‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 63 sur 96 · DE MONTMARTEL · texte numérisé non relu

DE MONTMARTEL

Brunswick (manifeste de). U révolution française avait fait fuir la plupart des 'familles nobles , qui étaient venues se réfugier en Allemagne, sur la terre du privilège. Leurs promesses insensées avaient persuadé a l'empereur d'Allemagne qu il pipi' rait facilement ces insolents roturiers

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qui chassaient leurs seigneurs , et appelaient les autres peuples à la liberté. Aussi des lettres menaçantes avaient été écrites à la représentation nationale, qui, forte de l'assentiment populaire , déclara la guerre à Léopold, roi de Bohême et de Hongrie. Avant d'entrer en France, le duc de Brunswick - Lunebourg, général en chef des armées de la coalition, lança cette proclamation si fameuse par sou insolence, et dont la teneur justifie toutes les mesures sévères prises par le peuple contre les émigrés, instigateurs impies de cette guerre.

Déclaration de Son Altesse le duc régnant de Brunswick- Lunebourg, commandant les armées combinées de Leurs Majestés l'empereur et le roi de Prusse , adressée aux habitants de la France.

« lueurs Majestés l'empereur et le roi de Prusse m'ayant conué le commandement des armées combinées qu'ils ont fait rassembler sur les frontières de France , j'ai voulu annoncer aux habitants de ce royaume les motifs qui ont déterminé les mesures des deux souverains et les intentions qui les guident. Après avoir supprimé arbitrairement les droits et possessions des princes allemands en Alsace et en Lorraine, troublé et renversé dans l'intérieur le bon ordre et le gouvernement légitime, exercé contre la personne sacrée du roi et contre son auguste famille des attentats et des violences qui se sont encore perpétués et renouvelés de jour en jour, ceux qui ont usurpé les rênes de l'administration ont enfin comblé la mesure en taisant déclarer une guerre injuste à Sa Majesté l'empereur, et en attaquant ses provinces situées en Pays- Bas; quelques-unes des possessions de l'empire germanique ont été enveloppées dans cette oppression, et plusieurs autres n'ont échappe au même danger qu'en cédant aux menaces impérieuses du parti dominant et de ses émissaires.

« Sa Majesté le roi de Prusse, unie avec Sa Majesté Impériale par les liens

d'une alliance étroite et défensive, et membre prépondérant elle-même du corps germanique, n'a donc pu se dispenser de marcher au secours de son allié et de ses < o-États; et c'est sous ce double rapport qu'elle prend la défense de ce monarque et de l'Allemagne.

« A ces grands intérêts se joint encore un but également important, et qui tient à cœur aux deux souverains:

c'est de faire cesser l'anarchie dans l'intérieur de la France , d'arrêter les attaques portées au trône et à l'autel, de rétablir le pouvoir légal, de rendre au roi la sûreté et la liberté dont il est

{irivé, et de le mettre en état d'exercer 'autorité légitime qui lui est due.

« Convaincus que la partie saine de la nation française abhorre les excès d'une faction qui la subjugue, et que le plus grand nombre des habitants attend avec impatience le moment du secours pour se déclarer ouvertement contre les entreprises odieuses de leurs oppresseurs. Sa Majesté l'empereur et Sa Majesté le roi de Prusse les appellent et les invitent à retourner sans délai aux voies de la raison et de la justice, de l'ordre et de la paix.

C'est dans ces vues que moi , soussigné, général commandant les deux armées, déclare :

«1° Qu'entraînées dans la guerre présente par des circonstances irrésistibles, les deux cours alliées ne se proposent d'autre but que le bonheur de la France, sans prétendre s'enrichir par des conquêtes.

« 2° Qu'elles n'entendent point s'immiscer dans le gouvernement intérieur de la France, niais qu'elles veulent uniquement délivrer le roi, la reine et la famille royale de leur captivité , et procurer à Sa Majesté Très- Chrétienne la sûreté nécessaire pour qu elle puisse faire sans danger, sans obstacle , les convocations qu'elle jugera à propos , et travailler à assurer le bonheur de ses sujets , suivant ses promesses , et autant qu'il dépendra d'elle.

