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Villars, érigé en faveur du vainqueur de Denain. Les lettres patentes, qui datent seulement de juillet 1052, témoignent des services que George de Brancas rendit à Louis XIII, particulièrement en l'année 1625 , où il équipa à ses dépens vingt-cinq vaisseaux de guerre.
Louis ae Brancas, marquis de Céreste, de la branche aînée, servit honorablement sur terre et sur mer, sous Louis XIV et Louis XV, et fut employé dans plusieurs, ambassades où il se distingua. Maréchal de France en 1740, il mourut en 1750, à l'âge de soixante et dix-neuf ans.
La branche aînée s'est éteinte en 1802 , dans la personne d'un duc de Céreste; l'autre branche subsiste encore. Louis Léon, duc de Brancas-Lauraguais, pair de France, auteur de plusieurs ouvrages en vers et en prose, mourut en 1824 ; il a eu pour successeur dans la pairie son neveu , le comte , et actuellement duc de ce nom.
Branchu ( Rose-Timoléone Caroline-Lavit ) , cantatrice célèbre , née à Saint-Domingue le 2 novembre 1782, débuta en 1801 sur la scène du grand opéra. Elle était nièce du dernier gouverneur du cap de Bonne-Espérance , et filleule du maréchal de Brissac. Sa conduite lui mérita l'estime générale; son talent et son affabilité la Crent aimer de mademoiselle Maillard, qu'elle remplaça ; de madame Dugazon qui, la première, avait deviné son avenir; de Garât , qui voulut être son maître de chant; de Méhul et de Sarreto, qui la présentèrent vainement au théâtre Favart ; d'Hofifman , qui ne voulait pas qu'une autre jouât sa Phèdre ; de Urétry, qui jusqu'au dernier moment la nomma sa fille. Talma avait aussi beaucoup d'affection pour elle : il goûtait tellement son jeu, qu'il fallut un ordre du ministre de l'intérieur pour l'empêcher de l'enlever à l'Opéra et de l'introduire au Théâtre-Français.
Enfin elle était recherchée de Joséphine, dont elle formait souvent la seule compagnie, et Napoléon lui-même approuvait cette intimité. Peu d'actrices ont joui d'une aussi grande faveur.
Sa position était d'autant plus intéressante, que, toute jeune, elle n'avait songé à faire usage de ses dispositions naturelles que pour soutenir sa famille. Son père était un officier de cavalerie , que la révolte des nègres de Saint-Domingue avait tout a coup privé de ressources. Créole comme madame Malibran, elle avait quelque chose de la sensibilité poétique ae cette admirable actrice. Après avoir fait pendant plus de vingt ans les délices du
fiublic, madame Branchu abandonna e théâtre le 27 février 1826; elle avait créé le rôle de Statira dans Olympie; c'est par ce rôle qu'elle termina sa carrière dramatique.
Bbanciôn, terre et seigneurie de Bourgogne , à deux kilomètres ouest de Tournus.
Bbancls. Après avoir traversé le Rhône à quatre journées de la mer, Annibal se dirigea vers le cours supérieur de ce fleuve, et arriva, au bout de quatre journées de marche, dans un canton fertile et bien peuplé, que les habitants nommaient Vile (insula),
f>arce qu'il est fermé de tous côtés par 'Isère, qui s'y jette dans le Rhône, parce fleuve lui-même, et par les premières chaînes des Alpes qui s'étendent d'un fleuve à l'autre. Deux frères, enfants du dernier chef, se disputaient la souveraineté de ce canton. L'aîné, Brancus , avait été détrôné par son frère , qui s'était fait un appui de toute la jeunesse du pays. Les deux partis choisirent Annibal pour arbitre de leur différend ; il prononça en faveur de Brancus, qui lui témoigna sa reconnaissance en lui fournissant des vivres, et tout ce qui était nécessaire à son armée pour te passage des Alpes (*).
Bbàndo, bourg de la Corse , à dix kilomètres de Bastia. C'était autrefois un fief appartenant, ainsi que ceux de Nonza et de Canari , à la famille de Gentilli, laquelle y possédait un château fort, dont les ruines subsistent encore. La population de Brando est
(*) Voyez Amédée Thierry, Histoire des Gaulois, u I. p, 275.
de onze cent quatre-vingt-neuf habitants.
