivrer des ennemis « qui vous entourent , c'est pour expo- « ser au grand jour les crimes de ces « hommes qui essayent de pervertir m votre âme si pieuse et si douce , et « nui veulent vous perdre en nous pera dant. »
L'empereur dit alors : « Je suis le « défenseur légitime du siège nposto- « lique; pourquoi tenter de me ravir « une prérogative que je n'abandonne- « rai jamais tant que je vivrai ? »
Lothaire répondit : « Que Votre « Grandeur se souvienne qu elle a bien « voulu m'associer à elle pour la dé- « fense de toutes les églises. Du con- « sente ment de la nation , j'ai été votre « collègue. Mon nom a figuré à côté « du votre dans tous les actes et sur « les monnaies. C'est par votre volonté « que j'ai été appelé empereur, que la « couronne impériale a été placée sur « ma téte, et que j'ai pris en main « l'épée pour dérendre votre empire et
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« l'Église. J'ai entendu dire que plu* « sieurs dressaient des embûches nu « pape; mon devoir était donc de le « prendre sous ma protection ; Je ne « souffrirai point qu'on lui fasse In* «jure. »
« Il n'est pas juste, écrivit l'empe- « reur, que vous reteniez Grégoire dans « votre camp, et que vous lui fermiez « tout accès auprès de ma personne. »
« Vous nous accusez à tort , dit 1 .0- « thaire ; c'est nous qui avons ouvert « au pape la route des Alpes que vous- « même aviez fait garder. Nous ne re- « tenons point Grégoire par force , et «nous souhaitons ardemment que, « pour la gloire de Dieu et pour notre « bien , vous vouliez l'entendre. »
L'empereur s'adressa alors directement à Lothaire : « Tu fais une mau- « vaise action , puisque tu retiens au- « près de toi tes frères , qui sont mes « fils , puisque tu les pousses à se ré- « vol ter contre moi. »
« Cela n'est pas, Seigneur, cela n'est m pas. Mes frères persécutés avaient « pris la fuite, et j'ai voulu les ramènera a vous : tous ensemble nous venons « implorer votre miséricorde. »
Le dernier message de l'empereur était ainsi conçu : « Tu as reçu contre « tout droit mes vassaux dans tes rangs, « tu les retiens auprès de toi. »
«Eux aussi, répondit Lothaire, « étaient dispersés , fugitifs , renfer- « més dans des prisons ou subissant « un dur exil , et cela parce qu'ils vous « avaient été fidèles, parce qu ils avaient « dévoilé l'astuce et les mauvais des- « seins des ennemis qui vous envi* « ronnent , parce qu'enfin ils avaient « résisté avec courage , avec constance , « aux hommes qui déshonoraient votre « personne et votre empire. J'ai ac- « cueilli ces fidèles dont le zèle a été « si mal récompensé ; je vous les ra- « mène aussi pour que vous les rece- • viez en grâce. *
Ces négociations, où l'aigreur s'était souvent mêlée à des paroles de paix f n'avaient eu aucun résultat, et des deux parts on se préparait à recourir aux armes. Le 24 juin , jour de la fête de saint Jean-Baptiste, le pape Gré*
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goire , qui voyait avec douleur tant de maux prêts à fondre sur l'Empire, fît une dernière tentative : il se mit en marche vers le camp de l'empereur, et lorsqu'il fut arrivé, il donna sa bénédiction suivant l'usage. Louis, malgré sa piété et son respect sans bornes pour les évéques , reçut le pape avec froideur, et lui dit: «Si je ne te rends « point les mêmes honneurs qu'aux « papes tes prédécesseurs, si je ne cé- « lèbre point ton arrivée pardes hymnes « et des cantiques , c'est que tu n'es « point venu , comme eux , pour une « nonne cause. » Grégoire lui répondit : « Ma cause est bonne , puisque je « suis venu pour rétablir la paix et la « concorde. Cette paix , je dois l'ensei- « gner à tous les hommes, la porter en « tous les lieux. » Cependant le pape eut encore plusieurs conférences avec l'empereur, mais bientôt il revint triste et découragé dans le camp de Lothaire.
L'arrivée de Grégoire, ses paroles, avaient dû* produire sur les partisans de Louis une impression profonde.
Quand ils surent que la mission du
Sape n'avait pas eu de succès , ils périrent tout espoir d'accommodement et de paix. Ils s'entretenaient entre eux sur les causes de cette guerre, sur ses chances probables , et déjà ils délibéraient sur les moyens d'abandonner l'empereur.
On était arrivé à la fin de juin. Pendant la nuit qui précéda la fête de saint Paul, les soldats de Louis s' échappèrent en grosses troupes, mais sans tumulte, et ils vinrent dresser leurs tentes dans le camp des rois confédérés. Quand le jour commença à paraître, la surprise fut grande dans l'armée de Lothaire. Les soldats et les chefs s'interrogeaient sur ce changement subit, sur les causes qui , dans l'espace d'une nuit , avaient amené la désertion de toute cette multitude. Les principaux conseillers de Lothaire, évéques et abbés, Wala en tête, se rendirent dans la tente du pape pour lui annoncer cette nouvelle. Alors un des prêtres romains qui accompagnaient Grégoire se leva et chanta le psaume : Dextera Dominifecit virtu-
tem. On croyait la lutte terminée , et la joie était universelle.
