‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 40 sur 96 · CE. BRA · texte numérisé non relu

CE. BRA

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Braunsrerg (combat de). — Napoléon venait de gagner la bataille d'Eylau , lorsqu'il apprit qu'une division russe, forte de dix mille hommes, s'était portée sur Braunsberg, à la tête des cantonnements de l'armée française; il donna sur-le-champ l'ordre de l'attaquer. Le général Dupont fut chargé dé cette expédition , et , le 26 février 1807, il marcha à l'ennemi sur deux colonnes. Le général Bruyère , qui commandait la colonne de droite, rencontra l'ennemi à Raygern , et le poussa sur la rivière qui se trouve eu avant de cè village; la colonne de gauche Patteignità Villemberg. L'ennemi, chassé de ces positions , fut obligé de se replier sur le bois qui couvre Braunsberg ; il y tint ferme quelques instants ; mais le général Dupont , marchant sur lui au pas de charge, Peut bientôt fait fuir dans la ville, où il entra en même temps que lui. Les Russes perdirent dans cette journée deux mille hommes et seize pièces de canon.

Bravade , nom d'une fête que Charles d'Anjou institua en Provence, en 1256, à son retour de la terre sainte, et qui consistait en un tir à l'oiseau, suivi d'une procession où figuraient Pélite de la bourgeoisie et le parlement. Cette cérémonie se terminait par un feu de joie allumé au milieu de la place publique par le tireur qui avait remporté le prix.

Bray-sur-Somhe , petite ville de l'ancienne Picardie, aujourd'hui cheflieu de canton du département de la Somme, à dix-huit (il. de Péronne.

En 1210 , Phi lippe- Auguste acheta cette ville de Guillaume, comte de Ponthieu. En 1346, peu après la sanglante bataille de Crécy, Philippe de Valois s'y retira avec quelques troupes. Le duc de Suffolck l'emporta d'assaut et la brûla, en 1522. Le prince Thomas de Savoie la réduisit également en cendres, le 4 août 1636, pour se venger de la résistance opiniâtre que lui avait opposée le régiment de Piémont qui la défendait. La population de Bray est aujourd'hui de quai torze cent quarante-sept habitants.

L'UNIVERS

Brayer de Beaubegabd (Jean- ces pièces, il a eu pour collaborateurs Baptiste-Louis), économiste, a laissé, MM. Rougemont, Merle, Ourry et sur la statistique du département de Dumersan.

l'Aisne , un ouvrage qui lui mérita, en 1827, le prix fonde par M. Montyon. On a également de lui : Monuments , établissements et sites les plus remarquables du département de V Aisne < avec des planches dessinées par M. Pinguet, professeur à Saint- Quentin, Paris, 1823, in-fol. — Histoire de la ville de Soissons , dont Brayer n'a publié gue le prospectus en 1833, in-8°, mais que son trère a dû terminer sur les matériaux que l'auteur lui avait laissés.

Brayer (le comte) , général de division de la garde impériale, gouverneur de Versailles et de Trianon , s'était distingué sur tous les champs de bataille, et avait acquis chacun de ses grades par une action d'éclat. Il commandait à Lyon en 1815 lors du retour de Napoléon, qui le nomma, le 2 juin , l'un des pairs de la chambre impériale. Voyant, après la seconde restauration, la cause de la liberté perdue en Europe, il partit pour l'Amérique méridionale, où il alla mettre son courage et ses talents au service des principes pour lesquels il avait toujours combattu. Revenu depuis en Europe, il fut nommé pair de France après la révolution de juillet et mourut en 1840.

Bbazier (Claude- Joseph) , médecin vétérinaire, né, en 1739, à la Grande- Rivière, bailliage de Saint-Claude, a publié plusieurs ouvrages relatifs à son art, entre autres : Projet qui in* digue les moyens les moins coûteux et les plus sûrs de relever l'espèce des chevaux en Franche- Comté , Besançon , 1780, iu-8° ; et Avis au peuple des campagnes sur les maladies contagieuses qui attaquent les hommes et les animaux, ibid, 1795, in-8°. Ce dernier ouvrage fut imprimé aux frais du département.

