‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 5 sur 96 · ML A · texte numérisé non relu

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L'UMVERS

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etc., selon que ces objets y étaient figurés soit comme accessoires, soit comme type principal.

Blanc (Jean - Denis Ferréol) , né à Besançon en 1744, se distingua au barreau de cette ville, publia plusieurs mémoires dans l'affaire de l'enlèvement de madame Mounier par 1\1 irabeau, et contribua beaucoup à faire condamner le ravisseur. A l'assemblée des états de Franche-Comté, Blanc fut un des commissaires chargés de rédiger les cahiers du tiers état, et il s'acquitta de cette mission avec tant de succès, que l'assemblée lui témoigna sa satisfaction en faisant frapper une médaille, avec cette inscription: Les gens du tiers Etat de Franche-Comté, assemblés te 26 Jiorembre 1788; et au revers : Sequani clvi Disunlino Dijon, Ferr. Blanc. 11 fut ensuite élu député aux états généraux; mais déjà souffrant à son départ, il ne prit qu'une faible part aux premières délibérations des trois ordres, et mourut à Versailles en juillet 1789.'

Blanc àrd (Pierre), voyageur en Orient, membre du conseil d'agriculture, arts et commerce de Marseille, a publié un Manuel du commerce des Indes orientales et de la Chine, avec une carte hydrographique, par M. Lapie, Paris, 1805. C'est un des meilleurs ouvrages qui traitent de ces matières.

Blanchard (Charles-Antoine), bénédictin de la congrégation de Saint- Maur, né à Réthel en 1737, mort à Caen en 1797, a laissé en manuscrit une Histoire de l'abbaye de Saint- Etienne de Caen, qui renferme des matériaux précieux sur l'origine et les mœurs des peuples de la Bretagne.

Blanchard (Élie), né à Langres en 1672, mort en 1753, était un élevé de Dacier. Il a laissé quelques dissertations dans les Mémoires de l'Académie des inscriptions et belles-lettres, dont il était membre.

Blanchard (François), avocat à Paris, mort en 1G'J0\ a publié, en 1645, les Elo'jes de tous les premiers présidents du parlement de Paris; en 1651 , ceux des présidents à mortier du parlement de Paris depuis

1631; en 1670, Y Histoire des maîtres des requêtes depuis 1260 jusqu'en 1575. — Son Gis, Guillaume Blanchard , se fit une grande réputation comme avocat au parlement de Paris. Il a laissé une Compilation chronologique des ordonnances des rois de France.

Blanchard (Jacques), l'un des peintres les plus estimés, et le plus grand coloriste de l'ancienne école française, naquit à Paris en 1600, et reçût de son oncle maternel, Jérôme Bàlleri,

f>remîer peintre du roi, les premières eçons de son art. Après avoir été ensuite étudier quelque temps à Lyon, sous la direction d'Horace le Blanc , il se rendit en Italie, et arriva à Rome en 1621. Il y resta deux ans, puis assa à Venise, où il s'attacha surtout étudier et à imiter les ouvrages du Titien, du Tintoret et de Paul Véronèse. Plusieurs de ses tableaux sont encore conservés à Venise. A son retour en France, il s'arrêta à Turin , où il fit plusieurs tableaux pour le duc de Savoie. Blanchard mourut a Paris, d'une maladie de poitrine. Son meilleur tableau, celui qu'on regarde comme son chef-d'œuvre, est une descente du Saint-Esprit, qu'il peignit pour l'église Rotre-Dame de Paris.

« Blanchard, ditd'Argenvi!le(*), avait un talent particulier pour peindra les vierges à demi- corps, et des femmes nues, auxquelles, outre le beau coloris, il donnait beaucoup d'expression.

Sa facilité de dessiner était si grande, qu'en deux ou trois heures il finissait une figure grande comme nature. Le coloris, qu'il avait beaucoup étudié à Venise, était sa principale partie; il savait mieux que personne le mélange des couleurs, ce que Pline appelle cornmixtura et transit us colorum ; aussi ne peut-on lui disputer d'avoir établi le bon gortt de la couleur en France , de même que Voùet y avait fait renaître le vrai goût du dessin. »

Blanchard eut pour élève son fils Gabriel, qui fut trésorier de l'Académie, mais ne soutint pas la réputation de son père.

