ERS. ARA
dramatiques qui jettent quelquefois de l'intérêt sur l'histoire des grandes corporations du moyen âge.
Le premier titre qui constate l'existence de la communauté des brasseurs , est le feuillet du registre d'Étienne fioileau , où sont consignés leurs statuts. Ces statuts sont en petit nombre ; les prescriptions qu'on y trouve ont toutes pour but de prévenir , dans la fabrication et dans le débit de la bière , les fraudes qui pouvaient porter atteinte à la santé ou à la morale publique. Tel était l'objet des deux articles suivants :
<■ Nus cervoisiers ne puet ne ne « doit faire cervoise , fors de yaue et « de grain, c'est à savoir, d'orge, de « mestuel et de dragée ; et se il y mê- « loit autre chose pour efforciez c'est « à savoir , baye , piment et pois rei- « sine, et quiconque y met roi t aucune « de ces choses , il l'amenderoit au « roy de xx sous de Paris, toutes les « fois qu'il en seroit reprins , et si se- « roit touz li brasins qui seroit faiz de « tex choses donez por Dieu.
« Nuz ne puet ne ne doit vendre « cervoise ailleurs que en l'ostel ou en « h brasse ; quar cil qui sont regra- « tier (*) de cervoises vendre, ne te « vendent pas si bones ne si loiaus, « corne cil qui les font en leur nos- « tieuz, et les vendent aigres et tour- « nées , quar ils ne les scavent pas « inetn; a point ; et cil qui ne les font « en leur hostiex , quand ils les en- « voient vendre en ij leus ou en iij « par la vile de Paris , ils ne sont pas « au vendre , ne leurs famés , ains les « font vendre par leurs garçonnès p* « tiz, en rues foraines, et si vont en « tex leus et en tex tavernes li fol et « li foies faire leurs péchiez (**). »
Ces statuts furent renouvelés en 1489 , en 1516 et en 1630. Ils furent confirmés en 1686 , sous le règne de Louis XIV, et l'on y ajouta, en 1714, quelques nouvelles prescriptions.
(*) Revendeurs.
(") Livre des métiers d'Étienne Boik* éd. Depping, p. 29 et 3o.