‹ France Dictionnaire Encyclopédique (volume 3)Chapitre 78 sur 88 · CL., ETC · texte numérisé non relu

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ou (L'UNIVERS, eux

due de Bretagne , prétendait aussi hériter de ses États; mais toutefois il dissimula jusqu'à la mort de son frère (1340). Alors il s'empara des trésors du duc, et se fit proclamer son successeur. De son côté , Charles de Blois fit valoirses droits , et il s'éleva entre les deux prétendants une guerre longue et sanglante. Jean de Montfort avait pour lui le peuple des villes et des campagnes, et il était soutenu par Édouard, roi d'Angleterre. Charles avait pour partisans la plupart des barons et des prélats, et il implora l'appui de Philippe de Valois. Les deux princes furent cités devant la cour des pairs; ils s'y présentèrent tous deux.

Mais Jean de Montfort s'apercevant , à la manière dont il fut reçu de Philippe de Valois, que sa cause était jugée d'avance, s'enfuit aussitôt en Bretagne. Cependant le procès s'instruisit ; et les pairs réunis à Conflans décidèrent, en 1341 , en faveur de Charles de Blois. Aussitôt le duc de Normandie, fils atné du roi, entra en Bretagne à la tête d'une nombreuse armée; le comte de Montfort, contraint de se réfugier dans la ville de Nantes fut fait prisonnier, et conduit dans la tour du Louvre. Cet événement semblait devoir mettre fin à la guerre ; mais elle fut continuée par la comtesse , dont le grand caractère et le courage en cette circonstance ont fait l'admiration de tous les historiens contemporains. Cependant Charles de Blois s empara de Rennes, et vint mettre le siège devant Hennebon , où cette princesse s'était enfermée. La ville était réduite à l'extrémité, et allait être forcée de capituler, lorsqu'une armée anglaise , arrivant tout à coup dans le port, vint forcer les assiégeants à se retirer. Le comte de Montfort était sorti de prison en 1343, à la faveur d'une trêve. Il mourut en 1345, laissant son fils unique, Jean de Montfort , sous la tutelle de sa mère.

La guerre n'en continua pas moins avec des succès divers jusqu'en 1346 , où Charles de Blois fut, a son tour, fait prisonnier à la bataille de Laroche-Derien.On le conduisit en Angleterre, et il

fut enfermé dans la tour de Londres. Jeanne de Penthièvre suivit alors l'exemple que lui avait donné la comtesse de Montfort, et continua la guerre avec une semblable activité ; quant à son époux, il ne put obtenir sa liberté qu'au bout de trois ans, moyennant une rançon de trois cent cinquante mille écus. Pendant sa captivité, le jeune comte de Montfort avait épousé Jeanne, fille d'Edouard.

On proposa alors aux deux prétendants de partager la Bretagne. Charles répondit d'abord qu'il voulait tout ou rien; cependant, en 1364, il céda aux instances des barons , et consentit au partage. Un traité fut préparé à cet effet, et les signatures étaient deià données. Mais Jeanne de Penthièvre, informée du résultat des négociations, écrivit à son mari qu'elle favait prié de défendre son patrimoine, et qu'il ne devait pas le remettre en arbitrage quand il avait les armes à la main. Charles envoya aussitôt sa rétractation, et la guerre recommença avec une nouvelle fureur.

Mais , dès ce moment , il sembla que la fortune l'eût abandonné; il n'éprouva plus que des revers , et la bataille d'Aurai, livrée le 29 septembre 1364, décida enfin du sort de la Bretagne. Les deux armées s'y étaient préparées par la prière ; la mêlée fut horrible; Charles y fit en vain des

f>rodiges de valeur; le bataillon an miieu duquel il combattit, et où se trouvaient avec lui du Guesclin et Beaumanoir, fut enfoncé, et déjà il était prisonnier, lorsqu'un Anglais lui plongea son épée dans la gorge. On trouve, dans 1rs chroniques du temps, une autre version sur la mort de Charles de Blois. Suivant les auteurs de ces chroniques , ce prince , après avoir été fait prisonnier, aurait été conduit à Jean de Montfort , qui lui aurait fait trancher la téte en sa présence. Nous avons raconté d'abord I opinion la plus généralement admise.

Charles de Blois était brave et généreux, mais d'une piété plus vive qu'éclairée. Aussi les seigneurs de son parti disaient-ils qu'ils avaient un chef

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né pour être moine, et non pour gouverner un État. Après sa raort,on le trouva revêtu d'un cilice de crin. Le bruit se répandit que des miracles avaient lieu sur son tombeau, et une enquête fut ordonnée par le pape l'rbain V, pour sa canonisation. Mais elle fut interrompue par ordre de Grégoire XI , et à la prière de Jean de Montfort , qui craignit de passer pour un impie et un persécuteur, si l'ennemi qu'il avait vaincu était présenté comme un saint aux hommages des peuples. (Voy. BRE- TAGNE.)

Charles de France , fils de Louis IV d'outre-mer, naquit en 953.