(*) Abrégé de la \ie des plus fameux peinlrcs, t. II, p. i63.

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Blanchard (Jean-Baptiste), jésuite, né à Tourteron (Ardennes) en 1731 , mort en 1797. Il était, au moment de la suppression de son ordre , professeur de rhétorique à Verdun. Il se retira alors à Namur, où il publia son École des mœurs, excellente compilation, si souvent réimprimée depuis.

Blanchard (Jean-Pierre), célèbre aéronaute , naquit au petit Andelys,en 1753. La plus remarquable de ses expériences aérostatiques est celle qu'il fit le 7 janvier 1785, en traversant la Manche de Douvres à Calais, avec le docteur Jcffries. La ville de Calais, pour perpétuer le souvenir de cette expérience, fit élever une colonne en marbre au lieu où il était descendu.

C'est à Blanchard qu'est due l'invention du parachute. Il mourut à Paris, le 7 mars 1800, des suites d'une attaque d apoplexie, dont il avait été frappé à la Haye, en février 1808, pendant sa soixantième ascension.

Sa veuve, née Marie- Madeleine Sophie Armant, continua l'exercice de sa profession, et fît faire de grands progrès à l'art aérostatique. Le feu ayant pris au ballon qui soutenait la nacelle dans laquelle elle s'était élevée, le 6 juillet 1819, au-dessus de l'ancien Tivoli à Paris, elle périt dans sa chute. C'était sa soixante-septième ascension.

Elle était née le 25 mars 1778 , à Trois- Cnnons, près la Rochelle.

Blanche de Bourbon, reine de Castille, fille de Pierre Irr, duc de Bourbon, épousa en 1353, à l'âge de quinze ans, Pierre le Cruel, roi de Castille. Ce mariaçe ne fut point heureux : Pierre, uniquement épris des charmes de sa maîtresse, Maria de Padilla, quitta la reine le lendemain de ses noces ; et ensuite , l'année suivante , l'accusant d'avoir trempé dans la conspiration tramée contre lui par les grands du royaume, il la fit enfermer, d'abord à Tolède, puis à Medina Sidonia, où elle mourut en 1361, empoisonnée, dit-on, par ses ordres. La mort de Blanche de Bourbon fut le prétexte de l'expédition entreprise par du Guesclin contre Pierre le Cruel , et dont le résultat fut, pour l'Espagne, l'élévation

de Henri de Transtamarre au trône de Castille, et pour la France, la destruction des bandes militaires qui la ravageaient. Voyez Bandes militaires et du Guesclin.

Blanche de Bourgogne, reine de France, fille d'Othon IV, comte palatin de Bourgogne, et de Mahaut, comtesse d'Artois. Elle fut mariée, en 1308, à Charles , comte de la Marche , qui fut depuis roi de France sous le nom de Charles le Bel. Philippe le Long, son frère et son prédécesseur, avait épousé Jeanne, sœur aînée de Blanche.

Ces deux princesses furent accusées de s'être livrées aux plus honteux excès de la débauche; la tour de Nesle était le théâtre de leurs orgies. Philippe et Gauthier de Lannoy, leurs complices, après avoir été convaincus, furent écorchés tout vifs, traînés dans une prairie nouvellement fauchée, et eurent ensuite la tête tranchée. Leurs cadavres furent pendus par les bras au gibet.

Blanche fut enfermée au château Gaillard d'Andelys, et répudiée en 1 322 , sous prétexte de parenté. Depuis , elle prit le voile à l'abbaye de Maubuisson , où elle expia , dans les rigueurs d'une vie austère et pénitente, les désordres et les crimes de sa jeunesse.

