‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 31 sur 86 · CE. CAR 16S · texte numérisé non relu

CE. CAR 16S

des deux États , la division éclata entre les lils de Pépin, et sans doute leur haine naissante aurait amené uno guerre civile , lorsqu'un danger commun vint les menacer. Le vieux Hunald , dépossède çar Pépin le Bref de son duché d'Aquitaine , et qui vivait depuis vingt-quatre ans enfermé dans un couvent, quitta ses habits de moine, et reparut dans son ancien duché. Les deux frères se réconcilièrent pour lutter contre un ennemi aussi dange-> reux , et Carloman accourut à la tete des Francs-Austrasiens , pour porter secours à Charles. Mais après une en* trevue avec son frère aîné, qui le blessa peut-être par ses prétentions , il retourna dans ses £tats, sans avoir TU l'ennemi. Peu de temps après il mourut, à l'âge de vingt ans, et sa veuve , craignant pour ses enfants la cruauté de leur oncle, se réfugia en Italie , à la cour de Didier , roi des Lombards (771) , et laissa Chartes seul maître de toute la monardile des Francs.

Le troisîèmeCarloman, fils de Louis

le Bègue, reçut en partage l'Aquitaine et la Bourgogne, en 879. Il vécut avec son frère Louis III dans une parfaite union, et tous deux, plus d*une fois, repoussèrent ensemble les Normands.

Mais leur concorde ne put empêcher Boson de se faire élire roi de Bourgogne à Mantaille. Louis m étant mort en 863 , Carloman devint seul roi de France. Il mourut en 884, atteint par une flèche maladroitement tirée contre un sangler.

Cabloman n (monnaies de). Yoyes Charlemagne.

Cabloman III (monnaies de). — Nous ne possédons d'autres documents sur l'histoire monétaire du règne de Carloman IIÏ que quelques deniers.

Ces pièces sont de différents types; quelques-unes oflirent la légende xpisp TïANA RELiGio, et la représentation d'un temple ; deux , l'une de Substantion, ville aujourd'hui détruite, l'autre, de Saint-BIédard de Soissons, sont marquées du monogramme de Carloman. Les autres, qui ont été frappées à Troyes, à Auxerre, à Ailes, à Cl^â*

CAR

L'UMVEttS.

teau-Landon , présentent, au lieu de ee monogramme , celui de Charles; bixairrene qiii » bMoin de quelques explications. Le peuple, accoutumé à Toir, sous le long règne de Charles le Chauve, le monogramme de ce prince Hgiirer lur les déniera , avait fini par le regnrder comme un signe indispensable à la circulation de ces pièces. Ce fut dans la vue de le tromper, ou de loi làire entendre que les déniera non- Tellement fabriqués avaient la m(?nic valeur que les anciens, que les princes et les rois , 4i)éme étrangers , conservèrent efe monogramme sur leurs el^ pèces. Les monnaies de Louis III, dé Lothaire et d'Kudes, nous présenteront la même bizarrerie. A l'exception du denier de Saint-Médard , nui conserve l'antique légende de Charles le Chauve, gbâtiadi bex , tous les autres deniers de (^arloman portent au

iKHirtOUPCABtOltANVSIBX OU HGAX-

I.OMANVS BEx. Tous ces deniers, au* jonrd'hui assez rares, sont d'ailleurs * du même poids que ceux de Charlelhagrie et de ses premièn «liàeflftenra ; ils pèsent environ trente-deux grains.

Cablovingienb , nom par lequel on désigne ordinairement la seconde race des rois francs, ou les prinees de la ftmille de Charlemagne, quMI serait cependant plus exact et plus logique

d'appeler Caro/ingr^O' Par suite de la deeadenoe de la ft*

mille de Mérovée, de rafTaiblissement de la IVeustrie, de l'ambition des maires du palais et des grands propriétaires austrasiens , oui tous aspiraient à rindépendance , u monarchie des Francs s'en allait en lambeaux. L'Allemagne , dont ils avaient réuni une ignnae partie , se divisait en six ou sept prindpaotés, dont les chefs voulaient former autant de royaumes indépendants ; et, de leur côté, les pro- Tincesdumidide la Gaule, quin'avaitnt

(*^ Le leeleiir trouvera dint des artictei

spéciaux que nous consarrons à rhacnn de ces princes, les détails biographiques qui les concernent ; nous nous bornerons m à jeter un coup d'ueil d'ememblé sur la dyms» ti« tout entière.

jamais été complètement incorporées à la monarchie, brisaient les derniers liens qui les y attachaient. Il appartenait aux Cârlovingiens d'arr^r CO démembrement prématuré.

