‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 52 sur 96 · CL. , ETC · texte numérisé non relu

CL. , ETC

celle de Régulus, car il n'avait nuls tourments à redouter à Londres où Ton menait joyeuse vie, et où il avait laissé de trop vives affections peutêtre.

La nouvelle de la conclusion définitive de la paix et de la délivrance du roi fut accueillie avec faveur par l'opinion publique; cependant on ne put se résigner sans douleur à la perte de Tune des plus belles portions de la France. Le traité de Brétigny avait été conclu sous la double influence du rot Jean et du dauphin son fils : pour l'un , la grande affaire c'était de recouvrer la liberté et de ressaisir la couronne ; l'autre , en sa qualité de régent et d'héritier du trône, avait un double intérêt à exiger de meilleures conditions. En ce sens, ce qu'il y avait de bon dans le contrat venait du dauphin ; ce qu'il y avait de mal venait du roi. Comment en douter lorsqu'on se rappelle que Jean avait acquiescé au premier traité qui démembrait la France , et que l'opposition de son fils avait seule fait rejeter? Ce double tiraillement ne pouvait rien produire de bon , les Anglais avaient seuls des motifs de s'en applaudir.

En apparence , le traité de Brétigny reposait sur les mêmes bases que le traité d'Abbeville ; en réalité , il n'en était rien, puisque la France y faisait l'abandon, d'un droit de propriété inaliénable. Aussi la première joie fut-elle bientôt remplacée par les regrets les plus amers. Certes , la politique de Philippe-Auguste n'était plus de saison alors ; mais ce n'était pas une raison pour aller encore plus loin que le traite d'Abbeville déjà si attaquable ; aussi avait-on peine à concevoir comment le gouvernement fran-

Îais avait souscrit à un pareil sacrifice, .es plénipotentiaires avaient beau s'excuser en disant qu'ils avaient sauvé du même sort la Normandie, le Maine , l'Anjou et la Touraine , on répondait qu'à aucune époque la France n'avait donné le spectacle d'un grand pays qui renonce pour toujours a son droit de suzeraineté sur une de ses principales dépendances. Ce raisonne-

ment avait quelque chose de si mi que les provinces cédées se refusaient à devenir anglaises. Les comtes de Périgord , de Comminges , d'Armagnac, le sire d'Albret et une foule d'autres , niaient que le seigneur eût le droit de donner ses vassaux. Les habitants de la Rochelle supplièrent le roi, au nom de Dieu , de ne pas les abandonner, disant qu'ils aimeraient mieux donner, tous les ans, la moitié de leur avoir , et ajoutant que s'ils devaient accepter l'autorité des Anglais, ce serait des lèvres , et non pas de cœur : « Nous aouerons les Anglais des lèvres , mais les cuers ne s'en mouvront jà. »

« Ceux qui restaient en France, dit M. Michelet, n'en étaient que plus misérables. La France était devenue une ferme de l'Angleterre. On n'y travaillait plus que pour payer les sommes prodigieuses par lesquelles le roi s'était racheté. Nous avons encore, au trésor des chartes , les quittances de ces payements. Ces parchemins font mal a voir; ce que chacun de ces chiffons représente de sueur, de gémissements et de larmes, on ne le saura jamais. Le premier (24 octobre 1 360) est la quittance des dépens de garde du roi Jean , à dix mille réaux par mois ; cette noble hospitalité, tant vantée des historiens , Édouard se la faisait payer; le geôlier, avant la rançon, se faisait compter la pistok.

Puis vient une effroyable quittance de 200,000 écus d'or (décembre) ; autre de 100,000 (1361, Toussaint); autre 200,000 encore, et de plus 57,000 moutons d'or , pour compléter les 200,000 promis par la Bourgojme ( 21 février ). — En 1362 : 198,000; 30,000; 60,000; 200,000. —Les payements se continuent jusqu'en 1368.— Mais nous sommes loin d'avoir toutes les quittances. Les rançons de la noblesse montaient * peut - être à une somme aussi considérable (*). »

Pour effectuer le premier payement, il fallut que le roi de France , con-

(*) Michelet, Histoire de France, l m, page 43a.

BRÈ

daction des différentes ordonnances qui préparèrent le lent ouvrage de notre codification. Bretonnier mourut en 1722, à l'âge de 71 ans.

Brettes. — C'étaient de longues épées, ainsi nommées parce que les premières ont été fabriquées en Bretagne. On en a fait le mot bretteur, qui désigne un duelliste de profession.

Brèves, ancienne seigneurie du Nivernais (aujourd'hui département de la Nièvre) , à huit kilomètres de Clamecy, érigée en comté en 1625, en faveur de François de Savary. (Voyez l'art, suivant.)