Cependant, autour de l'empereur, de sa femme Judith et de Charles, le plus jeune de ses Gis , quelques fidèles étaient restés. Ils vinrent auprès de l'empereur, qui leur dit : « Allez vers « mes fils ; je ne veux point que vous « souffriez pour moi dans votre vie ou « dans vos membres. » Ils se retirèrent en pleurant. Trahi par tous les siens, Louis se vit forcé d'accepter les propositions de ses fils. Rassuré par leurs paroles, il partit pour se mettre entre leurs mains ; mais il était triste et abattu. Lothaire, Pépin et Louis, du plus loin qu'ils aperçurent leur père, mirent pied à terre encoururent à sa rencontre. « Souvenez-vous , leur dit • l'empereur, de vos serments ; vous « avez juré de protéger ma femme et «Charles, votre plus jeune frère.»
Après quoi, il embrassa les trois rois et continua sa marche vers leur camp.
Déjà Lothaire, Pépin et Louis songeaient moins aux intérêts de l'Empire qu'à régler leurs propres affaires. Mais 1 opinion publique commençait à changer : ceux-là même qui avaient livré l'empereur eurent de grands remords, quand ils le virent humilié et traité en prisonnier par ses propres enfants.
L'imagination populaire resta frappée de cet événement. « Le lieu où l'empereur Louis a été abandonné, dit nu contemporain , a été dès lors appelé d'un nom ignominieux, Champ du Mensonge. Là , en effet , tous ceux qui avaient promis fidélité à l'empereur faussèrent honteusement leur parole. »
A l'endroit même où s'était accomplie la trahison , sur le Champ du Mensonge, les trois fils de l'empereur avaient encore une fois partagé l'Empire; puis ils avaient exilé Judith à Tortona, et confié à la garde de Lothaire l'empereur et son fils Charles.
Le pape vit bien alors qu'on l'avait trompé. La lutte avait cessé , mais la paix n'était point faite; car cette paix, qu'il avait si ardemment désirée, ne pouvait être le fruit de la fourbe et de la violence. Honteux d'avoir servi d'instrument aux passions mauvaises des
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princes , Grégoire passa les Alpes , et rentra , plein de tristesse , dans sa ville de Rome.
Pépin avait repris la route de l'Aquitaine, et Louis celle de la Bavière.
Lothaire se dirigea, avec son père, vers les provinces de la Gaule, où il espérait trouver encore , pour ses desseins, le concours et l'assistance des évéques. Il traversa les Vosges, passa par Metz et Verdun; enfin il arriva à Soissons. Ce fut au couvent de Saint- Médard qu'il enferma l'empereur. Là, il le retint sous bonne garde, comme dans une prison. Pour lui , il chassa jusqu'à l'automne dans les grands bois qui couvraient encore tout le nord de la Gaule ; puis, tirant son père du couvent de Saint-Médard , il se rendit à Compiègne, où devait se tenir la grande assemblée qu'il avait convoquée.
Champeaux (Guillaume de), ainsi appelé du village de Champeaux en Brie , près de Melun , où il naquit vers le milieu du onzième siècle, étudia sous Anselme de Laon. Puis, ayant été nommé archidiacre de Notre- Dame à Paris , il enseigna publiquement dans l'école de la cathédrale pendant plusieurs années, et acquit la réputation du plus habile dialecticien de son temps (*). Parmi les disciples qu'attira sa célébrité, fut le fameux Aoeilard, dont le mérite fit bientôt ombrage au maître. Dégoûté du monde , Guillaume quitta Paris en 1108 pour se faire moine , et jeta , dans un faubourg de cette ville, les fondements de l'abbaye de Saint-Victor ; toutefois , il y rouvrit bientôt une école publi- . que, dans laquelle il enseigna la rhétorique , la philosophie et la théologie , et où professèrent depuis , avec tant d'éclat, Hugues et Richard. Abeilard , qui avait conçu contre lui une vive animosité, vint l'y entendre, et réfuta , dit-on , avec succès son opinion sur les universaux. En 1113, Guillaume fut placé sur le siège épiscopal de Châlons-sur-Marne , où il contracta une liaison étroite avec saint
(*) Cbron. de Landulfc ; Muratori, Rer. liai., V, 485.
Bernard , et depuis , il fut Pâme de plusieurs conciles. Il mourut au commencement de 1121.
Il ne reste de ce philosophe , qui joua un si grand rôle dans la querelle du réalisme et du nominalisme, que des opuscules théologiques, dont le plus célèbre est celui des Sentences, qui se trouve en manuscrit, à la bibliothèque du roi , sous le n° 220, du fonds de Notre-Dame. Ce manuscrit, d'une écriture du treizième siècle, est un recueil d'explications sur certains points de doctrine, sur des vertus et des vices , et sur des passages de l'Écriture. I>es autres opuscules de Guillaume de Champeaux sont un Fragment sur l'Eucharistie, cité par Mabillon, Annal. V, et un petit traité sur V Origine de tâme, que D. Martenne a publié dans son Thésaurus anecdotorum. Quant aux nombreux ouvrages philosophiques qu'il publia pour la défense au réalisme, et par lesquels, dit de Wisch (*) , il donna à cette doctrine une si grande illustration, ils sont tous perdus. On n'a même conservé le titre d'aucun d'eux ; « et Guillaume de Champeaux n'est plus qu'un nom célèbre (**). »
Chahpein (Stanislas), compositeur de musique, naquit à Marseille le 19 novembre 1753. A l'âge de treize ans, il était maître de musique de la collégiale de Pignon , en Provence ; et déjà il composait des morceaux de musique religieuse. Il vint à Paris en 1770, et se lit avantageusement connaître par un motet à grand chœur qu'il fit jouer à la chapelle du roi à Versailles. Mais abandonnant bientôt le genre religieux pour la musique dramatique, il fit jouer, en 1779, son opéra du Soldat français. Cet habile compositeur a donné depuis un grand nombre d'opéras , dont les plus remarquables sont : la Méloma-
(*) Bibliolh. cisterc. , i33.
