‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 4)Chapitre 84 sur 96 · CAD FRANCE. CAD S · texte numérisé non relu

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tous ceux qui étaient venus au monde après raîne.

II paraît démontré que , sous les deux premières races de nos rois, tous les enfants du même père avaient une part égale dans sa succession, féodale ou roturière. Ce fut sous les Capétiens

?ùe , pour consolider les maisons que on venait de fonder, et en maintenir la splendeur , on imagina de concentrer la plus grande partie des biens sur une seule tête , et cette tête se trouva naturellement celle de l'aîné des fils, qui, plus avancé en âge, était plus que ses frères en état de défendre les domaines de sa famille.

Nous ne répéterons pas ici ce qui a été dit plus haut au mot Aînesse (droit d') ; nous ajouterons seulement que, par cette nouvelle et déplorable coutume , qui acquit rapidement toute la force d'une loi , les cadets furent dépouillés de la portion de l'héritage de leur père qui consistait en possessions féodales , et livrés , pour leur subsistance, à la merci de leur aîné : une foule de monuments le prouvent. Nous ne citerons ici que l'assise de Geoffroi , comte de Bretagne , de l'an 1185 , où il est dit formellement: Majores natu integrum dominium obtineant , et jun'wribus , pro posse suo , protideant de necessariis ut honeste viverent. Mais comme l'injustice qu'il y avait à dépouiller ainsi les cadets était trop criante pour qu'elle n'émût point les entrailles de quelques pères moins orgueilleux et moins dénaturés que les autres , on chercha à y remédier tant bien que mal , et on institua les tenures en parage et en frérage (voyez ces mots).

Malgré cette modification apportée à la coutume, le sort des cadets de maisons nobles fut beaucoup plus malheureux que celui des cadets des bourgeois de Paris, qui recueillaient dans la succession de leur père une port égale à celle de leur frère aîné. Il fallut donc leur créer des privilèges , leur accorder des préférences, et fonder des institutions pour eux. Les cadets furent, dès leur naissance, destinés à l'Eglise , ou placés dans les ordres religieux et mili-

taires ; de là vient que la plupart des

évéques, des abbés, des chevaliers dtf Temple, de Saint-Jean de Jérusalem, de Malte, furent des cadets de grandes: maisons; de là, au dix-huitième siècle, cette nuée d'abbés musqués et damerets, espèce amphibie dînant de l'autel et soupant du théâtre, courant les bénéfices et les ruelles , s'attelant au char d'une femme sans pudeur, deve?

nant pour elle un meuble de boudoir, un joujou destiné à occuper les éeui ou trois jours qui séparaient une inr trigue finie d'une intrigue ébauchée, et se prêtant aux plus vils comme au* plus pénibles services.

Louis XIV, pour remédier autant que possible à ce désordre scandaleux, et assurer une existence à une faible partie de ceux que les usages du royaumè condamnaient à mourir de faim , s'ils ne voulaient pas se déshonorer, créa en 1682 plusieurs compagnies de cadets gentilshommes, auxquels il fit donner l'éducation nécessaire à des hommes de guerre (voyez Cadets [corps des] ).

L'Assemblée constituante ayant, par la loi du 15 mars 1790, aboli le droit d'aînesse par rapport aux fiefs , et, pour les autres biens, par l'art Ie" de la loi du 8 avril 1791, les cadets obtinrent dans la succession de leur père une part égale à celle de leur aîne, et les institutions créées en leur faveur devinrent sans objet. Quant à celle des cadets gentilshommes , elle se trouva naturellement abolie par l'article de la déclaration des droits qui établissait que tous les Français étaient, sans distinction de naissance et de rang , admissibles à tous les emplois civils et militaires.

