‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 29 sur 96 · FRANCE. (XIV? S · texte numérisé non relu

FRANCE. (XIV? S

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tance de quinze jours , et , quelques jours après la Saint-Barthélemy, les catholiques se livrèrent contre eux aux plus horribles réactions. La Châtre, qui y commandait pour la ligue, se soumit, en 1594, à Henri IV, et lui rendit la ville et la Grosse Tour. La ville de Bourges fut encore prise , en 1615, par les protestants , et reprise, l'année suivante , par le maréchal de Montigny. Le prince de Condé , en guerre contre le parti de la cour, chercha inutilement a attirer les habitants de Bourges dans son parti. Louis XIV

semble. »* Après leur cathédrale , les habitants de Bourges montrent aussi avec orgueil la maison de Jacques Cœur, qui leur tient lieu maintenant d'hôtel de ville et de palais de justice.

Bourges est le siège d'un archevêché , d'une cour royale , d'Une division militaire et d'une académie universitaire.

Elle possède un collège roval et un séminaire diocésain; sa bibliothèque publique, où l'on remarque plusieurs manuscrits précieux, compte vingt mille volumes. Enfin, sa population s'élève à dix-neuf mille sept cent trente y fit, la même année, "son entrée solen- habitants, belle, et, sur la demande des habitants, Bouhges ( comtes et vicomtes de ). ordonna la destruction de la forteresse Comtes de Bourges.

dite la Grosse Tour. Sous la domination des rois franks ,

Bourges fut plusieurs fois ravagée le Berri fut gouverné par des comtes , par des incendies; celui de 1487, en- qui finirent par le convertir en fief tre autres, détruisit plus de trois mille héréditaire. Ces comtes, qui étaient maisons, et porta au commerce de dans la mouvance des ducs d'Aquitaine, cette ville , alors florissant, un coup sont inconnus jusqu'à funeste, dont il ne s'est jamais relevé 1° Chunibert, établi comte de Berri depuis. Les fabricants de draps , dont par "Waiffre , duc d'Aquitaine , déposle nombre était considérable , quitté- sédé ensuite , et fait prisonnier par Tent alors cette ville , et allèrent s'éta- Pcpin le Bref, toit dans d'autres lieux. Lyon fut une 2° Charlcmagne lui donna Humbert des Tilles qui profitèrent le plus du pour successeur.

desastre de Bourges.

Il s'est tenu, dans cette ville, sent conciles, sans compter l'assemblée ou elerçé, réunie en 1438 , par ordre de Charles VII , et où fut décrétée la pragmatique sanction.

L'université de Bourges, fondée par Louis XI, en 1463, jouit longtemps d'une grande célébrité, qu'elle dut au

3° Shtre succéda à celui-ci.

4° fVifredy Egfrid ou Jcfred, gouvernait en 828 ; il mourut vers 838.

5° Gérard, fut dépossédé , en 867, par Charles le Chauve, qui donna le comté à Egfrid. Cependant Gérard parvint à se maintenir contre son compétiteur, qu'il tua en 868. Charles, pour le punir de sa résistance, ravagea le

mérite de ses professeurs, et surtout Berri; mais la royauté était alors si

du plus illustre d'entre eux, le fameux Cujas.

Le monument le plus remarquable de Bourges est sa cathédrale, ««que Ton met avec raison, dit uu juge compétent (*), au nombre des plus belles de France, parmi lesquelles même aucune ne pourrait lui être comparée , si cet immense édifice eût été achevé assez rapidement pour éviter des différences de style qui nuisent aujourd'hui à l'effet de l'en-

Ç*) Notes d'un voyage en Auvergne et dans le Limousin , par M. Mérimée , p. 4.

faible que le comte de Bourges se maintint dans son fief jusqu'en 872.