(*') M. Cousiu , Œuvres inéd. d'Abeilard, publiées dans la collection des Documents sur l'histoire de France , introd., p. cxu.
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nie, les Dettes et le Nouveau Dm Quichotte. La Mélomanie, composée en 1781 , est encore accueillie avec plaisir. Champein excellait à rendre l'esprit des paroles. Il tenta et résolut le premier le problème si difficile d'adapter de la musique à des paroles en prose. Pour cette innovation hardie, il avait choisi un sujet où les passions les plus véhémentes et les remords les plus terribles exigent du musicien une grande variété de tons et une poésie immense. Ce sujet est YÊlectre de Sophocle, traduite littéralement du grec. Le premier acte de cette œuvre extraordinaire fut répété, et enleva tous les suffrages.
Cependant la représentation publique de VÈlectre fut constamment refusée, sans que l'autorité fît connaître les motifs d'un refus qui nuit à la fois et à la gloire du compositeur et à celle de l'école française. Champein est mort le 19 septembre 1830.
Champfleur, ancienne seigneurie du Maine, auj. dép. de l'Orne, à 4 kil. d'Alençon , érigée en comté en 1654.
Champibr (Symph.) , en latin t anterus et Campegius, naquit, en 1472, Saint-Symphorien le Château, près de Lyon. Après avoir fait ses humanités à Paris, il alla étudier la médeciue à Montpellier, et s'établit ensuite à Lyon , où il pratiqua cet art avec le plus grand succès. Antoine, duc de Lorraine, l'ayant pris pour son premier médecin , le lit chevalier, et remmena avec lui, en 1509, lorsqu'il suivit Louis XII en Italie, où Champier, en digne parent de Bayard , assista à plusieurs batailles. Il accompagna le duc en 1515, et ce fut alors que, se trouvant à Pavie, il fut reçu agrégé au collège de médecine de cette ville.
De retour à Lyon , il fut nommé échevin, et rendit, en cette qualité, de grands services à la cité. Il se servit surtout de son crédit pour faire adopter le projet d'un collège de médecine, qui ne fut fondé que longtemps après sa mort , en 1576, et qui existe encore aujourd'hui sous le nom d école auxiliaire. On ignore l'époque précise de la mort de Champier ; les uns le font
mourir en 1535, d'autres, en 15S9 ou 1540.Cbampieraécrit un grand nombre d'ouvrages sur toutes sortes de sujets : sur la philosophie, sur l'histoire et la médecine. Niceron en compte jusqu'à cinquante-quatre. Nous nous bornerons à citer les plus importants.
Janua logicx et physicœ , Lyon , 1 498, in-4°; De medicinx claris scriptoribus, Lyon, 1506 et 1531, in-8*: à la suite de cet ouvrage en est imprimé un autre , De legum div inarum et humanarum conditoribus , dans lequel se trouve le passage qui a fait soupçonner Champier d'être l'auteur du livre intitulé : De tribus impostoribus; Dialogus in magicarum artium destructionem, Lyon, in-4°; Rosa gailica omnibus sanitatem affectantibus utilis et necessaria, quœ continetprsecepta ex HlppocratiSy Galeni, Erasistrati, Àsclepiadis, Dioscoridis, multorum aliorum cl. virorum libris collecta y Nancy, 1512, in -12; plusieurs travaux sur Galien, sur Hinpocrate, sur Avicène; Médicinale bettum inter Galenum et Jristotelem ges~ tum, etc., Lyon, 1516, in-8° ; Symphonia Platonis cum Aristotele et Galeni cum Uippocrate , Paris, 1516, in-8° ; Ilortus gaUicus, pro Gal/is in Gatlia scriptus, etc., Lyon, 1533, in-8°; Campus Elysius GaUiœ amœnitate rejhtus, etc., Lyon, 1533, in-8° : dans ces deux ouvrages, il s'élève contre l'usage immodéré des drogues tirées des pays étrangers; engage à employer les plantes médicinales de la France , et attaque l'ignorance des apothicaires exerçant la médecine; Epi si ol iv physicx Campegii, Manardi et Coronxi de transmutatione metallorum, Lyon, 1533, in-8°; Cribraiio medicamentorum /ère omnium, digestain sex libros, etc., Lyon, 1534, in-8°; Gallicum pentapharmacum , rhubarbaro , agarico , manna , terebenthina et sene gallicis constans, Lyon, 1684, in-8°; Libri septem de dialectica , rhetorica, geometrica, etc., Bâle, 1537; Quorumdam neoticorum medicorum cataloyus gui nostris temporibus vixenmt, Paris, 1 542 in-8° • Le myroer des apothiquairet
ciia FRANCE.
Cil A
et pharmacopoles, etc., plus: les Lunettes de cyrurgiens et barbiers , Ly un , in-8°, sans date; Dialogue de la cure du phlegmon, etc., Lyon , in-8°, sans date.Les ouvrages historiques de Cham-
Sier offrent de l'intérêt, mais sont épourvus de toute critique; nous nous contenterons de citer sa l ie de Jiayard, 1525, in-4° (il avait épousé une parente du chevalier sans peur et sans reproche ) ; son Petit livre du royaume des Allobroges, dit longtemps après Bourgogne, in-8°; son Histoire des antiquités de la ville de Lyon; ses Crans chroniques des princes de Savoye et Ptedmont, Paris, 1516 , in-folio, etc.
Champigny, ancienne haronnie du Saumurrois, auj. du dép. d'Indre-et- Loire , à 12 kil. de Chinon. La pop.
de cette ville est maintenant de 1,073 habitants. On y remarque une saintechapelle fort curieuse, qu'elle doit aux ducs de Bourbon, auxquels elle a longtemps appartenu.