Bbazieb (N.) , né à Paris, l'un de nos plus spirituels et de nos plus féconds vaudevillistes, a composé et fait imprimer plus de cent vaudevilles.

Dans la composition de la plupart de

Bbéabd (Jean-Jacques) , né à Marennes en 1760, était, en 1791, viceprésident du département de la Charente-Inférieure, lorsqu'il futélu député de ce département à l'Assemblée législative. Envoyé, Tannée suivante, à la Convention nationale , il y vota la mort de Louis XVI , sans appel et sans sursis; fut élu secrétaire le 24 janvier;

5 résident, le 8 février, puis membre u comité de sûreté générale le % mars; et, enfin, du premier comité de salut public, le 4 avril. Il dénonça, le 16 mai, les commissaires envoyés à Saint-Domingue , Polverel et Santbonax , et les fit décréter d'accusation le 16 juillet suivant. Il présida de nouveau la Convention le 4 août ; fit, le 7 du même mois , décréter d'accusation tous les étrangers suspects, et fut envoyé, le 25, à Brest, pour y organiser l'escadre de réserve. Il appuya, le 15 avril 1794, le décret proposé par Saint- Just; décret dont le but était l'expulsion de tous les.nobles de Paris. Cependant il prit une part active aux événements du 9 thermidor, et entra, le lendemain, au comité de salut public. Dès lors il parut avoir changé complètement <fc

principes, et vouloir faire oublier la

de Polverel et de Santhonax , dont il avait été lui-même l'accusateur, et qu'il se montra l'un des plus violents

Î)ersécuteurs de Maignet , au sujet de 'incendie de Bédouin (voyez ce mot;.

Il fut élu de nouveau , le 4 janvier, membre du comité de salut public , et appuya, le 4 mars, la proposition d une fête annuelle en l'honneur des vingt-deux girondins morts sur l'écbafaud. Il entra, en l'an iv, au Conseil des Anciens, dont il fut secrétaire des la formation ; fit ensuite partie du nouveau Corps législatif après le 18 bruinaire, et se retira de la scène politique en 1803. Il mourut avant la loi portée, en 1816, contre les conventionnels qui avaient voté la mort de Louis XVI-

BRK

Brkabd de Neuville , conseiller- Likerbikem , et que les Espagnols ebm

clerc au parlement de Dijon , né dans mençaient à plier, Grosbehc1cette ville en 1748, mort à Paris en 1818, a publié, entre autres ouvrages, un livre*intitulé : Nécessité de se soumettre à la convention entre Pie Vil et le gouvernement français 9 1802, in-88.

la lâcheté de faire tirer, des raUrs de la place , deux coups de canon r|tii portèrent le trouble dans les rangs des Français, dont le plus grand nombre se décida à la retraite. Breauté se défendit encore longtemps avec son page

Breauté (Pierre) , capitaine de com- et son eeutilhomme ; niais enfin , rën pagnies légères, accjuit, sous Henri IV, versé de son cheval, accablé par le un genre de célébrité tout à fait excep- nombre , il fut fait prisonnier. On lè tionnel. Il avait obtenu du roi la per- mena à Bois-le-Duc, où l'infâme Grosmission de mener en, Hollande * au bendoncq , violant de nouveau la foi service du prince Maurice , une com- jurée , le fit massacrer entre les deux pagnie de cavaliers levée à ses frais, ponts. Telle fut l'issue de ce combat Etant revenu en France après la cam- qui eut lieu le 5 février 1600; les

pagne de 1599 , et ayant appris que , pendant son absence, son lieutenant s'était laissé prendre par la garnison de Bois-le-Duc , il lui écrivit une lettre violente , dans laquelle il disait que les lâches seuls mettent bas les armes devant des ennemis , même supérieurs en nombre. Cette lettre fut interceptée par Grosbendoncq, gouverneur de Bois-le-Duc , qui se répandit en invectives contre les Français et contre Breauté. Celui-ci se hâta de retourner en Hollande , pour demander raison de ces insolences à Grosbendoncq , qui répondit d'abord à son cartel , et consentit à ce qu'on se présentât sur le champ de bataille vingt contre vingt. Mais, lorsque le jour convenu fut arrivé, sous le prétexte qu'un gouverneur ne peut quitter une place dont la défense lui est confiée, il envoya à sa place Likerbikem, son lieutenant. Le duel , ou plutôt la bataille, n'en eut pas moins lieu. Les Français arrivèrent sur le terrain les premiers, attendirent pendant plus d'une heure les Espagnols qui parurent enfin; et, de part et d'autre, on prit l'engagement de ne se servir que de l'épee et du pistolet. Les Français avaient eu l'imprudence, pour aller audevant de l'ennemi , de s'avancer trop près des murs de la place; imprudence pardonnable , puisqu'ils croyaient avoir affaire à des hommes d'honneur. Ils ne tardèrent pas à s'apercevoir de leur