Brandons. On trouve souventd'anciens actes datés du premier jour, du second , etc., avant le dimanche des Brandons , ou simplement avant les Brandons. On appelait ainsi le premier dimanche du carême, parce que, ce jour-là, on était dans l'usage d'allumer sur les places publiques ou dans les campagnes, de grands feux autour des-
3uels la jeunesse se rassemblait pour anser. Malgré des nombreuses ordonnances des rois et malgré les efforts des évêques , cette coutume se conserva longtemps dans une foule de localités. Aujourd'hui même elle subsiste encore dans quelques pays, entre autres dans le département des Ardennes , où son cérémonial n'a rien perdu de son ancienne solennité.
Brange, terre et seigneurie de Bourgogne , à deux mvriamètres sudest de Châlons, érigée en marquisat en 1662.
Branle , sorte de danse autrefois fort à la mode, où plusieurs personnes dansaient en rond , en se tenant par la main, et en se donnant , suivant Furetière, « un branle continuel et concerté avec des pas convenables, selon la différence des airs qu'on jouoit alors. » — On dansait d'abord le branle simple , puis le branle gai, ainsi appelé, parce qu'on avait toujours un pied en l'air , et l'on terminait le bal par le branle de sortie. — On distinguait un très-grand nombre d'espèces de branles, parmi lesquelles nous citerons : les branles de Bourgogne, de Hainaut, d'Avignon , d'Écosse, etc.; le branle des lavandières, où l'on frappait des mains ; celui des sabots ou des chevaux, où l'on battait du pied ; celui de la torche , où le danseur tenait un chandelier ou un flambeau ; puis les branles gesticules; et enfin les branles à mener, où chacun menait le branle à son tour , et se mettait ensuite à la queue.
Le branle de Saint-Elme était le nom d'une fête populaire autrefois célébrée à Marseille, la veille de saint Lazare , pour divertir les étrangers
qui s'y rendaient en foule ce jour-là.
On promenait par la ville, au son des instruments , de jeunes filles et de jeunes garçons habillés en personnages mythologiques ou en costumes de diverses nations. Cette fête a été supprimée vers l'an 1700.
Branle-bas. — Le hamac s'appelait anciennement branle, de l'italien branla. Cette dénomination ne s'est plus conservée que dans le commandement Branle-bas ! qui équivaut ainsi à : Détendez les hamacs.
Le branle-bas 'de combat est l'imposante et solennelle opération qui consiste à prendre, sur les navires de guerre, les dispositions nécessaires pour le combat.
Brannovii ou Brannovices, peuple de la première Lyonnaise , faisaient partie des Éduens; Charilocus (peut-être Semur en Aunois) était leur chef-lieu.
Brantes, baronnie dans le comtat Venaissin , à trente - huit kilomètres nord-est d'Avignon, érigée en marquisat en 1674.
Brantôme , ancienne ville du Périgord, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Dordogne,à deux myriamètres de Périgueux.^ette ville dut longtemps sa prospérité à son abbaye de bénédictins, fondée, dit-on, par Louis le Débonnaire ; elle doit toute sa célébrité à l'un des abbes commendataires de cette abbaye, Pierre de Bourdeilles , auquel "elle donna son nom, et qui, sur la fin de ses jours, y composa une grande partie de ses ouvrages. (Voyez l'article suivant.) Brantôme compte aujourd'hui 2,722 habitants.
Brantôme (Pierre de Bourdeilles, abbé commendataire de) naquit en Périgord vers 1527. Pendant la première partie de sa vie, Brantôme fit la guerre avec la bravoure d'un noble seigneur et l'esprit aventurier d'un Gascon. Après avoir servi sous François de Guise, il s'en alla en Espagne, puis accompagna le roi de Portugal, Sébastien, dans une expédition en Barbarie, où il se distingua par des actions d'éclat qui lui valurent l'ordre de
pl A son retour en France, il parut a la cour avec avantage, et devint gentilhomme ordinaire de la chambre de Charles IX, et chambellan du duc d'Alençon. Le roi Charles IX le prit en grande affection, et lui donna une pension, outre la charge dont nous venons de parler. Sous Henri III , il vit décliner son crédit, et le mécontentement qu'il en éprouva est sans doute le motif qui le décida à passer le reste de ses jours dans la retraite. Il alla se fixer à Brantôme , où il occupa son loisir à rassembler ses souvenirs, et à écrire pour la postérité ce qu'il avait vu aux armées et à la cour dans ce siècle agité où il y avait à voir tant de choses. Il mourut en 1614. L'intérêt historique de ce qu'il raconte, et la naïveté qu'il met toujours dans son récit, jointe à une finesse gracieuse et a une. imagination vive , ont placé ses écrits au premier rang parmi les monuments littéraires du seizième siècle.
