‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 66 sur 88 · SIS · texte numérisé non relu

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Pierr* deGiac, i388.

Arnaud de Corbie, destitué en i3q8, réintégré de i4oo à i4o5; destitué une »econde fois, il exerça, de nouveau jusqu'en 1409. II abdiqua enfin en i4is.

Hier de Martreuil (donteux).

Nicolas du Bois, évéque de Bayeux. i3g8 à i4oo. Jean de MonUgu, archevêque de Sens, de i4o5 i

Charles de Sivoisy (fort douteux).

Bustache de Laistre, i4t3, puis de i4t8 à Uao. Henri le Corgne, dit de Marie, i4»3, i4t8 Jean le Clerc, i4*9 * x4»4-

Sous Charles VII.

Louis Je Luxembourg, évéque de Tbéronenne, i435. Thomas Hno, chevalier anglais, i449- Robert le Maçon, i4>8, i4«9. «4»".

Martin Gouges de Charpaignes , évéque de Cler-

mont, t4it à m 1 1- , puis de i4>5 a ' 4 a 8 . Renaud de Chartres, archevêque de Reiras, du a8

mars au 6 août i4i4. pu" de i4»8 à i445. Guillaume Juvenal des Ursins, archevêque de Reims,

de i445 a i46x.

Sous Louis XI.

Pierre de Norvillier. 146» * i&feb.

Le même Guillaume Juvenal, i4"»- Pierre d Oriole, i483.

Sous Charles VIII.

Guillaume de Rncbefort, 149a.

A<Lim Fumée, i494-

garde dea

en i55i

Robert Briçonnet, archevêque de Reims, 1 4q5 , f 497.

Gui de Rochefort.

Sous Louis XII.

Le même, josqn'en Ô07.

Jean de Gannay, iSia.

Etienne Poncbêr, i5i5.

Sons François

Antoine de Prat, iâ35.

Antoine du Bourg, 1 538.

Mathieu de Longuejoue, évéque de Soi ssons, d'abord

en 1 538. puis de 1 544 à 1 545.

Guillaume Poyel, i5J8ài54a.

François de Mnniholon, ?543.

François Errault, i544- François Olivier, i545.

Sous Henri II.

Le même.

Jean Bertrand , jusqu'en 1559.

Sous François II.

Le même François Olivier, jusqu'en 1!

Sous Charles IX.

Michel de 1'nôpital, i568.

Jean de Morviller, évéqne d'Orléans, 1571. René de Biragne, Italien, 1578.

Sous Henri III.

Philippe Horanlt, i588.

François de Montbolon , 1589.

Charles de Bourbon, cardinal de Vendôme.

Sous Henri IV.

Le même , jusqu'en 158g.

Le roi lui-même tint les sceaux jnaqu'en août i5oo. ta même l'hiKppe Hurault, 1599.

Pompone de Belliêvre, 1607.

Nicolas Brulard de Sillery. créé garde des sceaux en i6o5, et chancelier en 1607 jusqu'en 1616.

Sons Louis XIII.

Guillaume du Vair, garde des sceaux , 1616, pois

de 1617 a 1621.

Claude Mangot, garde des sceaux. 1616, 1617. Charles d'Albert , duc de Luynes, garde des sceaux,

Meri de \ic d'Ermenonville, garde des sceaux, i6aa. Louis le Fêvre de Caumartin, 16»», »6a3. Etienne d'Aligre, i6»4, «6>6- Michel de Marillac, i63o.

Charles de l'Aubespine, marquis de Chalean-Neuf,

Pierre Seguier, garde des sceaux, i633, chancelier,

i635a i65o, puis en i65i, puis de i656à 167t.

I* roi après sa mort tint les sceaux quelque

temps lui-même.

Sous Louis XIV.

Mathieu Molé, i65i. i656.

Etienne d'Aligre II, garde des sceaux, 1671, chancelier de 1674 à ,D77« Michel le Tellier, 1677.

Louis Boucherat , i685 a 1699.

Loin Phelypeaux de Pontchartrain, 1714.

Daniel-François Voisin, 1717.

Sous Louis XV.

Henri-François d'Agnesseau, 1718, et de 1710k t7a». J.-J.-B. d'Arinenonville, 171a à «7>7- Germain-Louis Chauvelin, garde des sceaux, 1737. Guil. de Umoignon, 17S0.

ni a

L'UNIVERS

ni a

J.-B. de Macfaault, garde de» sceaux, 1750. Le roi Louis XV. du i4 mars 1767 au iSoclobre 1761. Nicolas-René Berryer, farde des treaus, 1761. l'aul Esprit-Feydeau de Brou, garde des sceaux. 176».