Brèves (François Savary, comte de) , l'un des plus habiles diplomates des règnes de Henri IV et de Louis XIII, naquit en 1560. Il suivit, en 1580, son oncle Jacques de Savary Lancosme, envoyé par Henri III à Constantinople en qualité d'ambassadeur, et à sa mort, arrivée en 1591 , il lui succéda. Il occupa ce poste jusqu'en 1606, sous les sultans Amurath III, Mahomet III et Achmet Ier. En 1593, il avait déjà pris sur Amurath III assez d'ascendant

S>ur lui faire écrire une lettre aux arsei liais, dans le but de les détacher du parti de la ligue, pour lequel ils tenaient encore, et de les engager à se soumettre à Henri IV. Cette lettre avait d'autant plus de gravité, que la marine ottomane était alors prépondérante dans la Méditerranée. « Nous vous invitons, y disait « Amurath III , ou plutôt nous vous «enjoignons d'incliner vos chefs, et «rendre obéissance au magnanime « entre les grands et très-puissants sei- «gneurs, Henri, roi de Navarre, à « présent empereur de France. Si vous « persistez dans votre sinistre obstina- « tion , nous vous déclarons que vos « vaisseaux et les cargaisons seront «confisqués, et les hommes faits es- « claves dans tous nos États et sur mer. « C'est à la prière de l'ambassadeur de « France , résidant près de nous , que « nous avons donné à nos capidjis, nos « très-hauts et très-sublimes comman- « déments, etc. » Le sultan Achmet 1er, que de Brèves accompagna trois fois à l'armée, l'honorait d'une confiance

toute particulière. L'ambassadeur en profita pour faire conclure entre ce prince et Henri IV le fameux traité de 1604 , qui rétablit ou confirma tous les avantages que nous avaient assurés les traités obtenus par Jean de Laforest et Gabriel d'Aramont, sous François Tr et Henri II; par Claude de Boury, sous Charles IX, et par M. deGerminy, sous Henri III (*).

De Brèves fit toujours un excellent usage de la faveur que lui avaient valu auprès des sultans ses rares talents de négociateur, et la connaissance qu'il avait du turc et des autres langues orientales. Il obtint pour les ambassadeurs de France la préséance sur ceux de l'empereur d'Allemagne, établit la mission française à Constantinople, et fit l'acquisition à Péra, du palais de France dont il ne reste plus aujourd'hui que des ruines. Enfin , avant de quitter Constantinople, en 1605, il obtint du sultan Achmet des ordres qui enjoignaient aux deys d'Alger et de Tunis de délivrer les chrétiens esclaves , surtout les Français, et de restituer les vaisseaux et les effets pris par les corsaires barbaresques. De Brèves n'ignorait pas les difficultés qu'il y aurait à faire exécuter ces ordres; mais il eut le courage d'aller lui-même à Tunis et à Alger, où son habileté généreuse échoua contre la malveillance sauvage des Africains, et où il fut plusieurs fois en danger de perdre la vie. Il visita la terre sainte, l'Egypte, les îles de l'Archipel , une partie" des côtes de l'Asie et de l'Afrique, et débarqua à Marseille le 19 novembre 1606, après un séjour de vingt-deux ans en Orient.

Aucun ambassadeur n'a été entouré de plus de considération à Constantinople, sans excepter même le marquis de Nointel, qui représenta si dignement Louis XIV, mais dont les manières impérieuses finirent par indisposer la Porte Ottomane.

En 1607, de Brèves fut nommé con-

(*) Ce fut grâce aux sollicitations de ce dernier que les Auglais obtinrent d'Amuratli IH la faculté de naviguer clans les mers du Levant; depuis cette époque les choses ont bien changé.

seiller d'État et gentilhomme de la chambre. L'année suivante, il partit pour l'ambassade de Rome. Pendant les six années qu'il résida auprès de la cour pontificale, il s'appliqua à y maintenir l'équilibre entre l'influence française et l'influence espagnole; il s'occupa en outre avec beaucoup d'activité des négociations relatives aux successions de Clèves et de Mantoue. Après la mort de Henri IV, de Brèves fut rappelé en France, et nommé, par la reine mère, gouverneur de Gaston, frère du roi. Son attachement pour Marie de Médicis lui fit du tort auprès du connétable de Luynes, qui ne tarda pas à devenir tout-puissant, et qui fit donner au comte de Lude la charge de

gouverneur de Gaston. Lorsque Marie e Médicis eut repris son ascendant sur l'esprit du roi, de Brèves fut nommé écuyer de la reine, sa terre de Brèves fut érigée en comté, et il fut créé chevalier de l'ordre du Saint-Esprit. Il mourut à Paris en 1628, peu de temps après avoir obtenu entrée au conseil des dépêches.

Le comte de Brèves était fort instruit, et il a laissé plusieurs écrits qui ne sont pas sans mérite. On a de lui, à la Bibliothèque royale : 1° des lettres et pièces manuscrites, relatives à ses négociations à Rome, dont il existe d'excellentes notices publiées par Gaillard; 2° une relation de ses voyages, ' 1028, in-4°; 3° Discours abrégé des - asseurez moyens (fanéan tir et ruiner la monarchie des princes ottomans:

dans cet écrit, il suppose «que les Cosaques, qui sont chrétiens, dit-il, et que nous nommons Russiens, pour- | raient bien servir, au besoin, à iuj quiéter les Turks de leur coté ; » 4° Discours sur Vaillance qu'a le roi avec le Grand Seigneur. Il montre dans cet écrit combien cette alliance est utile pour toute la chrétienté. Ces deux discours sont imprimés à la suite de ses voyages.

be Brèves rapporta du Levant plus de cent volumes turcs et persans qui sont aujourd'hui à la Bibliothèque royale. Il lit graver à Rome des caractères orientaux d'une incomparable

beauté, et qui ont été acquis pour le compte du roi de France par l'imprimeur Vitray. (Voyez BibliothIqijes.)