Champion de Cicé (J. M.), membre de l'Assemblée constituante, né à Rennes en 1735, frère de l'évéque d'Auxerre, avait embrassé lui-même l'état ecclésiastique, et reçu l'ordre de la prêtrise en 1761. Nommé, en 1765 , agent du clergé, charge qui fut presque toujours la route de l'episcopat, il devint évéque de Rhodez en 1770, et passa ensuite en 1781 au siège de Bordeaux. A l'époque de la révolution, les suffrages des électeurs de son diocèse lui ouvrirent les portes de l'Assemblée constituante, où il se montra partisan d'une sage liberté. L'un des premiers de l'ordre du clergé, il se réunit au tiers état; aussi, lorsque Louis XVI se décida à composer un ministère national, il confia un portefeuille à de Cicé , qui fut garde des sceaux. Le nouveau ministre, bravant les scrupules de l'évéque, ne craignit pas de sanctionner le décret que venait de rendre l'Assemblée sur ia constitution civile du clergé. Mais bientôt les progrès de la démocratie l'effrayèrent , et il alla rejoindre les émigrés. De retour en France , en 1802, il fut pourvu de Pévêché d'Aix , qu'il admi-
nistra jusqu'en 1810, époque de sa mort.
Champion de Villeneuve , né à Versailles, de l'un des gens de la maison du roi , embrassa la carrière du barreau, et était avocat au conseil lorsque la révolution éclata. Le 21 juillet 1792, Louis XVI, dont il avait su capter les bonnes grâces, lui confia le portefeuille de l'intérieur. Mais sa conduite douteuse lui fit bientôt perdre à la fois la confiance du roi et celle de la nation. Après avoir invité la municipalité à faire , dans le château des Tuileries, une visite qui fut sans résultat , il fut blessé dans une émeute populaire au faubourg Saint-Antoine, quelques jours avant le 10 août. Son attitude pendant cette fameuse journée le força à quitter le ministère, et l'Assemblée législative refusa de l'entendre, lorsqu'il se rendit dans son sein pour protester de son civisme.
Il ne reparut sur la scène politique qu'en 1800, époque où il fut nommé membre du conseil de préfecture de la Seine.
Championnet (Jean-Étienne), né à Valence en 1762, est un des généraux les plus remarquables qui se soient produits sur la scène militaire de la révolution. Quelques railleries sur l'illégitimité de sa naissance (*) lui firent abandonner sa patrie. Il alla servir en Espagne, rentra en France en 1791, et prit parti pour la révolution. Il fut bientôt nommé chef du sixième bataillon de la Drôme, et chargé de réduire l'insurrection des girondins dans le Jura. Sa mission terminée, il joignit l'armée du Rhin , se signala dans une foule de rencontres , surtout à la reprise des lignes de Weissembourg et au déblocus de Landau, et passa à l'armée de Sambre-et-Meuse avec le grade de général de division. Il y concourut glorieusement à la bataille de Fleurus , où, assailli par des forces quadruples, il repoussa les attaques du prince Charles, culbuta la cavalerie de Kau-
(*) Championnet dans le patois de son paya signifie petit champignon.
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r itz, et, s'élancant à la suite des vaincus , les tailla en pièces à Marbas, et leur enleva, après un combat sanglant, les hauteurs de Clermont. Championnet, qui avait employé les loisirs de la mauvaise saison à des méditations et à des études topographiques qui devaient assurer ses succès , fut enargé de tenter le passage du Rhin. Dusseldorf, Wurtznourg, Altenkirchen, furent tour à tour témoins de sa valeur et de son habileté. Il se disposait à poursuivre vivement les Autrichiens, lorsque les préliminaires de Lcoben vinrent arrêter ses succès. Mais le Directoire ne le laissa pasoisif; il lui confia le commandement de Tune des ailes de l'armée destinée à agir contre l'Angleterre. L'expédition n'eut pas lieu , mais il n'en battit pas moins les Anglais, qui, débarqués à Rlackenberg, étaient venus bombarder Ostende. En 1798, le Directoire le tira de l'armée de Hollande pour lui donner le commandement en chef de l'armée de Rome; mais bientôt il se vit oblige , avec ses 13,000 hommes, de se replier devant les 60,000 Napolitains que Mack poussait devant lui. D'un autre côté, 7,000 Anglais débarquaient à Livourne.
Champioonet , néanmoins, ne se déconcerta pas, et trouva dans son courage et son génie les moyens de faire face à tout. Bientôt il rentra en vainqueur dans Rome, fit investir Capoue, et s'empara de Gaëte. Après la capitulation de Capoue (10 janvier 1799), il put songer à la conquête de Naples , et en effet, le 23 janvier, il fit son entrée dans cette ville. Il s'empressa de pacifier la multitude , et d'organiser la république parthénopéenne; mais ces institutions ne devaient pas avoir une longue durée, et le général en chef lui - même éprouva Fa disgrâce du Directoire à la suite d'un arrêté qui chassait de Naples un commissaire du gouvernement, coupable de concussion. Championnet, destitué, fut traduit devant un conseil de guerre, traîné de brigade en brigade jusqu'à Milan, et de là à Grenoble, où il resta incarcéré jusqu'au moment où la révolution du 30 prairial an vu le
rendit à la liberté. Les nouveaux directeurs le nommèrent général en chef d'une armée des Alpes, qu'il lui fallut réorganiser tout entière. Ses premières opérations furent heureuses ; il se disposait à poursuivre ses succès, lorsque fut livrée la funeste bataille de No vi. Chargé de remplacer Joubert , il recueillit les colonnes qui avaient échappé au feu ennemi, et s'établit avec elles dans la rivière de Gênes. Il s'y trouva bientôt acculé dans la position la plus difficile, sans munitions, sans argent, en face d'un ennemi nombreux. Il désespérait du salut de son armée, quand le retour de Ronaparte vint relever son courage. Il mit aussitôt cette nouvelle à l'ordre du jour, envoya sa démission au Directoire, dans" une lettre où il signala le jeune général comme le seul homme qui pût sauver l'Italie. Cependant le 18 brumaire eut lieu. Championnet , que ses convictions républicaines rendaient peu favorable à ce coup d'État, et dont la douleur et la honte avaient d'ailleurs brisé l'âme, demanda avec instances son remplacement. Il l'obtint, et se retira à Antibes , où il mourut le 10 janvier 1800.