Blanche de Castille, fille d'Alphonse IX, femme de Louis VIII, roi de France, et mère de saint Louis. — Cette princesse n'avait pas encore quatorze ans lorsqu'elle fut amenée en France, en 1200; cependant l'élévation de son esprit et la fermeté de son caractère, jointes à sa grande beauté, lui* acquirent bientôt un grand empire sur l'esprit de son époux. Philippe-Auguste, son beau-père, céda lui-même à l'ascendant qu'elle exerçait : il l'admit dans ses conseils, et suivit plus d'une fois ses avis dans les affaires les plus importantes. Nous devons toutefois ajouter qu'elle n'usa jamais de son influence que pour le bonheur des peuples et dans l'intérêt de la France. Elle fut couronnée a Reims, en 1223, en même temps que Louis VIII. Lorsque ce prince mourut, en 1226, il la nomma, par son testament, régente du

T. m. 2e Livraison. (Dict. encyclop., etc.)

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royaume, pendant la minorité de son fils Louis IX. Blanche avait eu onze enfants; elle veilla avec une extrême attention à tous les détails de leur éducation ; mais l'aîné surtout, dont devait dépendre le bonheur de la France, fut de sa part l'objet de soins tout particuliers. Ce prince n'avait que treize ans lors de la mort de son père. Blanche se hâta de le faire sacrer, et, sans laisser aux grands du royaume le temps de manifester leur opposition aux dernières volontés du roi, elle s'empara immédiatement de l'autorité. Elle eut cependant plus d'un obstacle à surmonter : les grands vassaux se liguèrent contre elle; quelques-uns d'entre eux réclamaient la régence, comme parents du jeune roi; tous regrettaient de voir renversées, par la sagesse et la fermeté de la reine, les espérances qu'ils avaient fondées sur les troubles qui accompagnent ordinairement la minorité d'un roi. Ils prirent les armes et tentèrent à plusieurs reprises de s'emparer de la personne du jeune prince. Mais Blanche sut briser leur association et déjouer leurs., projets. Elle leva une armée , fit en personne le siège de Bellesme-au-Perche , au milieu d'un hiver rigoureux, et se rendit maîtresse de cette place, malgré les efforts du duc de Bretagne, soutenu par les Anglais. Thibaut, comte de Champagne, s'était épris pour elle d'une grande passion; elle sut profiter de cette circonstance pour le détacher du parti des grands et l'attirer dans le sien; puis, quand elle eut solidement établi son autorité, elle saisit avec empressement la première occasion qui s'offrit d'abaisser la puissante maison de Champagne, qui s'était toujours montrée si redoutable à la couronne. Blanche de Castille eut la gloire de mettre fin à la guerre des Albigeois, qui durait depuis Philippe- Auguste. Lorsqu'en 1544, saint Louis lit, à la suite d'une grande maladie, le vœu de se mettre à la tête d'une sixième croisade, elle s'y opposa par tous les moyens qui étaient en son pouvoir. Elle savait cependant que la régence lui serait déférée pendant l'absence du roi ; mais elle n'avait d'autre

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ambition que celle de voir la France heureuse et puissante, et elle prévoyait tous les maux qu'allait amener sur le pays cette lointaine expédition. Elle accompagna le roi jusqu'à Marseille, et perdit connaissance au moment où il la quitta. De retour à Paris, elle se mit à la tête des affaires, et sembla retrouver toute l'activité et toute la fermeté de la jeunesse. L'ordre qu'elle sut établir dans les finances lui permit d'envoyer au roi l'argent dont il avait besoin, sans faire peser sur le peuple un trop lourd fardeau; et quand les paysans se révoltèrent, sous le nom de pastoureaux (voyez l'article Pastoureaux), et se livrèrent aux plus grands excqs, elle sut les soumettre et les ramener au devoir. Blanche de Castille mourut à Melun, le t* décembre 1252; elle était âgée de soixante-cinq ans. Ses restes furent déposés à l'abbaye de Maubuisson , qu'elle avait fondée, en 1242. La tendresse qu'elle avait pour son fils était si vive, qu'elle allait jusqu'à la jalousie, et que ce prince était forcé de cacher une partie de l'attachement qu'il avait pour sa femme. Cependant ses principes religieux étaient si solides et si sévères,