6° Boson, comte de Provence, remplaça alors Gérard , dont le roi Charles lui avait donné les dignités; mais, plus tard , il se révolta contre Louis le Bègue, et fut renversé en 878 par

7tf Bernard Ier, marquis de Septimanie , puis comte de Poitiers, parent de cet Egfrid tué par Gérard. Bernard avait revendiqué sur Boson l'héritage d'Egfrid; et, soutenu par Gotfrid.

comte du Maine, et par Gauslin, évéque de Paris, ses oncles, il s'était emparé de Bourges. Maître de cette ville , il

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en défendit l'entrée à l'archevêque Frotaire , s'empara des biens de l'église , et exigea des habitants un serment de fidélité contraire à celui qu'il devait lui-même au roi. Mais aussitôt il fut excommunié par le concile de Troyes, et attaqué, en 879, par une armée que Louis le Bègue avait donnée à Boson.

8°, Boson pour la seconde fois.

Maître de Bourges , Boson le fut bientôt de tout le pays. Cependant il fit la paix avec Bernard , et lui donna en fief, dans son nouveau royaume de Provence , le comté de Mâcon. Il comptait s'en faire ainsi un appui contre les deux rois Louis et Carloman. Mais ceux-ci assiégèrent Bernard dans Mâcon vers, la fin de 879; et probablement , après s'être rendus maîtres de sa personne , ils le firent mettre à mort.

9° Guillaume /er, le Pieux , comte d'Auvergne, devint comte de Bourges en 886.

10* Guillaume II, le Jeune , qui lui succéda , fut toujours en guerre avec Raoul , roi de France, qui , à sa mort, en 927, supprima le comté de Bourges, donna la propriété de Bourges au vicomte de cette ville, et décida qu'à l'avenir, ce vicomte, le seigneur de Bourbon , le prince de Déols , et les autres seigneurs du Berri , relèveraient immédiatement de la couronne.

Vicomtes de Bourges.

1° Geoffroi, dit Papabos , fut , ainsi que nous l'avons dit , nommé par Raoul vicomte héréditaire de Bourges. C'est dant son gouvernement que les

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mgrois ravagèrent le Berri en 935.

Ses successeurs furent 2° Geoffroi II, dit Bosbebas.

3° Geoffroi III, le Noble, en 1012.

4° Geoffroi IF, le Meschin.

5° Élienne,û\sde Geoffroi IV, était vicomte de Bourges en 1061; il mourut sans postérité.

Eudes:Jrpin, époux de Mahaut, nièce d'Étienne, lui succéda dans la vicomté de Bourges, avec son beaupère, Gilon, seigneur de Sully. Mais, à la mort de celui-ci , il resta seul maître de la vicomté. En 1101, se disposant à partir pour la terre sainte avec le duc d'Aquitaine , il vendit au roi Phi-

lippe 1er sa vicomté pour soixante mille sous d'or. Il se distingua pendant la croisade , fut pris à la bataille de flama (27 mai 1102). Remis plus tard en liberté, il revint en France; mais, d'après les conseils du pape Pascal II , il alla se faire moine à Cluny, où il était profès en 1109.

• Bourges ( États de). — La ville de Bourges a été plusieurs fois le lieu de réunion des états généraux. Philippe le Long y assembla, en 1316, les procureurs des principales villes du royaume ; mais M. Beugnot (*) ne compte pas cette assemblée au nombre des états généraux , parce que , dans ses lettres adressées aux justiciers du royaume, le roi ne parle ni du clergé, ni de la noblesse, dont la présence était nécessaire pour constituer une véritable assemblée d'états généraux.

On peut en dire autant des états qui y lurent tenus, en 1422, par Charles VII. Ce prince était alors maître d'une trop faible étendue de territoire pour que les députés des provinces qui reconnaissaient son autorité pussent constituer légalement des états généraux.

