‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 7 sur 96 · BLA L^NIVERS. BLA · texte numérisé non relu

BLA L^NIVERS. BLA

donne ce qu on appelle les quartiers, ferment une allusion allégorique à un

et se subdivise en dix-sept répartitions, fait glorieux pour la famille qui les

dont la plus remarquable est celle qui porte, ou rappellent son nom par un

produit Yécusson écartelé , c'est-à- rapport de consonnance avec celui des

dire où Ton voit dans le premier et le objets représentés. Ainsi la maison

troisième , et dans le deuxième et le de Créqui portait des criquets (espèce

auatrième quartier, les armes réunies d'arbuste épineux), celle de iMailly des e deux familles ou de deux nations. maillets , etc. Sous le nom d'émaux on comprend Passons maintenant à la définition les métaux, les couleurs et les fourru- des ornements extérieurs qui se sures , qui servent à caractériser plus perposent de différentes manières au-

Earticulièrement le champ de l'écu. Le tour du cadre des armoiries. Ces ornelason emploie deux métaux : l'or et ments extérieurs sont de trois espèces; Y argent ; cinq couleurs : Yazur ou ce sont : 1° les timbres, dénomination bleu , le gueules ou rouge, le sinople qui comprend les casques, les cimiers ou vert, le pourpre ou violet, et le et les différentes sortes de couronnes sable ou noir; enfin deux fourrures : de rois, de ducs, de marquis, de coni- \evair ou petit-gris et Yhermine. Un tes, etc.; les timbres se placent imprincipe fondamental du blason exige médiatement au-dessus de reçu ; 2° les que l'on ne mette pas couleur sur cou- lambrequins, bandes d'étoffes ou ruîeur , métal sur métal, ni fourrure bans qui s'enroulent autour du timbre sur fourrure. Le dessin emploie des et lui servent d'ornements ; 3° les tesignes spéciaux pour représenter ces nants et supports , figures d'hommes différents émaux et leur agrégation ou d'animaux placées des deux côtés de particulière. L'azur est figuré dans l'écusson et qui supportent le timbre, les gravures par des hachures hori- Enfin on distingue encore dans l'écu zontales , le aueules par des hachures la devise et le cri de guerre , qui se perpendiculaires, etc. lisent ordinairement au-dessous de

Outre les émaux, le blason se corn- l'écu et au-dessus du timbre, pose encore de pièces, de meubles et C'était le roi qui conférait les ar-

d'ornements extérieurs. Neuf pièces morries. Ce n'était point seulement

principales , dites honorables , peu- sur les boucliers qu'on les portait, on

vent distinguer le champ de l'écu ; ce les figurait aussi anciennement sur les

sont : le chef, que nous avons défini vêtements ; on les attachait sur les

plus haut ; la face (bande posée hori- tombeaux , aux portes des temples ,

zontalement sur l'écu); \epal, qui oc- aux tours et aux murailles des ehâ-

cupe perpendiculairement le milieu de teaux ; plus tard on les mit sur les

l'écu; la croix, formée par le croise- monnaies, sur les anneaux dont on

ment du pal sur la face ; la bande et signait les actes; enfin , sur les armes

la barre (bandes qui inclinent à droite et sur tout ce qui était à l'usage du

ou à gauche) ; enfin le chevron , le chef. Lorsque le dernier rejeton d'une

sautoir et le canton. famille noble mourait , on l'enterrait

Sous le nom de meubles , on corn- avec son casque , son bouclier et son

prend toutes les figures, ou naturelles anneau. Dès lors les armes de cette

ou artificielles, qui apparaissent iso- famille étaient éteintes; elles étaient

lément ou par groupes dans l'ensem- comme ensevelies avec le mort. ': ble des armoiries. Les figures sont Les armoiries étaient de plusieurs

très-nombreuses et peintes ordinaire- espèces ; on en avait pour les digni-

ment avec les émaux : ainsi, des licor- tes , les terres , les sociétés ou com-

nes d'azur, des croix d'or, des tours munautés auxquelles on appartenait ;

d'argent, des ours de sable, etc., etc., enfin , pour sa famille. Ainsi , un évê-

sont des images qui se rencontrent que mettait dans ses armes celles de

fréquemment dans les armoiries. As- son père, plus une mitre ou une crosse,

sez souvent ces divers emblèmes ren- plus une couronne de comte , si son

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évéché lui donnait ce titre; enfin, l'emblème qui appartenait à telle ou telle communauté dont il faisait partie.