Bbeyb (François-Xavier), jurisconsulte lorrain , né à Pierrefort (Meurthe) , en 1694, mort à Nancy en 1736, joignait à une parfaite connaissance du droit et des coutumes une érudition littéraire assez distinguée. Sa Dissertation sur le titre X des donations , de la coutume générale de Lorraine, Nancy, 1725, et sou Traité du retrait féodal, Nancy, 1733-1736, 2 vol. in-4°, dénotent le penseur profond et le jurisconsulte habile , tandis que les amateurs de documents curieux trouveront à se satisfaire amplement dans les Amusements du sieur Breyé, Nancy , 1733 , in 4°, recueil de prose et de vers , où se trouvent entre autres une Traduction de la G uerre des Rustauds de La ttren t Pilladius, Y Histoire de la sibylle de Marsal, tirée de liieherius , moine de Senonés, etc. Il a encore laissé quelques Odes et Gantâtes , et enfin V Index de l'ordonnance de Lorraine, et un Commentaire sur les lois de Beaumont (inachevé), texte fort curieux pour l'histoire des franchises du pays, et dont la perte est fort regrettable.

Bbézé , ancienne seigneurie de l'Anjou (aujourd'hui département de Maine-et-Loire), à quarante-huit kil.de Saumur. Cette seigneurie, après avoir donné son nom à une illustre famille, passa, au commencement du quinzième siècle, à la maison de Maillé, et fut cédée , en 1686 , par Clémence de Maillé, femme du grand Condé, à Thomas Dreux, conseiller au parlement de Paris , en faveur de qui elle fut érigée , la même année , eu marquisat/(Voyez l'article suivant, et les articles consacrés aux familles de Dreux-Bbèzé et de Maillé.)

Bhkzé (famille de), maison considérable , dont l'origine est fort ancienne, mais qui ne commença à être bien connue que vers la première moitié du quatorzième siècle.

1° En 1323 , Jean de Brézé, sei-

BRÉ «75

gnour de la Varenne, avait un procès avec Payen de Maillé et sa femme , seigneur et dame de Brézé , pour la possession de la terre de ce nom. Ses successeurs furent :

2° Son fils Geoffroi, qui, ayant été fait prisonnier par les Anglais , fut obligé de vendre une partie de ses biens pour payer sa rançon. Charles V, en récompense de ses services, lui donna, en 1369, la terre d Montberard, près de Brézé, ainsi que d'autres biens possédés par les seigneurs qui tenaient pour les Anglais. Il ne vivait plus en 1380.

3° Jean II servit en Flandre.

Son fils Jean, seigneur de Broon, fit la guerre contre les Anglais, sous le règne de Charles VII , se signala à la prise d'Évreux , en 1442 , mais fut tue dans le combat que les Anglais engagèrent pour reprendre cette place.

4° Pierre Ie r, conseiller et chambellan de Charles VII, mourut avant l'année 1427. Son fils Jean, capitaine de Louviers , dirigea l'entreprise sur le Pont-de-rArche , et celle de Conciles , en 1449 ; assista au siège de Château-Gaillard, la même année, et suivit, dans l'expédition d'Angleterre qui eut lieu en 1457 , le sénéchal de Normandie, son frère, dont il est question dans le paragraphe suivant.

5° Pierre II, grand sénéchal d'Anjou, de Poitou et de Normandie , prit une part glorieuse à ia guerre contre les Anglais, sous le règne de Charles VII, auprès duquel il était en grande faveur. Il accompagna ce prince en 1440, lorsqu'il alla secourir la ville de Saint-Maixent ; se trouva aux sièges du Mans, en 1447, de Conches , du Pont-de-l'Arche , de Verneuil , de Pont-Audemer , de Mantes , de Vernon et de Rouen , dont il fut nommé gouverneur. Il était à la bataille de Formigny , en 1450. Charles VII lui confia le commandement d'une expédition qui avait pour objet de chasser les Anglais de Calais et du comté de Guines , qu'ils occupaient encore.

Pierre de Brézé partit de Honfleur

avec une flotte, en 1457 , à la tête de

Suatre mille hommes , et débarqua à andwich. Il investit cette place par terre et par mer, et s'en rendit maître. Apres l'avoir pillée, il 6e rembarqua sans aucune perte , en dépit des attaques de deux mille Anglais ; enfin il ramena à Honfieur trois gros vaisseaux qu'il avait capturés, et sa flotte, chargée de butin et de prisonniers.

Après la mort de Charles VII , la faveur de Pierre de Brézé déclina considérablement. Louis XI le fit même enfermer au château de Loches , d'où il ne sortit qu'après avoir consenti au mariage de son fils, Jacques de Brézé, avec une sœur naturelle du roi , fille de Charles VII et d'Agnès Sorel. Peu de temps après , Louis XI lui confia le commandement du faible secours qui fut accordé à Marguerite d'Anjou, reine d'Angleterre. Le petit uombre d'hommes qu'il obtint fit croire alors que Louis XI voulait se défaire de lui. Après quelques débuts heureux dans le Northumoerland, de Brézé vit assiéger les villes qu'il avait prises, fut contraint de capituler et de fuir avec la reine et ses enfants.

