‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 4 sur 96 · H BLA L'UNIVERS. BLA · texte numérisé non relu

H BLA L'UNIVERS. BLA

branche cadette des comtes d'Angoulême , qui devaient l'hommage aux ducs de Guyenne. Cette contrée fait aujourd'hui partie du département de la Gironde.

Blainville. Voyez Ducbotey de Blainville.

Blaisois ou Blésois , pagus Blesensis, partie de l'ancien Orléanais, dont Blois était la capitale. Le Blaisois forme aujourd'hui le département du Loir-et-Cher.

Blaisy, seigneurie de l'ancienne Bourgogne, érigée en marquisat en 1695 ; fait aujourd'hui partie du département de (a Côte-d'Or.

Blâme. — On nommait ainsi , dans l'ancienne législation, la réprimande adressée par les juges à un criminel , • en exécution d'une sentence ou d'un arrêt. Le condamné était mandé dans la chambre du conseil; et là, en présence des juges qui le faisaient mettre à genoux , le président lui déclarait que, conformément au jugement rendu contre lui, la cour le blâmait d'avoir commis tels ou tels délits qu'il spécifiait.

Le blâme emportait infamie, et, dans Tordre des peines , venait immédiatement après le bannissement à temps. Cette peine a été abolie par le code pénal de 1791.

— Dans la langue du droit féodal , le * blâme était l'action ouverte en faveur des seigneurs suzerains pour faire réformer les aveux et dénombrements (voyez ce mot) qui leur étaient présentés par leurs vassaux. La coutume de Paris accordait au seigneur un délai de quarante jours, à partir de la présentation du dénombrement, pour le blâmer. Mais, dit la coutume dé Paris, « ïe vassal est tenu d'aller ou d'envoyer «quérir ledit blâme, au lieu du prin- « cipal manoir dont est mouvant le « fief. »

Blamont, petite ville avec titre de comté dans l'ancien duché de Lorraine, à vingt-huit kilomètres de Lunéville (département de la Meurthe). Le territoire de Blamont est mentionné sous le nom A'Albensis pagus, dans un titre de 661. Cette ville fut fortifie en 1361 ;

elle fut assiégée par les Reîtres en 1 587, et par les Suédois, qui la prirent et la détruisirent en 1636. Elle fut depuis rebâtie, mais sans fortifications. Sa population estaujourd'hui dedeux mille nuit cent quatre- vingt- un habitants.

C'est la patriedeRégnier,ducde Massa, ministre et grand juge sous l'empire.

Blamont (François Colin de) , surintendant de la musique du roi , était né à Versailles en 1690; il mit en musique la célèbre cantate de Circe, de J.-B. Rousseau, et composa la musique de plusieurs opéras , dont un , les Fêtes grecques et romaines, eut beaucoup de succès , et fut remis plusieurs fois au théâtre. Colin de Blamont mourut à Versailles en 1760.

Blanc— On donnait, au moyen âge, le nom de blanc à une monnaie fort répandue en France, et même dans toute l'Europe, surtout à partir du auatorzième siècle. Cette monnaie, dont le titre, le poids et la valeur ont souvent varié, et qui a été désignée sous un grand nombre de dénominations différentes, n'est autre chose, en réalité, qu'une modification du gros tournois a argent, ou, pour mieux dire, c'est le gros tournois lui-même. Suivant Leblanc , cette monnaie aurait été inventée au quatorzième siècle, sous les règnes de Philippe de Valois et du roi Jean. Nous pensons qu'il est plus exact d'en faire remonter l'origine au règne de Philippe-Auguste ou à celui de saint Louis. Sous le premier de ces deux princes, quon peut avec justice considérer comme les restaurateurs de nos monnaies, il ne se frappait peut-être pas, en Occident, une seule espèce d'argent pur. Le titre des deniers, nui primitivement étaient fins, avait tellement baissé, qu'on n'en frappait plus qu'en bas billon. Enfin , il y avait autant de systèmes monétaires différents que de seigneurs ayant droit de monnayage.