Louis IV étant mort en 954, Lothaire, son fils aîné , lui succéda à l'exclusion de Charles, et contrairement à l'ancienne coutume , d'après laquelle l'autorité royale se partageait entre les fils du dernier roi. La couronne commençait à subir la loi des fiefs ; elle ne devait plus désormais appartenir qu'à l'aîné. Charles se dédommagea en taisant valoir les droits de sa mère Gerl>e rge sur la Lorraine ; Othon II , roi de Germanie , pour éviter qu'il ne troublât le pays , lui céda toute la basse Lorraine," à condition au'il le reconnaîtrait pour son suzerain ; et Charles, en se faisant le vassal d'un prince étranger , justifia , aux yeux des seigneurs français , la mesure qui l'avait exclu du trône; aussi ses titres furent-ils de nouveau méconnus , lorsque le trône , devenu vacant par la mort de Louis V, son neveu (987) , fut donné à Hugues Capet , duc de France et chef du parti national. Cette fois pourtant, il voulut faire valoir ses droits; mais il ne se pressa pas d'agir, et ce rut seulement au bout de dix mois que, profitant de l'absencede Hugues Capet qui combattait dans le Midi, il surprit la ville de Laon, la véritable forteresse carlovingienne. Maître de cette position , il s'empara ensuite de Soissons, et marcha sur Reims pour s'y faire couronner. L'évêque Adalbéron, qui venait de mourir, avait été remplace par Arnolphe, fils naturel de Lothaire et neveu de Charles; le nouveau prélat ouvrit à son oncle les portes de sa

ville épiscopale. Mais Charles ne put s'y maintenir. A l'approche de Hugues, vainqueur des Aquitains, il quitta la plaine et se retrancha de nouveau dans la ville de Laon. Il s'y croyait inattaquable; mais l'évêque Ascelin, qui avait toute sa confiance, le trahit et livra la ville à Hugues Capet, qui y entra le jeudi saint 991. Charles, surpris au moment où il était en prière, fut enfermé à Orléans avec toute sa famille. Il y mourut deux ans après , laissant deux fils qui moururent sans postérité, et deux filles , dont Tune fut mariée au comte de Namur, et l'autre au comte de Hainaut.

Charles de Lorraine. Voyez Lorraine.

Charles d'Orléans. Voyez Orléans.

Charles le Bon. Voy. Flandre.

Charles le Mauvais. Voyez Navarre.

Charles le Téméraire. Voyez Bourgogne.

Charles (J.-A.-C), expérimentateur, né à Beaugency le 12 novembre 1746. Lors des découvertes de Franklin sur l'électricité, Charles, qui venait d'être destitué d'un modique emploi dans les finances, s'occupa de répéter en public les expériences que d'autres avaient faites avant lui, et son habileté, ses procédés ingénieux lui acquirent bientôt une grande réputation. La découverte des aérostats par les frères Montgolfier fut pour lui l'occasion de nouveaux succès. A l'air atmosphérique dilaté par la chaleur, il substitua le gaz hydrogène , perfectionna l'enveloppe de l'aérostat; et son premier ballon, lancé le 27 août 1783, se perdit bientôt dans les nuages. Le 1er décembre suivant eut lieu sa première ascension aérostatique aux Tuileries ; il était accompagné de Robert. Arrivés rapidement à une hauteur de sept mille pieds, les deux aéronautes parcoururent en peu d'instants un espace de neuf lieues, et descendirent dans la plainede Nesle.

Charles seul remonta une seconde fois dans la nacelle, et s'éleva encore plus haut qu'auparavant. Louis XVI , qui

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d'abord s'était vivement opposé à ces expériences qu'il regardait comme imprudentes , accorda alors une pension ne deux mille francs au courageux aéronaute, dont il fit accoler le nom à celui de Montgolfier, sur une médaille frappée pour perpétuer le souvenir de l'invention des aérostats.

Charles fut nommé , en 1 785 , membre de l'Académie des sciences , et obtint un appartement au Louvre, où il s'établit avec son cabinet de physique, qui devint bientôt l'un des plus magnifiques de l'Europe. Il fut compris, en 1795, dans la première classe de l'Institut ; et , jusqu à sa mort , arrivée en 1823, il professa la physique au Conservatoire des arts et métiers , qui est maintenant en possession de son cabinet.

Charlet (Nicolas-Toussaint), peintre et dessinateur, est né à Paris en 1792 : fils d'un soldat de la république, il étudia de bonne heure les mœurs militaires, que ses crayons ont depuis reproduites avec une si admirable vérité. Employé dans une mairie en 1814, il combattit , au siège de Paris , à côté de son ami Horace Vernet, qui lui a donné une place parmi les personnages de son tableau de la barrière de Clichy. Destitué en 1816, Charlet se livra dès lors tout entier à l'étude du dessin,étude à laquelle il ne consacrait auparavant que ses moments de loisir. Il fit, en 1817, ses premières lithographies ; et, vers 1820, il publia celles qui sont intitulées: fous ne savez donc pas mourir. — La garde meurt et ne se rend pas. — Résignation. — La bienfaisance du soldat. A ces productions succédèrent ces scènes militaires , populaires , enfantines ; ces satires contre le gouvernement de la restauration; œuvre immense, de plus de huit cents lithographies, et de près de deux mille aquarelles et dessins à la seppia , où l'on ne sait ce que l'on doit admirer le plus, de l'originalité, de l'esprit, de la verve et de la vérité des détails. Ces productions ont encore un autre mérite , plus grand à nos yeux , c'est d'avoir entretenu dans le peuple, pendant les tristes années de la restaura-