Rene-Cbarlet de Meaupou . vice - chancelier, et

garde de» sceaux, puis chancelier en 176S J René-Nicolas-Cb.-Augustin de Mauprou.

Sous Louis XVI.

Le même R.N.-Ch.-Auj . de Maupeou, jusqu'en

Sous l'empire.

Cainbacérés, arcbichancelier jusqu'en 181 4. et durant les cent jours.

Sous Louis XV M.

DeBarentin, chancelier honoraire, de 18 14 à 1810. Dambray, garde des sceaux, puis cbancelier de i8iSà iM.

Sous Charles X.

lx> même Dambray, jusqu'en 1819.

De Pasloret, vicc-cbaoceber en i8>8, chancelier en i8 3o, donue, après la révolution de juillet, sa démission des droits et prérogatives.

Sous Louis-Philippe.

Le baron Pasquier.

Chancelier de l'Université , nom de l'officier chargé de sceller les lettres des grades et des provisions, dans l'ancienne Université.ll y en avait deux; l'un dépendait de l'archevêque, l'autre de l'abbé de Sainte-Geneviève.

Napoléon , en réorganisant l'Université, rétablit le grade de chancelier, qui , cependant , depuis longtemps , n'est plus conféré.

Le Chancelier ou vice-président de l'Académie française est le second dignitaire de ce corps. Il remplit les fonctions du directeur, lorsque celui-ci est absent.

Le Chancelier du grand prieuré de France était l'officier qui scellait les commissions et les mandements du chapitre et de l'assemblée des ordres de chevalerie , qui tenait le registre des délibérations et qui en délivrait les expéditions sous le sceau de l'ordre.

Aujourd'hui , le premier dignitaire de l'ordre de la Légion d'honneur porte encore le titre de grand chancelier.

Voy. Légion d'honneur.

On donne aussi le nom de Chanceliers aux officiers chargés de la partie administrative et contentieuse des ambassades et des consulats , du dépôt et de l'expédition de tous les actes de la légation, des passe-ports et des actes de l'état civil des nationaux établis

ou voyageant dans les pays où l'ambassadeur ou consul est accrédité. Ces chanceliers sont à la nomination des ambassadeurs et des consuls.

Chancellerie.— Ce nom sert à désigner à la fois le lieu où Ton scelle certaines lettres ou certains actes avec le sceau du prince , pour leur donner l'authenticité nécessaire, et le corps des officiers qui sont employés à ces fonctions. Il y avait autrefois plusieurs sortes de chancelleries que nous allons énumérer.

La grande chancellerie était le lieu où le chancelier de France demeurait ordinairement, où il donnait audience, etc. C'était là qu'on scellait les lettres avec le grand sceau du roi , quand ta garde en était confiée au chancelier (voyez Chancelier). On appelait ce lieu grande chancellerie par opposition aux autres chancelleries établies près les cours et présidiaux ; et on n'a commencé à lui donner ce nom que lors de l'établissement de ces chancelleries particulières, c'est-à-dire, vers la fin du quinzième siècle.

Les petites chancelleries étaient celles où l'on scellait avec le petit sceau les lettres de justice et de grâce. Il y en avait un grand nombre. Les lettres de justice étaient les reliefs d'appel simple ou comme d'abus , les anticipations, coin pu isoires , les requêtes civiles, etc. Les lettres de grâce étaient les bénéfices d'âc:e ou émancipations , etc. Parmi les petites chancelleries on distinguait les suivantes :

1° Chancelleries près les parlements. Ces chancelleries furent établies successivement auprès des parlements des différentes provinces, à mesure nue ceux - ci furent créés , lorsque le parlement de Paris eut été rendu sédentaire. Ce dernier avait aussi une chancellerie, qu'on appelait chancellerie du palais ou petite chancellerie. Elle se tenait à Paris dans le Palais de justice, et était déjà établie en 1490.

2° Chancelleries près les cours des aides. Ces chancelleries remplissaient auprès des cours des aides les mêmes fonctions que les précédentes auprès

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des parlements. La première fut établie en 1574 près la cour des aides de Montpellier.

3° Chancellerie des grands jours. Cétait une chancellerie particulière gue le roi établissait pour les grands jours ou assises qui se tenaient de temps en temps dans les provinces éloignées.

4° Chancelleries des bureaux des finances. Elles avaient été établies

firès de chaque bureau pour sceller es jugements, les lettres, commissions et mandements émanés de ces tribunaux.

