‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 8 sur 96 · BLE · texte numérisé non relu

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de Beaufort , quitta Bordeaux et vint prendre le commandement de l'armée.

Au milieu de la nuit, le maréchal de Hocquincourt (mars 1652) fut attaqué inopinément, ses quartiers enlevés, ses troupes tuées ou dispersées, les villages brûlés. Turenne averti observa, 5 la lueur de l'incendie, les dispositions de Pennemi , réfléchit un instant, et dit à ceux qui l'entouraient : « M. le prince est arrivé; c'est lui qui « commande son armée. » Il se disposa aussitôt à combattre son adversaire.

Le maréchal de Hocquincourt, revenu de sa surprise, s'efforça de réparer son imprudence par son courage.

N'ayant pu se maintenir dans Blesneau, il se retira de l'autre côté du village, et prit position , avec quelque infanterie et neuf cents chevaux , derrière un ruisseau profond et marécageux, qu'on ne pouvait franchir qu'un à un sur une digue très-étroite.

M. le prince passa le premier, suivi de ses principaux amis. Malgré une résistance opiniâtre, le maréchal fut repoussé, et son armée se sauva vers Auxerre, poursuivie l'épée dans les reins.

Condé dirigea alors tous ses efforts contre Turenne, afin de s'emparer de Gien , où il espérait faire le roi prisonnier, et finir ainsi la guerre.

La fraveur était grande à la cour.

Turenne n'avait que quatre mille hommes à opposer aux douze mille soldats victorieux de Condé. « On proposait à ia reine de rompre le pont de Gien , et d'emmener le roi à Bourges, avec ce qu'on aurait pu sauver des débris de l'armée. Le cardinal inclinait pour cet avis. Anne d'Autriche était à sn toilette, et ne témoignait aucun effroi.

Sans discontinuer de boucler ses cheveux, elle envoya demander conseil à M. de Turenne. Celui-ci , entouré de ses officiers, répondit froidement : « que le roi pouvait demeurer à Gien sans .rien craindre. »

« Le danger paraissait cependant imminent aux militaires les plus intrépides; plusieurs représentèrent à Turenne que sa hardiesse pouvait tout perdre , et que la retraite sur Bourges

était, en l'état des choses, une précaution indispensable. Turenne répondit :

« que si la ville d'Orléans avait fermé ses portes au roi lorsque son armée n'avait point encore éprouvé d'échec , aucune ville ne voudrait le recevoir vaincu et fugitif. » Puis élevant la voix d'un ton ferme : « Vous le voyez, mes- « sieurs , ajouta-t-il , il faut vaincre ou « périr ici. »

« La confiance du général se communiqua aux officiers et à toute l'armée. Turenne proposition entreOzoyer et Blesneau. En face de lui , la plaine était fermée par un grand bois que traversait une chaussée par laquelle le prince de Condé devait revenir après avoir poursuivi de Hocquincourt. Dans le milieu de la plaine se rencontrait une éminence; M. de Turenne y plaça une batterie de canons qui enfilait la chaussée. A mesure que les fuyards se ralliaient, il les recevait dans ses rangs; et son attitude était déjà formidable , quand , au point du jour, la cavalerie de M. le prince, fatiguée d'avoir poursuivi de Hocquincourt, se présenta à l'entrée de la plaine.

« En s'éloignant du champ de bataille, M. le prince avait recommandé qn'on ralliât son infanterie, et il pensait la trouver prête au combat; mais ses ordres n'avaient point été exécutés. Les soldats, épars dans les villages, pillaient les quartiers abandonnés ; il fallut perdre plusieurs heures à les réunir; pendant ce temps, le duc de Bouillon amena au secours de son frère tout ce qu'il y avait à Gien d'hommes capables de porter les armes.

