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« dailles d'or et du Haut-Empire, qui « y sont enchâssées , et dont la netteté « est plus considérable que la rareté. » Ce prince avait également fait enchâsser, suivant le même auteur, une centaine de médailles d'argent dans un service du même métal. On ignore ce que sont devenus ces objets précieux.
Hubert Goltzius, savant numismatiste flamand, qui parcourut l'Europe , en 1559 et 1560, pour visiter les cabinets des curieux de médailles, compta en France deux cents collections, dont vingt-huit à Paris; et il cite, parmi les plus curieuses, celles d u roi , Henri II, et de la reine, Catherine de Médicis.
Charles IX fut , comme son père et son aïeul , grand amateur d'antiquités.
Il fit réunir au Louvre les objets qui avaient appartenu à ses prédécesseurs, et tous ceux qu'il avait lui - même recueillis; créa une place de garde particulier des médailles et antiques , et acquit, en 1565, la collection du célèbre Groslier. Mais bientôt les guerres de religion vinrent lui donner d'autres soins ; et , après sa mort , son cabinet , qui, suivant le P. Louis Jacob (*), « passait pour une merveille du monde, « par ses raretés et antiquités , » fut presque entièrement dispersé.
Cependant il en subsistait encore quelques restes à l'avènement de Henri IV; ce prince les fit réunir, et conçut le projet d'en former un nouveau cabinet, qui devait être placé à Fontainebleau , où se trouvait alors la bibliothèque royale. Rascas de Bagarris, gentilhomme provençal et célèbre collecteur d'antiquités, Yut chargé de ce soin , et reçut le titre de maître de cabinet, médailles et antiques de Sa Majesté ; mais la mort de Henri IV , qui arriva peu de temps après, vint empêcher 1 exécution de ces projets; Bagarris fut privé de son titre ; et , en 1611, il repartit pour la Provence , avec sa collection de pierres gravées et de monnaies.
L'intendance du cabinet resta ensuite vacante jusqu'en 1644, époque où elle fut donnée à Jean de Chau-
O Traité des bibliothèques, p. 478.
mont , garde de la bibliothèque particulière du roi , ou des livres du cabinet du Louvre. Jean de Chaumont exerça cette charge jusqu'en 1664.
Une circonstance vint, à cette époque , enrichir considérablement le cabinet des médailles. Gaston , duc d'Orléans , légua au roi la collection qu'il avait formée. Cette collection, et celle qui déjà était placée au Louvre , furent transportées, en 1664, dans la rue Vivienne, dans l'hôtel que Colbert avait acheté pour la bibliothèque royale. De Carcavi , déjà bibliothécaire du roi, fut alors chargé du cabinet des antiques.
En 1667, de Monceaux, Petis-de- Lacroix , Paul Lucas et Vaillant, furent envoyés dans le Levant pour y rechercher des médailles et des manuscrits.
Nointel , ambassadeur à Constantinople , en envoya aussi un grand nombre; et, trois ans après, le roi fit acheter les pierres gravées qui avaient appartenu à Rascas de Bagarris.
Louvois, devenu surintendant des bâtiments après la mort de Colbert, fit transférer à Versailles, en 1684, les médailles et les pierres gravées , et les fit placer dons un cabinet voisin de l'appartement du roi. Rainssant fut chargé de les y classer, et se fit aider par Oudinet, son parent, et par le célèbre Vaillant. Louvois fit , à la même époque, plusieurs acquisitions importantes, entre autres, celles des. cabinets du duc de Verneuil , de M. de Monceaux ,et la belle suite des rois de Syrie , avec laquelle Vaillant composa son histoire numismatique.
Quelque temps après , le président de Harlay offrit au roi son cabinet, riche surtout en monnaies des rois de France. On en tira deux cents pièces, dont Leblanc se servit pour composer son Traité historique des monnaies de France.
L'abbé Bizot, grand amateur de médailles modernes, fut employé à la recherche de ce genre de pièces -, il parvint à en recueillir une nombreuse collection dont il dressa le catalogue, conjointement avec le P. Molinet. Cette collection fut ensuite considérai»!*-
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ment augmentée par les ambassadeurs près les cours étrangères , qui avaient reçu l'ordre d'envoyer au roi toutes les" médailles mie l'on frappait dans les pays où ils résidaient.
On s'occupa aussi d'augmenter la collection des pierres gravées. Plusieurs églises envoyèrent celles qui se trouvaient dans leurs trésors; l'on acheta celles du président de Harlay, d'Oursel et de Thomas Lecointe; et un professeur de l'université de Bâle, Fesch , fit présent au roi de la belle améthyste gravée par Pamphile, qui représente Achille cytharœde (*).
Rninssant mourut en 1689, et fut remplacé par Oudinet, qui mourut en 1712, et eut pour successeur Jean- François Simon. La mort de celui-ci, arrivée en 1719, lit entrer au cabinet l'un des plus célèbres numismatistes dont la France puisse se glorifier. En acceptant la charge de garde du cabinet des médailles , de Boze fit hommage au roi de la belle suite qu'il avait formée pour lui-même, et de plusieurs monuments antiques, qui commencèrent la collection qu'enrichirent dans la suite celles de Foucault, Mahudel et Caylus.