3u'elle lui répétait souvent ces paroles evenues célèbres : « J'aimerais mieux « vous voir mort, que souillé d'un « péché mortel. »

Blanchelandk ( Philibert- Fran* cois-Roussel de) naquit à Dijon, en 1 735. Après la mort de son père , il s'engagea à l'âge de douze ans dans un régiment d'artillerie, et, plus tard, obtint dans les grenadiers de France le grade de major. Il passa à la Martinique, en 1779, avec le régiment d'Auxerrois, dont il était lieutenantcolonel. Chargé de la défense de l'île de Saint-Vincent, il parvint, avec sept cent cinquante hommes , à repousser quatre mille Anglais, et les contraignit à se rembarquer. Nommé brigadier en récompense de ce beau fait d'armes , il contribua ensuite a la prise de Tabago , et en fut nommé gouverneur en 1781 ; mais il quitta bientôt ce commandement pour celui de la Dominique, qu'il conserva jusqu'à son retour

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en France , à l'époque de la révolution. La colonie de Saint-Domingue était alors divisée par les factions. D'un côté, les hommes de couleur combattaient pour la révolution française et pour maintenir les droits qu'elle leur avait reconnus; de l'autre, les colons combattaient pour maintenir l'ancien système colonial et les errements de la vieille aristocratie. Bianchelande fut alors envoyé à Saint-Domingue avec le titre de commandant de la partie du Sud , et des lettres de lieutenant au gouvernement général de Saint-Domingue. A son arrivée dans la colonie, il parut un instant vouloir se maintenir dans l'indépendance qui lui convenait entre les deux partis; mais, peu après, sa liaison avec les plus fougueux meneurs de la contre- révolution fit voir de quel côté l'entraînaient ses sympathies, et il ne cacha plus son projet de rétablir l'ancien régime. Bientôt il ordonna la dissolution des municipalités et des comités paroissiaux, fît arrêter un grand nombre d'habitants, comme prévenus d'avoir fomenté les anciens troubles, et refusa de livrer à la publicité les décrets envoyés par le gouvernement. Mais un tel état de choses ne pouvait durer longtomps; l'Assemblée nationale, mieux éclairée sur les affaires des colonies, y envoya enfin le décret du 4 avril , qui ne reconnaissait que deux classes d'individus, les hommes libres et les esclaves. Les commissaires civils Senthonax, Polverel et Ailhaud, étaient les porteurs de ce décret et chargés de le mettre à exécution. Immédiatement après leur arrivée a Saint-Domingue, les diverses assemblées provinciales s'empressèrent d'accuser Bianchelande d'avoir été le principal auteur des maux de la colonie. Les commissaires civils le mandèrent devant eux, et, d'après un interrogatoire assez long, lui ordonnèrent d'aller rendre compte de sa conduite à l'Assemblée nationale. Traduit, à son arrivée en France , devant le tribunal révolutionnaire , il fut condamné à mort et exécuté, ainsi que son fils, le 15 avril 1793.

Blakchet (Pierre), né à Poitiers

en 1459, mort dans cette ville, en 1519, est le véritable auteur de la farce de Y A vocal Patelin, dont la première édition parut en 1490,in-4p, gothique, figures sur bois. ( Voyez Brueys. )

Blanc h et (Thomas), peintre, naquit à Paris en 1617. Entraîné vers la sculpture par un gout tres-nrononeé, il se livra d'abord à l'étude ae * et art; mais sa santé délicate le força bientôt d'y renoncer. C'est alors qu'il étudia la peinture. Après avoir fait le voyage d'Italie, et y avoir eu pour maîtres et pour amis le Poussin, l'Albane et André Sacchi , il revint à Paris, s'y fit connaître par quelques tableaux remarquables, puis se rendit à Lyon , où il fut nommé directeur d'une école académique. Malgré son absence de Paris, il fut nommé, en 1G7G, membre de l'Académie de peinture. Il avait un génie facile et se distinguait par la correction de son dessin. Un incendie qui consuma l'hôtel de ville de Lyon, en 1674, détruisit le plafond de la grande salle qui passait pour son chef-d'œuvre. Blanehet étant venu à Paris, en 1681, fut nommé professeur à l'Académie; mais il quitta bientôt celte place pour retourner à Lyon , et établit dans cette ville une école d'où sont sortis des peintres célèbres. Il v mourut, en 1689, sans avoir été marie.