Le mauvais succès decette expédition ne fit aucun tort à Pierre de Brézé ; ce qui porte à croire que Louis XI n'avait pas l'arrière-pensée qu'on lui supposait. Au contraire , il sembla rentrer en grâce, sans néanmoins que Louis XI se dépouillât jamais de tout sentiment de défiance envers lui. Consulté par ce prince , lorsque éclata , en 1465 , la

Suerre du bien public , de Brézé fut 'avis qu'on allât livrer bataille au comte de Charolais; mais Louis XI lui laissa voir qu'il le soupçonnait d'intelligence avec ses ennemis. Quelques mois après , eut lieu la bataille de Montlhéry , le 14 juillet 1465; le sénéchal , qui commandait l'avantgarde de l'armée , désireux sans doute de se justifier dans l'esprit du roi , déploya une bravoure aventureuse, et fut tue des premiers. Pierre de Brézé unissait à beaucoup de bravoure une gaieté piquante, qui ne devait pas toujours plaire au sombre Louis XL Ce prince, comme on sait, ne prenait ja-

376 BRE LTJF

mais avis que de lui-même, ce qui lui faisait dire souvent que tout son conseil était dans sa tête. Pierre de Brézé, qui avait quelquefois donné de bons conseils à Charles VII, et qui avait son orgueil aussi , se permit à ce sujet une plaisanterie plus spirituelle qu'habile. Un jour, *a la chasse, voyant le roi sur une petite monture, il ne put s'empêcher de lui dire en souriant :

« Sire, je ne pense pas qu'il se puisse voir un cheval de plus grande force que cette haquenée, car elle porte Votre Majesté et tout son conseil. »

6° Jacques, fils du précédent, maréchal et grand sénéchal de Normandie , épousa en 1462, comme nous l'avons dit plus haut, Charlotte , fille naturelle de Charles VII et de la belle Agnès Sorel. L'ayant surprise en flagrant délit d'adultère, il la tua, le 14 juin 1476, ce qui le fit condamner à cent mille écus d'amende envers le roi Louis XI, auteur de son mariage et de bien d'autres du même genre.

Il fut contraint d'abandonner toutes ses terres en payement de cette somme; mais, après la mort du roi, en 1484 , il se pourvut au parlement et obtint un arrêt favorable. Il mourut le 14 août 1494.

7° Louis , sénéchal de Normandie, grand veneur de France , obtint , en 1481, du roi Louis XI, le don de toutes les terres que son père, dans l'impossibilité de payer l'amende de cent mille écus à laquelle il avait été condamné pour le meurtre de sa femme adultère, avait dû abandonner à la couronne. Il mourut en 1531 . Il avait épousé en secondes noces Diane de Poitiers , qui lui survécut , et devint la maîtresse de François Ier et de Henri II.

Bhbzillac (Jean-François) , bénédictin de St-Maur , né, en 1710, à « Farjaux , diocèse de Mirepoix , mort en 1780, était neveu de dom Jacques- Martin, dont il continua Y Histoire des Gaules. Il publia en 1754 le deuxième volume de cet ouvrage, en y joignant un Dictionnaire géographique et topographique des Gaules. Il a en outre traduit de l'allemand , avec dom

VERS. bri

Antoine- Joseph Pernetti , le Cours de mathématiques de fVolf, 1743, 3 vol.

in-8°.

Bbial (Michel- Jean- Joseph dom), né à Perpignan, en 1743, l'un des derniers membres de la congrégation de Saint-Maur, vint à Paris, en 1771 , pour continuer avec dom Clément le Recueil des historiens de France, et eut part à la publication des douzième et treizième volumes, qui parurent en 1786. Peu de temps après, la révolution vint interrompre les travaux des bénédictins. Quand il fut question de les reprendre, l'infatigable dom Brial se chargea seul de les continuer, et il publia en 1806 le quatorzième volume du recueil de nos historiens. Il avait été reçu l'année précédente à l'Institut (Académie des inscriptions), et chargé, avec trois de ses collègues, de continuer Y Histoire littéraire de la France, commencée par dom Rivet. Il a eu part aux volumes treize à seize de cet ouvrage, ainsi qu'aux Notices et extraits des manuscrits de la BU bliothéoue du roi, et à la nouvelle série des Mémoires de l'académie. On lui doit en outre Y Éloge historique de dom La bat, 1803, in -8°, et les tomes XII, XIII, XIV, XV, XVI, XVII et XVIII du Recueil des historiens de France, qui forment son premier titre littéraire. Il est mort à Paris en 1828.

Bbianchon (Charles- Julien), capitaine d'artillerie, l'un des élèves les plus distingués de cette école polytechnique qui a fourni à la France tant de savants officiers, est né à Sèvres, près Paris, en 1785. Pendant son séjour à l'école, où il était entré le premier, il composa un Mémoire sur lejs lignes et surf aces du deuxième degré qui lui valut l'attention des savants. Carnot, lui-même, si bon juge dans cette matière, apprécia ce travail et l'inséra en partie aans son beau Mémoire sur fa théorie des transversales. Depuis, M. Brianchon fit paraître divers écrits sur des questions de géométrie ou de chimie appliquée, indiquant des résultats nouveaux ou des théories ingénieuses, et rendit aux armées et à l'Etat les plus éminents services comme

professeur de sciences appliquées à l'école d'artillerie de la garde royale à Vincennes. On lui doit, outre ses Mémoires sur les lignes du deuxième ordre, Paris, 1817, in-8°, un Traité sur la poudre à tirer, ibid., 1825, in-8°; un Essai chimique sur les réactions foudroyantes, idem ; enfin divers mémoires insérés dans le journal de l'école polytechnique, tomes IV, VI, XII et dans les Annales de mathématiques.

