‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 33 sur 86 · CAR FRÂ.^'CE. CAR · texte numérisé non relu

CAR FRÂ.^'CE. CAR

nés qu'on avait changées en forteresse, troddctîon du christianisme en Alle-

Ces succès sur les inlidèles firent mague qui les avait rapprochés. Pour

bientôt oublier qu'il avait payé les aer- pouvoir travailler à la oonvertiOD des

vices de ses guerriers aveô les biens pnïens de la Frise et de la Saxe, les

des églises; et quelque temps avant moines envoyés par le pape avaient

sa mort« il reçut deux nonces du pape besoin de trouver derrière eux une

Grégoire III, les premiers qu*oii ait terre amie où ils pussent trouver un

vus en France. Ils lui apportaient les refuge en cas de revers. De leur côté,

clefs du sépulcre de saint Pierre, avec les chefs de l'Austrasie comprirent

d'autres présents, et venaient lui de- quels avantages ils pouvaient retirer

mander, contre Luitprand, roi des oe la conversion de ces peuples bar*

Lombards, des secours quMi leur pro- bares et remuants. Laissant donc les

mit , mais que la mort ne lui permit missionnaires travailler pour la foi

pas d'envover. Ainsi commençaient à chrétienne et pour lui-même en Aile-

se rapprocner ces deux grandes puis- magne, Pépin tourna son attention et

sances, le pape et le maire d'Austrasie, ses efforts vers le midi de la Gaule et

qui devaient s'aider l'une l'autre à do- vers l'Italie, où le pape l'appelait

miner le monde. d'ailleurs contre les Lombards.

Charles I en mourant (741) , laissa Après avoir enlevé aux Arabes leurs trois fils t Cùrloman , Pépin le Bref dernières possessions dans le Langueet Griffon; m;iis bientôt Pépin resta doc, il passa les Alpes, et, vainqueur seul par la retraite volontaire de Car- d'Astolphe, roi des Lombards, il londa loman, qui alla se faire moine au mont le patrimoine de Saint-Pierre , en for- Cassin , et par la mort de Griffon, çantce prince à remettre au pape les tué en 753, après avoir inutilement villes de l'Rxarchat, delà Pentapole cherché à arracher à ses frères la part et du duché de Rome, qui lui revenait de l'héritage paternel. Cette expédition au delà des Alpes Ce fut l'an 752 que Pépin crut te avait été peu difficile ; deux campapouvoir de sa famille assez lermement gnes avaient suffi pour vaincre les établi pour mettre la mnin sur la cou- ï.ombards. Mais la guerre contre l'Aronne des fils de Clovis. « L'année quitaine occupa presque tout le règne précédente, il avait envoyé, dit Egtn- de Pépin. Elle fut impitoyable; de la Iiard, au pape Zacharie, l'évéque Rur- Loire à la Garonne, tout fut ravagé, chard et le chapelain Frihard, alin A la fin, l'opiniâtreté des Francs de le consulter touchant les rois qui l'emporta; les Aquitains, épuisés, se alors étaient en France, et qui n^m soumirent. Leur duc Waitre venait possédaient que le nom, sans en avoir d'être tué, et il ne restait plus , dans en aucune façon la puissance. Le pape toute la nation , un chef capable répondit qu'îl valait mieux que celui d'organiser et de continuer la résisquf avait aéjà Tautorité de roi en eût tance.

aussi le titre... D'après la sanction Pépin revenait de sa dernière expé-

du pontife romain , Pépin fut oint de dition au Midi, lorsqu'il mourut à Pa-

l'onction sacrée , et élevé sur le trône, ris, le 24 septembre 76tt. Il avait par-

selon la coutume des Francs. Quant tagé son royaume entre ses deux fils,

a Childérîc, qui se paraitdu faux nom Charles et Carloman. Le premier

de roi, Pépin le fit mettre dans un soin de celui-ci fut de terminer la

monastère. » Ainsi se termina cette guerre d'Aquitaine. Après avoir fait

longue comédie que les maires du pa- bâtir un château fort sur les bords

lais jouaient depuis un siècle. de la Dordogne, il rétablit en faveur

La réponse de Zacharie aux envoyés de son fils , encore enfant , l'ancien

de Pépin, elle sacre de ce prince, sont royaume d'Aquitaine. Il l'envoya

des preuves de la bonne harmonie qui même aux Aquitains , pour qu*il iflt

«xîstait alors entre le pape et l'ancien élevé au milieu d'eux , et s'habituât

fmiired'Austrasie; c'était surtout l'ia* de bonne heure à leurs coutiunes*

Oigitized by Gopgle

ItO ^AH L*tJNlVËtlS.