tion , l'amour de la patrie et l'orgueil de la gloire nationale. Le magasin de Martinet , où elles étaient exposées aux regards des passants , était devenu une sorte de musée populaire, une véritable école de patriotisme, sans cesse assiégée par la foule qui ne pouvait s'arracher aux nobles émotions qu'y faisait naître sans cesse le spectacle de la vertu , du courage et de l'amour de la patrie, mis en action par le crayon de l'habile dessinateur. Depuis quelques années, M. Charlet s'est adonné à la peinture ; et, dans ce nouveau genre, il a obtenu de nouveaux succès. Son épisode de la retraite de Russie , exposé en 1836, et le passage du Rhin en 1796, exposé en 1838, sont deux tableaux dignes de la réputation de leur auteur. M. Charlet est aujourd'hui professeur de dessin à l'école polytechnique; M. Raffet est un de ses élèves.

Chableval (Ch. F. de Riz, seigneur de), né en Normandie vers 1613,mort en 1693, a composé quelques poésies qui ont été réunies en un volume in-18, Paris, 1759; et c'est à lui qu'on doit la fameuse Conversation, du maréchal dy Hocquincourt et du P. Canaye, imprimée dans les œuvres de Saint -Évremont. On raconte de Charleval un trait fort honorable :

ayant appris que M. et madame Dacier, ne pouvant vivre assez honorablement à Paris, voulaient se retirer à ( astres, il alla leur porter une somme de dix mille livres enor, et la leurdonnasous la seule condition qu'ils ne partiraient pas.

Charleville, ville de l'ancienne principauté d'Arches, en Champagne, aujourd'hui du département des Ardonnes, ,1 un kilomètre de Mézières, construite au commencement du dixseptième siècle , par Charles de Gonzague, duc de Neversetde Mantoue, souverain d'Arches , qui en fit dès lors la capitale de cette principauté. Char- 1 evil le passa ensu ite au prince de Condé , du chef d'Anne de Bavière , sa bisaïeule , fille d'Anne de Gonzague - Nevers.

Louis XIII, pour la tenir en respect, fit construire, en 1639, la forteresse du mont Olympe , qui la dominait vers le nord. Mais la principauté d'Arches

cha FRANCE. ciia

ayant été ensuite cédée à la France , Louis XIV jugea, en 1686, que cette forteresse était inutile , et il la fit démolir. Charleville est la patrie de l'abbé Longuerue , de D. Carpentier, continuateur de du Carme, du jésuite Courtois, etc. Cette ville, qui est le cheflieu judiciaire du département des Ardennes, possède en outre une chambre consultative des arts et manufactures, un collège communal , une bibliothèque publique de vingt-deux mille volumes, et une célèbre manufacture d'armes. Sa population estde 7,743 hab.

Arches , qui n'est plus aujourd'hui qu'un faubourg de Charleville, était autrefois un lieu considérable, où les princes de la seconde race possédaient un palais connu alors sous lenom dV/rcse Remorum. Ce château fut ensuite ossédé par les évéques de Liège, dont un le fit détruire en 993. La principauté d'Arches fit plus tard partie des domaines des comtes de Rethel , d'où elle passa aux ducs de Nevers.

Charlrvoix (P. F. X. de), jésuite, né à Saint-Quentin en 1682, s'embarqua à la Rochelle en juillet 1720, pour les missions du Canada. Arrivé à Québec vers la fin de septembre, il remonta le fleuve Saint-Laurent, fit une excursion dans le pays des Illinois, et descendit le Mississipi jusqu'à son embouchure, pour aller de là à Saint-Domingue ; mais son navire fit naufrage à l'entrée du canal de Bahama. Toutefois, il fut plus heureux dans un second voyage, et il arriva à Saint-Domingue en 1722. Il revint en France au mois de décembre de la même année, et mourut à la Flèche en 1761.

Il a publié : une Histoire et description du Japon, Rouen , 1715 , 3 vol.

in-12 , réimprimée plusieurs fois ; une Histoire de Clle espagnole, ou de Saint-Domingue, Paris, 1730, 2 vol.

in-4°; une Histoire de la Nouvelle- France, Paris, 1744, 3 vol. in-4°; et une Histoire du Paraguay, Paris, 1756, 3 vol. in-4». Il a aussi travaillé jœndant vingt-deux ans au Journal de Trévoux.

Charmer (C.) , avocat à Laon , fut député à l'Assemblée législative , puis

à la Convention nationale , où il lit

1>reuve de patriotisme. Il siégea parmi es membres qui composaient le parti de la Montagne, vota la mort de Louis XVI, sans appel ni sursis, et prit une grande part à la révolution du 31 mai. Cependant, au 8 thermidor, il attaqua vivement Robespierre; mais il s'opposa ensuite à la réaction contre-révolutionnaire dont cet événement fût le signal. Devenu, après la session conventionnelle , membre du conseil des Anciens, il y montra une exaltation qui, au commencement de 1797, dégénéra en folie. Il se tua, la même année, à la suite d'un accès de fièvre chaude.