Cette famille réunissait deux caractères qui devaient la Mrt prévaloir':

elle était austrasienne et ecclésiastique; elle tenait à la fois à l'Allemagne et à l'Eglise , c est-u-dire , d'un coté à la barbarie , mais à la barbarie pleine encore de force et dejeunesse, de l'autre au pouvoir spirituel, à qui l'avenir du monde était confié. Ce double caractère devait nèosssairement faire tomber entre ses mains Phéritage des princes mérovingiens , qui s'étaient trop souvenus que TÉglise, malgré ses services , était de la race des vaincus , et que la tonsure cléricale était une honteuse dégradation pour un roi chevelu. « L'homme de Dieu, dit le biographe de saint Golomban , ayant été trouver le roi de Bourgogne, Theudebert, lui conseilla de mettre bas l'arrogance et la présomption, de se faire dent, d'entr«r dans te sein de i*l^.glise, se soumettant à la sainte religion , de peur que par -dessus la perte du royaume temporel , il n*encourût eneore oelle delà vie éternelle. ÔâH excita le rire du roi et de tous les assistants ; ils disaient, en effet, qu'ils n'avaient jamais ouï dire qu'un Mérovingien , élevé à la royauté , fdt devenu clerc volontairement. Tout le monde abominant cette parole , Colomban ojonta : « Il dédaigne l'honneur d'être eîerc; eh bien ! il le sert malgré lui. » Le dernier roi de celte race fut en effet enfermé dans un cloître.

La familiedesCarlovingiens ne dédaignait pas ainsi l*Église. PI usieure d'entre eux lurenréveques ; Arnulf, Chrodulf, Drogon, occupèrent successivement le siège épiscopal de Metz; d'autres fbrent ardnevéques , abbés , moines ; quelques-uns enfln ont été canonisés.

Le chef de cette maison , Pcpin de Landen , surnommé le f ieux , est compté parmi les' saints. « Dans tous ses jugements, dit soi) biographe, il s'étudiait à conformer ses arrêts aux règles de la divine justice; chose at*.

ttsté» iioii<ifltii«iiMnt par U témt^ gnage dt tout le peuple , mais aussi ,

et plus encore par le soin qu'il prit d'associer à tous ses conseils et u toutes set affaires le bienheureux Arnoul, évéque de Metz, qu'il savait être éminent dans la crainte et rameur de Dieu \ car s'il arrivait que , par ignonoce des lettres , il fût moins en état de juger des choses , celui-ci , fidèle interprète de la divine volonté , la lui faisait connaîtra avec exactitude. Arnoul était homme , en effet, à expii* quer le sens des saintes Écritures ; et, avant d'être évéque, il avait exercé sans reproche les fonctions de maire du palats. Soutenu d*an pareil appui.

Pépin imposait au roi lai*méme le frein de l'équité, lorsque, négligeant la justice, il voulait abuser de lu puis- ■anoe royale. Après la mort d'Arnoui, il fut attentif à s'adjoindre dans l'adi> ministration des afnîires , le bienheureux Ciiunibert , évéuue de Cologne, paiement illustre par la renommée de sa sainteté. On peut juger de quelle ardeur d'équité était enflammé celui qui donnait à sa conduite des surveillants si diligents et de si incorruptibles arbitres. Ainsi ennemi de toute méchanceté, il véctir soigneusement appliqué à la prati(]ue du juste et de rbonnéte , et , par les conseils des hommes saints , demeura constant dans l'exercice des saintes œuvres*»

Enfin sa femme Itta , sa tille Gwtrude , l'épouse choisie du roi des anges, comme dit le vieux chroni(jueur , moururent en odeur de sainteté. Une si sainte maison devait avoir l'appui de TÉglise : il ne lui manqua pas.