Les historiens font mention d'une troisième assemblée tenue à Bourges en 1435, où se trouvèrent le dauphin, les princes du sang, tous les grands du royaume, et à laquelle les envoyés du concile de Bâle présentèrent les canons décrétés par ce concile. On a confondu cette assemblée avec une autre tenue la même année, on ne sait pas précisément dans quelle ville , mais où les trois états consentirent au «établissement des aides que le roi avait supprimées depuis son départ de Paris.

Boubges (monnaies de). Bourges était, dès l'époque gauloise, en possession d'un atelier monétaire ; on remarque en effet, dans les cabinets des curieux , de petites pièces de bronze représentant d'un côté un sanglier, avec la légende àvabico, et de

(*) Chronologie des états généraux , dans l'Annuaire de la Société de l'histoire de France pour 1840, p. xoo.

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l'autre un cavalier courant à gauche.

Interrompue pendant la période romaine, ia fabrique des monnaies de Bourges fut reprise sous ia domination des Francs; on connaît, de cette époque, quatre tiers de sols d'or, (jui portent les noms de quatre officiers monétaires différents , Agomarus, Antidiusy AulisiuSy Medo.... avec celui de la \ ilïeBeturgas ou Beoreaas; cestriens n'ont rien, du reste, de bien remarquable. Leur type se compose d'une tête de profil, plus ou moins barbare, et d'une croix affectant différentes formes. A partir de Charlemagne, les monnaies de Bourges prirent une grande importance. Louis le Débonnaire, Pépin d'Aauitaine, Charles le, Chauve, Charles d'Aquitaine, Louis III, Eudes, Lothaire firent monnayer dans cette ville de nombreux deniers, que le défaut d'espace nous empêche malheureusement d'analyser, et parmi lesquels nous nous contenterons de citer le denier de Charles le Chauve, qui porte la légende carlvs imp avg, celui de Charles d'Aquitaine, à effigie, et enfin celui de Lothaire, qui conserve comme type le monogramme de Charles. Ce n'est pas tout encore : du temps de Raoul , les comtes de Bourges frappèrent aussi des espèces portant leur nom :

celle de Guillaume II avec la légende de vvlelmo coMsetBiRTViGES, retrouvée dernièrement par M. Adrien de Longpérier, est peut-être le plus ancien denier baronialque l'on connaisse. Quand le Berri eut été réuni au domaine de la couronne, les rois y continuèrent la monnaie locale, dont le type devint alors une tête de face, barbue et couronnée, autour de laquelle on lisait le nom du roi lvdovicvs hix, et au revers vrb bitvrica., d'abord, sous Louis VI, autour d'une croix à branches égales, puis sous Louis VII et sous les règnes suivants, autour d'une croix archiépiscopale fleuronnée.

A partir du règne de saint Louis, la monnaie de Bourges disparut comme toutes les monnaies locales, mais on vit reparaître, du temps de Philippe le Bel, une espèce nouvelle, connue

sous le nom de Burgensis fortis ou novm, qui jouit d'un grand crédit jusqu'au règne de Philippe de Valois. Le type de ces espèces nouvelles n'était plus le même. La tête avait disparu, et, à la place, on avait mis le mot fortis ou no vus, surmonté d'une couronne ou d'une fleur de lis. Le nom du roi avait passé du côté de la croix , qui , dans le burgensis novm, avait perdu les fleurons qui ornaient ses branches, tandis qu'elle les avait conservés dans le burgensis fortis: La valeur du burgensis fortis ou double bourgeois était égale à celle d'un double parisis, c'est-a-dire, qu'elle était à • 6 deniers de loi ou à 6 parties d'argent fin contre 6 d'alliage, et qu'on en taillait 189 au marc. Le burgensis novus, qui était probablement le même que le bourgeois single ou simple dont parle l'ordonnance de 1311, était taillé au même degré de fin et à 378 pièces au marc. Il valait un denier parisis.