5° Chancelleries présidiales. Les premières chancelleries qui furent établies près les présidiaux, furent créées

Kr édit du mois de décembre 1557.

iptiis, ces chancelleries se multiplièrent successivement, à mesure que le nombre des présidiaux fut augmenté.

G? Chancellerie des juifs. C'était une chancellerie établie spécialement pour sceller les obligations passées en France au profit des Israélites. Les juifs ne pouvaient poursuivre leurs "débiteurs qu'autant que les actes sur lesquels ils se fondaient étaient scellés ; et Ton ne pouvait faire usage pour eux ni du scel roval , ni du scel des seigneurs dont ifs étaient sujets , parce que leur loi leur défendait (le se servir de figures d'hommes em-

Ï freintes , gravées ou peintes. Phiippe-Auguste , par une ordonnance dont la date est incertaine, établit dans chaque ville deux hommes de probité qui devaient garder le sceau des juifs et faire serment sur l'Évangile de ne l'apposer à aucune obligation , avant d'avoir eu connaissance par eux-mêmes ou par d'autres, que la somme qui était l'objet de l'obligation était légitimement due. Philippe V ordonna, au mois de février 1520,

3ue les émoluments de la chancellerie es juifs tourneraient au profit du roi comme ceux de la chancellerie de France.

Les petites chancelleries furent supprimées par la loi du 7 septembre 1790, et la grande chancellerie par celle du 27 novembre suivant. La

chancellerie de France fut recréée en 1814, c'est-à-dire, que l'office de chancelier fut rétabli.

L'hôtel qu'habite le garde des sceaux, ministre de la justice, porte encore aujourd'hui, au-dessus de la principale porte d'entrée, l'inscription de Chancellerie de France , et les arrêtés de ce ministre sont terminés par une formule annonçant qu'ils ont été donnés en chancellerie.

Chancellerie {bourse de la). C'était le nom que l'on donnait à une portion des émoluments du sceau qui appartenait à certains officiers de la chancellerie. Il n'est point parlé de cette bourse avant l'année 1357.

Chancellerie {sciendum de). C'est le nom mie l'on donne à une ancienne instruction pour les notaires et secrétaires du roi concernant l'exercice de leurs fonctions dans la chancellerie.

Cette instruction très-curieuse contient soixante et dix articles, et paraît avoir été rédigée au plus tard entre 1413 et 1415.

Chandeliers. — Il y avait autrefois deux corporations de chandeliers ou fabricants de chandelles : celle qui faisait les bougies et celle qui fournissait les chandelles. Le rôle de la taille de Paris sous Philippe le Bel nous apprend qu'en 1292 la capitale possédait soixante et onze fabricants de chandelles de suif et dix-neuf eiriers. Néanmoins, les statuts de ce métier, contenus dans le livre d'Étienne Boileau , ne parlent que des premiers, et ce fut seulement le 12 avril 1520 qu'un règlement fut établi pour le métier des fabricants de bougies et de cierges.

Après avoir été visé par une sentence du prévôt de Paris , le statut des chandeliers fut confirmé et inséré dans les lettres patentes du roi Charles VI, sous la date de juillet 1392. Les rhandHiers furent réunis, au commencement du quinzième siècle, au corps d'épiciers, puis ils en furent séparés en 1450, et il leur fut défendu de vendre aucune épicerie, et enjoint de se borner à la vente du suit, de l'huile, du vieux oing, et d'autres semblables graisses. Ils formèrent alort

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de nouveau une communauté séparée, à laquelle il futdonnédes statuts et des jurés , comme aux autres corps de métiers. Quant aux épiciers , ils continuèrent de vendre concurremment avec les chandeliers jusqu'en 1459, où cela leur fut défendu , les marchandises qui formaient l'objet du commerce de ces derniers.

Avant la révolution, l'apprentissage du métier de chandelier était de six ans, après lesquels deux ans de compagnonnage étaient encore exigés avant d'arriver à la maîtrise. Le brevet coûtait cinquante livres, et la maîtrise neuf cents.

Chandernagor. Voy. Inde française.