« 3° Que les armées combinées protégeront les villes, bourgs et villages,

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et les personnes et les biens de tous ceux qui se soumettront au roi, et qu'elles concourront au rétablissement instantané de Tordre et de la police dans toute la France.

« 4° Que les gardes nationales sont sommées de veiller provisoirement à la tranquillité des villes et des campagnes , à la sûreté des personnes et des biens de tous les Français , jusqu'à l'arrivée des troupes de Leurs Majestés Impériale et Royale, ou jusqu'à ce qu'il en soit autrement ordonné, sous peine d'en être personnellement responsables; qu'au contraire, ceux des gardes nationaux qui auront combattu contre les troupes des deux cours alliées , et qui seront pris les armes à la main, seront traités en ennemis, et punis comme rebelles à leur roi, et comme perturbateurs du repos public.

« 5° Que les généraux, officiers, basofficiers et soldats des troupes de lignes françaises sont également sommés de revenir à leur ancienne fidélité, et de se soumettre sur-le-champ au roi, leur légitime souverain.

« 6° Oue les membres des départements, des districts et des municipalités seront également responsables, sur leurs têtes et sur leurs biens, de tous les délits, incendies, assassinats, pillnges et voies de fait qu'ils laisseront commettre, ou qu'ils ne se seront pas notoirement efforcés d'empêcher dans leur territoire; qu'ils seront également tenus de continuer provisoirement leurs fonctions , jusqu'à ce que Sa Majesté Très-Chrétienne , remise en pleine liberté , y ait pourvu ultérieurement, ou qu'il en ait été autrement ordonné en son nom dans l'intervalle.

« 7° Que les habitants des villes, bourgs et villages qui oseraient se défendre contre les troupes de Leurs Majestés Impériale et Royale , et tirer sur elles, soit en rase 'campagne, soit par les fenêtres, portes et ouvertures de leurs maisons , seront punis sur-le-champ suivant la rigueur du droit de la guerre , et leurs maisons démolies ou brûlées. Tous les habi-

tants , au contraire , desdites villes , bourgs et villages qui s'empresseront de se soumettre à leur roi , en ouvrant leurs portes aux troupes de Leurs Majestés , seront à l'instant sous leur sauvegarde immédiate; leurs personnes, leurs biens, leurs effets, seront sous la protection des lois, et il sera pourvu à la sûreté de tous et de chacun d'eux.

« 8° La ville de Paris , et tous ses habitants sans distinction, seront tenus de se soumettre sur-le-champ, et sans délai , au roi , de remettre ce prince en pleine et entière libertc', cî de lui assurer, ainsi qu'à toutes les personnes royales , l'inviolabilité et le respect auquel le droit des gens et de la nature oblige les sujets envers les souverains; Leurs Majestés Impériale et Royale rendant personnel fement responsables de tous les événements, sur leurs têtes, pour être jugés militairement, sans espoir de pardon, tous les membres de l'Assemblée nationale , du département, du district, de la municipalité et de la garde nationale de Paris, les juges de paix et tous autres qu'il appartiendra; déclarant en outre Leursdites Majestés, sur leur foi et parole d'empereur et de roi , que si le château des Tuileries est forcé ou insulté , que s'il est fait la moindre violence, le moindre outrage à Leurs Majestés, le roi, la reine et à la famille royale, s'il n'est pas pourvu immédiatement à leur sûreté, a leur conservation et à leur liberté, elles en tireront une vengeance exemplaire et à jamais mémorable, en livrant la ville de Paris à une exécution militaire et à une subversion totale, et les révoltés coupables d'attentats aux supplices qu'ils auront mérités. Leurs Majestés Impériale et Jloyale promettent, au contraire, leurs bons offices auprès deSa Majesté Très-Chrétienne pour obtenir le pardon de leurs torts et de leurs erreurs , et de prendre les mesures les plus rigoureuses pour assurer leurs personnes et leurs tiens s'ils obéissent promptement et exactement à l' injonction ci-dessus.