Chablieu, Carolicus, petite ville du Lyonnais , aujourd'hui du département de la Loire, à 16 kilom. de Roanne, possédait, avant la révolution , une abbaye de bénédictins , fondée dans le neuvième siècle. L'hôpital de Charlieu, qui date du règne de saint » Louis, est un des plus anciens du royaume. On compte aujourd'hui dans cette ville 3,424 habitants.

Charmes , ancienne baronnie du Dauphiné, auj. dép. de la Drôme, à 8 kil. de Romans, érigée en comté en

Charmes-sur-Moselle, Carpini, petite ville de l'ancien duché de Lorraine, aujourd'hui chef-lieu de canton du département des Vosges, à 12 kilom.

de Mirecourt, était autrefois défendue par un château fort dont il ne reste plus de vestiges. Elle fut plusieurs fois détruite pendant les guerres du quinzième et du seizième siècle ; entre autres, en 1475, époque où elle fut prise et brûlée par Charles le Téméraire. Ce fut à Charmes que fut conclu en 1633, entre Charles IV, duc de Lorraine , et Richelieu , le traité en vertu duquel les troupes de Louis XIII occupèrent Nancy. Cette ville , qui était autrefois le siège d'un bailliage , compte maintenant 3,000 hab.

Charmis, médecin empirique, né à Marseille à la fin du premier siècle avant l'ère chrétienne, vint s'établir à Rome sous le règne de Néron , et se fit un nom en attaquant les différents systèmes de médecine alors pratiqués

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à Rome , et en leur substituant celui qu'il avait créé. Ce système , comme nous l'apprend Pline l'ancien , consistait dans l'usage exclusif des bains froids. Charmis se faisait payer, pour ses ordonnances, un prix exorbitant; et il amassa ainsi de grandes richesses.

Charnacé (Hercule Girard , baron de), fils d'un conseiller au parlement de Bretagne , fut un des plus habiles négociateurs de son temps. Créature et instrument dévoué de Richelieu , H devint, en 1628, ambassadeur auprès de Gustave, roi de Suède , qu'il s'agissait de lancer contre l'empereur d'Allemagne. Charnacé fit conclure , entre la Suède et la Pologne , une trêve de six ans , et offrit ensuite à l'héroïque capitaine l'alliance de la France et un subside annuel de un million deux cent mille livres, à condition qu'il tiendrait sur pied trente mille fantassins et six mille chevaux , pour rétablir les choses en Allemagne sur le pied où elles étaient avant les troubles. Ce traité fut signé à Berenwald en Brandebourg le 13 janvier 1631. Après la mort de Gustave , Charnacé fut envoyé par le cardinal en Hollande , où il était urgent d'empêcher les états généraux d'écouter les propositions de trêve faites par les Espagnols, et réussit encore dans sa mission. Par le traité du 8 janvier 1634, Louis XIII s'était engagé à lever au service des états un régiment d'infanterie et une compagnie de cavalerie. L'ambassadeur en fut nommé colonel. Le siège de Breda avant été entrepris contre son avis , Cnarnacé , piqué d'ailleurs d'une réplique offensante que lui avait faite le prince d'Orange, s'élança vers la brèche, et fut tué d'un coup de mousquet (1637).

On conserve à la biblothèque royale un recueil des Lettres des sieurs de Charnacé , Brasset et de la Thuillerie au sieur de Rorté , employé pour le service du roi en Allemagne, Suède, Pologne et Danemark, depuis 1635 jusqu'en 1643, manuscrit in-folio. De plus , l'ancien évêque de Troyes, Bouthillier, avait, dans sa bibliothèque, 10 vol. in-folio, contenant des recueils de lettres , mémoires et dépêches de

Charnacé, et de la correspondance

qu'entretinrent avec lui, de 1625 1 1637, Richelieu, le P. Joseph , le secrétaire d'État Sublet - Desnoyers, et le surintendant L. de Boulhillier, comte de Chavigny.

Charnage, nom d'une noble famille de robe, originaire de Saint-Claude en Franche-Comté, et dont l'auteur vivart au milieu du quinzième siècle. L'un des membres les plus remarquables de cette famille, François-Ignace Dunod de Charn agb , professeur de droit à l'université de Besançon , né à Saint-Claude en 1679, mort dans cette ville en 1 752, a publié plusieurs ouvrages de jurisprudence fort estimés des jurisconsultes, avant la réforme des lois civiles, et dont les principaux sont : Traité des prescriptions y Dijon, 1734, in -4*; Traité de là mainmorte et du retrait^ Dijon , 1733; Observations sur la coutume du comté de Bourgogne, Dijon , 1735-1737, 3 volumes in-4°.

Ce savant magistrat occupait ses moments de loisir par de profondes et consciencieuses recherches sur les annales de sa province; et il commença à publier, après dix années de travaux , son Histoire du comté de Bourgogne, Dijon, 1735-37, 3 volumes in -4°. C'est l'ouvrage le plus complet qu'on ait sur cette province.