Blancménil ( Potier de), président du parlement de Paris. (Voyez Potier. )

Blanc-Pignon (affaire de). — Les Espagnols, voulant reconnaître les positions françaises de Saint- Jean-Piedde-Port, attaquèrent, le 26 avril 1794, sur tous les points la division chargée de défendre ces positions ; ils tombèrent d'abord sur le poste d'Arneguy, défendu par deux compagnies basques.

Accablées par le nombre, ces compagnies se replièrent en bon ordre. Au même instant, une colonne de quatre mille hommes d'infanterie et un escadron de cavalerie se présentèrent devant la descente de Bfanc-Pignon , et se |.ortèrent sur la crête de Roqueluche ; le feu fut vif de part et d'autre. Les réquisitionnaires, qui se battaient nour la première fois , montrèrent le

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plus grand courage au milieu d'une grêle de bombes et de boulets. Enlin , ennuyée d'une trop longue fusillade, la ligne française s'avance au pas de charge, la baïonnette en avant, et les Espagnols fuient jusqu'à Blanc-Pignon.

En même temps, une troisième affaire avait lieu au poste d'irmcnaca, qui se replia sur le rocher d'Arola; les Espagnols l'attaquèrent avec furie; mais tournés par un corps de quatre cents hommes conduits par le brave adjudant général Harispe, ils se hâtèrent de battre en retraite.

Blancs (les), nom que Ton donnait, pendant les guerres de la Vendée, aux hommes qui osèrent alors faire la guerre à leur patrie , et seconder ainsi les efforts des étrangers. Les patriotes étaient par opposition désignés sous le nom de Bleus.

Blancs (les petits). — On appela d'abord ainsi, par opposition aux grands planteurs, tous les blancs qui n'avaient dans les colonies que descaféries. Plus tard, on comprit sous cette dénomination les blancs manœuvres, journaliers , les gens à métiers , etc. , autrement appelés blancs manants. Les petits blancs étaient ceux qui affectaient le plus de mépris pour les classes de couleur, qui , de leur côté, le leur rendaient avec usure. Ce sont ces hommes qui ont amené, par leur obstination et leur despotisme, la perte, pour la France , de la colonie de Saint-Domingue, la reine des Antilles.

Blancs-Manteaux.— Nom donné par le peuple , à cause de leur costume, aux servîtes ou serviteurs de la 1 ierge, ordre religieux fondé à Marseille en 1252, et confirmé par le pape Alexandre IV, en 1257. Les servites, qui suivaient la règle de Saint-Augustin, vinrent ensuite s'établir à Paris dans la rue de la Parcheminerie, qui prit alors le nom de rue des Blancs-Manteaux.

Mais leur ordre ayant été aboli au concile de Lvon , en 1297, Philippe le Bel donna, Tannée suivante, leur maison de Paris aux guiilelmites qui, euxmêmes, la cédèrent, en lui s , aux bénédictins de la congrégation de Saint- Maur. Quoique les guiilelmites et les

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bénédictins portassent des manteaux noirs, leur maison conserva toujours le nom de couvent des Blancs-Manteaux, du nom de ses anciens habitants.

Blangerval, seigneurie de l'Artois (aujourd'hui département du Pas-de- Calais), érigée en comté en 1664.