Bbiançon, Brigantium, Brigomagentium civitas, ville de l'ancien Dauphiné, aujourd'hui chef-lieu de souspréfecture du département des Hautes- Alpes, à 28 kilomètres d'Embrun.

Pline, Ptolémée, Strabon font mention de Brigantium comme du chef-lieu de l'une des principales peuplades habitant les Alpes cottiennes. Après la chute de l'empire d'Occident, les Briançonnais se constituèrent en république, et, grâce à leur situation au milieu de montagnes inaccessibles^ ils réussirent longtemps à se maintenir indépendants; mais à la fin, l'anarchie se mit parmi eux, et ils se donnèrent volontairement, niais en se réservant de nombreux privilèges, aux dauphins de Viennois, qui prirent depuis le titre de princes de Briauçon et de comtes de Sésanne. Briançon fut réuni , en 1349, au domaine de la couronne de France, avec les autres États des dauphins d'Auvergne.

Cette ville avait pour devise : Petite ville et grand renom. Brûlée en partie pendant les guerres de religion du seizième siècle, elle fut encore ravagée par des incendies, en 1624 et en

Brianconnais (le), Brigantinensis oger, était borné au nord par la Savoie, au sud par la vallée de Barcelonnette, à l'est par le Piémont, et à l'ouest par l'Embrunois et le Grésivaudan. Du temps de César, il était habité par les tirigiani, compris par Ptolémée dans la confédération des Segusihi; par Pline, dans celle des Caturiges (*), et

(*) Walckenaer , Géographie lUstorùju»

des Gaules, t. I, p. 54o.

mentionnés dans l'inscription du trophée des Alpes (*), au nombre des

E eu pies qu'Auguste avait domptés, .e Brianconnais faisait, sous Honorius, partie de la province des Alpes maritimes. Depuis, il eutles mêmes destinées que sa capitale.

Briant (dom Denis), bénédictin de Saint-Maur, auteur de quelques ouvrages estimés qui sont restés manuscrits, mais dont on trouve des copies dans plusieurs bibliothèques : 1° Mémoires sur l'abbaye de Saint- Pincent du Mans; 2° Cenomania ou Histoire générale de la province du Maine et de ses comtes. Dom Briant est mort en

Briabd (Gabriel), peintred'histoire, né à Paris, en 1725, fut élève de Natoire et remporta le grand prix de peinture, en 1749 : le sujet était un mort ressuscité sur le tombeau d Ê Usée.

Plus tard, Briard fut agréé à l'Académie, où il fut admis le 30 avril 1768 ; le tableau qu'il fit pour sa réception représentait Herminie au milieu des bergers. Doué d'un assez beau talent de composition, dessinateur facile, mais correct, point coloriste, Briard a laissé quelques ouvrages recommandables. La chapelle de Sainte-Marguerite, au faubourg Saint-Antoine à Paris, où il a peint les anges tirant les âmes du purgatoire ; le plafond de la salle du banquet royal a Versailles , représentant YOlympe assemblé; celui de l'hôtel Mazann , aujourd'hui la bibliothèque royale , retraçant les noces de Psyché ; celui du salon de Louvecienne , représentant les plaisirs de la campagne; telle est la liste de ses œuvres importantes. Nommé adjoint à professeur le 28 juillet 1770, il ne fut point professeur, comme on l'a dit , et mourut le 18 novembre 1777.

Briare, Bribodorum, Brivodurum, petite ville de l'ancien Gâtinais- Orléanais, à huit kilomètres de Gien, chef-lieu de canton du département du Loiret. Sa population est de deux mille deux cent cinquante habitants.

Briare (canal de). Voyez Canaux.

(*) Pline , Bist. /?«/., t. ni, p. ao-aii.

BRI

Bill

Bbi as , seigneurie de l'ancienne province d'Artois, à vingt kilomètres d Arras (Pas-de-Calais) , érigée en comté en 1649. Cette seigneurie a donné son nom à l'une des plus illustres maisons des Pays-Bas.

Bhice (Saint), évêque de Tours, né dans cette ville de parents distingués , fut élevé par saint Martin , dont il exerça longtemps la patience par ses injures et par ses mœurs dissolues.