Les ordonnances ne parlent pas d'une petite pièce, retrouvée dernièrement, et qui n'était que la moitié du boureois simple, c'est-à-dire, une obole ourgeoise. Malgré le nom de burgensis, que portait cette monnaie, on ne saurait affirmer que Bourges fût le seul lieu où elle fût frappée : il est au contraire probable que, de même que l'on monnayait en tous lieux des tournois et des parisis, on frappait aussi partout des bourgeois. Quoi qu'il en soit, en diparaissant tout à fait, cette monnaie laissa de profonds souvenirs; les gros à la queue et un grand nombre d'autres monnaies des derniers Capétiens proprement dits, et des premiers Valois, présentent dans leurs types de fréquentes imitations de l'empreinte bourgeoise.

Charles VÏI , pendant son séjour à Bourges, y fit fabriquer des espèces de tous métaux, qui se reconnaissent encore à la lettre B, placée à la fin de la légende. Cette ville posséda aussi, dans les temps modernes, un hôtel des monnaies, dont ia lettre monétaire était Y, et qui fut fermé seulement en

Bourges (de). — Des médecins de

ce nom ont été pendant longtemps en possession de la confiance de la cour.

Jean de Bourges , à qui remonte la célébrité de cette famille, fut médecin de Charles VIII et de Louis XII. Il était né à Dreux. — Son lils , Louis de Bourges, né à Blois en 1482, successivement médecin de Louis XII et premier médecin de François Ier , contribua , dit-on , à abréger la captivité de ce prince , en persuadant à Charles-Quint que son illustre prisonnier n'avait plus longtemps à vivre.

Ainsi, ce serait dans la crainte que la mort de François Ier ne lui permît pas de profiter de ses avantages que le monarque espagnol aurait consenti à se relâcher de ses prétentions. Louis de Bourges a également rempli les fonctions de premier médecin de Henri II.

Il mourut en 1566, à l'âge de soixantequatorze ans , après avoir ainsi donné les soins de son art aux trois rois de France Louis XII , François Ier et Henri II. — Simon de Bourges, né à Blois, et mort en 1566, fut médecin de Charles IX. — Jean de Bourges devint doyen de la Faculté de Paris en 1654 ; il mourut en 1661. — Son fils, Jean de Bourges, médecin del'Hôtel- Dieu, est mort en 1684.

Bourgogne.— Le nom de Bourgogne s'est appliqué à diverses contrées.

Dans la plus grande extension du nom, la Bourgogne comprenait tout le bassin du Rhône ; dans sa plus petite extension , le nom de Bourgogne a été appliqué au pays borné au nord par la Champagne , à l'est par la Franche- Comté , au sud par le Beaujolais , et à l'ouest par le Bourbonnais et le Nivernais.

Le nom de Bourgogne, en latin Burgundia , vient des Burgondes (Burgundi ou Burgundiones) , peuple germain qui s'établit dans ce pays au cinquième siècle. Ce peuple, d'origine germanique (voyez Barbares) , paratt avoir été une' tribu de la nation vandale (*). Il est mentionné pour la première fois par Pline , et habitait , à

(*) VindM, quorum pars Burgundiones , Pline, t. IV, c. 14.

l'époque où vivait cet auteur, aux embouchures de la Vistule, sur les bords de la Baltique. Chassés de ce pays par les Gépides, vers 245, ils vinrent s'établir dans la partie de la Germanie comprise entre l'Elbe, l'Oder et le Danube , à l'est des Alemans, c'est-àdire dans les pays appelés aujourd'hui Bohême, ïhuringe et Bavière septentrionale. C'est de là qu'après quelques / guerres contre les Romains , pendant les règnes de Probus (277) et de Maximien- Hercule (287), ils se dirigèrent sur la Gaule.

Ce fut en 407 que , guidés par leur roi Gondicaire, ils passèrent le Rhin, décidés à prendre aussi leur part du

f)illagedes Gaules, ravagées alors par es Âlains, les Suèves et les Vandales.