« Enfin, Leurs Majestés ne pouvant

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reconnaître pour lois en France que celles qui émaneront du roi jouissant d'une liberté parfaite, protestent d'avance contre l'authenticité de toutes les déclarations qui pourraient être faites au nom de: Sa Majesté Très- Chrétienne, tant que sa personne sacrée , ceile de la reine et de toute la famille ne seront pas réellement en sûreté; à l'effet de quoi Leurs Majestés Impériale et Rovale invitent et sollicitent Sa Majesté Très-Chrétienne de désigner la ville de son royaume la plus voisine de ses frontières dans laquelle elle jugera à propos de se retirer avec la reine et sa famille, sous une bonne et sûre escorte qui lui sera envoyée pour cet effet , afin que Sa Majesté Très -Chrétienne puisse en toute sûreté appeler auprès d'elle les ministres et les conseillers qu'il lui plaira de désigner, faire telles convocations qui lui paraîtront convenables, pourvoir au rétablissement du bon ordre , et régler l'administration de son royaume.

« Enfin ", je déclare et m'engage encore , en mon propre et privé nom et en ma qualité susdite, de faire observer partout aux troupes confiées à mon commandement une bonne et exacte discipline, promettant de traiter avec douceur et modération les sujets bien intentionnés qui se montreront paisibles et soumis, et de n'employer la force qu'envers ceux qui se rendront coupables de résistance ou de mauvaise volonté.

« C'est par ces raisons que je requiers et exhorte tous les habitants du royaume, de la manière la plus forte et la plus instante, de ne pas s'opposer à la marche et aux opérations des troupes que je commande, mais de leur accorder plutôt partout une libre entrée et toute bonne volonté, aide et assistance que les circonstances pourront exiger.

« Donné au quartier général de Coblentz, le 25 juillet 1792.

« Signé Charles-Guillaume- Ferdinand, duc de Brunswick-Lunebourg. ».

T. III. 29e Livraison. (Dict. enc

Déclaration additionnelle de Son Altesse Sérénissime le duc régnant de Brunswick- Lunebour g à celle que Son Altesse Sérénissime a adressée, le 25 de ce mois, aux ha* bitants de la France.

« La déclaration que j'ai adressée aux habitants de la France , datée du quartier général de Coblentz le 25 de ce mois , a dû faire connaître suffisamment les intentions formellement arrêtées de Leurs Majestés l'empereur et le roi de Prusse, en me confiant le commandement de leurs armées combinées. La liberté et la sûreté de la personne sacrée du roi , de la reine et de toute la famille royale, étant un des principaux motifs qui ont déterminé l'accord de Leurs Majestés Impériale et Royale, j'ai fait connaître, par ma déclaration susdite , à la ville de Paris et à ses habitants , la résolution de leur faire subir la punition la plus terrible dans le cas où il serait porté atteinte à la sûreté de Sa Majesté Très-Chrétienne, dont la ville de Paris est rendue spécialement responsable.

«Sans déroger en aucun point à l'article 8 de la susdite déclaration du 25 de ce mois, je déclare en outre que si, contre toute attente, le roi, la reine et toute autre personne de la famille royale étaient enlevés de cette ville, tous les lieux et villes quelconques qui ne se seront pas opposés à leur passage et n'auront pas arrêté leur marche, subiront le même sort qui aura été infligé à la ville de Paris, et que la route qui aurait été suivie par les ravisseurs du roi et de la famille royale sera marquée par une continuité d'exemples des châtiments dus à tous les fauteurs, ainsi qu'aux auteurs d'attentats irrémissibles.

• « Tous les habitants de la France en général doivent se tenir pour avertis du danger qui les menace , et auquel ils ne sauraient échapper s'ils ne s'opposent pas de toutes leurs forces et par tous les moyens au passage du roi et de la famille royale, en quelque lieu que les factieux tenteraient de les emmener. Leurs Majestés Impériale

:lop., etc.) 29

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et Royale ne reconnaîtront la liberté du clioix de Sa Majesté Très-Chrétienne , pour le lieu de sa résidence, dans le cas où elle jugerait à propos de se rendre à l'invitation qui lui a été faite par elles, qu'autant que cette retraite serait effectuée sous l'escorte qu'elles lui ont offerte; toutes déclarations quelconques, au nom de Sa Majesté Très -Chrétienne , contraires à l'objet exigé par Leurs Majestés Impériale et Royale, seront, en conséquence, regardées comme nulles et sans effet.