Bientôt après, Carloman fut emporté les Ëdrissites de Fez lui envoyèrent

par une maladie, après un règne d'en- des ambassadeurs. Haroun - al - Ra§-

viron trois an8,etCnarle8, sans se sou- diid , calife dê Bagdad, crut detohr

fier des droits que le défunt laissait à entretenir quelques relations avec

ses fils , s'empara de son héritage, La l'ennemi de son ennemi , le calife

veuve de Carloman se retira auprès de schismatique d'Espagne. Il fit, dit-on,

Didier, voi des Lombards; mais oe offrir à Qiariemaf^ne, entre autres

prince paya cher la satisfaction de lui présents, les clefs du saint sépulcre,

avoir donné asile. Charles passa les « C'est dans son palais d'Âix-Ia<

Alpes (773), s'empara de sa personne, Chapelle qu'il fallait voirCharlemagne.

le lit enfermer dans an monastère II avait dépouillé Raveiine de ses mar-

avec sa femme et ses enfants, et bres les plus précieux pour orner sa

anéantit le royaume des Lombards, Rome barbare. Actif dans son repos

dont toutes les possessions en ilalie même, il y étudiât sous Pierre de Pise,

ftirent réduites au duché de Béné- tous le Saxon Aksuin, la ^mmaire,

vent. la rhétorique , Tastronomie : il appre-

Mais la grande guerre de Charle- nait à écrire, chose fort rare alors;

magne fut contre les Saxons. Presque il se piquait de bien chanter au lutrin,

tout le reste s'effuce à edté de cette et ^emantuait impitoyablement les

lutte héroïque ; d'autres ont pu être clercs qui s'Acquittaient mal de cet of^

aussi importantes par leurs résultats , fice.

mais aucune ne fut soutenue de part « Cbarlemagne ne donna point , à et d*aatrp avec autant de courage et proprement parler , une législation d'opiniâtreté ( voyez Sablons [guerre nouvelle, mais il fitde louables efforts contre les].) La guerre contre les pour organiser une administration ré- Avares n'en fut qu'un épisode , et la gulière. Quatre fois par an, ses missi ffuerre d'Espagne elle-même ne sem- ou inspecteurs parooniaieot les pro«> Ble qu'accidentelle , au milieu de tou- vinces , recueillaient les plaintes , et tes les expéditions de Cbarlemagoe s'informaient des abus. Ses capitu- (vovez RoNCBVAUx). laires, délibérés dans les assemblées

Ce fut dans la première année du nationales, sont en général des lois neuvième siècle que Gbarlemagne re- administratives, des ordonnances eiçut du pape la couronne impériale, viles et ecclésiastiques. « Il s'était rendu à Home sous pri- « Malgré tout cet éclat du règne texte de rétablir le pape Léon qui en de Qiarieraagne, l'empire des Francs avait été chassé. Aux fêtes de Noël, semblait atteint d'une caducité prépendant qu'il est absorbé dans la coce. En Italie , ils avaient échoué prière, le pape lui met sur la tête la contre Béuéveot , contre Venise ; les couronne impériale , et le proclame Grecs avaient détruit leur flotte en Auguste. L'empereur s'étonne et s'af- Germanie; ils avaient reculé de l'Oder à flige humblement; hypocrisie qu'il l'Elbe, et partagé avec les Slaves (*)... » démentit en adoptant les titres et le L'œuvre de Charlemagne ne devait cérémonial de la cour de Byzance. pas lui survivre; cette vnité qu'il Pour rétablir l'empire « il ne fallait avait voulu imposer à l'Occident, elle plus qu'une chose , marier le vieux pouvait durer tant qu'il était là pour Charlemagne à la vieille Irène, qui ré- la maintenir; mais quelle main serait enait à Constantinoplc après avoir assez ferme après lui pour tenir réunis fait tuer son fils. C'était la pensée du tant d'intérêts différents ? A coup sûr, pape, mais non celle d'Irène, qui se ce ne pouvait étra celle de son débile garda bien de se donner un maître. successeur.