Champions ( Campianes ). a Les « champions, dit de Laurière, dans son « glossaire, sont ceux auxquels on a ac- « cordé d'entrer à cheval ou à pied en « champ de bataille clos et fermé, pour « combattre avec armes, ou à l'écu et « au bâton cornu, pour \u\der leur « différend, ou de ceux pour lesquels « ils sontreceus au combat. » Ce mot, que les uns font dériver du latin campus, les autres de l'allemand kampf (combat, lutte), a été surtout employé au moyen âge pour désigner les nommes qui, moyennant une somme d'argent, allaient défendre en champ clos la cause d'un accusé dispensé de combattre. Il y avait cinq cas , suivant les assises de Jérusalem, où l'on pouvait se faire remplacer. « Li pre- « mier des ensoines si est, se cil qui « veut avoir avoe, montre qu'il li faille a aucun de ses membres, par lequel il * est apperte cose, que li cors en soit « plus foibles. Li secons, si est, s'on a
« passé l'aage de lx ans. Li tiers en- « soines, si est, s'il est accoustnmé de « maladie qui vient soudainement , « comme de goûte, artérique ou den- « tin. Li quars. si est, s'on est mala- « des de quintaine, de tierchaine ou « d'autre maladie appertement, sens « fraude. Li quins ensoines, si est, se « famé apele, ou est apelée , car famé « ne se combat pas. »
Les chevaliers et les princes qui accusaient quelqu'un de vol, de rapt ou de quelque autre méfait pouvant entraîner le duel; les enfants, les moines et les ecclésiastiques, et enfin ceux ue leurs seigneurs y autorisaient , taient admis à se faire remplacer.
Mais l'homme accusé de parricide ou de lèse-majesté ne pouvait se faire représenter par un champion, « à moins que la vieillesse , l'enfance ou l'infirmité ne l'empêchât de combattre. »
C'est ainsi que parle la loi des Lombards; car I usage de se faire remplacer par des champions remonte à l'époque des invasions des barbares.
Cette profession mercenaire des champions les faisait réputer infâmes, et pourtant ils pouvaient eux-mêmes ne pas combattre en personne , mais substituer en leur lieu et place des hommes appelés pugiles.
Avant de descendre dans la lice, les champions juraient « que la cause « qu'ils avaient embrassée était la « cause de la vérité, et qu'ils soutien- « draient de tout leur courage et de « toute leur puissance, de toute leur « âme et de toutes leurs forces, la par- « tic pour laquelle ils combattaient, « et qu'ils n'useraient dans le combat « d'aucun sortilège ou maléfice; » ensuite on leur coupait les cheveux en rond au-dessus des oreilles.
Les champions ne pouvaient combattre qu'à pied, jamais à cheval. « Au « jour qui est assis à faire la bataille, * dit une ancienne coutume de INor- « mandie, se doivent les champions « offrir à la justice, ains que midy soit « passée, tous appareillez en leurs « cuirées ou en leurs cotes, avec leurs « écus et leurs bastons cornus, armez « si comme mestier sera de drap, de
« cuir, de laine et d'estoupes. Esescus, « ne es bastons , ne es armures des « jambes ne doit avoir fors fust ou « cuir, ou ce qui est pardevant dit; « ne il ne peuvent avoir autre instruit ment à grever l'un l'autre , fors « l'escu et Te baston. »
La peine du champion vaincu dans le combat varie suivant les localités « et les temps. « Le champion vaincu, « dit un capitulairede Louis le Débon- « naire, doit avoir la main droite cou- « pée, à cause du parjure qu'il a com- « mis avant le combat. » Quand le combat n'avait lieu que pour soutenir un droit, le champion était puni de même, suivant Dumanoir, et avec raison, dit-il; car «se porroit faindre « par loier, et se clameroit vaincus, « parquoi ses maistres emporteraient « le damage et la vilonnie, et cil em- « porterait l'argent, et pour ce est « bons li jugemens du mehaing. »
Mais quand il s'agissait d'une accusation capitale, la défaite du champion emportait pour lui la peine de mort. « Si la bataille est de chose « qu'on a mort deservie, disent les as- « sises de Jérusalem , et le garent « est vaincu, il et celui pour qui il fait « la bataille seront pendus; et se le « garent est tel qu'il puisse mettre « champion pour soi, et son champion « est vaincu , ils seront tous trois « pendus. Et se feme fait l'apeau (ap- « pel), et son garent et son champion « est vaincu, elle sera arse, et le ga- « rent se combat et est vaincu, sera « pendu; et se il met champion pour « soi , et il est vaincu , il seront tous « deux pendus, et la feme arse. Et se « la bataille est pour la quarele tel « que l'on ne doit mort recevoir, qui « en sera attaint, celui ou celle pour « qui il combat, de qui le champion « est vaincu, pert la quart-Ile , et vois « et respons en cout, et le champion « doit estre pendu. »
Telles étaient les principales règles de la législation à laquelle étaient soumis les champions. Nous renvoyons, pour plus de détails, aux mots Combat judiciaire , Duel, et au glos* saire de du Cance. au mot Campio.
