‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 75 sur 88 · FERS- CHA · texte numérisé non relu

FERS- CHA

langue française. Lothaire fut obligé de céder, et le traité de Verdun, conclu en 843 , régla le partage définitif de l'empire. Charles reçut toute la partie de l'empire de Charlemagne comprise entre l'Océan d'une part , l'Escaut, la Meuse, la Saône, le RliOr.r, la Méditerranée et les Pyrénées, de l'autre. Par conséquent , il peut être regardé comme le premier roi de France. Son règne fut troublé par les invasions des pirates danois ou normands. Les ecclésiastiques, qui étaient en même temps les commandants des armées, étaient incapables de défendre le royaume. Ils s'enfuyaient timidement, emportant les reliques des saints , ou bien ils prodiguaient aux Normands des sommes énormes, qui ne faisaient qu'en attirer de nouveaux essaims.

C'est alors qu'eut lieu le mouvement féodal , si approprié au génie des guerriers francs , et qui seul pouvait sauver le royaume. Les hommes vaillants se défendirent par eux-mêmes contrt les barbares. Ils élevèrent des châteaux et des tours fortifiées sur les sommets des montagnes, sur les rochers, dans les plaines, au passage des grands fleuves, dans l'intérieur des forêts, partout où ils pouvaient espérer de résister aux envahisseurs. Charles le Chauve essaya en vain d'arrêter ce mouvement immense , qui préparait la ruine définitive de la monarchie. Il défendit à plusieurs reprises d'élever des chdteaux; mais ces défenses étaient coupables en présence de l'ennemi. Le roi ne fut pas obéi, et il finit par céder. L'édit de Kiersy-sur-Oise (877) fut comme la charte que la royauté vaincue octroya à la féodalité victorieuse.

Au milieu de ces revers , Charles eut l'idée bizarre de vouloir être empereur. Après la mort de Louis II, il alla eu Italie dérober la couronne impériale , eu prévenant de vitesse les soldats de Louis le Germanique. Mais au moment même où il ceignait le diadème des Césars, Louis le Germanique s'emparait de son propre palais.

Charles mourut sans gloire à son retour d'Italie, pendant qu'il traversait le mont Cenis (877). On croit qu'il fut

cha FRANCE.

CHA

empoisonné par le juif Sédécias, son médecin.

Charles le Chauve (monnaies de).

Ce prince est le seul roi des deux premières dynasties qui ait rendu des ordonnances un peu détaillées sur le fait de la monnaie. La première, datée d'Attigny, avait pour but de réprimer les faux monnayeurs; elle fut suivie la même année par le fameux édit de Piste, dont le texte se trouve imprimé dans le Traité des monnaies de France de Leblanc. La valeur de l'or fin était fixée par cet édit à douze fois celle de l'argent ; la livre d'or d'un titre inférieur ne devait valoir que dix livres d'argent. Le palais impérial et neuf villes seulement devaient posséder des ateliers monétaires. Ces villes étaient:

Qrléans, Quentoric (Saint -Josse près Etaples , département du Pas-de-Calais ) , Paris , Chàlon - sur - Saône , Sens, Melle, Rouen, Narbonne et Reims. La monnaie qui avait eu cours jusqu'alors devait être décriée; et, a partir de la messe de Saint-Remi , on ne devait plus recevoir que les espèces nouvelles, dont le type devait présenter, d'un côté, le nom du roi dans la légende, et au milieu son monogramme ; et de l'autre le nom de la ville, et au milieu une croix. Tous les comtes qui avaient dans leur ressort une des villes ci-dessus mentionnées, étaient tenus d'envoyer à Senlis leur vicomte avec leur monétaire et deux cautions, pour y recevoir de l'épargne cinq livres d'argent avec un poias, afin de commencer à travailler. Les mêmes personnes devaient revenir à Senlis quelques mois après, pour remettre aux officiers de l'empereur les cinq livres d'argent réduites en deuiers.

Enfin des peines sévères étaient prononcées contre les faussaires et contre les monnayeurs infidèles. Un nouveau capitulaire, daté de Crécy-sur-Oise , renouvela en 801 cette ordonnance, et y ajouta une pénalité contre ceux qui refusaient les nouvelles monnaies ; cette pénalité consistait dans l'application d'un fer rouge sur le front.

Quelque formelle que soit l'ordonnance que nous venons d'analyser, on

ne connaît aucun denier qui ait été frappé conformément à ses prescriptions ; et cependant Charles le Chauve est de tous les princes celui dont les monnaies sont les plus nombreuses.

On compte près de deux cents villes où l'on en a frappé sous son rè-

5 ne. Les types de ces monnaies sont 'ailleurs assez variés. Celui que l'on rencontre le plus communément présente d'un coté le monogramme de Charles , avec la légende gbatia di bex , de l'autre une croix grecque, et le nom de la ville ou du lieu où la pièce a été frappé : avbelianis civi-

TAS , KALA MONÀST KK1 v m , CASTRA MONETA, CAHISIACO PALATIO, etc..

D'autres pièces, celles de Reauvais, par exemple, portent d'un côté le monogramme de Charles , le nom de la ville autour, et de l'autre côté celui du roi : cabolvs bex francorvm , avec une croix dans le champ. D'autres , comme celles de Rourges , présentent des deux côtés le nom de la ville.