Français eurent trois tués et deux blesses ; du côté des Espagnols , il y eut sept hommes tués ou blessés".

A l'article Beaumakoib, on a vu la description d'un combat à peu près semblable, celui qui reçut le nom de Journée des Trente. Grâces à Dieu .

ces sortes de tournois sont aussi rares

3ue peu décisifs. Ce qui inspire de l'inulgence pour Breauté , c'est son jeune âge : il n'avait que vingt ans ; et ce qui le rend encore plus digne d'intérêt, c'est l'inique félonie de son adversaire , ou , pour mieux dire , de son bourreau.

Brébeuf ( Guillaume de), né en 1618, mort en 1661. Ce gentilhomme, d'une très-noble famille de basse Normandie, se plaça par son érudition et

Ear ses traductions en vers, au nornre des auteurs en vogue sous la minorité de Louis XIV. Sa Pharsale, accueillie avec applaudissement par ses contemporains, tomba dans l'oubli à l'époque où le goût public s'éclaira et devint plus sévère. Le grand réformateur du goût, Boileau , n'épargna pas la critique et la plaisanterie pour désabuser l'opinion sur le compte de Brébeuf. Il lit voir clairement tous les défauts de son langage emphatique, pédantesque , inégal. Il le prit dans son Art poétique comme le type de l'enflure et de l'hyperbole exagérée. Il n'y a point lieu de chercher à réhabiliter cette victime du grand critique On doit convenir que Brébeuf a surtrop grande confiance; au fort de la chargé encore le mauvais goût de mêlée , lorsque Breauté avait déjà tué Lucain et qu'il est trop souvent ridi-

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cule ou insipide. Du reste , il faut le dire , on trouve chez lui un grand nombre de beaux vers et d'expressions poétiques. S'il ne mérite point qu'on prenne sa défense contre les arrêts de Boileau , du moins il ne faut pas le confondre avec la foule de plats rime urs aussi dépourvus d'imagination que de talent, que cette époque vit naître. Élevé à l'école de Ronsard, mais ayant plus de précision et de netteté, Brébeuf offre souvent, dans des morceaux d'un style ferme et correct , des images brillantes , hardies , pittoresques. Boileau lui-même paraît l'avoir senti , et quand il dit, dans une épigramme contre l'auteur de Peau d'âne mis en vers,

Malgré son fatras obscur Souvent Brébeuf étincelle,

il semble autant reconnaître sérieusement un certain mérite dans la Pharsale que faire avec une intention maligne une concession qui met Perrault encore plus bas. Quelquefois, en effet, dans les morceaux descriptifs surtout, Brébeuf rencontre des traits étincelants. Il égale alors la vigueur fière et le coloris grandiose de Lucain.II lutte fort heureusement avec son modèle dans la description de U forêt de Marseille, ce tableau imposant et sombre où Lucain déploie une imagination si originale et si forte. Les derniers vers de la traduction de ce morceau soutiennent bien la comparaison avec le texte.

Les voisins de ce bois si sauvage et si sombre Laissent a ses démons son horreur et son ombre, El le druide craint, en abordant ces lieux, D'y voir ce qu'il adore et d'y trouver ses dieux.

Brébeuf fut loin d'être dépourvu du sentiment poétique. Il trouve des alliances de mots hardies , mais faites pour plaire à l'imagination. Il a beaucoup de vers comme celui où il dit, en parlant des Alpes :

Ces roches de frimas et d'horreur couronnées.