Comme historien , Brantôme a moins d'exactitude que de vérité. Courtisan etGascon, il lui en coûte peu d'altérer les faits pour flatter ou se faire valoir : frivole à l'excès , il n'a pas non plus ce coup d'oeil attentif et sûr qu'on doit «iger de l'historien. Mais témoin naît, sinon impartial des événements, fidèle écho de toutes les idées et de tous les sentiments qui s'agitent autour de toi, il nous révèle bien mieux que beaucoup de narrateurs scrupuleux le caractère et la physionomie de son époque. Avec son indifférence en fait de morale , son goût pour le plaisir, son cynisme candide et malin, son esprit batailleur et aventureux, sa crédulité superstieuse, il est une exacte et vivante image du siècle dont il s'est fait l'historien. Laissez-le décorer Catherine de Médicis du nom d'honnête femme, la déclarer plus belle que l'aurore, et faire remonter la famille de cette princesse jusqu'au Gaulois Medicus, contemporain de Brennus. Laissez-le dans son testament compter Charlemagne au nombre de ses propres aïeux, et avertir ses futurs descendants que s'il a été surpassé par d'autres à la cour en bienfaits, étais et
T. m. 21e Livraison (Dict. kncycl., etc.)
grades, Une l'a jamais été en valeur et en mérite : ces gascon nade« ne trompent personne. Mais si vous voulez connaître le singulier mélange de licence, de foi religieuse,d'inquietude, de bonhomie, de cruauté, de finesse, qui compose les mœurs de cette époque, lisez cet ingénu et inépuisable conteur, suivez-le dans les armées, dans les conseils, dans les antichambres et dans les alcôves, où il ramasse une si abondante provision de prouesses héroïques, de coups d'épée, d'intrigues et de scandales. On a appelé Brantôme le valet de chambre de l'histoire, à cause des détails minutieux et intimes qu'il prodigue dans ses confidences ; mais ces détails sont précieux : ils répandent sur beaucoup de faits de vives lumières ; ils nous initient à tous ces usages et à toutes ces passions oubliées , et nous font vivre dans l'époque, en quelque sorte. Cette habitude constante et involontaire de peindre par les détails, cette ignorance de l'art de résumer, cette absence complète de vues générales et profondes, ce cynisme sans bornes, ont permis de rapprocher Brantôme de Suétone; mais le premier joint à l'effronterie de ses récits licencieux une ingénuité que n'a jamais le second ; mais Brantôme, sans être plus attentif que l'historien des Césars à la moralité des actions, est doué d'une sensibilité plus vive. L'étonnement à la vue de grandes catastrophes, la pitié pour de touchantes infortunes, l'admiration pour des traits d'héroïsme guerrier, ou pour de stoïques vertus se déployant au milieu des factions civiles, ces sentiments s'élèvent dans l'âme du frivole conteur, et communiquent à ses paroles si simples une émotion qui passe jusqu'à nous. En racontant le supplicede Marie Stuart, Brantôme, sans étude, sans art, sans faire presque aucune réflexion, est plus pathétique, que Robertson. Un célèbre critique, comparant les deux morceaux, a fait ressortir tout l'avantage que donne au chroniqueur une émotion vraie. Quand il nous fait assister aux derniers moments de Bayard, sous le flegme ap-
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parent de ses expressions, on sent un regret profond de cette mort douloureuse pour la France, et une vénération passionnée pour la valeur et la dévotion du chevalier sans peur et sans reproche. Et quand il rencontre au milieu de l'agitation des partis, au milieu de toutes ces passions turbulentes et sans frein, la figure calme et impassible du sage l'Hôpital, voyez quel accent de respect et d'admiration dans les naïves paroles de cet homme si léger : * C'étoit , » dit-il , en parlant de Pincomparable magistrat, « c'étoit un « autre censeur Caton celuy-là, et qui « savoit très-bien censurer et corriger « le monde corrompu. Il en avoit du « tout l'apparence avec sa grande barbe « blanche , son visage pasle, sa façon « grave, qu'on eût dit à le voir que « c'étoit un vrai portrait de saint Hie- « rosme. » Cette phrase offre d'ailleurs un échantillon remarquable de ce pittoresque d'expressions qui donne tant de charme a la lecture de Brantôme.
Les principaux ouvrages de cet auteur sont, outre ses mémoires, les fies des hommes illustres et grands capitaines français, les Vies des grands capitaines étrangers, les Fies des dames illustres, celles des dames galantes. On a encore de lui des anecdotes touchant les duels, un commencement de traduction de la Pharsale, et deux ouvrages d'un genre singulier, dont l'un a pour titre : Rodomontade et jurements des Espagnols, et l'autre : Dialogue entre le tombeaU de madame dyAubeterre et l'auteur.