Blason. — On nommait encore ainsi , dans les quinzième et seizième siècles , de petites pièces de poésie satirique ou louangeuse. Voici comment s'exprime Clément Marot, en se défendant , auprès des dames de Paris , d'adieux satiriques qu'on l'accusait de leur avoir faits en quittant une fois la capitale :

Croyez qu'il n'est blason tant soit infime . Qui'srut changer le brait d'bonneste femme, Et n'est blason , tant soit plriu de louange, Qui le renom de folle» femme change; On a beau dire, une colombe est noire. Un corbeau blanc ; pour l'avoir dit, faut croire, Que la colombe en rien ne uoircira , Kt le corbeau de rien ne blanchira.

Ces vers font parfaitement connaître la double destination du blason. Il est à présumer que c'est du blason satirique qu'est venu le mot blasonner, qu'on emploie quelquefois pour dire , faire la critique de la personne, de l'esprit ou de la conduite de quelqu'un.

Blwet , rivière de Bretagne, passe à Pontivy , et se jette dans l'Océan après un cours de six myriamètres et demi.

Blwet (Jean-Louis), (ils du célèbre musicien compositeur de ce nom , naquit à Besançon , le 6 juillet 1719, fit d'abord partie de l'ordre des bénédictins , qu'il quitta ensuite pour reprendre la vie séculière, en conservant l'habit ecclésiastique et le titre d'abbé. Il était , avant la révolution , bibliothécaire du prince de Conti et censeur royal. On lui doit plusieurs ouv rages estimés, entre autres : Estai sur l agriculture moderne, in-12,

1775 , composé avec le chanoine Nolin ; Théorie des sentiments moraux de Thomas Smith, 2 vol. in-12, 1775 et 1797 : Mémoires historiques et politiques de la Grande-Bretagne et de i Irlande, sous les régnes de Charles II, Jacques II, Guillaume III et Marie, traduits de l'anglais du chevalier Jean Dalrymple , 2 vol. in-8°,

1776 et 1782 ; Recherches sur la tia-

ture et les causes des richesses des nations, traduites de l'anglais d'Adam Smith, 1781, 6 vol. in-12, et 1800, 4 vol. in-8°. L'abbé Blavct est mort en

Blaye, Blaventum, Blavium, Blavia, ville de l'ancienne Guyenne, à vingt kilomètres nord-ouest" de Bordeaux , est aujourd'hui le chef-lieu de l'un des arrondissements du département de la Gironde, et renferme une population de 3855 habitants. Cette ville est ancienne ; le roi Caribert Ier y mourut et y fut enterré en 570. Plus tard , elle tomba au pouvoir des Anglais , et fut reprise par les Français en 1339. Les calvinistes s'en emparèrent en 1568, et en détruisirent toutes les églises. Elle prit ensuite le parti de la ligue , et fut assiégée par le maréchal de Martignon ; mais un secours envoyé par les Espagnols força ce généraf à lever le siège. Blaye fut encore assiégée inutilement par les Anglais en 1814. C'est dans cette ville que la durhesse de Berry vint terminer , en donnant le jour à une fille , en 1832, son aventureuse entreprise sur la Vendée (Voyez Berry [Caroline , duchesse de] ).

Blazp. (Henri-Sébastien), musicien, naquit à Cavaillon, en 1763. Envoyé par son j.ère a Paris, pour y étudier le notariat, il y fit la connaissance de Séjan , et devint un de ses premiers élèves pour l'orgue et le piano. Devenu notaire à Cavaillon, il ne renonça point à la musique, et ses compositions obtinrent de brillants succès au concert de Marseille, l'un des plus remarquables de la France. En 1799, il revint à Paris, et s'y livra tout entier à son art favori. 11 publia un œuvre de romances, deux œuvres de sonates, et des duos pour harpe et violon , dont madame Bonaparte accepta la dédicace en 1800. C'est alors qu'il écrivit son opéra de Sémiramis , qui ne fut point représenté , mais dont la

[)artition, connue de Grétry, de Méuil , ses amis, et des premiers musiciens de Paris, lui valut le titre de correspondant de l'Institut. Après la réorganisation de ce corps savant , il