Chandernagor (prise de). — Vers le milieu du dernier siècle, notre puissance dans les Indes allait en s'amoindrissant chaque jour. Cependant , nous étions encore maîtres de Chandernagor, et cette possession faisait un tort immense au commerce des Anglais dans cette riche contrée. Aussi excitait - elle leur convoitise. Néanmoins, en 1757, le vice -amiral Watson , trop faible pour en risquer la conquête, consentit d'abord à renouveler le traité de neutralité qui déjà avait été conclu , pour les possessions des Européens dans les Indes. Ce traité avait été rédigé; on allait le signer , et le vice - amiral en avait même donné sa parole, lorsqu'il apprit que le vaisseau le Cumoerland y de quatre-vingts canons, et monté de mille hommes de débarquement, était arrivé à l'embouchure du Gange. Aussitôt il rompt la négociation, et, au inépris de ses Serments, il forme le siège de Chandernagor par terre, tandis que dix-huit vaisseaux foudroient la place du côté de la mer. Les Français , surpris , ne perdirent point courage. Ils résistèrent cinq jours , et ne capitulèrent qu'à la dernière extrémité.

Chandibu (A. la Roche de), né vers 1534 dans le Méconnais , d'une ancienne famille du Forez, fut à vingt ans reçu ministre protestant, et chargé d'exercer les fonctions du ministère à

Paris, d'où quelques écrits en faveur des calvinistes le forcèrent plus tard de sortir. Il se retira à Genève , en

1562, après avoir présidé le synode national d'Orléans. Appelé ensuite auprès de Henri IV, encore roi de Navarre , il ne put supporter longtemps les fatigues de la vie des camps , et il revint à Genève, où il exerça de nouveau son ministère, et professa la langue hébraïque jusqu'à sa mort, arrivée le 23 février 1591. Il prenait dans ses œuvres le nom de Sadeel ou Zamariei On lui doit, outre quelques ouvrages théologiques , une Histoire des persécutions et des martyrs de t église de Paris, depuis l'an 1557 jusqu'au règne de Charles IX, Lyon,

1563, in-8°. Il avait eu avec Ronsard une querelle qui avait donné lieu , de part et d'autre, à plusieurs écrits injurieux , dont l'un est intitulé : la Métamorphose de Ronsard en prêtre.

Chanfrein ou Chamfrain. — On appelait ainsi une pièce d'armure, une espèce de masque en métal, ou en cuir bouilli , qui couvrait le devant de la tête du cheval, quand il était monté par un cavalier armé de toutes pièces.

Le chanfrein présentait souvent à son centre un dard allongé, espèce d'arme offensive dirigée contre le cheval de l'adversaire. Il existe au musée d'artillerie de Paris de très -beaux chanfreins en acier poli damasquiné d'or. En effet, on avait poussé fort loin le luxe de ces armures, qu'on ornait quelquefois de pierreries , d'or et de panaches. Elles n'ont guère survécu au règne de Henri IV.

Changarnier (NicolasAnne-Théodule) , né à Autun, en 1793, entra au service en 1815, comme garde du corps, avec le brevet de lieutenant de cavalerie. Il se fit remarquer dans plusieurs affaires de la campagne d'Espagne de 1820, et fut admis, en 1825, en récompense de ses services et de son dévouement bien connu à la dynastie régnante, avec son grade de lieutenant, dans le 1er régiment d'infanterie de la garde royale. Trois ans après , il fut nommé capitaine. Il fit partie de l'expédition d'Alger en 1830,

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se trouva à toutes les affaires qui signalèrent cette campagne; et depuis, il s'est acquis, par de glorieux faits d'armes , des droits incontestables à l'estime et à l'admiration du pays.

En 1835, le capitaine Changarnier fut nommé chef de bataillon , et justifia ce choix par des actes d'une bravoure éclatante. Le bataillon qu'il commandait fit partie de la première expédition de Constantine, en 1836.

Pendant cette courte et désastreuse campagne, ce brave officier sut trouver plus d'une occasion de se signaler. Le 24 novembre , dans l'un des moments les plus difficiles de la retraite, son bataillon et le 63e régiment d'infanterie de ligne , soutenus par les chasseurs à cheval d'Afrique, repoussèrent toutes les attaques de l'ennemi , lui tuèrent beaucoup de monde, et parvinrent constamment à lecontenir.Le commandant Changarnier surtout attira sur lui les regards de toute l'armée. Presque entouré par les Arabes , chargé vigoureusement , et perdant beaucoup de monde, il sut inspirer une telle confiance à son bataillon qui venait de se former en carré, qu'à l'instant où ils étaient le plus vivement assaillis, ses soldats poussèrent deux cris de vive le roi! les Arabes intimidés firent demi tour à vingt pas du bataillon, et aussitôt un feu de deux rangs couvrit de cadavres trois faces du bataillon carré. Pendant toute la journée du 24, et pendant celles qui suivirent, ce bataillon continua de servir à l'arrière-garde avec la même distinction. Changarnier fut ensuite nommé lieutenant - colonel du 10° régiment d'infanterie de ligne , puis il fut maintenu en la même qualité au 2e léger. Nommé colonel de ce régiment, le 27 août 1839, il se lit encore remarquer plusieurs fois, notamment dans les affaires des 14 et 15 décembre 1839, et surtout au combat d'Ouad- Halleg.