La première édition des œuvres de Brantôme fut publiée à Levde, Sambix (Elzevir), 1666-67, 10 vol. in-12.
La plus complète est celle de la Haye (Rouen), 1740-41, 15 vol. in-12. Brantôme était mort à Brantôme, le 5 juillet 1614. Son épitaphe, qu'il avait composée lui-même, est un curieux échantillon de son style et une peinture fidèle de son caractère. Nous croyons devoir la reproduire ici : « Passant, si « par cas, ta curiosité s'étend de sa- « voir qui gît sous cette tombe, c'est « le corps de Pierre de Bourdeilles. en
« son vivant, chevalier, seigneur et « baron de Richemont, extrait du côté « du père de la très-noble antique race « de Bourdeilles, renommée de Pem- « pereur Charlemagne , comme les « histoires anciennes et vieux romans «français, italiens, espagnols, titres « vieux et antiques delà maison, leté- « moignent de père en fils jusqu'à « jourd'hui ; et du côté de la mère il ■ fut sorti de cette grande et illustre « race, issue de Vivonne et de Breta- « gne; il n'a dégénéré, grâce à Dieu, « de ses prédécesseurs. Il fut homme « de bien , d'honneur et de valeur « comme eux, aventurier en plusieurs « guerres et voyages étrangers et ha- « zardeux. Il fit son premier arjpren- « tissage d'armes sous ce grana capi- « taine, monsieur François de Guise, « et pour tel apprentissage, il ne dé- « sire autre gloire et los : donc cela « seul suffit. Il apprit très-bien par lui « de bonnes leçons, qu'il pratiqua avec « beaucoup de réputation pour le ser* « vice des rois ses maîtres. Il eut sous « eux charge de deux compagnies de « gens de pied. Il fut, en son vivant, « chevalier de l'ordre du roi de France, « et de plus chevalier de Tordre de « Portugal, qu'il alla quérir et recenwr « là lui-même, du roi don Sébastien « qui l'en honora au retour de la con* « quête de la ville de Bélis, en Barba- « rie, où ce grand roi d'Espagne, don « Philippe, avoit envoyé une armée de « cent galères et douze mille hommes « de pied. Il fut après gentilhomme « ordinaire de la chambre des deux a rois Charles IX et Henry 01 et « chambellan de monsieur d'Alencon, « et outre fut pensionnaire de deux « mille livres par an dudit roi Charles, « dont en fut très-bien payé tant fÏÏ « vécut, car il l'ai moit fort, et leut* « fort avancé s'il eût vécu plus mjÉ « ledit Henry. Bien qu'il les eût toufl « les deux très-bien servis, l'humeui « du premier s'adonna plus à lui failli « du bien et des grâces plus que l aj|| « tre. Aussi la fortune ainsi le vonloia « Plusieurs de ses compagnons, noij « égaux à lui, le surpassèrent enbienj « faits, états et grades, mais nonja*1
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• mais en valeur et en mérite. À dieu, «passant, retire-toi, je ne t'en puis « dire plus, sinon que tu laisses jouir « de repos celui qui en son vivant n'en « eut ni d'aise, ni de plaisir, ni de con- > lentement. Dieu soit loué pourtant ■ du tout et de sa sainte grâce. »
Brard ( C. Prosper ) , ingénieur de l'école des mines de Paris, a publié des écrits estimés sur la minéralogie.
On lui doit une partie de la collection minéralogique du Muséum d'histoire naturelle.
Brascassat ( J. ), peintre de paysage et d'animaux , né à Bordeaux 'le 30 août 1805, élève de Richard, remporta en 1825 le second grand prix de paysage historique sur le sujet de la Chasse de Méléagre; et de Rome, où ilétaitalléterminerses études, il envoya àl'exposition, en 1827 \ Mercure et Argus, paysage historique, et trois vues d'Italie. Il exposa également, en 1831, quatre autres paysages ; enfin , sept nouvelles productions vinrent encore, en 1833, consolider la réputation naissante de M. Brascassat. Dès 1831, cet artiste avait exposé un paysage avec animaux {brebis) ; mais, en 1834 , son Taureau se frottant contre un arbre et son Repos d'animaux semblèrent décider sa vocation ; et depuis , il paraît s'être voue exclusivement au genre de peinture que certains maîtres flamands ont si heureusement cultivé. En effet, on a encore admiré au salon de 1837 sa Lutte de taureaux, où Ton remarquait un dessin vrai, une connaissance parfaite du sujet , et un coloris chaud et naturel. Enfin , plusieurs autres tableaux représentant des repos, des pâturages , des paysages avec animaux, des parcs et des études , exposés cette même année, en 1838 et en 1840, ont prouvé que le talent de M. Brascassat ne fait que s'accroître dans le genre qu'il a choisi.