Champlain ( Samuel), voyageur du plus haut mérite, auquel sont dus nos premiers établissements du Canada, et particulièrement la fondation de Québec. Ses connaissantes maritimes, et la bravoure qu'il déploya contre les Espagnols, sur les cotes de Bretagne, dans la guerre de 1595, Axèrent l'attention de Henri IV. Aussi, lorsque le commandeur de Chaste, gouverneur de Dieppe, eut obtenu un privilège pour fonder de nouveaux établissements dans l'Amérique septentrionale, le roi le vit-il avec plaisir confier la direction de cette entreprise à un homme aussi distingué que Champlain. Le 15 mars 1603 , Champlain s'embarqua à Honfleur sur le vaisseau de Pont Oravé, marin trèshabile, avec lequel il fit, dans la suite, beaucoup d'autres voyages; et, le 24 mai, l'expédition jeta l'ancre dans le fleuve Saint-Laurent. Apres avoir remonté le cours de ce fleuve dans de petites barques jusqu'à l'endroit où Jacques Cartier (voyez ce mot) s'était également arrêté en 1535, Champlain revint en France , et présenta le récit de son voyage à Henri IV, qui l'avait prié de lui en rendre compte. Le journal de cette première excursion a été publié à Paris en 1603, sous ce titre : Des sauvages, ou Voyage de Samuel Champlain, etc.
Le commandeur de Chaste étant mort sur ces entrefaites, le sieur de Mons, gouverneur de Pons, auquel Henri IV accorda les mêmes pouvoirs, voulut aller lui-même en Amérique avec Champlain , et mit à la voile en 1G04. Il se dirigea vers l'Acadie (Nouvelle Ecosse), dont le climat lui paraissait préférable à celui du Saint- La tirent. Mais cette entreprise n'eutd'autre résultat que de permettre à Champlain de visiter les cotes de cette contrée.
A son retour, en 1607, il publia la relation de ce second voyage , et donna une description de la cÔte méridionale de l'Acadie et celle de la Baie française, comprise entre cette presqu'île et le continent américain , qu'il avait côtoyée jusqu'au cap Cod.
Le sieur de Mons étant revenu en-
suite à l'ancien projet, Champlain partit de nouveau en 1608 pour le fleuve Saint-Laurent, avec Pont-Gravé. Ce troisième voyage est le plus important de ceux que lit Champlain. Au port de Tadoussac, situé a environ 90 1 ieues marines de l'embouchure du lleuve, mais qui ne pouvait recevoir un assez grand nombrede bâtiments, il préféra un lieu plus commode, situé à 65 myr. de l'embouchure, où le fleuve se rétrécit toutà-coup, et que les sauvages appelaient pour cela Québec, c'est-à-dire, détroit, rétrécissement. Ce qui prouve que le choix de Champlain était bien fait , c'est que Québec devint bientôt le centre du commerce des pelleteries, qui auparavant arrivaient à Tadoussac, et que depuis, cette même ville de Québec a toujours été le chef-lieu de la colonie du Canada. Cependant elle ne se composa longtemps que de quelques maisons construites auprès des magasins, et ne fut entourée de fortifications que vers 1624. Champlain ne recula devant aucune fatigue, devant aucun danger, pour assurer ie développement du nouveau comptoir, on pourrait presque dire de la nouvelle capitale. Il fit un grand nombre de voyages dans l'intérieur des terres, soit pour étudier les mœurs et les besoins des sauvages, soit pour reconnaître les lieux et voir s'il ne trouverait pas un passage vers le Japon. La découverte que venait de faire Iludson de la baie qui porte son nom, stimula le zèle de Champlain , qui espéra au moins s'avancer en suivant le cours des fleuves et en traversant les lacs jusqu'à la nouvelle baie, dont il approcha effectivement, mais qu'il ne parvint pas à toucher. Il visita un grand nombre de fleuves et de lacs, entre autres le lac auquel il donna le nom de Champlain, et le lac Ontario, par lequel il effectua son retour.
Un autre titre de gloire pour Champlain, c'est la bienveillance avec laquelle il traita toujours les sauvages, qu'il s'appliqua à civiliser, et qui le regardaient à la fois comme un chef et comme un père. Ayant épousé le |>arti des Hurons contre les lroquois t il
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leur apprit à vaincre avec des forces inférieures, et les conduisit lui-même à la victoire contre leurs barbares ennemis. On cite de lui plusieurs traits qui font honneur à son génie autant qu'à son audace. Pendant ia guerre maritime que fit l'Angleterre à la France, de 1627 à 1629, Québec, d'abord défendue avec une rare énergie par Champlain, fut forcée de capituler faute de vivres. Lorsqu'à la paix , le cardinal Richelieu eut obtenu que le Canada fdt restitué à la France, les Canadiens indigènes , que les mauvais traitements des Anglais avaient confirmés dans leur bonne opinion sur le compte des Français , accueillirent Champlain avec les plus vives manifestations d'enthousiasme. Il n'en persévéra qu'avec plus d'ardeur dans sa politique, persuadé que l'amélioration du sort des sauvages était le meilleur gage de durée pour la colonie. En 1635, quelques mois avant de mourir, il fonda à Québec un collège, où l'on devait élever dans la religion chrétienne plusieurs enfants indigènes, afin qu'Us allassent ensuite joindre leurs efforts à ceux des missionnaires, et augmenter le nombre toujours croissant des conversions.