Ils se rendirent d'abord maîtres de l'Helvétie jusqu'au mont Jura , puis, en 413, s'emparèrent du pays des Sequanes et des Édues jusqu'à la Loire et l'Yonne. A la nouvelle de ces hostilités, Constance marcha contre eux; mais ils demandèrent la permission de s'établir dans les pays qu'ils avaient envahis, offrant sans cloute en échange leur alliance à l'empire. Constance engagea l'empereur a leur céder ce territoire , et leur roi Gondicaire fut reconnu pour ami et allié de l'empire.

En 435 , Gondicaire , s'ennuvant d'un trop long repos , porta le ravage dans la Belgique (*) ; mais il fut défait par Aëtius , et obligé de demander la paix. L'année suivante, les Burgondes lurent attaqués par les Huns , qui envahirent leur pays (**). Gondicaire fut tué dans une bataille , et vingt mille de ses soldats y périrent avec lui. Après cette victoire, les Huns dévastèrent le pays , pillant les campagnes et massacrant les habitants. Suivant un poème du septième siècle, Attila aurait alors commandé les Huns , et , dès cette époque , il aurai! ravagé les Gaules jusqu'au Rhône.

(*) Cf. Sid. Apoll. Paneg. Avit.7, ¥. t3î.

(**) Sur cette invasion des Huns , *ov«i Hisl. de Ras-Empire de Lebeau, la uotf de M. Saint-Martiu, t. VI, p. 86.

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Selon d'autres auteurs , le roi des Huns était alors Uptar , après la mort duquel les Burgondes se relevèrent et taillèrent les Huns en pièces. Ils restèrent ensuite indépendants jusqu'en 534. Voici la liste chronologique des rois de leur nation :

Gondicaire, 407-436.

Chilpéric, 436-491.

Gondebaud, 491-516.

Sigismond, 516-523.

Gondemar, 523-534.

Nous n'entreprendrons point ici de faire l'histoire des règnes de ces princes* Nous avons dit tout ce qu'on sait de Gondicaire. Le lecteur trouvera les détails qu'il pourra désirer sur les successeurs de ce prince, dans les articles spéciaux que nous leur avons consacrés. Nous avons dû nous borner ici aux traits généraux de l'histoire des Burgondes. Voyons maintenant quel était le caractère de ces peuples.

Les Burgondes ne formaient pas une tribu remuante, guerrière. « Cette bonhomie , qui est l'un des caractères actuels de la race germanique, se montra de bonne heure chez ce peuple. Avant ieur établissement à l'ouest du Jura , presque tous les Bu rgondes étaient gens de métiers , ouvriers en charpente ou en menuiserie. Ils gagnaient leur vie à ce travail dans les mtervailes de paix, et étaient ainsi étrangers à ce double orgueil du guerrier et du propriétaire oisif, qui nourrissait l'insolence des autres conquérants barbares.

« Impatronisés sur les domaines des propriétaires gaulois, ayant reçu ou pris à titre d'hospitalité les deux tiers des terres et le tiers des esclaves , ce qui probablement équivalait à la moitié au tout , ils se faisaient scrupule de rien usurper au delà. Ils ne regardaient point le Romain comme leur colon, comme leur lite, selon l'expression germanique, mais comme leur égal en droits dans l'enceinte de ce qui lui restait. Ils éprouvaient même devant les riches sénateurs, leurs copropriétaires, une sorte d'embarras de parvenus. Cantonnés militairement dans une grande maison, pouvant y jouer

le rôle de maîtres, ils faisaient ce qu'ils voyaient faire aux clients romains de leur noble hôte, et se réunissaient de grand matin pour aller le saluer par les noms de pere ou d'oncle , titre de respect fort usité alors dans l'idiome des Germains. Ensuite, en nettoyant leurs armes ou en graissant leur longue chevelure, ils chantaient à tuetête leurs chansons nationales, et, avec une bonne humeur naïve, demandaient aux Romains comment ils trouvaient cela (*). »