Cependant il revint de ses égarements, et fut désigné, vers Tan 400, pour succéder au saint évêque. L'épiscopat de saint Brice fut marqué par de nombreuses difficultés. Après avoir eu de

trands démêlés avec un certain Lazare, epuis évêque d'Aix-la-Chapelle, il fut en butte à une accusation calomnieuse ui fit soulever contre lui tout le peuple e Tours. Ignominieusement cuassé, Brice se retira à Rome , où il lava par ses pleurs , dit Grégoire de Tours (*) , toutes les fautes qu'il avait commises envers le saint de Dieu. Cependant il rentra ensuite dans son diocèse, qu'il ouverna heureusement jusqu'en 444»

' mourut à Tours, et fut enseveli dans a petite basilique qu'il avait élevée sur tombeau de saint Martin, lia 'ce (IN.) , chasseur à cheval de la vieille garde. Voyant, à la bataille d'Eylau, son général (Dalhmann)démontéet blessé d'un coup de baïonnette , il courut à lui à toute bride , mit pied à terre sous le feu de l'infanterie ennemie , le releva et le plaça sur son cheval. Entouré de chasseurs russes, Brice reçut plusieurs coups de sabre , et parvint cependant à ramener son général près des lignes françaises.

Bbiche (le vicomte Adrien -Louis- F li Sci bel h- Marie de) , né en 1772 , était chef d'escadron du 11e hussards à la bataille de la Trébia, où il couvrit vaillamment la retraite de Tannée. Il se signala Tannée suivante à Marengo, et fut nomme , en 1807, colonel du 10* de hussards, à la tête duquel il se distingua de nouveau en Allemagne et en Pologne. Après Ja paix de Tilsitt, il passa avec son régiment en Espagne ,

(*) Histoire des Francs , liv. n.

où H se fit souvent habileté et sa valeur, notamment aux batailles d'Ocagna et de Salainanque, Général de brigade en 1809 , et gênerai de division en 1813, il fit encore avec distinction la campagne de France en 1814. Mais, depuis l'abdication de Na* poléon y M. de B riche se montra aussi attaché aux Bourbons qu'il avait été autrefois dévoué à Tempereur.il pensa même être victime de son zèle , en supposant, en mai 1815, au mouvement qu'avait provoqué à Nîmes le débarquement ue Tempereur. En juillet 1816, il présida la commission militaire qui condamna à mort le général Mouton* Duvernet, Tun de ses anciens compagnons d'armes. Il commanda depuis successivement plusieurs divisions militaires , et mourut à Marseille en

Bbïçonnet (Guillaume), connu sous le nom de Cardinal de Saint- Malo, surintendant des finances et principal ministre de Charles VIII, roi de France, naquit à Tours, et fut d'abord , sous Louis XI , général des finances du Languedoc. Ce prince, en mourant, le recommanda a son filJ qui le nomma surintendant des finances; et depuis 9 dit un historien, ne parla que par sa bouche , n'entreprit que par son conseil, et ne gouverna que par sa conduite. Lorsque Louis le Maure, administrateur duduebéde Milan, voulut engager Charles VIO à fa ire passer des troupes clans le royaume de Naples, ce fut Briçonnet que les ambassadeurs de ce prince cherchèrent d'abord à gagner; ce fut lui qui, flattant habilement Tardeur guerrière du jeune roi , le poussa à accomplir cette romanesque entreprise. Charles, après avoir pris cette détermination, lui donna , dit Guicciardini , la première autorité pour le gouvernement du royaume. Vers ce temps, l'ambitieux financier, qui, devenu veuf, s'était fait donner, en 1491, Tévécbé de Saintfllalo, entra dans les ordres d'après le conseil des ambassadeurs milanais, <jui l'assuraient que le crédit du roi, à son arrivée à Rome , le ferait bientôt cardinal. Briçonnet vainquit la résis-

tance que le duc et la duchesse de Bourbon opposaient dans le conseil à cette aventureuse invasion, en pressa les préparatifs, et y accompagna ensuite le roi. Dans tout le cours de l'expédition, il lit prévaloir, au conseil du prince, une mauvaise foi peu en harmonie avec sa devise : Ditat servata fides. A Rome, il amena la réeonciiiation de son souverain avec l'infâme Alexandre VI. Cette condescendance lui valut immédiatement le chapeau de cardinal. £n(in , son incapacité et sonobstination compromirent plus d'une fois le salut de l'armée.

Après la mort de Charles VIII, qui trompa son ambition et le frappa comme un coup de foudre , il fut remplacé dans le ministère par le cardinal d'Amboise , et se retira à Rome. Mais Louis XII le chargea d'importantes négociations auprès de l'arrogant et ambitieux Jules II. Briçonnet fit à ce pape une vigoureuse opposition, et il alla jusqu'à ouvrir, malgré lui , le concile de Lyon. Aussi fut-il excommunié et privé de la pourpre. Louis XII l'en dédommagea en lui donnant, en 1503, la riche abbaye de Saint- Germain des Prés et le gouvernement du Languedoc.

Après la mort de Jules II, Briçonnet fut absous pa r Léon X, et passa de l'archevêché de Reims, où il avait été élevé en 1494, à celui de INarbonne, où il mourut fort vieux en 1514.