Blani ac (Guillaume-Joseph-Lafon), lieutenant général , naquit à Villeneuve d'Agen, entra au service en 1792, comme sous-lieutenant au 5e régiment de chasseurs à cheval , lit la campagne de l'armée du Nord, et se trouva à la bataille de Hondscote et à la prise de Fumes. Il se distingua ensuite en Italie, où il ispgna les epaulettes de capitaine. Apres la paix de Campo-Formio , il lit partie de l'expédition d'Egypte, en qualité d'aide de camp de Berthier, se trouva à la prise d'Alexandrie, au combat de Damanhour, et fut nommé chef d'escadron au 20e régiment de dragons. Sa conduite dans plusieurs affaires lui valut ensuite le grade d'adjudant général, chef de l'état-major de la cavalerie. A la bataille d'Alexandrie, contre les Anglais, cet officier, enveloppé de toutes parts, blessé d'un coup de fusil reçu à bout portant, percé de coups de 'baïonnette, refusa de se rendre, et se fit jour à coups de sabre. Nommé alors colonel du 14e dragons, il lit la campagne de 1805 avec ce corps et assista à la conquête du royaume de Naples. Devenu général de brigade, il apaisa les soulèvements de la Calabre , et devint gouverneur de Naples, puis de Madrid en 1810. Depuis cette année jusqu'à la bataille de Vittoria en 1813 , pendant toute la guerre d'Espagne, il lit preuve de grands talents militaires , qui lui valurent enfin le grade de général de division. 11 abandonna le service en 1815.

Blanpain (Jean), religieux prémontré, naquit à Vignot (Meuse) en 1704, et mourut à Estival vers 1765.

Il fut le collaborateur du savant Hugo , éditeur du recueil intitulé : Sacrœ antiquitatis munurnenta, 2 vol. in-folio, auquel il fournit la Chronique de Baudouin de Sinove , et la Chronique inédite de l'abbaye de ricogne. Après Ja

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mort de l'abbé Hugo , il travailla à la continuation des Annales de Tordre de Prémontré, mais laissa cette œuvre imparfaite.

Blanquet de Chayla (Armand- Simon- Marie de), naquit à Marvejols (département de la Lozère) en 1769.

Entré à l'âge de seize ans dans le corps de la marine royale, il s'y fit constamment distinguer par sa loyauté, sa bravoure et son dévouement. Il assista pendant sa carrière militaire à treize combats sur mer, et y reçut des blessures honorables. Il remplissait les fonctions de contre-amiral a la bataille d'Aboukir, et s'opposa avec chaleur, dans le conseil qui précéda la bataille, à la funeste résolution qu'avait prise l'amiral de combattre en ligne d'embossage. N'ayant pu faire prévaloir son avis, il revint à bord navré de douleur, mais déterminé à se battre jusqu'à la dernière extrémité. Frappé à la téte par un morceau de mitraille, sur la lin de l'action , il perdit l'usage de ses sens pendant une partie du combat. Etonné qu'on ne tirât plus, lorsqu'il reprit connaissance, il en demanda la raison.

Sur la réponse qu'il ne restait qu'un seul canon en état : Tirez toujours, s'écria-t-il ; le dernier coup est peut' être celai gui doit nous donner la victoire. Forcé de se rendre cependant, il ne le fît qu'après une des plus belles défenses dont s'honore la marine française. A son retour en France, il se plaignit au gouvernement des trois contre-amiraux qui se trouvaient sous ses ordres après la mort de Brueys; mais ses plaintes furent mal accueillies; on le mit même à la retraite en 1803, et ce fut seulement au retour de Louis XVIII qu'il fut promu au grade de vice-amiral. Blanquet de Chayla est mort subitement à Versailles, en mai 1826.

Blanquetade, gué sur la Somme entre Abbeville et Saint-Valery, franchi, en 1346, par Edouard III.