Champlain fut universellement regretté en France aussi bien qu'au Canada. Son nom, associé à celui de Jacques Cartier, réveillera toujours d'honorables souvenirs pour la nation française : l'un a découvert, ou, pour le moins, retrouvé le Saint-Laurent, l'autre a colonisé les rives de ce fleuve, qui fut longtemps une de nos plus belles possessions.
Champlain a publié des relations de ses différents voyages. La collection entière a été imprimée plusieurs fois ; la meilleure édition est celle de 1640, in-4a , avec une carte. On y trouve le récit de ses navigations et ses découvertes par terre, depuis 1603, époque du premier voyage , jusqu'à la prise de Québec par les Anglais, en 1629.
Champlittr, petite ville de Franche-Comté, auj. chef-lieu de canton du dép. de la Haute - Saône, à 24 kil.
de Gray, Cette ville est assez an-
cienne; après avoir été à peu près démolie sous le règne de Louis XI , elle fut reconstruite et entourée de fortifications redoutables par Charles - Quint. Henri IV l'assiégea inutilement en 1695; le duc de Weimar la prit, par capitulation, en 1637, et la rendit peu de temps après ; mais elle fut prise de nouveau , et entièrement ruinée, par le ducd'Angouléme, en 1638. On y compte maintenant 3,885 hab.
A quelque distance de Champlittese trouve le village de ChamplUte-lat ille, chef-lieu d'une ancienne baronnie, qui fut érigée en comté, en 1574, par Philippe II, roi d'Espagne, alors souverain de la Franche-Comté.
Champlittb (maison de). Cette maison tire son origine d'£Wes, fils de Hugues, comte de Champagne.
Hugues ayant déshérité son lils, nomma , pour son successeur au comté de Champagne, Thiébaud, comte de Chartres, son neveu. Eudes se retira alors en Bourgogne , où l'empereur Frédéric Ier et Rainaud et Guillaume, comtes de Bourgogne et de Vienne, lui firent présent de plusieurs fiefs. Il devint ensuite seigneur de Champlitte par son mariage avec Sibylle, héritière de cette terre, dont ses fils portèrent le nom. Eudes, qui s'était croisé, mourut en 1205. Il ne laissa qu'une fille, et la moitié de la terre de Champlitte passa par vente dans les mains de Guillaume de Vergi. Celui-ci, qui prit le nom de seigneur de Champlitte, s'étant joint à la croisade contre les Grecs, gagna l'affection de Boniface, marquis de Monlferrat , roi de Thessalonique, et acquit pour lui-même l'Achaïe et la Morée , dont il fut le premier prince. Il portait les titres de prince d'Achaïe, vicomte de Dijon, seigneur de Pontaillié- sur -Saône et de Talin 11 mourut en Italie en 1210.
Après lui, les seigneurs de Champlitte 6e partagèrent en trois branches : la brandie de Pontaillié, la branche de Vaugrenàns et la branche de Flagky.
La branche de Pontaillié est issue de Jean, premier du nom , qui vivait
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L'UNIVERS
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vers 1345. On remarque dans cette branche .
Gui de Pon/aillié , maréchal de Bourgogne, vers 1383.
Oui II de Pontaillié, seigneur de Talmai , l'un des premiers chevaliers de l'ordre de la Toison d'or et maréchal de Bourgogne. I! fut blessé à Montrreau, où il accompagnait Jean sans Peur, duc de Bourgogne, lorsque celui-ci y fut tué, et mourut en 1436.
La branche de Vaugrenans n'offre aucun personnage remarquable.
Dans la branche de Flagey, on distingue :
Claude de Pontaillié, chambellan de Charles-Quint, et Henri de Pontaillié, gentilhomme de la chambre du même empereur, dont il dêvintaussi lechambelfao.
Champmeslé ( Marie Desmares , mademoiselle de). Née à Rouen en 1644, d'une famille pauvre, la jeune Marie Desmares, qui à une grande beauté joignait des dispositions naturelles pour le théâtre, débuta sur celui de sa ville natale, où elle épousa bientôt Charles Chevillet, sieur de Champmeslé, comédien comme elle, et depuis auteur de plusieurs petites pièces dramatiques qu'il composa seul ou en société avec la Fontaine. Mademoiselle Champmeslé vint, en 1669, à Paris, où elle eut un éclatant succès; elle fut engagée successivement à différents théâtres, où elle joua les amoureuses tragiques , et c'est là qu'elle connut Racine, qui l'aima tendrement.
La déclamation était loin alors d'être ce qu'elle est aujourd'hui : les élans passionnés en étaient presque bannis; c'était une mélopée, une sorte de récitatif qu'on pouvait noter comme de la musique. Racine donna à mademoiselle de Champmeslé des leçons de cet art, plus difficile qu'il ne semble, et elle atteignit à de tels effets, que Boileau put dire d'elle, en faisant allusion à l'un de ses rôles les plus fameux :
« Jamais Ipbipénie en Aolidc immolé N'a coûte tant de pleurs à la Grèce assemblée Que dans l'b«'urcus spectacle a nos yeux étalé En a fait sous son nom verser la Cbampineslé. »
Mademoiselle de Champmeslé mourut à Paris en 1698, un an environ avant Racine, dont elle avait été jusque-là la plus tendre et la meilleure interprète.
Le principal mérite des comédies dues au mari de mademoiselle de Champmeslé consiste surtout dans la peinture fidèle des petits ridicules de la société bourgeoise. Les situations en sont intéressantes, les incidents heureux et plaisants, le style bndin et enjoué , mais excessivement négligé.
Presque tous les dénouements sont manqués ou mal amenés, reproche qu'on peut faire également au plus célèbre des auteurs comiques, à Molière lui-même, mais que Champmeslé ne rachète par aucune graude.qualité.