Bbiçonnet (Guillaume) , fils du précédent* fut successivement évêque de Lodève et de Meaux. Avant de se retirer dans son diocèse, il avait été chargé, par Louis XII et François Ier, de diverses négociations auprès du pape. Revenu à Meaux , il attira auprès de lui plusieurs savants , tels que Guillaume Farel, Jacques Faber ou Lefèvre, Gérard Roussel, Clichtow, François Vatable. Parmi ces savants se trouvaient des docteurs de l'université de Paris, zélés calvinistes qui lui firent partager leur doctrine et leurs opinions. Mais bientôt , craignant de perdre son évêché et la faveur de la cour, Briçonnet changea de conduite, et poursuivit avec acharnement le parti qu'il avait favorisé. Excommunica-

tions , proscriptions , jeûnes , processions , il ne négligea rien pour témoigner de son zele. Aussi les cordeliers, qui l'avaient deux fois accusé d'hérésie et traduit au parlement, furent -ils considérés comme calomniateurs. Briçonnet mourut en 1533, au château d'Esmant, près de Montereau. Ainsi que son père, il protégea les lettres, et augmenta la bibliothèque de l'abbaye de Saint-Germain des Prés. On a de lui une traduction française du Con* templationes Jdiotœ.

BiuçoNNET (Robert) , oncle du précédent , archevêque de Reims et chancelier de France, dut son élévation rapide à la faveur dont jouissait son frère le cardinal de Saint-Malo. Il mourut en 1497, à Moulins en Bourbonnais.

Bridai ne (Jacques) , né en 1701 , près d'Uzès. Ce missionnaire se rendit célèbre, dans le dix-huitième siècle, par les effets que produisit sur les ha* citants des campagnes, et quelquefois même sur les populations des villes , son éloquence vigoureuse et pittoresque. Il savait frapper son auditoire par des mouvements foudroyants et des images saisissantes. Au mérite d'une imagination ardente et originale, il joignait une voix d'une force et d'une étendue peu commune, une taille élevée et imposante. Il tirait parti avec habileté de toutes les circonstances qui, dans un temple chrétien, peuvent concourir à l'effet de la parole sainte. Il tombait à genoux au milieu de son discours , en se tournant du coté de l'autel, pour demander pardon à Dieu au nom des pécheurs qui l'outragent. Il s'adressait , par des apostrophes brusques et émouvantes, aux signes de mort ou de salut répandus autour de lui dans l'édifice. D'ordinaire il prêchait à la fin du jour, afin que l'obscurité, envahissant les voûtes du temple, contribuât avec ses paroles à répandre dans les âmes un religieux effroi. Ce pieux charlatanisme ne manquait jamais son effet. On rapporte des exemples étonnants de conversions faites par ce missionnaire* Les contemporains le mirent au non>

bre des orateurs. I! est certain qu'il n'avait point de goût , que les images qu'il employait étaient souvent bizarres ou ridiculement gigantesques , et que ses traits de vigueur tenaient fréquemment de la déclamation et du mélodrame; son action en chaire sortait des bornes du goût à force de véhémence ; elle devenait parfois plus semblable à la pantomime d'un comédien qu'à celle d'un missionnaire ; mais c'était précisément par de tels défauts que Bridaine agissait sur le peuple. Quant aux auditeurs d'un genre plus relevé et d'un esprit moins crédule , ils aimaient cette rude franchise et cette hardiesse cynique avec laquelle Bridaine s'emportait contre la mollesse et l'irréligion du siècle ; ils trouvaient , dans la liberté toute nouvelle de ses an a thème s, un piquant et curieux contraste ; ils confondaient même avec l'éloquence ses tirades ronflantes, qui étaient en harmonie avec le goût naissant du siècle pour la déclamation. Voilà comment on doit s'expliquer les triomphes de Bridaine, tout en reconnaissant d'ailleurs qu'il eut beaucoup d'imagination et ne manqua pas de ferveur religieuse.

Le cardinal Maury a cité l'exorde du discours qu'il prononça, en 1751, dans l'église de Saint-Sulpice. L'idée de cet eiorde est très-heureuse ; mais la forme en doit être attribuée presque tout entière au cardinal Maury, qui n'avait pu se rappeler littéralement les paroles originales. Quant à ce fragment d'un sermon sur l'éternité, où Bridaine représente le balancier des enfers répétant sans cesse ces deux mots : Toujours ! jamais ! jamais ! toujours ! et un damné s'écriant : Quelle heure est-il? et n'obtenant pour réponse de ses compagnons de douleur nue ce seul mot : l'éternité; c'est la une fantasmagorie qui peut faire peur un instant , mais ce n'est pas là une grande idée ni un trait sublime d'éloquence , comme l'assure le cardinal Maury , qui est loin d'être un arbitre infaillible en fait de goût. Les sermons de Bridaine n'ont pas été recueillis. Il avait d'abord été sé-

minariste dans la maison des missions d'Avignon. Il parut pour la première fois en chaire a Aigues-Mortes. Dans le cours de sa carrière , il ne prit jamais de repos , et presque toutes les provinces de France entendirent la voix puissante de l'infatigable missionnaire. Il reçut de ses supérieurs et du pape Benoît XIV les témoignages d'estime les plus honorables, mais ne fut point élevé au-dessus de ses fonctions, qu'il était heureux de remplir.

Il mourut dans le cours d'une mission, en 1767. On a de lui un volume de cantiques spirituels.