« Une foule de petits rois ornaient Louis, surnommé le Débamutirê,

la cour du roi des Francs, et l'aidaient était pieux et intègre. Les premiera à donner celte faible et pûle représen-

tatioo de l'empire. Le roi de Oalice et (*) Michelei , Arécii d'imioire de france.

actes de ion louvernement turent des actes de justice; mais bientât la foiblessé et son incapacité se montrèrent.

De toutes parts I on se prt-para àrom-

})re une union forcée. L'Italie réclama à première ; Bernard , fils d*un fils aîné de Chariema^ne, voulut conserver cette contrée malgré le nouvel empereur; mais TelYort était prématuré:

Bernard, mal soutenu , fut obligé da Tenir se livrer lui-même. Louis , excité par sa femme , lui lit crever les yeux \ Bernard en mourut. L'emperear sa repentit bientôt de sa cruauté, et il en fit pénitence Dublique; mais cet acte d'humilité nentquedéjçrader, aux yeux des peuples^ la majesté de Tempire.

Louis avait associé son fils atné Lothaire à l'empire ; Pépin avait été nommé roi d'Aquitaine , et Louis, un autre de ses fils, roi de Bavière. La naissance de Charles le Chauve dérangea re partaffp. L'empereur, excité par sa femme Judith, voulut lui faire lin apanage anx dépens da ses atnés ; ils se réunirent contre lui et le déposèrent (830); mais Lothaire, cherchant à profiter de la supériorité de son titre pour commander & sas frères comme à ses lieutenants , Louis et Pépin délivrèrent leur père.

Toute la vie de ce malheureux inrince ne fut ainsi qu*une guerre continuelle contre ses fils. Nous TavoilS vu déposé eu 830; il le fut une seconde fois en 833 ^ lorsque ses efforts pour - accroître la part de son plus jeune fils eurent encore une fois fait prendre les armes aux aînés. Il se vit abandonné tout a coup de ses troupes et forcé de se livrer à Ix)thaire. Celui<ci se montra peu généreux envers son père. Il voulut le dégrader h tout jamais en le forçant de faire , en habit de pénitent, une confession publique oe ses fautes. On se sentit de la pitié pour son père, qui fut une seconde fois rétabli. Mais il était plus que jamais incapable de se conduire par lui-méiiie; il céda encore une fois a l'influence de Judith. Son fils Pépin, roi d'Aquitaine , étant mort, Charles fut à l'instant investi de ce royaume.

Lothaire s'accorda pour un moment avec son père, lui promit de protéger, son jeune fils, et, en récompense , reçut tout l'orient de Tcmpiri' : l'occident devait former le patrimoine de Charles. Mais, dans ce partaj^e. Louis de Bavière et les fils de I Vpin étaient complètement sacrifiés ; ils en appelèrent aux armes , et Tempereur passa SCS dernières années à combattre son fils et son petit-fils. L'Aquitaine fut à peu près soumise, mais lu guerre contre Louis offrait plus de UililcuUés.

Ce fut pendant Texpédition que Louis le Déboimaire entreprit contre lui, qu'il mourut dans une île du Rhin, près de Mayence (840). Avec lui fut détraite Tuttité de l'empire.

Son fils atné , Lothaire , succéda à son titre d'empereur; mais il ne pouvait espérer d'en exercer tous les droits; la France et la Germanie voulaient des rois particuliers. La question fut vidée à Fontanet , près d'Auxerre. Les peuples de la Gernianiè et eeox de la Gaule y combattirent sous les mêmes drapeaux pour le renversement du système fondé par Charlemagne. Lotliaire, le représentant de Tunité, fat raincu, et, deux ans plus tard (M), le traité de Verdun consacra un premier démembrement.

Trois royaumes, Germanie, France et Italie, furent reooDnti».