Lors de l'expédition de Medeah , en avril et mai 1840, il fut de nouveau cité avec éloges dans les rapports officiels, surtout pour l'affaire du 8 mai, où quatre compagnies du 2e léger

emportèrent avec un élan extraordinaire les hauteurs qui forment la berge gauche de la rivière Ouad-el-Hachem.

Le succès de ce combat fut dû , selon le rapport du maréchal Valée, à l'habileté et à l'énergie du colonel Changarnier.

A la prise du col de Mouzaïa , le 12 mai , le 2e léger , entraîné par son colonel , se précipita sur les retranchements, triompha de tous les efforts des Arabes, les culbuta dans les ravins , et vit enfin flotter glorieusement son drapeau sur le point le plus élevé de la chaîne de l'Atlas.

Dans l'expédition qui eut lieu au mois de juin 1840, Changarnier se fit de nouveau remarquer , et fut cité dans les rapports officiels , pour sa brillante conduite aux affaires du 12 et du 15. Dans cette dernière il eut ses habits criblés de balles.

Nommé maréchal de camp, le 21 juin 1840, il fut ensuite chargé de plusieurs expéditions ayant pour objet, soit de ravitailler les places occupées par nos troupes , soit de châtier les tribus hostiles; toutes ces expéditions furent conduites avec une énergie remarquable, et elles ont eu tout fe succès que l'on devait attendre des talents et de la bravoure du général Changarnier.

Changeurs. On sait que dès le onzième siècle , la multiplicité des monnaies, dont le cours était resserré dans des districts particuliers , avait donne naissance à rétablissement de changeurs titrés dans les principales villes du royaume, surtout dans celles où se tenaient les foires. Ces hommea se chargeaient de recevoir indistinctement toutes les espèces anciennes, défectueuses , hors de cours , et faisaient ainsi des profits usuraires, qui leur permettaient d'afficher un grand luxe (*). Ils furent nos premiers banquiers ; et c'est sans doute aux cédules ou billets qu'ils donnaient quelquefois au lieu d'argent, et dont on devait

(•) Faciunt hoc intentione lucraiiJi; denique incluront crimen usure. Dictionnaire de Jean de Garlande, ic , 35.

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toucher la valeur chez un changeur d'une autre ville, qu'il faut rapporter l'origine des lettres de change.

A Parisjes comptoirs des changeurs, presque généralement tenus par des juifs ou par les Lombards établis dans cette ville vers la fin du douzième siècle (voyez Lombakds), occupaient les maisons qui garnissaient les deux côtés du pont au Change. Mais en 1296, lorsque ce pont, alors bâti en pierre, eut été ruiné, et refait en bois, Philippe le Bel rétablit les changes ou bureaux des changeurs, entre la tête du pont et l'église de Saint-Leufroy. Le même prince institua , en 1305 , quatorze autres changes publics dans divers lieux de son royaume (*). A la différence des banquiers , qui n'étaient que des négociants , les changeurs avaient titre d'office , leur nombre était limité, et divers règlements déterminaient leurs droits et leurs obli- ' gâtions. Charles VI, par lettres patentes du 14 novembre 1421, les soumit à la juridiction des généraux des monnaies. Un édit de 1555, confirmé par Charles IX en 1571 , et par Henri III en 1580 , érigea leurs charges en titre d'office héréditaire. Des lettres patentes du 29 décembre 1581 les déclarèrent exempts de la collecte des tailles, du guet, des corvées, etc. Par un édit d'avril 1609, leur nombre fut diminué de moitié, et il leur fut enjoint de tenir des registres, de cisailler toutes les espèces décriées, et de déformer celles qui n'avaient pas le titre légal. En 1696, Louis XIV régla leurs droits de change, Içur enjoignit d'envoyer aux hôtels des monnaies toutes les espèces ou matières à réformer, et confirma leurs privilèges.

Enfin la cour des monnaies résuma, par un arrêt de janvier 1716, les nombreux règlements qui les concernaient.

Ajoutons encore qu'une déclaration du 7 octobre 1755 ordonna, sous peine de confiscation, de remettre aux hôtels des monnaies ou aux changes les plus prochains, contre le payement immédiat de leur valeur, toutes les vieilles

(*) Du Cangc, au mot Cambium.

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