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L'UNIVERS. BLE

fut maintenu sur le tableau des membres correspondants de l'Académie des beaux-arts. De retour dans sa patrie, Blaze alla s'établir à Avignon, en 1805, et y exerça la profession de notaire jusqu'à sa'mort, arrivée à Cavaillon, le 11 mai 1833. Il a laissé plusieurs enfants, qui se sont également distingués dans la littérature et dans les arts. On a de lui : De là nécessité, d'une religion dominante en France (1796) ; une Messe brève à trois voix ; une Cantate exécutée à grand orchestre et dirigée par Blaze lui-même, dans une cérémonie expiatoire qui eut lieu sur les prétendues ruines de Bédouin ( voyez ce mot ) ; un Requiem exécuté avec une rare perfection à Avignon , par les musiciens du pays ,

Kur les funérailles du duc de Moritello ; plusieurs messes et motets, avec chœurs et symphonies, etc.

Comme compositeur, Blaze s'était formé à l'école de Méhul.

Blegny (Nicolas), chirurgien de la lin du dix-septième siècle , ne dut la réputation qu'il eut pendant un certain temps qu'à l'intrigue et à une certaine activité dont il était doué. D'abord bandagiste herniaire , il se mit à la tête d'une académie de nouvelles découvertes en médecine , qui publia ses mémoires par cahiers ménsuels.

Les trois premières années, traduites en latin par Bonnet , parurent avec le titre de Zodiacus medico* Gallicus , 1680 , in-4*, et sous le nom de Blegny. Mais lu légèreté et le peu d'égards "avec lesquels il y traitait des auteurs recommandables , firent supprimer, en 1682, cet écrit périodique.

Blegny, toujours tourmenté par la manie d'écrire, envoya tous ses écrits à un médecin de Niort appelé Gauthier , et fixé dès lors à Amsterdam , et qui en fit paraître dans cette ville un recueil , sous le titre de Mercure savant. Pendant ce temps , Blegny s'occupait toujours des moyens d'augmenter sa réputation : il affichait des cours de toute espèce , et allait même jusqu'à ouvrir un cours sur les perruques , à l'usage des garçons perruquiers. Nommé en 1678 chirurgien de

la reine; en 1683, chirurgien ordinaire du duc d'Orléans , il devint médecin du roi en 1687. Mais cette position usurpée, et dont il était indigne sous tous les rapports , cessa en 1693, par suite d'escroqueries dont il s'était rendu coupable, et pour lesquelles il fut , pendant sept ans , prisonnier au château d'Angers. Après sa détention, il se retira à Avignon , où il est mort en 1722 , âgé de soixante-dix ans. Les ouvrages de Blegny. ne sont que d'obscures compilations , où se trouvent souvent les erreurs les plus grossières. Outre les deux recueils périodiques déjà cités , il a laissé un grand nombre d'ouvrages dontil serait trop long de citer ici les titres.

Blenac , terre et seigneurie de l'ancienne Saintonge, à seize kilomètres ouest de Saintes ; érigée en comté en

Blesneau, bourg du département de l'Yonne , sur le Loing , à treize kilomètres nord-est de Briare.

Blesneau (combat de). — Cette bataille, qui , par ses résultats, est l'une des plus importantes qui aient été livrées pendant les guerres de la Fronde, est , en outre , à cause des manœuvres des deux généraux qui y commandaient les deux partis, d'un grand intérêt pour l'histoire de la stratégie. La cour n'ayant pu entrer dans Orléans, dont les habitants lui avaient refusé l'entrée, le roi se relira à Gien, avec son armée forte seulement de huit à neuf mille hommcs.Celledesprtwces(les ducs de Nemours et de Beaufcrt), plus considérable, s'avançait sur Jargeau , entre Orléans et G*ien. Turenne se porta rapidement en avant pour empêcher l'ennemi de s'établir si près de lui , et le repoussa vigoureusement.

L'armée royale prit ses quartiers d'hiver à Briare ; mais le maréchal de Hosquincourt, auquel Mazarin voulut conserver un commandement séparé , se posta à Blesneau , et distribua ses troupes en sept quartiers assez éloignés les uns des autres, malgré les conseils de Turenne. Le prince de Condé , informé des graves dissensions qui avaient éclaté entre messieurs de Nemours et

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