Le traité de Verdun suspendit pour quelque temps la guerre civile entre les descendants de Charlemagne; mais tout ne fut pas calme et tranquille dans les trois royaumes pendant cette période; peut (?tre n'eurent-ils jamais plus à souffrir. Il semblait que l'invasion allétt recommencer; mais cette fois c'était aux dépens de ceux qui avaient fait la première. Les Slaves de toute race, les Scandinaves, sous le nom de is'ormands, attaquent les royaumes francs à l'orient, au nord et à l'ouest, tandis que les Sarrasins leur disputent l'Italie et la Provence. Bientôt xont arriver les Hongrois, ces hardis et infatigables cavaliers qui, coiiiuio les fluiis , vont toujours devant eux, tumt et [)illant, traversant toute r Allemagne saus souci du retour, et

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rencontrant enfin un jour, sur leRhdne, ■ cet autres cavaliers de TAfrique, les Sarrasins, arrivés jusque-là, grâce à la faiblesse des petits-fils du grand empereur. Quant aux Scandinaves, ce sont d'impitoyables pirates, des roU de la mer qui n'y laissent rien passer.

ISIais la nier fournissait peu alors; l'océan Germanique ne voyait guère que les barques Scandinaves; aussi les Normands étaient obligés, pour trouver du butin , de ravager les côtes et de pénétrer dans les terres. L'an 845, ils portèrent la désolation sur tout le littoral de l'empire, depuis l'Elbe jusqu'à la Garonne; en 845, ils détruisirent Hambourg ; quelques années après, ils débarquèrent en Frise, dévastèrent tous les pays que le Rhin traverse, et ruinèrent les villes dont ils purent s'emparer. Les côtes de la Saxe furent également menacées, et Lo/uU le Germanique fut obligé de donner aux Saxons un duc chargé de veiller sur cette frontière.

Au lieu de supposer à ces pira* tes, les rois n^étaient occupés que de leurs dissensions intestines , et du soin d'ajouter quelque nouveau titre à ceux qu'ils portaient , de nouvelles provinces à celles qu'ils étaient incapables de défendre. Ainsi, après la mort de Lothaire, et celle de son fils, £0- . thaire II, à qui était écbue la LcrralDe, Louis le Germaniaue partagea cette province avec Charles le Chauve. Les villes de Bâle , de Strasbourg, de Metz , de Cologne, de Ttèves, d*Aix-la-Chapelle et d'Utrecht, vinrent augmenter son royaume.

Lorsqu'un autre fils de Lothaire, Louis IJ, qui avait eu lltalie avee le titre d*en)pereur, mourut en 875, Louis le Germanique, comme l'aîné de tout ce qui restait de princes carlovingiens, voulut reeoeillir son héritage; mais Charles le Chauve le gagna de vitesse, trompa Carloman, fils de Louis, qui avait passé les Alpes avec une nombreuse armée, et courut se fhire proclamer à Rome , où le peuple et le pape paraissaient encore avoir seuls le droit de décerner la dignité impériale.

Charles le Chauve, en derenant em-

pereur (875), affaiblit plotdt qu*il n'accrut sa puissance. Les grands de

l'empire lui arrachèrent à Kiersy-sur- Oise, en 877, i'édit célèbre qui, en consacrant l'hérédité des comtés, assura le triomphe du système féodal , et porta à l'autorité royale une atteinte dont les effets se ûreht sentir pendant plusieurs siècles.

L*année- suivante, Louis le Germa* nique mourut, et ses trois fils se partagèrent l'Alleniagne: Carloman eut la Bavière avec la Carinthie, l'Autriche, la Moravie et la Bohême; Louis le Jeune prit la Franconie, la Thuringe, la Saxe, la Frise et la moitié de la Lorraine; Charles le Gros eut la Souabe, l'Alsace et la Suisse. Mais ces partages furent bientôt dérangés, d'abord par la mort de Carloman, puis par celle de Louis de Saxe. Charles le Gros réunit ainsi, sans peine, tout l'héritage du Germanique; il y joignit l'Italie et la couronne impériale. Mais c'était pour lui un trop lourd fardeau. Il laissa les normands s'établir à Gand , à Louvain , à Hasiou , sur la Meuse , et piller on réduire en cendres Liège, JMaèstricht,Tongres,Mayence,Worms, Cologne , Bonne et Aix-la*Chapelle. Au lieu de les combattre, Charles leurdonna deux mille quatre cents lîms d'argent.