Bbidan (Charles-Antoine), sculpteur, né en 1730 à Ruvière , en Champagne, étudia à l'académie de Paris , remporta , en 1753 , le grand prix de sculpture, et alla ensuite compléter en Italie son éducation artistique. De retour à Paris, il fut reçu agréé de l'Académie , sur la présentation d'un groupe en plâtre représentant Saint Barthélémy faisant sa prière avant dêtre martyrisé, groupe qu'il exécuta en marbre en 1772.Ce morceau lui valut, la même année, son admission à l'Académie. En 1773, il exposa un Christ qui devait être exécuté en bronze pour la cathédrale de Chartres , et par lequel il commença la série des travaux qu'il fit poûr cette église. En 1775 , il exposa Y Hymen couronnant V Amour , une fiqure se coiffant de fleurs , la Fidélité lisant une lettre et caressant son chien, les bustes de Louis XVI et du marquis de Courlanvaux , enfin l'esquisse du tombeau que Frédéric le Grand faisait élever au marquis d'Argens , et qu'il exécuta en marbre pour l'église des Minimes à Aix (voyez Argens). En 1776, il fit pour l'église de Chartres son groupe de Y Assomption, dont l'exécution, dans le style, du dix-huitième siècle, offre un desaccord si choquant avec toute la sculpture de cette métropole. En 1777, il exposa le modèle de fulcain présentant à Vénus les armes qu'il a forgées pour Ênée. Cette statue, l'un des ornements du Luxembourg , fut exécutée en marbre en 1781. En 1785, U

BRI 388

manière non équivoque, est l'Histoire de saint Loup, évêcnie de Troyes, où Ton voit qu au milieu du cinquième siècle les habitants de Brienne furent emmenés captifs par les Alemans, qui cependant, à la prière de saint Loup, leur rendirent la liberté. L'Histoire de saint Bonhaire, gui vivait au septième siècle, fait mention d'un village de Crespy, situé dans le fi nage du château de Brienne et au milieu de la forêt de Der. Cechâteau était dès cette époque le chef-lieu d'un comté dont iî est parlé dans une charte de Louis le Débonnaire, de 832. Ën 858, il faillit se livrer sous les murs de Brienne une bataille importante entre Louis , empereur de Germanie, et Charles le Chauve. Celui-ci ayant rassemblé une année commandée par les principaux seigneurs de Bourgogne, marcha contre Louis, qu'il joignit à Brienne. Mais les troupes du roi de France s'étant débandées, il fut forcé de prendre la fuite. Tous les historiens contemporains font mention de cet événement, l'un des plus importants de l'époque.

L'historien Flodoard rapporte qu'en 957, deux brigands, Gotbert et Augilbert , son frère , forcèrent le château de Brienne, mais que Louis d'Outremer, en ayant eu connaissance, s'empressa d'arriver au secours de Brienne , forma le siège du château, parvint à le prendre par famine, et le détruisit de tond en comble. A cette époque , les titres de comtes et barons étant devenus héréditaires, le comté de Brienne fut donné à des seigneurs, qui le finirent en fief des comtes de Champagne.

Brienne devint alors un des comtéspairies de cette province; ce fut même un des trois comtés achetés par le pape Urbain IV pour doter le chapitre de Saint-Urbain de Troyes. Ce comté fut érigé en duché-pairie en 1587, sous le règne de Henri III; mais les lettres patentes n'ayant point été enregistrées au parlement , il demeura simple comté.

Le château fort de Brienne fut assiégé, pris par famine, et démoli en 1457, sous le règne de Charles VII, pendant les guerres des Anglais. Après

leur expulsion du territoire français, il fut rebâti et assiégé de nouveau pendant les guerres civiles, vers 1574 ou 1575. Cette antique forteresse a depuis longtemps disparu; elle a été remplacée par un superbe château moderne, construit par Louis-Maric- Athanase de Loménie , dernier comte de Brienne, devenu immensément riche par le mariage qu'il contracta , en 1757, avec la fille d'un fermier général.

Dès 1625, Louise de Béon-Luxembourg fonda à Brienne un couvent de minimes, destiné à l'éducation des enfants de cette ville. Vers 1730 , les religieux de ce monastère convertirent leur école en un collège , où ils enseignaient le latin à la jeunesse du pays. En 1774, ce collège jouissait déjà d'une certaine renommée et comptait un assez grand nombre d'élèves, entretenus aux frais des seigneurs de Brienne.

Le 1er février 1776, une déclaration du roi fit de ce collège une succursale de l'école militaire de Paris, destinée à recevoir cent élèves du roi et cent pensionnaires. On sait que Napoléon fit dans cette école ses premières études. Il v entra le 23 avril 1779, à l'âge de neuf ans huit mois et cinq jours, et en sortit le 17 octobre 1784, après y avoir passé cinq ans cinq mois et vingtcinq jours. L'école militaire de Brienne fut supprimée en 1790; les bâtiments en furent vendus et démolis; mais le château n'a rien perdu de sa magnificence. La population de cette ville est aujourd'hui Je dix-neuf cent trente habitants.

Bbienne (bataille de). — Le 28 janvier 1 8 1 3, le général autrichien Schwartzemberg était à Troyes, et le général prussien Blùcher à Brienne. Ces deux généraux manœuvraient pour opérer leur jonction par Lesmont. Napoléon résolut de l'empêcher. Il arriva a marches forcées, et à travers une forêt impraticable pour d'autres soldats que des Français, sous Brienne, et, surle-champ, il commença l'attaque. Le combat fut si vif sur les terrasses du parc et à rentrée de la ville basse, les Français firent de tels progrès que

Page 1