Blanqui (Jean-Dominique) naquit à Nice en 1759. Il fut élu député du département des Alpes-Maritimes, à la Convention nationale, lors de la réunion de ce département à la république

'française. Le 6 juin 1793, il signa la protestation contre les mesures qui lurent la suiic des journées du 31 mai et suivantes, et fut alors compris parmi les soixante et treize députés décrétés d'arrestation; mais le 8 juillet 1796, il fut réintégré, et nommé membre du Conseil des Cinq-Cents; il en sortit en 1797. Nomme après le 18 brumaire sous-préfet de Paget-Thénières, il occupa cette place jusqu'en 1814 , époque de l'occupation du comté de Nice par les Piémontais. Il se retira alors dans le département d'Eureet-Loir. Pendant les cent jours , il fut nommé sous-préfet de Marmande ; mais ii fut destitue en 1815. Il vint alors se fixer à Paris, où il mourut du choléra, en 1832. On a de lui un grand nombre de rapports intéressants sur les monnaies, les poids et mesures, les canauxet les grandes routes. Il est aussi l'auteur d'une brochure publiée en 1794 , sous le titre de : Mon agonie de dix mois, où l'on trouve des faits curieux pour l'histoire contemporaine.

Blanqui (Jérôme- Adolphe), fils du précédent, naquit à Nice, ancien département des Alpes-Maritimes, le 21 novembre 1798. Aprèsdebrillantes études faites au lycée de cette ville, il vint à Paris, où, après s'être livré pendant quelque temps à l'enseignement des langues anciennes, il étudiait la médecine, lorsqu'il fit la connaissance de J. B. Say, qui l'initia aux principes de l'économie politique, et détermina sa vocation pour cette science.

Dès ce moment, M. Blanqui se livra tout entier à l'étude des économistes de tous les pays, et commença à parcourir l'Europe pour y observer les procédés de l'industrie, la législation des douanes, l'organisation des prisons, des secours publics, etc. A Vâge de dix-neuf ans, il avait déjà publié sur le concordat une brochure qui révélait des études sérieuses et spéciales.

En 1824, il publia sur l'Angleterre un volume intitulé : Voyage d'un jeune Français en* Angleterre, qui eut beaucoup (le succès. En 1826, il visita uue portion de l'Espagne, fut dénoncé à la police de ce pays comme agent du parti

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libéral et forcé de revenir sur ses pas.* Il a raconté lui-même dans son l'oyage à Madrid f publié la même année, quelques-unesdespartieularitésdecette excursion, dont le récit a été traduit en langue allemande. M. Blanqui faisait paraître en même temps son Précis élémentaire de t économie politique, tiré à grand nombre d'exemplaires, et bientôt épuisé. Il lui donnait pour auxiliaire le Résumé de C histoire du commerce et de l'industrie, ouvrage écrit avec une grande vivacité de style, et où se trouvaient racontés pour la première fois les grands faits commerciaux du monde , expliqués par l'économie politique.

Ces deux ouvrages fixèrent sur leur auteur l'attention des hommes spéciaux. M. Blanqui fut nommé professeur d'économie politique à l'école du commerce, qui venait d'être fondée à Paris par MM. Casimir Perrier, Ternaux , Cnaptal et Laffitte. Depuis cette époque il y prononça tous les ans, dans les séances publiques de fin d'année, des discours présentant le résumé concis, énergique et pittoresque de la situation économique de l'Europe.

Il a donné, en 1827, une Histoire de l'exposition des produits de ? 'industrie.

Appelé, en 1830, à la direction de l'école spéciale du commerce, il fut nommé, en 1833, à la chaire d'économie politique du Conservatoire des arts et métiers , en remplacement de son illustre maître, J. B. Say, qui venait de mourir.

Ses cours, suivis avec empressement par une foule nombreuse d'auditeurs, ont donné une impulsion prononcée à l'étude de l'économie politique. C'est après plusieurs années d'exercice du professorat que M. Blanqui a publié son Histoire de l'économie politique en Europe, depuis tes anciens jusqu'à nos jours, en deux volumes in-8°, suivis d'un catalogue raisonné de tous les livres d'économie politique. Ce grand ouvrage a ouvert a l'auteur les portes de l'Institut (Académie des sciences morales et politiques) , et lui a donné un rang distingué

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