Tout cela n'empêche pas que la postérité ait eu raison de croire Boileau sur parole. C'est une erreur trop commune aujourd hui quede se figurer qu'il faut réhabiliter tous les poètes dont on

peut citer de beaux vers. Seulement, pour être tout à fait juste envers Brébeuf, il faut le placer au premier rang parmi ces écrivains qui ont fait de mauvais ouvrages avec de beaux détails , qu'on ne lit plus avec raison, mais ou l'on trouve quelque chose à remarquer, à louer même , quand on les lit.

Bbébeuf ( Jean de ), jésuite normand , né en 1593 , fut un des premiers missionnaires qui se rendirent au Canada; il partit en 1625 sur le même bâtiment que Champlain. A peine arrivé , il quitta Québec , qui n'était pas encore une ville, ni même un village, puisqu'on n'y voyait alors qu'une seule habitation, et alla se fixer chez les Humus. Il apprit la langue de ces sauvages, gagna leur confiance, et* exerça sur eux une influence toute paternelle. Mais il fut victime de la naine implacable qui existait entre les H f irons et les Iroquois. En 1649, dans un combat où les Hurons attaqués à Timproviste eurent le désavantage, le P. Brébeuf , alors âgé de cinquantecinq ans , tomba dans les mains des Iroquois qui le firent mourir dans les tourments affreux qu'ils infligent ordinairement à leurs prisonniers de guerre. A la suite de ses Foyages it la Nouvelle France occidentale, ditt Canada , Champlain a fait imprimer le Catéchisme traduit dans la langue des Hurons, par le P. Brébeuf.

Bbébiette (Pierre), peintre du roi, mais bien plus connu comme graveur, naquit à Mantes , en 1609. Il a gravé à l'eau-forte un grand nombre d'estampes de Bacchanales et de sujets satyriques, dans le genre de Gillot, mais de .son invention. On cite en outre, de cet habile artiste, une sainte Famille , d'après le Raphaël, une autre d'après André del Sarto; le Martyre de saint George , d'après Paul Véronèse, et plusieurs pièces d'après Palma le jeune, George Lallemand , François Quesnel , Claude Vignon, etc.

Brech, village du département du Morbihan, à trente-six kilomètres de Lorient. En 1364 , le 29 septembre,

Jean de Montfort défit, près de ce village, sur le bord de la rivière d'Aurav, Charles de Blois, son compétiteur au duché de Bretagne. La victoire fut complète ; Charles de Blois y perdit la vie et du Guesclin fut fait prisonnier (voyez Blois, Charles de).

En 1382, Jean de Montfort fonda, au lieu même où se donna la bataille, une chapelle en l'honneur de saint Michel, et y placa'des chanoines, dont la maison fut donnée aux chartreux en 1480; aujourd'hui, ce monastère

donna des éloges, qu'il justifia de nouveau à la célèbre bataille de Friedland, où on le vit combattre , le bras en écharpe , à la téte de l'artillerie de la division Latour - Maubourg. En 1808, il passa en Espagne où il donna les plus grandes preuves de courage à Burg'os, Ciudad-Réal, Santa-Cruce, Talaveyra. Brechtel mit le comble à sa réputation dans les combats qui précédèrent la bataille d'Ocana, où.

il eut la jambe fracassée car un boulet de canon. Le duc ae Dal-

apnartient aux sœurs de la Sagesse , . inatie le voyant dans cet état , cher

qui y ont fondé une école de sourdesmuettes. On remarque encore, sur le territoire de cette commune , un monument élevé aux émigrés tués à Quiberon, ou fusillés après leur défaite, non loin de la Chartreuse , sur fe bord de la rivière d'Auray. C'est au village de Brech qu'était né George Cadoudal.

Brèche (Jean), avocat et jurisconsulte, né à Tours, dans le seizième siècle, a laissé quelques ouvrages qui indiquent un savoir varié et une grande connaissance des langues anciennes. Nous citerons entre autres :

Manuel royal, ou opuscules de la doctrine et condition du prince, partie en prose, partie en ri nie ; avec le commentaire de Plutarque de la doctrine du prince : ensemble les quatrevingts préceptes dlsocrate , du régime et gouvernement du prince, Tours , 1541, in-4° ; Promptuaire des lois municipales du royaume de France, concordées aux coutumes de Touraine, extrait des commentaires de Jean Brèche sur ces coutumes, Tours, 1653, in-8°. Cet ouvrage ayant été publié par d'autres que par Fauteur, il est très-probable que Jean Brèche avait déjàcesséde vivre à cette époque.