Philippe remédia d'abord à cet inconvénient, en généralisant pour tous ses domaines les deux systèmes tournois et parisis. Bientôt on vit paraître une nouvelle espèce d'argent, au titre élevé de onze deniers douze grains. Cette monnaiepesaitenvironquatrsgrammes

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deux décigrammes, etétaitconnue sous le nom de gros tournois , gros denier tournois, gros denier blanc, gros blanc, ou tout simplement, gros ou blanc, en latin, grossus turonus, grosstts turonus albus, turonus albus, grossus albus.

A qui faut -il nttribuer l'invention de cette monnaie? On l'ignore encore ; l'opinion la plus accréditée en fait honneur à safnt Louis; mais une autre opinion, qui a aussi ses partisans, la donne a Philippe-Auguste. Ce qui est du moins incontestable, c'est que l'impulsion qui détermina la réforme du système monétaire fut donnée par ce dernier prince. Le gros tournois valait douze deniers :

c'était donc l'ancien sou, mais jamais on ne lui donna ce nom; celui de gros denier Fut préféré, parce que le mot denier s'entendait d'une monnaie réelle aussi bien que d'une espèce particulière, et que gros signifiait une monnaie forte; gros denier voulait donc dire grosse monnaie. On l'appelait denier blanc 9 ou blanc tout simplement, parce qu'il était d'argent, et par opposition à l'autre denier, qu'on appelait denier noir ou neret, parce qu'il était de billon.

Jusqu'à Philippe de Valois les gros 'tournois ou les blancs furent toujours d'argent fin ; mais , sous le règne de ce prince , la monnaie commença à s'altérer de nouveau; et une distinction dut s'établir entre le gros tournois et le blanc. Le peuple, exaspéré par le mauvais a loi de la monnaie, se souleva plus d'une fois pour demander qu'on rétablît le système de saint Louis. Plus d'une fois, la cour se vit obligée de faire droit à ces réclamations. Mais l'altération des monnaies offrait de trop grands bénéfices pour qu'on n'y revînt pas bientôt , en l'augmentant graduellement jusqu'il ce ne de nouveaux murmures du peuple ssent encore cesser, pour quelque temps, ces vols infâmes. Ces alternatives produisirent une si grande variété dans la valeur des blancs, qu'il nous serait impossible aujourd'hui de la déterminer. Cette variété fut telle,

que cette monnaie changeait souvent deux ou trois fois de valeur en une seule année. Pourtant, sous le règne du roi Jean et de Philippe de Valois, les mots grand blanc doivent généralement s'entendre d'une pièce de monnaie valant dix deniers; et les mots petit blanc, d'une pièce de six deniers. Mais, quand les monnaies furent mieux réglées, comme sous le règne de Charles V, de Charles VII, de Louis XI et de Louis XII , le grand blanc reprit son ancienne valeur de douze deniers.

Après le règne de Charles VIII, on continua à fabriquer de ces pièces; mais elles échangèrent leur nom pour celui de karolus, de douzains, de gros de ne/s, etc. (voyez ces mots); cependant on frappa .encore, sous François Ier et sous Charles IX , des espèces nommées pièces de six blancs et pièces de trois blancs; mais ces pièces étaient tout autre chose que les blancs, et valaient les unes seize, les autres huit deniers.

Différentes dénominations , avonsnous dit , furent appliquées aux pièces qui font le sujet de cet article. Presque toutes ces dénominations furent empruntées aux signes figurés sur l'empreinte de la monnaie. Voici, en peu de mots, l'histoire de cette empreinte : le type des blancs était, dans le principe , le même que celui des gros tournois : d'un côté, on voyait le chatel tournois (voyez ce mot), avec les légendes TVRONVSCIVIS et BNEDICTV sit nome dm isBi xpi; de l'autre , une croix à branches égales, entourée du nom du roi et d'une bordure de fleurs de lis. Sous Philippe IV et Philippe V, les légendes s'altérèrent; le mot fbancorvm fut très -souvent substitué au mot tvronvs. Sous Philippe VI, les blancs prirent, comme les monnaies de Bourges, une croix latine , et alors on les appela gros à la queue, ou blancs à ta queue; sur d'autres blancs, on abandonna le chatel pour des fleurs de lis, des couronnes, un soleil, ou d'autres emblèmes ; et les pièces ainsi frappées furent désignées par les noms de blancs à la fleur de lis, à la couronne, au soleil, au porc -épie, à Vécu, à une vaclic, à deux vaches,

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