François- Joseph Dunod, fils du précédent , avocat au parlement de Besancon , maire de cette ville, mort en 1765, fut l'éditeur des Observations sur la coutume du comté de Bourgogne, et laissa plusieurs manuscrits, entre autres , une Histoire de* Gautes.

Edouard Dunod de Charnage, autre membre de la même famille , né en 1783 à Besançon , était, en 1811, auditeur au conseil d'Etat et intendant de la haute Carinthie. Lorsque ut France , accablée par des revers im-

Gévus, dut abandonner ses conquêtes , . de Charnage, qui n'avait qu'un seul régiment à sa disposition, sortit de Villach sans en disputer l'entrée aux Autrichiens ; mais , la nuit suivante , il revint sur ses pas , et , par une attaque soudaine, enleva aux ennemis tous leurs postes , et se retira avec trois

cents prisonniers. Ayant ensuite rejoint l'armée en Champagne , il fut attaché à l'état -major général comme aide de camp civil, tomba entre les mains des Russes , parvint à leur échapper, et fut nommé, pendant les cent jours, préfet de la Lozère. Serviteur dévoué de l'empereur, il courut , après la bataille de Waterloo, de grands dangers dans son département ; cependant il réussit à échapper à la populace furieuse qui le menaçait , et vint s'établir à Paris, où il composa, dans la retraite, plusieurs écrits politiques, entre autres : une Revue de VEurope, Paris, 1825, in-8°; un traité De la monarchie en France, 1822, in-8°, etc. Il est mort en 1826.

Chabxier. — Le charnier le plus remarquable dont il soit fait mention dans notre histoire est celui qui dépendait du cimetière des Innocents, à Paris.

« Ce cimetière , dit Dulaure dans son Histoire de Paris , fut longtemps ouvert aux passants, et même aux animaux. En 1186, Philippe-Auguste le fit clore de murailles. Dans la suite , on construisit tout autour de la clôture une galerie voûtée, appelée les Charniers. C'est là qu'on enterrait ceux que leur fortune mettait à même d'être séparés du commun des morts.

Cette galerie sombre, humide, servait de passage aux piétons; elle était pavée de tombeaux , tapissée de monuments funèbres et d'épitaphes, et bordée d'étroites boutiques de modes, de lingerie , de mercerie et de bureaux d'écrivains publics. Cette galerie fut construite à diverses époques , aux frais de différents particuliers. Le maréchal de Boucicaut , vers les premières années du quinzième siècle , en fit bâtir une partie; et le fameux philosophe hermétique Nicolas Flamel lit construire toute celle qui bordait la rue de la Lingerie. Il y fit placer le tombeau de son épouse; tombeau orné de plusieurs ligures d'anges et de saints, d'inscriptions en latin et en français.

« D'un côté , la galerie occupait une partie de la largeur de la rue de la Fer-

ronnerie , nommée autrefois, ainsi que la rue Saint-Honoré, rue de la Cha* ronnerie; et , sous cette partie de la galerie, était peinte la fameuse danse macabre ou danse des morts. L'auteur du Journal de Paris, sous les règnes de Charles VI et Charles VII, dit qu'en 1429, un fameux prédicateur, nommé frère Richard, prêchait sur un échafaud , haut d'environ une toise et demie. Il avait, dit-il, le dos tourné « vers les charniers des Innocents, con- « tre la charonnerie, à l'endroit de la « danse macabre. »

« Dans une partiedu charnier, proche l'église , on voyait un tombeau couvert d'une table , sur laquelle était représenté un squelette en marbre blanc, sculpté par Germain Pilon. Ce monument est actuellement dans le musée des Petits-Augustins.

« Parmi les nombreuses épitaphes de ces charniers, on remarquait celle-ci :

«Cy gist Yolande Bailly, qui tré- « passa l'an 1514, la quatre-vingt-hui- « tième année de son âge , et la quaa rante - deuxième de son veuvage , « laquelle a vu ou pu voir, avant son « trépas, deux cent quatre-vingt-treize « enrans issus d'elle. »

Plus tard, on éleva des bâtiments sur ces galeries; et ne sachant où placer les ossements que l'on était forcé de retirer du cimetière des Innocents, on ne trouva rien de mieux à faire

Sue de les amonceler dans les greniers e ces nouvelles constructions. Mercier, dans son Tableau de Paris, s'exprime ainsi , en parlant des écrivains publics qui habitaient les charniers des Innocents , ainsi que des lettres amoureuses qu'ils étaient le plus souvent employés à écrire :

« Sans la secrète correspondance des cœurs , qui n'est pas sujette auxvicissitudes, ils iraient augmenter le nombre déjà prodigieux des squelettes qui sont entassés au-dessus de leurs têtes, dans des greniers surchargés de leur poids.

Quand je dis surchargés, ce n'est pas une ligure de rhétorique. Ces ossements accumulés frappent les regards ; et c'est au milieu des débris vermoulus de trente générations , qui n'offrent

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plus que des os en poudre; c'est au milieu de l'odeur fétide et cadavéreuse qui vient offenser l'odorat, qu'on voit celles-ci acheter des modes, des rubans; et celles-là dicter des lettres amoureuses. »

En 1786, l'église et les charniers des Innocents furent démolis. On enleva les ossements et plusieurs pieds du terrain de ce cimetière , et on les transporta hors de la barrière Saint- Jacques, dans les carrières voisines de la maison dite la Tombe - Isoire.