Né à Paris, Champmeslé y mourut en 1701, deux ans après sa lemme.
Champollion -Figeac (J. Jos. ) est ne à Figeac en 1779. Après avoir été successivement bibliothécaire de la ville de Grenoble et doyen de la Faculté des lettres de cette ville , il est venu se fixer à Paris, où il est aujourd'hui conservateur des manuscrits à la bibliothèque royale et professeur à l'école des Chartres. Ses principaux ouvrages sont : Lettre à M. Fourier, sur C inscription grecque du temple de Denderah en Egypte, 1806, in-8°; Antiquités de Grenoble, ou Histoire ancienne de celte ville, d'après ses monuments, 1807, in-4°; Mou telles recherches sur les patois ou idiomes vulgaires de la France, 1809; \otice d'une édition de la Danse macabre antérieure à celles qui sont connues des bibliographes , 1811; Nouveaux éclaircissements sur ta ville de Cularo, aujourd'hui Grenoble, Paris, 1814, in-8° ; Annales des Lagides , ou Chronologie des rois grecs d Egypte, successeurs d'Alexandre le Grand, ouvrage couronné par l'Institut, 1819, 2 vol. in-8° ; Supplément aux annales des Ixig ides, in-8°; Nouvelles recherches sur la ville gauloise d*Lrxellodunum, 1820, 1 vol. in-4°. M. Champollion est aussi l'éditeur des œuvres de Fréret , de lettres inédites de Fénelon , du bel ouvrage intitulé : les Tournois
FRANCE
du roi René , d'après le manuscrit et les dessins originaux composés par ce prince ; et des Chartes et manuscrits sur papyrus de la bibliothèque royale.
Champou i <>> (J. F.), frère du précédent, naquit à Figeac le 23 décembre 1791, et vint achever, au lycée de Grenoble, ses études qu'il termina à l'âge de quinze ans. Admis alors dans Tintimité de l'illustre Fourier , qui , après l'expédition d'Égypte, avait été nommé préfet du département de l'Isère, il puisa dans les conversations de cet homme supérieur un goût irrésistible pour l'étude de l'ancienne ftgvpte ; et bientôt le hasard lui procura l'occasion de montrer tout le parti qu'il pourrait un jour tirer de cette étude. Ayant trouvé un ouvrage sur la *langue copte, langue que déjà quelques orientalistes regardaient comme identique avec l'ancienne langue des Égyptiens, il composa et lut, a la Société des sciences et des arts de Grenoble, un mémoire remarquable sur la nomenclature des anciennes villes de l'Ëgypte. Il vint ensuite à Paris , et y resta peu de temps ; il retourna, en 1809, à Grenoble, où il venait d'être nommé professeur-adjoint d'histoire à la faculté des lettres. Ce fut alors que, sur la recommandation de Fourier, il fut exempté de la conscription par un décret spécial de l'empereur. Deux ans après , il annonçait son Tableau de l histoire des mœurs, des usages, de la géographie, de la langue et des écritures de l'ancienne Egypte avant Cambyse. L'/ntrfxiuction à la partie géographique fut publiée la même année , et bientôt après, parut, en deux volumes in - 8° , cette histoire géographique de i'Égypte des Pharaons , considérée à la fois dans ses limites naturelles et politiques, ses divisions par nomes ou provinces , et dans chacune des localités mentionnées par
lors , l'auteur qui se livrait à une étude assidue des monuments publiés par la Commission d'Egypte, avait conçu, comme il le dit lui-même, « l'espérance « flatteuse, illusoire peut-être, qu'on « retrouverait enfin sur ces tableaux « où l'Egypte n'a peint que des objets « matériels , les sons de sa langue et « les expressions de sa pensée. » « C'était , dit M. le baron Silvestre de Sacy, dans son excellente notice sur Champollion , c'était une idée juste qui le dirigeait , quand il s'attachait avec une sorte d'opiniâtreté à l'étude analytique et synthétique de l'idiome copte, comme à l'instrument indispensable de toutes recherches sur le langage et l'écriture de l'Egypte des Pharaons.
La constance avec laquelle il marchait dans cette route, et la connaissance qu'il avait acquise de cette langue sont prouvées par divers écrits qu'il publia de 1811 à 1817, et qui tous avaient pour objet des fragments ou des notices de manuscrits en cette langue. Il en avait déjà rédigé un dictionnaire de ses trois dialectes, en trois volumes in-4°. La faculté des lettres de l'académie de Grenoble avait été supprimée en 1815; il mit à profit la liberté que lui procura cette circonstance , et recommença sur un plan tout nouveau et plus systématique son dictionnaire de la langue copte, qu'il regardait comme l'arsenal où étaient déposées les armes avec lesquelles il se flattait de faire un jour la conquête scientifique de l'Egypte. »
Champollion , rappelé , sous le ministère oe M. Decazes , aux fonctions de bibliothécaire-adjoint de la ville de Grenoble, occupa aussi jusqu'en 1821 la chaire d'histoire rétablie pour lui par M. Royer-Collard , et ne cessa pourtant pas un instant de s'occuper avec ardeur de ses études favorites.
Enfin, à cette époque, il communiqua à l'Académie des inscriptions et
l'antiquité et reconnue par les obser- belles-lettres le premier résultat de ses
vations des modernes. L'ouvrage , en recherches. Pour en donner une idée
outre, était terminé par un tableau bien nette et bien précise au lecteur,
synonymique des noms des provinces nous allons entrer dans quelques dé-
et des lieux en copte, en arabe, en grec, tails préliminaires sur les méthodes
en latin , et en langues modernes. Dès graphiques usitées dans l'ancienne