Pendant qu'il signait ce honteux

traité qui indignait toute l'Allemagne, des troubles éclataient sur les autres frontières : en Moravie, où le duc Zwentibald s'était révolté; en Italie, où le duc de Spolète refusait obéis* sance et s'unissait aux Grecs et aux Sarrasins. Ce malheureux empereur, accablé de titres et de couronnes, ne savait où reposer un instant sa téte:

et voici qu'après la mort de Carloman, on vint lui apporter encore la couronne de France. A Charles le Chauve , mort en 877, avaient succédé son fils, Louis le Bdrjne , qui ne régna que deux ans; puis ses deux petits-fils, Loids III et Carloman , oui moururent tous deux par suite d accidents, Louis m en 882, et Carloman en 884.

De toute la dynastie de France, il ne restait qu'un enfiMit, Charles, depuis

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surnommé Simple. Il fallait pourtant UQ chef. Les grands s'avisèrent

de songer à Charles le Gros y et crurent qu'il pourrait les défendre contre les Normands (884). Charles accepta. Mais comment aurait-il su mieux protéger la Fronce que rAtlemngne? Il laissa assiéticr Paris , et cette ville eût été

{)rise si le comte Eudes, ûls de Robert e Fort, l*évéque de Goziin et l*abbé deSaint-Germain des Prés ne l'eussent défendue avec courage. Leurs efforts auraient été récompensés si Cliarles avait voulu les soutenir. Il s'approcha de la ville assiégée avec une armée; mais, au lieu de combattre, il acheta la retraite des Normands , et leur abaudonna même la Bourgogne à piller. Les peuples à la fin, lasses (le ce dernier et inutile essai de la puissance impériale, le rejetèrent à touiours , et Charles fut déposé à la diète de Tribur (887).

Charles le Chauve avait signé en quelque sorte l'abdication de la roputé en reconnaissant, par l'édit de Kiersy, rbérédité des comtés. Dès ce moment, les Carlovingiens de France virent tomber l'un après l'autre tous leurs droits et diminuer chaque jour retendue de leurs domaines. A côté d'eux, s'élevèrent les puissants ducs de l'Ilede-France, de Bourgogne et d'Aquitaine, les comtés de Flandre, de Vertnandois, de Toulouse, etc. Après la déposition de Charles le Gros, ce fut l'un de ces anciens officiers des empereurs qui prit leur place. Dans le même temps où les Allemands choisissaient Arnolf,les Français (888) reconnurent pour roi le vaillant défenseur de Paris oontre les Normands, Eudes, qui sut conserver son titre malgré les prêtent lions et les attaques de Charles le Simple.

Ce dernier cependant recouvra le trône de ses pères à la mort du roi . Eudes, en 898; mais il fut obligé de ligner le traité qui donna l'une des plus belles provinces de France à un chef de pirates danois. Rolf ou Rollon obtint, en 912, la Normandie, que ses compatriotes pillaient depuis près d'un siècle. Fidèle au traité d'alliance qu'il evait fdit ovec Charles le Simple, il le

ïCË. cÀÉ iit

soutint contre Robert de France, frère du roi Eudes, nue les grands, indignés de la faiblesse de Charles , élurent pour roi à s;j place, en 922. Robert, vainqueur a la bataille de Soissons , mourut au sein de son triomphe; mais il fut remplacé par Raoul, duc de Bourgogne, et le malheureux Charles fut emprisonné par le comte de Vermandois dans la ville de Chftteau*Thierry, puis à Péronne, où il mourut en 921).

Le principal auteur des malheurs de Charles le Simple était Hugues le Grand, comte de Paris, le plus puissant seigneur entre la Seine et la Loire, et le représentant de cette réaction qui s'était peu a jpeu formée dans la Gaule oontre les indignes descendants de Charlemagne. Ceux-ci, en souvenir de leur origine teutonique, tournaient constamment leurs regards vers T Allemagne, et imploraient ses secours contre leurs vassaux rebelles; aussi plus d'un seigneur du nord de In France était tenté de les renvoyer au delà du Rhin. Cependant la force des souvenirs leur conserva Quelque temps encore la couronne. A la mort de Charles le Simple, on fit venir d'Angleterre Louis f son fils, à qui cette aroonstance valut le surnom d'Outre-mer.