(Voyez Catacombes de Paris.)

Charnières ( de), officier de marine, né au commencement du dixhuitième siècle, fut le premier qui, sur les instructions de Véron , pratiqua avec succès la méthode des longitudes en mer, par le moyen de la lune. Il a publié des mémoires sur ce sujet en 1767, 68 et 72.

Charnois (Jean- Charles Levacher de) , né à Paris au milieu du dix-huitième siècle, commença sa carrière littéraire en rédigeant le Journal des théâtres, fondé, en 1776, par Lefuel de Méricou 1 1 II fut ensuite chargé de rendre compte des spectacles dans le Mercure. En 1791, MM. Delandine et Fontanes se l'adjoignirent pour la rédaction du Modérateur. Les doctrines qu'il v défendait lui furent fatales.

Après la journée du 10 août, la foule se porta à sa maison, la pilla, et Chamois, traîné à l'Abbaye, fut une des victimes des journées de septembre.

Il reste de lui des nouvelles et un roman plein d'un intérêt tragique : Histoire de Sophie et d'Ursule, ou lettres extraites d'un portefeuille, mises en ordre et publiées en 1788. Chamois est encore auteur de Recherches sur les costumes et sur les théâtres de toutes les nations, tant anciennes que modernes, 1790.

Charolais, pagus Quadrigeltensis, canton de l'ancienne Bourgogne, dont Charolles était la capitale. Il avait 48 kiiom. de long, depuis la rivière de Guise jusqu'à la Loire, et 28 de large, depuis la rivière d'Aroux jusqu'aux limites du Mâconnais. Du temps de César, il était habité par les Ambarres,

alliés et clients des ^Eduens; sous Honorius , il faisait partie de la première Lyonnaise. Plus tard , il appartint aux rois de Bourgogne , puis aux Francs , et successivement aux comtes d'Autun etdeChâlon. En 1237, Hugues IV, duc de Bourgogne, obtint, par échange, lachàtelleniede Charolles, que Béatnx, sa petite-Glle, apporta, avec la seigneurie de Bourbon , à son mari Robert , le plus jeune des (ils de saint Louis. Jean , Dis de Robert , eut en partage la baronnie de Charolais, érigée ensuite en comté en faveur de sa fille Béatrix. Celle-ci apporta ce comté en dot à son mari , Jean d'Armagnac , dont les descendants le vendirent, en [1390, à Philippe le Hardi, duc de Bourgogne.

Louis XI s'en empara, ainsi que du reste de la Bourgogne, après la mort de Charles le Téméraire. Mais, en 1493, Charles VIII fut obligé, par le traité de Senlis , de le rendre à Philippe, archiduc d'Autriche, et petitfils du duc Charles , à la charge d'en rendre hommage à la couronne de France. Le Charolais fut ensuite , entre Charles- Quint et François Ier, l'objet de sérieux démêlés qui furent terminés, en 1559, par le traité de Cateau-Cambrésis. Il lut alors convenu que la propriété de ce comté demeurerait à Philippe II et à ses successeurs , pour le tenir sous la souveraineté des rois de France. Le traité de Cateau- Cambrésis fut confirmé par ceux de Vervins et des Pyrénées. En vertu de ce dernier (1659), les rois d'Espagne rentrèrent en possession du Charolais, qui leur avait été enlevé pendant la guerre.

Mais le grand Condé , qui avait longtemps servi Philippe IV sans pouvoir se faire payer les sommes considérables que ce roi lui avait promises, fit, dans la suite, saisir le Charolais dont la possession lui fut adjugée , et resta à ses descendants.

Quoique le Charolais fît partie du duché de Bourgogne, ses députés ne siégeaient pas aux états généraux de la province , mais à des états particuliers qui recevaient des états de Bourgogne la commission de faire la répartition des impôt* que le comté devait sup-

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FRANCE

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porter. Ce pays fait aujourd'hui partie du département de Saone-et-Loire.

Chabolais (Charles de Bourbon, comte de). Voyez Condé.

Chabolles, QuadrigeUm, Bïïtienne capitale du Cbarolais, en Bourgogne, aujourd'hui chef- lieu d'arrondissement du département de Saône-et- Loire, paraît avoir existé avant le dixième siècle. Il en est fait mention dans une ancienne charte qui nous apprend qu'en 929, Raoul battit les Normands aux environs de cette ville. Les calvinistes la tinrent quelque temps en leur pouvoir au seizième siècle, et la saccagèrent ; une horrible famine avait fait périr, en 1531 , la plus grande partie des habitants. Le château , aujourd'hui en ruine, était situé sur une hauteur, dans l'enceinte de la ville.

Charolles était le sié^e d'un bailliage royal , d'une châtelleme , et des états particuliers du comté. On y compte maintenant 2,684 hab.

Charon (combat du pont de). — Vers le 20 juillet 1793, le général Tuncq , cjui commandait une division de l'armée républicaine, cantonnée à Luron , petite ville du département de la Vendée, s'était mis en marche, avec quinze cents hommes, pour attaquer divers postes que les troupes du chef vendéen Royrand occupaient dans les districts de Montaigu , de la Châtaigneraye et de la Roche-sur-Yon.