* Cadets (corps des). Louis XTV, voulant former une pépinière d'officiers instruits, créa, en 1(582, plusieurs compagnies de cadets-gentilshommes, qui devaient recevoir, aux frais de l Ktat, une éducation militaire complète. Des professeurs de mathématiques, de dessin, de langue allemande, d'escrime et de danse , étaient attachés à chaque compagnie. Mais bientôt Louis XIV se vit forcé à foire des

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économies; on abolit alors l'admission gratuite dans les compagnies de cadets, et les candidats furent obligés de payer une pension annuelle de cinquante écus, et d'aller prendre leurs lettres à' la cour. Ces conditions toutes fiscales empêchèrent beaucoup de gentilshommes sans fortune de se présenter, et modifièrent l'institution primitive. U suffit alors qu'un jeune nomme fût assez riche pour remplir les conditions imposées, et qu'il appartînt à une bonne famille vivant noblement (c'est-k-dire, du produit de ses revenus), pour qu'il fût admis. En 1692, après une existence de dix années , les compagnies de cadets furent entièrement supprimées.

Par ordonnance du 12 décembre 1726, Louis XV rétablit six compagnies de cadets qui furent placées dans les citadelles de Cambrai , Metz , Strasbourg , Perpignan , Bayonne et Caen. Ces compagnies furent, en 1729, réduites à deux , qu'on réunit plus tard en une seule, laquelle fut licenciée en 1733. Une ordonnance de Louis XVI, en date du 25 mars 1776, créa un emploi de cadet -gentilhomme dans chacune des compagnies de tous les corps d'infanterie, à l'exception du régiment du roi. Cette ordonnance spécifiait qu'on ne pouvait recevoir un officier sans qu'il eût passé préalablement par le grade de cadet. Les pages du roi, de la reine ou des fils de France, étaient seuls exempts de cette règle , et avaient le droit d'entrer d'emblée comme officiers dans les régiments.

Les cadets devaient être âgés de

auinze à vingtans, nés nobles ou fils 'un officier ayant le grade de colonel, lieutenant-colonel, major, ou d'un capitaine chevalier de Saint-Louis. Ils faisaient le service de soldat et en portaient l'uniforme; seulement le chapeau, les boutons, les chemises, les souliers, le fusil , l'épée, le ceinturon et la giberne étaient du même modèle que ceux des officiers, et ils avaient en outre, pour marque distinctive, une épaulette eu or ou en argent, suivant la couleur du bouton. Ils étaient d'ailleurs exempts des corvées , et étaient

réunis en chambrée sous les ordres d'un officier choisi par le colonel.

Avant d'être nommés sous-lieutenants, les cadets devaient passer par tous les grades inférieurs. Les colonels réglaient le temps qu'ils devaient passer dans chacun de ces grades , suivant leur aptitude, leur instruction et leur conduite. Le plus ordinairement on leur faisait monter trois gardes de soldat, trois de caporal et trois deser-

f:ent, après quoi on les nommait sousieutenants à la suite. Quand une souslieutenance devenait vacante, le colonel pouvait y nommer celui des cadets qui lui en paraissait le plus digne. Son choix tombait sans doute toujours sur le plus méritant, comme c'est encore la coutume de nos jours , où le choix n'est jamais que la récompense du vrai mérite , et non le prix de l'intrigue et de la faveur. Les cadets recevaient , sur les fonds de l'école militaire, une solde de douze sous par jour. Ceux qui sortaient de cette école étaient habillés et équipés aux frais de l'établissement; ils s'entretenaient ensuite au moyen de la pension de deux cents francs que le roi accordait aux anciens élèves, jusqu'à ce qu'ils fussent parvenus à un grade dont le traitement fût de douze cents livres. Les autres cadets s'habillaient à leurs frais.

Il y avait aussi des cadets d'artillerie, pris parmi les jeunes gens de famille. On les plaçait dans les écoles affectées à cette arme, où ils recevaient l'instruction nécessaire pour devenir ensuite officiers.

Depuis la révolution, cette institution a entièrement disparu en France, où la forme du gouvernement ne peut comporter de pareilles exceptions; mais quelques puissances du Nord, telles que I Autriche, la Bavière, la Prusse et la Russie, l'ont conservée. Les écoles de cadets de Berlin, dePotsdam, de Cul m.

de Stolpe , fournissent des sujets fort capables à l'école militaire , où ils completent leur éducation. La Russie entretient à grands frais plusieurs écoles de cadets à Saint-Pétersbourg, à Moscou et à Kief ; en sortant de ces établissements, les cadets sont nommés

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sous-lieutenants dans îes divers régiments de l'armée.