« L'attaque commença vers midi. Le terrain étant fort marécageux et coupé de fossés , avant d'y engager sa cavalerie, M. le prince jeta de l'infanterie dans le bois à droite et à gauche de ta chaussée, pour faire reculer les royalistes. Ceux-ci parurent céder au feu ennemi , et s'éloignèrent de quelques cents pas. La cavalerie de M. le prince entra alors dans le défilé , se déployant à mesurequ'ellepénétraitdans la plaine; mais la retraite de Turenne n'était que simulée. Il laissa seulement former six escadrons, puis revint sur ses pas avec

bli L'UNIVERS. BLI

le double de cavalerie, culbuta celle furent ouvertes par un officier et quelde M. le prince, et la repoussa dans le ques voltigeurs qui avaient escaladé défilé ; démasquant ensuite sa batterie, les murs. La ville était déserte ; la poil tira avec grand avantage sur des pulation s'était sauvée dans les montroupes serrées dans le passage qui tra- tagnes. Les habitants ne revinrent que versait le bois. le lendemain , sur les assurances du

« M. le prince jugea la position trop général en chef, forte pour être enlevée a un général Sans entrer dans le récit des événetel que Turenne , et ne se hasarda plus ments dont Belida a été le théâtre dedans la plaine. Il fit avancer son artil- puis la conquête, nous croyons devoir lerie , et la journée s'acheva à se ca- faire connaître les mesures" prises rénonner de part et d'autre. Le soir, cemment par le maréchal Valée pour l'armée royale se replia en bon ordre hâter la colonisation de ce point si sur Gien. important de l'Algérie. Il a été décidé

« Turenne fut accueilli comme un qu'une enceinte composée d'un parapet sauveur, et la reine reconnut haute- et d'un fossé, et flanquée de distance mont qu'il venait de remettre la cou- en distance par des blockhaus, protéronne sur la tête de son fils. En effet, géra tout le terrain mis en culture, si M. le priuce, arrivant à Gien avec Plus de mille hectares seront ainsi déson armée victorieuse, se fdt emparé fendus ,et deux cents environ, pourdela personne du roi, les conséquences ront en outre être cultivés sans dand'un tel événement, dans les disposi- ger sous le feu des retranchements, tions où les esprits étaient alors, pou- Les ancienscampsdeBlidah serviront vaicnt être la chute du trône ou le d'enceinte à des villages français que les changement de dynastie (*). » Arabes ne pourront attaquerjors même

Blettehîe (Jean-Philippe-René de qu'ils parviendraient à pénétrer dans

la). Voyez La Blettehîe. l'intérieur des lignes; ces villages se-

Bleus. — Les royalistes de la Ven- ront , d'ailleurs, vus par la place de

dée appelaient ainsi les soldats des ar- Blidah, qui est aujourd'hui dans un

mées républicaines. excellent état de défense.

Blidah, Belida ou Belïdeah, Quanta la ville, les trois mille inville de l'Algérie, au sud d'Alger et digènes ont été resserrés dans un quardans la province de ce nom. Be- tier séparé de la ville française, et soulida fut visitée par le maréchal Bour- mis au feu de la citadelle! Le reste de mont le 23 juillet 1830. Cette excur- la ville sera concédé aux colons. On a sion n'avait d'autre motif qu'un sen- laissé de vastes espaces pour les constiment de curiosité. Les habitants tructions nécessaires à élever. La maireçurent très-bien la colonne expédi- son de l'aga a été érigée en hôtel de tionnaire. Mais le lendemain, pendant ville. Une mosquée a été consacrée au le retour, les kabyles nous harcelèrent culte catholique , et deux mosquées vivement. Le 18 novembre 1830, cette ont été réservées aux mahométans. ville fut occupée par les Français; le Blin de Sainmore (Adrien-Michelmaréchal Clausel s'en empara de nou- Hyacinthe), né à Paris, le 15 février veau pendant son expédition de Mé- 1733, de parents ruinés par le système dcah. Le général Achard, après avoir de Law, chercha dans la culture des battu l'ennemi, s'avança jusqu'aux lettres une consolation et une ressource portes de Belida , et s'apprêtait à les contre la misère. Il avait déjà publié abattre à coups de canon, lorsqu'elles un grand nombre d'ouvrages, sans

avoir beaucoup amélioré son sort,

(*) Sainî-Aulaire , Histoire de la Fronde, lorsqu'en 1776 il fut nommé censeur

ch. xvii, 1. m, P. io',. cf. Mémoires de royal, et reçut une pension sur la

Napoléon , écrits à Sainte Hélène, on l'on Gazette de France. Il fut un des fon-

trouve nnc appréciation de la conduite des dateurs et ensuite le secrétaire perpé-

géuéraux pendant cette journée. tuel de la Société philanthropique,

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