Bbechtel (Henri-Ignace), né en 1786 , à Bulzheim (Bas-Rhin), élève de l'école polytechnique, fut nommé lieutenant d'artillerie le 9 mars 1806, et débuta par la campagne de Prusse, où il se trouva aux affaires de Schleitz, d'Iéna, de Halle, de Luheck, d'Eylau et d'Heilsberg. Partout il se distingua ious les yeux de l'empereur , qui lui

chait à le consoler : « M. le maréchal, * répondit ce brave officier, c'est une « jambe de moins, mais cela ne m'em- « péchera pas d'être sous peu à che- « val et de combattre. » Il tint effectivement parole, et, quelques mois après, on le vit reparaître dans les rangs français avec une jambe de bois. Nommé capitaine en 1810 , chef d'escadron au mois de juin 1812, il était major quand Napoléon le nomma le brave des braves , à la bataille de la Bérésina , sous les yeux de toute l'armée, témoin du zèle et de l'activité avec lesquels il soutint le passage du pont , en qualité de commandant d'artillerie. Brechtel était, en 1813, -à la téte de l'artillerie de Spandau , et commandait, en 1815 , la place de Neuf-Brisach , pendant son blocus Ce ne fut qu'après la seconde restauration qu'il sortit du service et consentit à jouir, dans le repos, de l'estime et de l'admiration de ses concitoyens.

Brécourt (Guillaume-Marcoureau de), d'origine hollandaise, fut a la fois comédien et poète dramatique; mais il se distingua par son jeu, beaucoup plus que par son talent d'auteur. Entré dans la troupe de Molière en 1658, il passa dans celle de l'hôtel de Bourgogne, en 1664, et fut conservé lors de la réunion des deux troupes, en 1 680. Il obtenait du succès dans les rôles tragiques et dans les rôles dits à manteau. Un jour, ayant fait plus d'efforts que d'habitude pour assurer le succès de Timon, l'une de ses pièces en vers. 1 il se rompit une veine, accident qui

L'UNIVERS

amena sa mort, en 1685. On cite de lui un trait qui annonce beaucoup de sang-froid et un grand courage. Etant à Fontainebleau, en 1678, à la chasse du roi, Brécourt se défendit, en présence de Louis XIV, contre un sanglier furieux qui s'était acharné contre lui. et plongea jusqu'à la garde son épée dans la poitrine de l'animal.

Louis XIV lui en adressa ses compliments et lui dit, le sourire sur les lèvres, que non-seulement il ne l'avait jamais vu jouer son rôle avec plus de naturel, mais qu'il ne se rappelait pas non plus avoir été témoin d'un aussi vigoureux coup d'épée.

Breda (paix et congrès de). Différents congres se sont réunis dans cette ville : il yen eut un, en 1575, entre l'Espagne et les Provinces-Unies, et Un autre, de 1746 à 1747, entre la France, l'Angleterre et la Hollande; mais tous les deux furent sans résultat. Un troisième, celui qui nous occupe, suivit la guerre qui éclata, en 1664, entre l'Angleterre et la Hollande, et amena la paixdeBreda, conclue le 31 juillet 1667.

La guerre n'avait été déclarée qu'au mois de janvier 1665; mais les hostilités avaient commencé dès l'année précédente entre l'Angleterre et la Hollande. Quoique la France fût alors alliée des Provinces-Unies , elle ne

fin t qu'une part peu active aux hostiités, et ne se prononça qu'au commencement de l'annéa* 1666. Cependant son attitude résolue fut, avec le hardi coup de main de Ruyter, qui pénétra jusque dans les eaux de la Tamise, ce qui hâta le plus la conclusion des négociations. Déjà , avant l'expédition de l'amiral hollandais, Charles II, cédant au mécontentement de la nation anglaise, consentait à mettre fin à cette guerre impopulaire, que Louis XIV aurait eu intérêt à prolonger. Le 31 juillet 1667, la paix fut signée à Breda par les plénipotentiaires réunis de la France, de l'Angleterre , de la Hollande, du Danemark et de la Suède, dont la médiation avait été acceptée par Charles II.