« Donné au quartier général de Coblentz, le 27 juillet 1792.

« Signe Charles-Guillaume- Ferdinand, duc de Brunswick-Lunebourg. »

Après la lecture de ces pièces diplomatiques , rappelons-nous que pas un émigré ne protesta contre cet outrage au pays natal -, rappelons-nous les documents, par lesquels il est prouvé que la cour avait l'intention de faire arrêter une partie des députés de l'opposition ; rappelons-nous les cruelles railleries des émigrés, qui voulaient faire porter aux chênes des Jruitsde nouvelle espèce , et, la main sur le cœur, demandons-nous si les terribles moyens que les révolutionnaires ont opposés à la haine des ennemis de la France n'étaient pas les justes représailles d'une mition réduite au desespoir? Nous le disons avec conviction, le sang qui a été versé pendant la terreur doit être surtout impute aux hommes coupables qui avaient ameuté l'Europe contre leur pntrie, et qui menaçaient de brûler toutes les villes, de tuer tous les citoyens restés fidèles à la sainte cause du pays.

Brunclfe, oncle de Charibert et de Dagobert Ier, soutint les prétentions du premier dans le partage des États de Clotaire II. Forcé de céder à Dagobert, Brunulfe le suivit en Bourgogne , où ce prince le lit arrêter et mettre à mort vers 636.

Brunyer (Abel), médecin des enfants de Henri IV , naquit «î Uzès en 1573 , d'une famille protestante. Il s'adonna de bonne heure aux scien-

ces, et particulièrement à la médecine, qu'il alla étudier à Montpellier , où ses progrès rapides le firent remarquer. Arrivé à Paris, il ne tarda pas à se faire une grande réputation , et Henri IV l'attacha à ses enfants.

Louis XIII le nomma plus tard conseiller d'État, et Richelieu l'employa maintes fois dans des négociations importantes auprès des protestants du Languedoc. Brunyer mourut en 1665, âgé de quatre-vingt-onze ans.

Il avait publié, en société avec Marchant, en 1653, sous le titre de Hortus regius Blesensis, in-fol., une description du jardin de botanique fondé à Blois par Gaston d'Orléans. Cet ouvrage a été réimprimé en 1655.

Bbuschall (combat de). — Le général Moreau laissa, en 1796, devant Manheimet Philisbourg un petit corps de trois mille hommes , chargé , sous le commandement du général Scherb, de contenir les garnisons de ces deux villes. Aussi longtemps que l'armée de Sambre-et-Meuse demeura sur la rive gauche du Rhin , cette faible colonne suffit pour les tenir en respect.

Mais dès l'instant où le prince Charles fut victorieux, elles se montrèrent hors de leurs murs, et protégèrent des rassemblements de paysans armés qui attaquaient nos convois et interceptaient les communications avec Kebl.

Le général Scherb , prévenu qu'il serait attaqué le 5 septembre , dans sa position de Bruschali, par la garnison de Philipsbourg , renforcée d'un détachement de celle de Manheim et de quatre mille paysans, résolut, quoique très-inférieur en nombre, de prévenir l'ennemi en l'attaquant lui-même sur trois colonnes, dès le 4 septembre.

Après une longue fusillade, les Français marchèrent à la baïonnette sur les Allemands, et reconduisirent ainsi la garnison de Philipsbourg jusque sous le canon de la place ; le détachement de la garnison de Manheim s'enfuit au grand galop , et la terre demeura jonchée de paysans morts ou blessés. Deux jours après , les Autrichiens étant revenus a la charge , furent également battus. Cependant le

13, à l'entrée de la nuit , les petits corps détachés sur nos flancs ayant été vivement harcelés et forcés de se replier, le général Scherb , qui jugea sa position hasardée et sans avantage, résolut de faire sa retraite sur Kehl.