On a vu que Charles le Chauve se fit décerner, vers la fin de sa vie, le titre d'empereur. Quelques-uns de ses deniers lui donnent en effet ce titre. Ces pièces, qui furent frappées à Tonnerre, a Rourges, à Auxerreet à Nevers, présentent d'un côté la légende : cablvs imp. avo. , avec le monogramme de Charles , et de l'autre le nom de la ville, avec une croix. Le style de ces pièces s'oppose d'ailleurs ace qu'on les attribue, comme l'ont fait quelques auteurs , à Charlemagne.

Chables lb gbos , né vers 832 , mort en 888 , est quelquefois compté parmi les rois de France. C'était le troisième fils de Louis le Germanique.

Proclamé successivement empereur et roi d'Italie, roi d'Allemagne et roi de France, il parut un instant réunir sous sa domination tout l'empire de Charlemagne ; mais c'était une véritable dérision. Tant d'éléments divers ne pouvaient plus former un empire ; et il n'y avait plus d'unité possible , depuis que la féodalité avait pris possession du sol dans toutes les provinces envahies jadis par les barbares. Cliar-

les le Gros fut déposé en 888 , et sa déposition marqua le démembrement final et définitif de l'empire que Charlemagne avait fondé.

Chaules le Gros (monnaies de).

Les monnaies attribuées à ce prince sont des deniers ou des oboles. A l'exception d'une seule , qui porte d'un côté une croix , avec la légende : carlvs imperat, et de l'autre l'image d'un temple, avec les deux

mots : XPISTIAKA RELIGIO, toutes res monnaies, frappées à Arles, à Béziers, à Ntmes et a Uzès, présentent d'un côté le monogramme de Charles, avec le nom de la ville où elles ont été frappées , et de l'autre une croix , avec le nom du roi.

Charles III, dit le Simple, fils de Louis Je Bègue , né en 879 , fut longtemps privé du trône , à cause de sa jeunesse et des malheurs qui frappèrent sa famille après la déposition de Charles le Gros. Toutefois, l'empereur Arnould et le duc de Lorraine, Zvintibold , le soutinrent contre Eudes , qui avait usurpé le trône ; et enfin la mort de ce prince (898) le laissa sans compétiteurs.

Le seul événement de son règne qui mérite d'être cité est la fondation du duché de Normandie. Charles le Simple avait résolu d'attacher au sol ces pirates du nord qui venaient tous les ans remonter les grands fleuves, en répandant partout la dévastation et la terreur. Leur chef Roi Ion consentit à recevoir le baptême des mains de l'archevêque de Rouen ; et, par le traité de Saint-Clair-sur-Epte(911), Charles lui céda toute cette partie de l'ancienne Neustrie qui porta depuis le nom de Normandie. Rollon lui prêta serment de fidélité et se reconnut son vassal ; mais il ne le défendit pas contre les nombreux ennemis qui s'élevèrent à diverses reprises contre lui. Ces ennemis n'étaient autres que les seigneurs qui continuaient à battre en brèche la royauté, afin de fonder sur ses ruines leur indépendance. L'un d'eux, Herbert II , comte de Vermandois , parvint à attirer Charles dans ses Etats , se rendit maître de sa personne , et le

retint prisonnier dans la tour de Péronne jusqu'à la fin de sa vie (929).

Ce fut sans doute à la confiance imprudente que ce malheureux prince avait témoignée à Herbert, qu'il dut le surnom de Simple ; mais on aurait tort de conclure de ce surnom, qu'il ait été le plus incapable des Carlovingiens.

Charles le Simple (monnaies de).

Charles le Simple porta longtemps le titre de roi , et l'on dut frapper à son nom un grand nombre de deniers. On lui en a, en effet, attribué beaucoup, et les numismates sont convenus ae lui donner tous ceux qui ne peuvent convenir à Charlemagne, et qui ne portent pas d'un côté la légende gratia Dl hex , avec le monogramme de Charles, et de l'autre un nom de ville avec une croix (nous avons dit que ces derniers appartiennent probablement a Charles le Chauve). Une telle classification est , comme on le voit , bien douteuse. Deux circonstances viennent d'ailleurs augmenter la difficulté. A l'époque où Charles le Simple monta sur le trône , l'empire carlovingien était en pleine dissolution. Chaque seigneur s'était rendu maître absolu dans ses terres, et la puissance féodale était constituée. Au milieu des troubles qui furent la suite de cette révolution, le peuple perdit toute confiance dans la monnaie qui avait cours; et, comme il arrive toujours dans les temps de troubles , il rechercha de préférence les pièces anciennes, telles que celles de Charlemagne , de Louis le Débonnaire, et des premiers Carlovingiens. Les seigneurs imaginèrent alors de copier tout simplement ces monnaies anciennes, et cet usage, qui dura pendant tout le moyen âge , apporta dans le monnayage une telle confusion, que, jusqu'à Richard Cœur de Lion , on frappa à Melle, dans le Poitou, des pièces au nom de Charles (carlvs rex eo pour Carlus rex

Aquitante, , (voyez Monnaie de

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