Cadets de la croix. Voyez Camisards.

Cadibona (combat de). Au dernier siège de Gênes, les généraux Masséna et Soult , à la tête d'un petit nombre de soldats nus et manquant de pain , défendirent, avec une valeur et une habileté admirables, tous les postes qui environnaient cette ville, la seule que nous eussions encore en Italie. Vingt mille Impériaux , aux ordres du général Mêlas, s'avancèrent contre trois mille Français, qui occupaient les environs de Savone. Cette petite division, commandée par le général Gardanne, arrêta, par des prodiges de valeur, les Autrichiens depuis le point du jour jusqu'à dix heures du matin. Mais enfin, accablé par le nombre, Gardanne se replia sur Cadibona. Les Autrichiens le forcèrent encore à abandon-, ner cette position. La retraite se faisait même avec quelque désordre, lorsque le général Soult accourt avec quelques bataillons, et ramène nos troupes au combat. Cependant elles paraissaient près de céder, quand Soult saisit un drapeau , s'élance au plus fort de la .mêlée, et combat lui-même avec la vigueur d'un simple grenadier. Klectrisés par cet acte de dévouement, nos soldats se précipitent sur ses traces , et repoussent l'ennemi. Soult se fortifie àMontemore; mais bientôt sa retraite de Gênes est coupée, et le fortde Savone, qu'il était venu secourir, va manquer de vivres et de troupes. Dans cette position critique, Soult manœuvre pour amuser les ennemis. Cependant on l'attaque avec des forces si considérables qu'il se replie précipitamment sur Savone. Les Autrichiens le suivent de si près qu'ils y entrent avec lui. Ils en sont cependant chassés. Soult ravitaille la place, l'évacué à trois heures du matin , et se porte sur les hauteurs d'Albissola, dont il chasse les Autrichiens, terminant ainsi trois affaires très-sanglantes, soutenues à coups de baïonnettes, de pierres et de crosses de fusil. (5 et 6 avril 1800.)

Cadillac , ville de l'ancienne Guyenne , chef-lieu du comté de Benauges, à quarante-quatre kilomètres de Bordeaux, possédait autrefois une collégiale et un magnifique château, bâti par le duc d'Épernon* Cette ville, qui tait aujourd'hui partie du département de la Gironde, possède une population de mille cinq cents habitants.

Cadix (insurrection de). Le mou?

veinent insurrectionnel qui avait éclaté à Madrid contre le corps d'occupation français (8 mai 1809), se répéta dans la plupart des grandes villes de la Péninsule. Le peuple de Cadix, excité par les intrigues anglaises et par des prédications fanatiques, se souleva (28 et 29 mai) contre le général Solano, capitaine général de l'Andalousie et gouverneur de la ville; il l'attaqua dans sa maison , se saisit de sa personne , et l'égorgea avec une cruauté impitoyable. Le général Tudela, investi par les furieux du commandement général , ordonna à l'artillerie des remparts et des forts de faire feu contre cinq vaisseaux et une frégate qui étaient mouillés sur la rade. Ces bâtiments , qui ne pouvaient s'éloigner à cause d'une escadre anglaise qui croisait devant Cadix, se rendirent aux Espagnols, qui les livrèrent à l'amiral anglais.

Cadix (siège de). Au commencement de l'année 1810, les Français étaient à peu près maîtres de toute l'Andalousie; Cadix seule, où la junte insurrectionnelle s'était retirée, et avait réuni toutes ses forces, résistait. Chargé par le maréchal Soult de réduire cette place, le duc de Bcllune en commença le siège le 6 février.