Après" la mort de Louis XIV, Louis XV ne partageant pas le goût de son aïeul pour les médailles, le séjour de ces précieux monuments à Versailles fut regardé comme inutile, et l'on songea à les transférer à Paris.
La bibliothèque venait d'être installée dans la grande galerie de la banque; on y construisit un salon pour les antiques ; et , le 27 mars 1720 , le régent en ordonna le transport. L'inventaire et le récolement furent commencés le 12 novembre 1722, et clos le 10 mars 1723; cependant l'ordonnance du régent fut exécutée seulement dix-neuf ans après ; et elle ne le fut qu'imparfaitement, puisque les pierres gravées restèrent à Versailles jusqu'en 1789.
Quant aux médailles, elles arrivèrent
(*) C'est l'intaille la plus belle que possède encore aujourd'hui le cabinet, où elle est classée sous le n° 394. Voyez la Description du cabinet des médailles, par M. du Mersau, p. 87.
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à Paris le 2 septembre 1741 , et elles furent placées dans le lieu où elles se trouvent encore aujourd'hui. De Boze s'occupa immédiatement du soin de les arranger dans les nouvelles armoires ; mais ce travail était au-dessus de ses forces, et le temps que lui laissaient ses nombreuses occupations ne pouvait y suffire ; il songea bientôt à s'adjoindre un collaborateur. Ce fut alors qu'il s'associa l'abbé Barthélémy.
Parmi les principales acquisitions qui furent faites vers cette époque , nous devons mentionner les médailles du maréchal d'Estrées, de l'abbé de Rothelin , et la riche collection de médaillons qui , du cabinet de ce dernier, avait passé dans celui du marquis de Beauveau.
De Boze mourut en 1754, et fut remplacé par Barthélémy.
De 1755 à 1757, le cabinet lit d'importantes acquisitions; citons, entre, autres, le magnifique vase en ivoire' . légué au roi par le maréchal de Locwendai ; la collection de de Cary, qui enrichit le cabinet de plus de cent vingt médailles impériales en or, et d'un rand nombre de médailles grecques e villes et de rois ; les trois cents médailles rapportées d'Italie par l'abbé Barthélémy; la collection de M. de Clèves, et, enfin, les antiques du cabinet de Caylus.
En 1771, Anquetil déposa au cabinet des monnaies et des poids orientaux , décrits dans le Zend-Avesta.
L'abbé Barthélémy s'adjoignit, l'année suivante , son neveu , Barthélémy de Courçay.
En 1776, eut lieu la plus importante acquisition qu'ait faite Barthélémy ; ce fut celle du cabinet Pellerin, le' plus riche de l'Europe, qui contenait trentedeux mille pièces, et qui fut payé trois cent mille francs (*). Le cabinet s'enrichit encore , la même année , d'une belle coupe d'or trouvée à Rennes (**),
(*) Pellerin avait publié, sous le titre de Recueil de médailles, de peuples, de villes, de rois, etc., 9 vol. in-4°, 1762-1778, la description de ctte magnifique colleciion.
(**) Voyez la Description du cabinet des médailles, par M. du Mersau, p. 46-47, et
et d'une suite de cent cinquante médailles de Russie.
Les médailles frappées sous les règnes de Louis XIV et de Louis XV furent déposées au cabinet en 1780.
M. Dombey, naturaliste, envoyé au Pérou, en" rapporta, en 1786, trois idoles d'or, deux plaques du même métal, trouvées dans un tombeau, sur les yeux d'un Incas, et la tunique d'une vierge de Pachakamac.
En 1 787, commencèrent les relations du cabinet avec M. Cousinéry, qui envoya de Salonique , où il était alors consul de France, soixante et seize médailles des premiers temps de Part monétaire.
En 1788, eut lieu la vente du cabinet de Michel d'Ennery. Barthélémy acheta des médailles pour dix-huit mille francs , et la belle collection des émaux de Petitot. Cette collection , qui coûta soixante et douze mille francs, et qui fut alors déposée au cabinet des antiques , a passé depuis au musée du Louvre.
Les pierres gravées , intailles et camées , qui étaient restées à Versailles et chez le comte d'Angivillers, furent enfin transportées à Paris en 1789, et réunies au cabinet des médailles. Le régime intérieur de cet établissement éprouva , en 1790, une importante modification. Pour la première fois, on y admit le principe de la publicité , et il fut ouvert régulièrement au public, à des jours fixés.
La loi qui déclarait propriétés nationales les biens ecclésiastiques fit entrer au cabinet, en 1791, une foule de richesses ; nous citerons , entre autres, le calice de l'abbé Suger, de l'abbaye de Saint-Denis ; la belle agate de la Sainte-Chapelle, et surtout la riche collection de médailles et antiques de l'abbaye de Sainte-Geneviève, qui fit entrer dans les collections sept mille médailles romaines, environ dix mille médailles de peuples, villes et rois, un grand nombre de médailles modernes, et une suite curieuse des coins des
les Monuments inédits de Millin , 1 1 , p. aa5, pl. a4 à a;.