Les intérêts de l'Angleterre et de la

Hollande furent réglés par l'acte connu sous le nom d'uti possidetis, c'est-àdire, que des deux côtés on dut rendre ce qu'on avait pris. L'Angleterre garda la Nouvelle-Belgique, et la Hollande resta maîtresse de Surinam; mais l'acte de navigation fut modiGé en faveur de la Hollande, en ce qui concernait la navigation du Rhin.

Par le traité conclu entre la France et l'Angleterre , les îles de Saint- Christophe, d'Antigoa et de Montserrat furent rendues à l'Angleterre

2ui, de son côté, restitua i'Acadieà \ France.

Bbeda. (sièges de). Le 24 février 1793, le général Darçon, commandant une colonne de 1 armée de Dumouriez, se présenta devant Breda. La

farnison était de trois mille hommes endant trois jours le feu le plus vif fut échangé entre les Français et les Hollandais. Le quatrième jour la place capitula, et l'on y trouva deux cent cinquante bouches à feu et beaucoup de munitions de guerre.

— Les premiers succès de Dumouriez dans la Hollande furent suivis de revers. Le prince de Cobourg , profitant de la position hasardée que l 'armée française occupait sur la Meuse, et de l'avantage qu'il avait obtenu à Aix-la- Chapelle, s avançait rapidement surb Belgique. La Convention, effrayée, ordonna à Dumouriez de quitter la Hollande. Le général Deflers, auquel il laissa le commandement de l'armée, fut forcé de se jeter dans Breda, qu'il évacua le 30 mars 1794, pour rentrer en France, après la bataille de JNerwinde.

— A la fin de la même annéex les troupes françaises rentrèrent en Hollande sous les ordres de Pichegru, et le général Bonneau fut chargé d'enlever les lignes de Breda. Il exécuta cette entreprise avec un tel succès, que dixhuit pièces de canon et deux cents prisonniers demeurèrent en son pouvoir.

Bientôt Breda fut investie, et se rendit le 28 décembre 1794.

Brède (la), bourg du département de la Gironde, à 20 kilomètres de Bordeaux. Montesquieu y naquit en 1689.

bue

Bbedif, fusilier, né dans le département d'Indre-et-Loire, aborda , Vun des premiers , les retranchements de la position des Deux-Frères, et se dévoua pour enlever une barque, afin de donner à ses camarades les moyens de se jeter de l'autre côté du Mincio. Il avait réussi dans son audacieuse entreprise lorsqu'il se vit obligé d'effectuer seul sa retraite en se défendant contre des régiments entiers. Il parvint à échapper à tant de périls.

Bbefs. — On appelle brefs les actes pontificaux dont le début énonce le nom du pape , son rang parmi les précédesseurs du même nom , etc. On Fait remonter leur première origine au treizième siècle; mais leur forme ne ftit réellement fixée que vers le milieu du quinzième. A cette époque, ils furent scellés en cire rouge et de l'anneau du pêcheur , représentant saint Pierre dans sa barque, tandis que les bulles proprement dites ( voyez Bulles) sont toujours scellées "en

Slomb. La date doit indiquer le jour u mois selon notre calendrier, l'année de l'ère chrétienne en chiffres romains, et l'année du pontificat.

Le mot bref servait encore à désigner une foule d'actes , comme les lettres , iussions , mandements , billets émanes des rois ou des particuliers.

H y avait aussi pour les navires des brefs de sauveté, de sauf-conduit et de victuailles; une prestation de serment se constatait par un bref de serment ; le gain d'une cause par un bref victor ial.

Bbégentz (prises de). — Le général Férino, commandant l'aile droite de l'armée de Rhin-et-Moselle , s'empara , le 11 août 1796, de Brégentz, sur le lac de Constance. Attaquée à l'improviste, cette ville se rendit, quoiqu'elle eût trente et une pièces de canon ou mortiers, et un magasin considérable de vivres.

—Les troupes françaises occupèrent encore momentanément Brégentz, le 11 mai 1800; on y prit dix-sept chaloupes canonnières de la flottille autrichienne, que l'Anglais "William avait armée sur le lac de Constance. On y

trouva encore des magasins de fourrages abondamment pourvus.