L'île de Léon, sur laquelle on saitque Cadix est bâtie, a la forme d'un triangle presque régulier, dont deux côtés sont baignés par l'Océan : de ces deux côtés-là, l'île, et, par conséquent, Cadix , étaient protégées par les flottes espagnole et anglaise; le troisième côté de l'île n'est séparé de la terre .que par un étroit canal, sur lequel existait un ancien pont long de sept cents pas; mais ce pont, la junte l'avait tout d'abord fait détruire. Située à l'extrémité du triangle, c'est-à-dire,

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au point le plus éloigné du continent, Cadix ne pouvait donc être attaquée que du rivage, et à énorme distance; enfin , dans cette direction même, elle ne présentait aux attaques de l'ennemi qu'une ligne de fortifications puissandont les deux extrémités s'appuient i mer. Indépendamment de quinze le Espagnols qui occupaient Cadix les forts de l'île, un corps auxiliaire de sept mille Anglais était veuu de Portugal et de Cioraltar pour défendre la place et ses approches.

On voit, par les détails qui précèdent,

néraux espagnols , d'accord avec Ici Anglais, conçurent même un projet bardi dont la* réussite devait amener non-seulement la levée du siège, mais la délivrance ç|e l'Andalousie. Lear dessein était de mettre à profit l'éloignément du maréchal Soult , qui se dirigeait sur le Portugal pour porter secours à Masséna, et d'aller prendre toutes les lignes des Français à revers, tandis qu'elles seraient attaquées de front par la garnison , et que les vaisseaux et les chaloupes canonnières menaceraient tous les points dedébar-

combien t-tait difficile l'entreprise des quement. Les Espagnols ne né^ligè- Francais. Tout ce qu'ils purent fut de rent rien de.ee qui pouvait contribuer

bloquer Cadix du côté de la terre. Im mars, la tranchée s'ouvrit sur plusieurs points le long des côtes; le mois suivant , malgré le feu des forts et des flottes, les travaux de siège continuèrent. En dépit des sorties vigoureuses faites par les assiégés , d'abord les petits forts qui garnissent la baie, puis la vaste forteresse de Matagorda, tombèrent au pouvoir des troupes françaises. Matagorda est située visà-vis* de Cadix; de ce point plus rapproché, le duc de Bellune entreprit de bombarder la ville, malgré la distance qui l'en séparait encore. A cet effet, on lit couler à Séville des mortiers d'invention nouvelle , qui pouvaient lancer des bombes à plus de dix-neuf cents toises , et on les établit en batteries sur le point appelé Trocadero.

Le 15 décembre, les premières bombes furent lancées : elles atteignirent le centre de la ville; mais comme les maisons étaient presque entièrement bâties en pierre, il n'en résulta aucun incendie, et le dommage fut insignifiant. Les Français durent donner une autre direction à leurs efforts; et, dès janvier 1811 , ils s'occupèrent de la construction et de l'armement d'une flottille destinée à tenter une attaque contre l'île de Léon. D'autre part, l'assemblée des cortès, réunie a Cadix , était loin de se laisser abattre. Plusieurs fois les assiégés , dans des sorties, essayèrent de repousser les assiégeants , et parvinrent à détruire

au succès de leur entreprise; néanmoins , le duc de Bellune, oui n'avait alors sous ses ordres que les seules troupes de siège , parvint à faire échouer ce vaste plan. Les débris du corps expéditionnaire, qui avait quitté l'île de Léon le 20 février, y rentrèrent *le 5 mars, après avoir essuyé le matin même à Chiclana une sanglante défaite. Depuis lors, nul incident remarquable ne signala la continuation du blocus, qui se prolongea jusqu'en août 1812. A cette époque, les succès de Wellington obligèrent les Français à abandonne/ un siège qu'ils avaient poursuivi avec tant de persévérance, et à quitter l'Andalousie,

Le 3 octobre 1823, les Français s'emparèrent de Cadix après un investissement de courte durée, et rendirent à la liberté le roi Ferdinand VU , que les cortès y retenaient prisonnier.

Cadore (duc de). Voyez Champa

GNY.

Cadobet (Gabriel), sergent au 66* de ligne , hé à Selles (Marne). Le deuxième jour complémentaire an vu, à l'affaire de Manhein , il rallia à son peloton une troupe de fuyards, et soutint le feu de l'ennemi tant qu'il eut des cartouches. Pendant sa retraite, qu'il effectua dans le plus grand ordre, il reçut une blessure dont il mourut CADOT(N.),chef d'escadron au ^régiment de dragons, né à la Ferté-Miloo ( Aisne ) , entré au service en 1783,

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