Royrand était un ancien officier qui joignait à un zèle ardent pour la cause royaliste des moyens militaires bien supérieurs à ceux de la plupart de ses compagnons d'armes. Il avait donné à ses troupes une organisation plus méthodique que celle des autres corps vendéens. Tuncq trouva donc, le 25 juillet, à l'attaque de Saint-Philibert, une résistance plus vigoureuse qu'il ne s'y était attendu. Les royalistes firent des prodiges de valeur ; mais les patriotes combattaient avec cet enthousiasme dont rien ne peut arrêter les effets, et ils emportèrent le poste. La

{irise de celui du pont de Charon , vers equel ils marchèrent ensuite, leur coûta moins de peine , grâce à la trahison d'un déserteur qui livra le mot

d'ordre de l'ennemi. Il y eut cependant une action assez vive; et, des deux parts , les pertes furent encore trop considérables : un frère du général vendéen, Sapinaud de la Verie, demeura sur le terrain.

Chabost. Voyez Bbthune Chabpentieb (François) , membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, et directeur perpétuel de l'Académie française , naquit à Paris en 1630. Destiné d'abord au barreau, il abandonna ensuite cette carrière pour suivre celle des lettres, vers laquelle le portait un penchant prononcé. Il se fit remarquer de Colbert par ses premiers essais, et celui-ci le chargea, lorsqu'il conçut le dessein de former la Compagnie des Indes, d'en exposer le projet au roi , ce qu'il fit dans un ouvrage intitulé : Discours d'un fidèle sujet du roi, touchant l'établissement d'une Compagnie française pour le commerce des Indes orientales. Les vues de Colbert ayant été agréées par Louis XIV, Charpentier fut charge de composer une relation sur l'établissement nouvellement fondé; relation qu'il mit à la suite de son discours.

Lorsque éclata, au sein de l'Académie française , la fameuse querelle des anciens et des modernes, Charpentier se rangea au nombre des partisans de Perrault , et il eut sa bonne part des sarcasmes que Boileau lança contre eux. Il fut également maltraité par lui, ainsi que par Racine, à propos des inscriptions de la grande galerie de Versailles, dont il était l'auteur. 11 avait composé ces inscriptions en français ; le premier, il s'était élevé, avec beaucoup de raison , contre l'usage de rédiger en latin les inscriptions des monuments publics; mais il avait mis, dans celles qui devaient expliquer les tableaux de le Brun, une emphase de si mauvais goût , qu'il fallut les effacer et les remplacer par d'autres plus simples que fournirent Boileau et Racine , non sans donner leur avis sur les

Premières. On trouve dans les nomreux ouvrages de Charpentier de l'érudition, de l'art , des traits ingénieux ; mais on lui reproche à bon droit de la

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lourdeur et de la diffusion. Os deux défauts régnent dans tout le discours qu'il prononça à l'Académie pour la réception de Bossuet. Toutefois, il reste à Charpentier l'honneur d'avoir travaillé avec Colbert à des plans de prospérité publique; une part importante dans les travaux auxquels on doit cette belle suite de médailles sur les événements du grand règne, et le mérite d'avoir revendiqué pour les inscriptions publiques les droits de la langue nationale. Ses principaux titres littéraires sont un Traité de la peinture parlante; une Vie de 60crate , accompagnée des dits mémorables du philosophe; une défense de f excellence de la langue française ; enfin , une traduction de la Cyropédi* de Xénophon. Charpentier mourut à Paris en 1702.

Charprntteb (F.-P.) , mécanicien , naquit à Blois, le 3 octobre 1734 , de parents pauvres. Mis en apprentissage a Paris , chez un graveur en tailledouce, il commença par inventer un procédé purement mécanique , au moyen duquel toute nersonne ayant quelque connaissance au dessin , pouvait grtver une planche imitant le lavis , avec la même facilité qu'un dessin, sans emplover aucun ustensile de gravure ; et il exécuta lui - même un assez grand nombre de gravures , soit en lavis, soit en couleur ; entre autres, une décollation de saint Jean , d'après le Gucrehin. Cette invention lai valut un logement au Louvre et le titre de mécanicien du roi. En 1771, il inventa une machine à forer, puis un nouveau système d'éclairage pour les phares, libuis XVI , à la suite de cette dernière découverte, lui flt offrir plusieurs places; mais Charpentier les refusa toutes, et ne voulut accepter qu'une somme de mille écus. Sous le Directoire, il exécuta un instrument

Iirojire à percer six canons de fusil à a fois , et une machine à scier plusieurs planches en même temps. Cette machine fut montée aux frais du gouvernement, qui paya vingt-quatre mille francs à l'inventeur. Charpentier, simple et désintéressé , se laissa voler, par

des intrigants , un grand nombre d'inventions; c'est ainsi qu'un système de moyeux propres à faire rouler facilement les voitures pesamment chargées lui fut enlevé par un Anglais.