Bbéguet (Abraham-Louis), célèbre horloger mécanicien, naquit, en 1747, à Ne u h -lui tel en Suisse, d'une famille de réfugiés français. Amené à Paris à l'âge de quinze ans, et placé chez un horloger de Versailles, if ne tarda pas à révéler ses hautes capacités et à se faire un nom distingué. Dès 1780, ce savant et habile protecteur de l'art, un des principaux créateurs de l'horlogerie française, avait porté au plus haut point de perfection les montres dites perpétuelles, et ses ouvrages, si admirables de précision et de solidité, étaient déjà appréciés dans toute l'Europe, quand les troubles de la révolution le forcèrent de s'expatrier. Pendant un séjour de deux années en Angleterre, il'se livra plus exclusivement encore à de précieuses et savantes recherches, vint ensuite relever un établissement à Paris, et se rouvrir une carrière qui ne fut plus qu'une suite de jours calmes, remplis par les plus admirables travaux et par l'exercice des plus belles vertus. Sans prétendre énumérer ici toutes les découvertes duesà son génie , tous les services signalés qu'il rendit tour à tour à la navigation, à la physique, à l'astronomie, tous les perfectionnements de formes, d'ornements ou de dispositions, qu'il imagina pour obéir aux exigences de la mode, nous citerons particulièrement ses ressorts-timbres, ses chronomètres de poche, ses horloges marines, ses pendules sympathiques, etc. Parmi cette infinité d'inventions curieuses ou utiles, il faut encore distinguer son thermomètre ■ métallique, son compteur astronomique, ses montres à répétition au tact, son compteur militaire sonnant le pas de la troupe, le mécanisme des télégraphes établis par Chappe, etc. Bré-

fuet , dont le caractère naïf, modeste , ésintéressé, n'était pas moins admirable que le talent, fut successivement nomme horloger de la marine , membre du bureau des longitudes , de la Légion d'honneur, de l'Institut, de la société d'encouragement pour l'industrie na-

tionale , etc. 11 mourut subitement en 1823, au moment où il mettait en ordre un grand ouvrage sur l'horlogerie, que I on a espère de voir publier par les soins de son fils, digne héritier de son talent.

Breghot-du-Lut (Charles), magistrat et littérateur, né à Mont- Luel (Ain) en 1784, et nommé, en 1815, procureur du roi à Lyon, a su concilier l'étude des lettres avec les devoirs de la magistrature. On lui doit, entre autres ouvrages, une Notice bibliographique sur les éditions et sur les traductions françaises des œuvres de Cicéron, avec M.Péricaud, insérée dans le tome Ier du Cicéron de M. Le Clerc; un Essai sur Martial ou Imitations de^ce poète, etc., Tan de Rome 2569, 1816, m-8°; des Mélanges sur Lyon, extraits des Archives historiques et statistiques du Rhône; des Lettres Lyonnaises, extraites du même recueil, 1826, in-8°; et un Compte rendu des travaux de V académie de Lyon, etc., 1826, in-8°.

Brégy (Charlotte-Saumaise de Chazan, comtesse de), née à Paris en 1619, morte en 1693, fut damed'honneur delà reine Anne d'Autriche. Élevée avec un soin particulier par le savant Saumaise, son oncle, célèbre par ses talents et sa beauté, elle entretint un commerce épistolaireavec les personnages les plus distingués de son temps , les reines d'Angleterre et de Suède , le chancelier Letellier, etc. Ses ouvrages ont été imprimés sous ce titre : Lettres et

poésies de la comtesse de B Leyde,

1666, in-12..

Bréhan ( Jean - René - François- Amalric de) était frère cadet du comte de Plélo, qui s'est couvert de gloire par sa conduite devant la ville de Dantzig. Ayant embrassé l'état militaire, il fit, avec distinction, toutes les campagnes de la guerre de sept ans, et se retira du service après avoir gagné le grade de colonel de dragons. A l'époque de la révolution, quoique très-hostile aux principes nouveaux, il ne voulut pas émigrer. Condamné pendant la terreur à sortir de Paris

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