Obligée de s'ouvrir le passage la baïonnette en avant, continuellement harcelée en flancs et en queue, cette petite division, marchant jour et nuit, arriva le 15 septembre, à onze heures du soir, à Kehl. Elle dut sa conservation au courage des officiers et des soldats , et surtout aux manœuvres habiles de son chef.

Brusquet , né en Provence , remplaça Triboulet dans l'emploi de fou du roi, sous les règnes de François Ier et de ses trois successeurs. Il se donna d'abord pour chirurgien, et pouvait avoir vingt-cinq ans quand il commença à exercer sa profession au camp d'Avignon, en 1536. Il donnait « aux hommes de bonnes médecines de chevaux, et ses malades ailoient, dit hnmlôme,ad patres drus comme mouches. » Sur le bruit de ses succès , le connétable de Montmorency voulut le faire pendre ; mais Henri II , alors dauphin, le sauva et le prit à son service. Sa gaieté, son esprit , lui firent promptement obtenir la place de valet de chambre du dauphin, et ensuite celle de maître de la posteaux chevaux de Paris. Ilsavait tirer un parti admirable des ambassadeurs, des seigneurs, et des princes qui l'admettaient dans leur familiarité. Il accompagna le cardinal de Lorraine à Bruxelles, quand ce prélat alla jurer la paix faite avec l'Espagne, et ses saillies, ses espiègleries, ses escroqueries même, divertirent fort le sombre Philippe II.

Brusquet fut soupçonné d'être huguenot, et sa maison fut pillée en 1562.

II sortit alors de Paris et se réfugia chez M. de Valentinois, où il mourut en 1563. Il faut lire Brantôme pour se faire une idée des étranges mystifications dont Brusquet et les seigneurs de la cour de France étaient alors tour à tour les héros et les victimes. "Une fois, entre autres , le maréchal de Strozzi voulant se venger de quel-

ques tours de Brusquet , imagina de taire courir le bruit de la mort du pauvre fou dont il maria promptement la femme à un autre qui , dit Brantôme , « coucha avec elle un bon mois, et tira d'elle de bons escus par bon contrat de mariage; mais, sur ces entrefaites , Brusquet , qu'on tenoit pour mort partout, arriva, et fut bien esbahi. »

Bulssel, a laissé un ouvrage intitulé : A'ot/re/ examen de fusage général des Jicfs de France /rendant les onzième, douzième, treizième et quatorzième siècles, Paris, 1727 et 1750, 2 vol. in-4°. Ce livre est assez estimé.

Bruxelles. Voyez Dyle (département de la).

Bruxelles ( bombardement et prises de). — Louis XIV, pour se venger sur le roi d'Espagne du bombardement de ses villes par les Anglais, donna, en 1695 , au maréchal de Villeroi, l'ordre de bombarber Bruxelles.

Pendant deux jours et demi, les bombes et les boulets rouges ne cessèrent d'embraser la ville : plus de trois mille maisons furent réduites en cendres; la plupart des monastères et des édiûces publics furent renversés.

—Le 13 novembre 1792, à l'époque où la rapidité de nos succès en Belgique avait fait de cette campagne une espèce de promenade militaire , Dumouriez se présente avec son avantgnrde devant Bruxelles. Il trouve les Autrichiens postés sur les hauteurs d'Aderlecht, les attaque aussitôt, les met en déroute après un combat opiniâtre de six heures, et bivouaque sur le champ de bataille pendant que les Autrichiens traversaient la ville. Le lendemain, les habitants viennent lui annoncer Qu'elle a été évacuée pendant la nuit, et lui remettent les clefs de la capitale de la Belgique, sur laquelle le général lève une forte contribution de guerre.