Louis, élevé à l'école de l'adversité, montra une activité et une vigueur qui auraient dû lui mériter un meilleur sort ; mais chaque jour croissait et se fortifiait l'opinion nationale qui repoussait les Carlovingiens. Eniin, lorsque les défiances mutuelles se ftirent accrues au point d*amener, en 940, une nouvelle guerre entre les deux partis qui depuis cinquante ans étaient en présence, Hugues le Grand, quoiqu'il ne prît point le titre de roi, joua contre Louis d'Oiitre-mer le même rôle (]u'Ëudes, Robert et Raoul, avaient joué contre Charlés le Simple. Son premier soin fut d'enlever à la faction opposée l'appui du duc de Normandie.

11 y réussit , et, jgrâce à l'intervention normande , parvint à neutraliser les effets de l'influence germanique. Toutes les forces du roi Louis et du parti franc se brisèrent, en 9-15, contre le petit duché de Normandie. Le roi.

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vaincu en bataille rangée, fut pris avec seize de ses comtes, et enfermé dans la tour de Rouen, d'où il ne sortit que pour être livré aux chefs du parti national, qai remprisonnèrent a Laon.

« Pour rendre plus durable la nouvelle allianoe de ce parti avec les Kormands, Husues le Grand promit

de donner sa fille en mariage à leur duc. Mais cette confédération des deux puissances gauloises les plus voisines

de la Germanie attira contre elles une coalition des puissances teutoniques, dont les principales étaient alors Otton et le comte de Flandre. Le |)rétexte de la guerre devait être de tirer le roi Louis de sa prison; mais les coalisés se promettaient des résultats d'un autre genre : leur but était d'anéantir la puissance normande en réunissant ce duché à !;i couronne de France, après la restauration du roi leur allié. En retour, ils devaient recevoir une cession de territoire, qui agrandirait leurs Étatsaux dépensdn royaume de France.

L'invasion, cotidiiite pnr le roi de Germanie, eut lieu en S>4G. A la téte de trente-deux légions , disent les historiens du temps, Otton s'avança jusqu'à Reims. Le parti national qui tenait un roi en prison, et n'avait point de roi à sa téte, ne put rallier autour de lui les forces suffisantes pour repousser les étrnnt^ers. Le roi Louis tut remis eu liberté, et les coalisés s*avancèrent jusque sous les murs de Rouen. Mais cette campagne brillante n'eut aucun résultat décisif. La ]Vormandie resta indépendante, et le voi délivré n'eut pas plus d*amis qu'auparavant : au oontraure, on lui imputa

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les malheurs de l'invasion, et, menacé bientôt d'être pour In seconde fois déposé, il retourna au delà du Rhia pour unpiorer de nouveaux secours.

« En Tannée 948, les évêques de la Germanie s'assemblèrent , par ordre du roi Otton, en concile à Ingelheim pour traiter, entre autres affaires , des griefii de Louis d'Outre-mer contre le parti de Hugues le Grand. Le roi des Français vint jouer le rôle de solliciteur devant cette assemblée étrangère »

Cette déférence de Louis IV lui fut inutile. Réduit à la possession de la seule ville du Laon, il passa tout son rè^ne à guerroyer contre les petits seigneurs du voisinage , et mourut en 954, d'une chute de cheval qu'il fit à Reims.

Son fils Lothaire , âgé de treize ans, lui succéda. Lorsqiril fut en âge de régner par lui-même, il voulut reconquérir quelque popularité en se déclarant contre les Germains. Il essaya de reprendre la Lorraine, et, entrant à l'improviste sur les terres de l'Empire, il pénétra jusqu'à Aix-la- Chapelle; mais cette expédition aventureuse ne servit qu'à amener soixante mille Allemands sous les murs de Paris. Lorsque Lothaire mourut, en QSG, il laissa son titre à Louis Y, qui ne régna qu'une année , et fut surnommé le Fainéant. Avec Louis V, s'éteignit en France la dynastie des Carloviiigiens. Elle avait occupé le trdne pendant deux cent trente-six ans î et doniaé douze rois au pays*

(*) Aug. Thierry, Lettres sur l'histoire de France*

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