I)'autres fois, il en faisait cadeau "à ses amis qui se trouvaient dans le besoin ; ainsi , ayant composé une machine à graver les dessins de dentelles, qui pouvait être une source de fortune, il la donna, sans hésiter, à un de ses amis ; et , comme sa famille lui en faisait quelques reproches : * Ala foi, « dit-il , en se frottant les mains , j'ai « rendu un pauvre homme bien con- « tent. » Charpentier mourut pauvre à Blois en 1817. 11 a publié un catalogue complet de toutes ses inventions, parmi lesquelles nous citerons encore la maia artificielle qu'il fit pour la Beynie, et dont madame de Genlis parle dans ses Mémoires. La plupart des modèles des machines de Charpentier doivent se trouver encore au Conservatoire des arts et métiers.

Charpentier (Henri-François-Marie) , lieutenant général , comte d'empire, naquit à Soissons en 1769, fit en qualité de capitaine de volontaires les campagnes de 1792 et 1793 à l'armée du Nord, et se distingua sur la Sambre en 1794, notamment le 10 juin , où il obtint le grade de colonel sur le champ de bataille. Il passa , eh 1799, à l'armée d'Italie, et fut créé général de brigade sous les murs de Vérone. Rentré en France à cause de ses blessures, il fut chargé du commandement de la 15e division militaire.

Kn 1800, il fit la glorieuse campagne d'Italie sous le premier consul , et fut nommé général de division et chef d'état-major de l'armée. Employé , en 1805, dons l'armée de N a pies", il fit ensuite les différentes campagnes d'Allemagne , et fut créé comte d'empire après la bataille de Wagram. 11 fit aussi avec distinction les ai m pagnes de Russie et de Saxe , et soutint dignement sa réputation pendant la campagne de France, en 1814. Après la seconde restauration, il fut employé comme inspecteur d'infanterie.

, LOAJEiPSNTi&A (Hubert) , licencié de

Sorbonne , né à Coulommiers en 1565 , mort a Paris en 1650, fut le fondateur de plusieurs établissements ecclésiastiques , dont le plus célèbre est la congrégation des prêtres du Calvaire, sur le Mont-Valérien , auprès de Paris.

Chabpentt En (Jacques) , né, en 1524 , à Clermont en Beauvoisis , professeur de philosophie , obtint, en 1566, la chaire de mathématiques au collège royal, malgré l'opposition de ] ; i mus ; devint médecin de Charles IX , et mourut en 1574. Intolérant en religion comme en philosophie, il faisait chasser de l'Université tous ceux dont les opinions étaient contraires aux siennes. Il fut accusé d'avoir participé au meurtre de Ramus dans la journée de la Saint-Barthélemy. Il a laissé plusieurs traités sur Aristote.

Charpentiebs. — Cette profession embrassait , au moyen âge , les métiers de menuisier, de tourneur, de charron , en un mot, « toutes ma- • nieres d'autres ouvriers qui euvrent « du trenchant en merrien. » Telles sont les expressions des statuts des charpentiers (*) ; statuts curieux sous plusieurs rapports , mais surtout sous celui de leur origine et de leur rédaction. Car ils sont uniquement basés sur la déposition d'un simple particulier, nommé Mestre Fouques au Temple, qui déclare au Parloir-aux-Bour-

Seois , sans doute en présence du prévôt e Paris, et d'un greffier, comment il gouvernait la maîtrise pendant qu'il était maître charpentier du roi Louis IX; et cette déclaration devint dès lors une règle pour la corporation. C'est une preuve nouvelle et frappante de

(*) Livre des métiers, d'Élicnne Boileau; Collection des docum. in éd. sur l'histoire de France, p. 104 et note, ibid.

ce fait : que presque tous les anciens règlements des arts et métiers ne sont qu une rédaction des us et coutumes rapportés par les prud'hommes et chefs du métier (*).

Sous le règne de Philippe le Bel , en 1313 , un arrêt du parlement, contenu dans les Olim, vol. III, fol. 147, v°, supprima la juridiction que le maître charpentier du roi exerçait sur les charpentiers et les charrons; comme le maître pannetier sur les boulangers; le maître maréchal sur les maréchauxferrants ; etc. D'autres règlements de la communauté des charpentiers , rédigés en 1454, montrent qu'alors les jurés étaient électifs; mais, en 1574, Henri III érigea leur charge en titre d'office, et leur accorda de grands privilèges. La communauté des charpentiers reçut de nouveaux statuts en 1644; supprimée vers le milieu du dix-huitième siècle , elle fut rétablie , par un édit, en 1776. On distinguait alors les jurés du roi et les maîtres simples. La maîtrise coûtait quinze cents livres. Nous terminerons cet article par une remarque qui fera bien comprendre les progrès de l'industrie, surtout dans les professions relatives à la construction des maisons. Il n'y avait à Paris, en 1 292, que quatre-vingtquinze charpentiers -menuisiers (**); aujourd'hui , on y compte quatre-vingtdix-sept charpentiers entrepreneurs, et près de six cents ateliers de menuiserie.

(*) « Se justiçoient , au temps dudit mestre Fouques et de ses devanciers , toutes manières d'ouvriers de trenchant. <•

(•*) Rôle de la taille de Paris sous Philippe le Bel, Docum. inéd. sur l'histoire de France, publiés par le ministre de l'instr. publ. , p. 495.

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