—Lors de la déroute deDumouriez, les Belges, que les exactions des agents civils avaient indisposés, ouvrirent leurs portes au prince de Cobourg (15 avril 1793). Dampierre et Westermann montrèrent seuls, dans ce

désastre, un grand caractère. Dampierre l'avait annoncé, et ses manœuvres l'avaient retardé. Retiré sous les murs de Bruxelles , Westermann, avec sa seule légion , se battit contre dix mille hommes. Témoins de son courage, les Autrichiens lui offrirent trois cent mille francs et le grade de lieutenant général, s'il voulait émigrer. Westermann furieux répondit que ses canons étaient chargés à mitraille , et qu'à la première

Proposition injurieuse qui serait faite un soldat français, il y mettrait le feu, fût-il au milieu de toutes les forces de l'Autriche.

— Les Autrichiens ne gardèrent pas longtemps Bruxelles ; les victoires de Pichegru et de Jourdan firent retomber cette ville au pouvoir des Français, le 10 juillet 1794.

Bruyère ( Louis ) , ingénieur des ponts et chaussées et directeur général des travaux de Paris , naquit à Lyon le 19 mars 1758. Il étudia de bonne heure l'architecture dans sa ville natale , et entra , en 1783, à l'école des ponts et chaussées. Successivement employé comme sous-ingénieur au Mans, et comme professeur de coupe des pierres à l'école (1798), chargé de la construction du canal de Saint-Maur (1808-1811), des travaux relatifs au perfectionnement des communications navigables de Paris , et du rétablissement de la machine de Marly (1810), auteur de rapports fort remarquables sur un projet de canal de Savone à Alexandrie , et sur l'importante question du perfectionnement delà navigation fluviale, Bruyère obtint la récompense de ses importants services et fut chargé, par Napoléon (13 janvier 1811), de la direction des travaux publics de Paris.

« On se préparait alors, dit M. Navier (*), à exécuter les grands ouvrages d'utilité publique auxquels une partie de la gloire du règne de Napoléon est attachée. » Les plus remar-

(*) Voyez la notice qu'il a consacrée à Bruyère dans les Annales des ponts et chaussées.

quables, parmi ceux auxquels Bruyère eut part, sont les abattoirs, les marchés, l'entrepôt général des vins , le Collège Saint-Louis, la Bourse, la Madeleine, l'hôtel des postes (ministère des finances aujourd'hui) , la maison principale des sœurs de charité, la coupole de la halle aux blés, la façade du Corps législatif, la restauration de Saint-Denis, etc. Artiste distingué, Bruyère était plutôt dirigé par sa raison que par le sentiment ; il ne cédait point aveuglément au goût , et préférait remplir, aussi bien que possible , les conditions spéciales de chaque monument. C'est ainsi quele marche Saint- Germain, les abattoirs et l'entrepôt des vins sont devenus des types, que dans toute l'Europe on se contente maintenant d'imiter, sans chercher à faire mieux. Bruyère resta chargé de ses importantes fonctions jusqu en 1820.

L'état de sa santé le força alors à donner sa démission , et il" fut remplacé par M. Hély-d'Oissell. De 1823 a 1828 il lit paraître son ouvrage intitulé : « Études relatives à Vart des constructions. Il mourut le 31 décembre 1831.

Bruyères, ancienne châtellenie du Lyonnais (aujourd'hui département de l'Aisne), à trois kilomètres de Laon.

La ville de Bruyères, dont la population est aujourd'hui de onze cent cinquante habitants, obtint, en 1130, de Louis le Gros , une charte de commune, et fut ravagée en 1358 et en 1373 par les Anglais. Jean de Luxembourg, l'un des chefs du parti bourguignon, s'en rendit maître en 1433 ; mais il la rendit au roi , en 1434 , en échange de la ville de Ham.

L'abbaye du Val-Chrétien, de Tordre de Prémontré, fondée en 1334 et brûlée parles Anglais en 1434, était située sur le territoire de Bruyères.

Bruyères (Bruierium) , chef-lieu de canton du département des Vosges, à vingt-neuf kilomètres de Lunéville.

Cette ville, dont la population est aujourd'hui de deux mille trois cent vingtnuit habitants, était, avant la révolution, le chef-lieu d'un bailliage et d'une recette.

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