Mais pourquoi M. Brascassat a-t-il abandonné le paysage historique? pourquoi a-t-il quitté une route où il pouvait devenir l'émule du Poussin, pour entrer dans cette fausse voie où l'a sans doute entraîné ce sentiment de naturalisme que nous avons déjà blâmé à
l'article Barye? Car enfin, quel est le but de l'art? Est-ce l'imitation pure de la nature? Non certes. Et ici, pour compléter ce qae nous avons déjà dit sur cette question , nous croyons dévoir citer un passage de Hegel (M.
« Si l'art avait pour but l'imitation de la nature, l'homme ferait une seconde fois, autant que ses moyens le lui permettent, ce qui existe déjà dans la nature. Or, on peut dire d'abord que cette répétition est inutile, puisque ce qui nous est offert en spectacle dans un tableau ou sur la scène, nous pouvons tout aussi bien le voir dans nos jardins ou dans nos maisons ; et nonseulement c'est un travail superflu , mais un jeu qui accuse à la fois l'orgueil de l'homme et la vanité de ses efforts. L'art est limité dans ses moyens de représentation; il ne produit que des illusions imparfaites, dont un seul sens est dupe. A la place du réel , du vivant, il met le mensonge hypocrite de la réalité et de la vie. C'est dans ce sens que le mahométisme ne souffre pas les images. Un Turc, à qui Bruce présentait un poisson peint, après un moment de surprise , lui fit cette question : « Si ce poisson , au dernier jour, se lève contre toi et t'accuse en ces termes : Tu m'as donné un corps, mais point d'âme vivante, que lui répondras-tu ? »
« On rapporte plusieurs exemples d'une illusion parfaite produite par les représentations de l'art. Les raisins de Zeuxis ont été donnés par l'antiquité comme le triomphe de l'art, et depuis comme le triomphe du principe de l'imitation.
« Mais au lieu de louer de tels ouvrages pour avoir trompé des animaux, ne devrait-on pas plutôt blâmer ceux qui croient élever ainsi bien haut la dignité de l'art, en lui donnant pour but suprême un effet d'une nature aussi inférieure? »
Le but de l'art n'est point, en effet, de reproduire des scènes inutiles et sans résultats, mais bien d'instruire et
(*) Cours d'esthétique, t. I, p. 37, trad. française.
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de concourir, comme un moyen puissant , à l'accomplissement des destinées du genre humain. Dans ce but , il doit créer, et l'imitation de la nature ne peut être pour lui qu'une simple règle qui le guide dans la forme à donner aux objets qu'il représente. Or, si nous nous plaçons a ce point de vue élevé, le seul qui soit véritable, que deviendront pour nous les œuvres de M. Brascassat? D'agréables passe- temps, et une source de regrets amers , occasionnés par cette pensée, que l'artiste qui a déployé tant de talent dans la peinture de ces jolis tableaux, s'il eût voulu continuer à se livrer à la grande peinture, aurait pu, au. lieu de se faire à toute force le Paul Potter de la France, devenir l'un des artistes les plus remarquables de notre grande école nationale.
Bbassac , ancienne baronnie du Quercy.
Brassac ( Jean de Galand, comte de ) , ambassadeur à Rome , sous le ministère du cardinal de Richelieu , a laissé deux recueils manuscrits intitulés : Lettres et dépêches de M. de Brassac , depuis le 20 octobre 1630 jusqu'au 2 juillet 1641, 2 vol. in-fol. * Brassards d'armure. — On appelait ainsi, au moyen âge, des manches qui se joignaient à la cuirasse, lorsqu'elles étaient en fer , et y tenaient à demeure , lorsqu'elles étaient de mailles. On a renoncé en France, depuis Henri III , à cette armure ; mais les Turcs s'en servent encore aujourd'hui.
Brasseurs. — C'était parmi les brasseurs que le peuple des grandes villes de la Flandre allait chercher ses chefs , au and il voulait , au moy en âge , résister aux exigences de ses
Sprans féodaux. A Paris , le privilège e fournir des chefs aux émotions populaires était réservé aux bouchers.
Les brasseurs ou cervoisiers n'y jouaient pas un si grand rôle. Obscure et peu nombreuse, leur communauté ne remontait pas au delà du treizième siècle ; et , depuis cette époque jusqu'à nos jours , on ne trouve dans leurs annales aucun de ces événements