« C'est à moi, écrivait Sidonius à un «ami vivant en Italie, c'est à moi que «tu demandes un épithalame pour « Dioné de Fescenna, à moi qui vis au « milieu des peuples à la longue che- «velure, qui ai à supporter l'idiome « germanique, qui suis contraint d'ap- « plaudir malgré moi aux chants d'un « Bourguignon bien repu, dont la che- « velure est arrosée d'un beurre rance. « Veux-tu que je te dise ce qui brise « ma lyre? Thalie, fugitive devant les « instruments barbares , méprise les « vers de six pieds depuis qu'elle voit « des patrons qui ont sept pieds de « hauteur. Heureux tes yeux et tes « oreilles ! heureux , oui heureux ton « nez vers lequel ne s'exhale pas , dix «fois chaque matin, l'odeur infecte de « l'ail et de l'oignon ! heureux toi que « ne viennent pas saluer avant l'auro- «re, comme un aïeul ou comme un « père nourricier, ces géants si grands « et si nombreux, que la cuisine d'Al- «cinoùs aurait peine à les contenir!

« Mais ma muse se tait ; elle s'arrête « après avoir badiné en quelques vers « de onze syllabes : je craindrais qu'on « ne vît ici une satire. »

Tel est le peuple qui , pendant un siècle, posséda les provinces orientales de la Gaule. L'étendue de son empire était , en 534 , assez considérable (**).

A leur arrivée dans les Gaules, les Burgondes avaient adopté l'arianisme.

(*) Thierry , Lettres sur l'histoire de France, ae édit. , p. 99.

(**) Voyez carte 4 de l'Atlas joinf aux

ÀHHAXES.

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Cette croyance îeur fut nuisible : ils eurent le sort de tous les peuples ariens, et disparurent promptement de la scène historique.

Leur pays devint ensuite une province de l'empire des Franks.

empire

ROIS FRANKS DB BOtJBGOGKE.

Gontran, 561.

ChUdebert II, 593.

Thierri IL 596, meurt en 613.

l-Vr.J ,>it l>innn..n ~.\ i. r»

de Lyon, la Savoie et le Dauphiné; il avait Lyon pour capitale.

Charles, 855-863.

Ses fils Louis et Lothaire, 863.

Bozon, 879.

Louis l'Aveugle, 890. '

Hugues, Raoul, Charles-Constantin, Bérenger, 929.

BOIS DE IA BOURGOGWB TRARSiURAïTE.

Le royaume de Bourgogne transju-

Pendant l'époque où la Bourgogne rane était composé de la Suisse jus

qu'à la Reuss , du Valais , du pays de Genève, du Chablais et du Bugey. Il se forma en 888 , pendant l'anarchie qui suivit la déposition de Charles le Gros; il porta successivement les divers noms de Bourgogne-Supérieure, Gaule- Cisalpine , Bourgogne- Jurane ou Transjurane. Il n'eut que deux rois.

Rodolphe /cr, 888-911.

Rodolphe //, 912-933.

fut soumise aux rois mérovingiens, elle fit partie du royaume d'Orléans ', et suivit , en général, les destinées de la Neustrie. Pendant la durée de l'empire carlovingien, la Bourgogne forma 'un des quarante duchés de cet empire; ce duché comprenait un certain nombre de comtés dont voici la liste aussi complète que possible :

Comitalus Aptentis.

Arausicus.

Augustodunensi».

Autissiodorensis.

Araleiuis.

Avenionensis.

Aventicensis.

Belnensis.

Cabilonensis.

Cavilonensis.

Divionensis.

Forojuliensis.

Genevensis.

Lugdunensis.

M assil iensis.

Mauricicnsis.

Nivtrnensis.

Vasionensis.

Viennensis.

Vesonticnsis.

Vivariensis.

Dans le démembrement de l'empire carlovingien, l'ancienne Bourgogne se fractionna en deux parties : le royaume

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