Dagobert avait laissé en mourant deux nis encore enfants , qui furent confiés à la tutelle des maires du palais de ISeustrie et d'Austrasie. A la mort du roi austrasien , Grimoald , maire du pnlais,se crut assez fort pour envoyer en Irlande le lils du roi, et tenter de placer la couronne sur la téte de son propre fils. Sa tentative ne réussit pas , et les trois roynuines francs se trouvèrent encore une fois réunis sous la faible domination de Clov»II, roi de Neosirie. Mais Ébroîn,

maire du piilais de eette partie de Vm* pire, ayûit, pour rendre à Tautorité

royale ses anciens droits, cherché à établir une loi territoriale faite dans un esprit tout romain, les grands se soulevèrent eontre lui.L*Austrasie d'aboril voulut avoir un roi à part ; puis les grands de JNeustrie , s'alliaot secrètement à ceux d*Aastrasie, les 8ollicitè< rent de venir les délivrer de la tyrao^* nie de leur maire du palais. L'armée qu'Ébroïn conduisit contre eux, l'abandonna au moment de la bataille ; lui-même fut fait prisonnier et eth fermé au monastère de Luxeuil. xMats il en sortit bientôt, à la faveur des troubles qui furent la suite de Tassas-* sinat du roi d'Austrasie , ChîldMc Ù»

qu'après sa chute les Neustriensavaient accepté. Il ressaisit son ancien pour voir ; et, continuant la politioue qu'il avait déjà suivie , se nt Taaversaire des grands et de Martin, maire du palais d'Austrasie. Cette fois il eut recours à la ruse ; Martin, appelé par lui à une conférence , fut assassiné; mais il ne recueillit pas le fruit de ce meurtre ; il fut tué lui-même quelques jours après par un Pranc qui voulait venger sur lui une Injure personnelle.

hostilités continuèrent après la mort d'Ébroîn, mais sans qu'il se pasir sêt rien de décisif, jusqu'à ta bataille de Te-stry. Le duc Pépin d'fléristal,

f^etit-lils de Pépin de Landen, et dont 'autorité avait sans cesse augmenté dans cette lutte du parti aristocratique contre la royauté, défendue par Ebroïn, fut bientôt en état de troncher la question. Les Pïeustriens furent complètement battus à la bataille de Testry (687). « Pépin, dit Frédégaire, prit le roi Thierry III avec ses trésors, et s'en retourna en Austrasie. » Il ne dépouilla point les vaincus de leurs terres; aucun de ses ^erriers ne s*é* tablit de force parmi eux; mais la royauté de Neustrie fut effacée de fait; la domination passa des bords de la Seine aux bordsdu Rhin, et , s'il y eut enrore des rois mérovingiens , c'est que les maires austrasiens trouvaient utile de pouvoir montrer aux peuples, de temps à auti9» un roi chevelu de

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la famille de Clovis, alin de légitimer, en quelque sorte, rautorîté qu'ils exerçaient.

La victoire de ïestry semblait avoir brisé tous les liens de la monarchie des Francs. Le midi de la Gaule s'isola du nord; la Bourgogne et l'Aquitaine redevinrent des pays romains. Les peuples de TAllemagoe eux-mêmes se déclarèrent îndépenaaDts; mais Pepîn sut arrêter cette dissolution ; il attaqua d'abord les peuples voisins de 1 Austrasie. « Il Gt beaucoup de guerres, disent les chroniques, contre Ratbod, duc païen , et d autres princes ; contre le.s Suèves et plusieurs autres nations, et fut toujours vainqueur D'autre part, il s^efforça de rattacher à sa cause ceux-là même qu'il avait vaincus à Testry; et pour se coocilier les bemmes libres de Neustrie , il Gt é^ttser à son fils (a femme de leur dernier maire.

La mort de Pépin (714) semblait devoir être funeste à sa famille; mais son héritage passa i son fils Charles, « guerrier nerculéeu , chef victorieux , qui, dépassant les limites où s'étaient arrêtés ses pères, et ajoutant aux victoires paternelles de plus nobles victoires, triompha des chefs et des rois, des peuples et des nations barbares, tellement que, depuis les Esclavons et les Frisons jusqu'aux Espagnols et aux Sarrasins, nul de ceux qui s'é* talent levés contre lui ne sortit de ses mains que prosterné sous son empire et accablé de son pouvoir. » Ce Cliarles, surnommé Martel ou Marteau, était un fils ilh'gitime de Pépin. Quand celui-ci mourut, sa veuve, Plectrude, s'efforça de conserver la double mairie de 'Neustrie et d' Austrasie à son petit-lils Théobakl, sous le nom duquel elle aurait administré les deux royaumes; mais les rseustriens, ainsi que les peuples germains vaincus par Pe[)iu , refusèrent de se soumettre à un enfant et à une femme. Tous se soulevèrent; les Iseustriens se choisirent un maire et attaquèrent l'Austrasie; les Frisons la ravagèrent; les

Q Vie du bienheureux Une Pépin.

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