‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 34 sur 86 · I. JY. 12' Livraison, {Jùici* EînCYCii.} £xc · texte numérisé non relu

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Cabmàonole (la). Voyez Chàmts

PATBTOTIQUSS.

Carmélites. Cps religieuses, assujelties a lii même règle que les carmes, doui elles ont pris le nom, furent introduites en France, en 1553, par Jean Soreth, qui en établit alors un couvent à Vannes, en Bretagne. Mais elles

Scûspérérent peu, et leur nombre resta '])€u près stationnai re jusqu'au milieu du seizième siècle , époque oii sainte Thérèse commença sa fameuse réforme. dans le couvent d'Avila, en Espagne* Cette réforme Âit introduite en France, au commencement du dixseptième siècle , par madame Acarie et par le cardinal de Bérulle (vo^ea ces mots). Les con v eats de carroélitet se multiplièrent beaucoup en France depuis cette époque; au moment de la révolution, elles en possédaient quatre à Paris et à Saint«Dems, et soixantedeux dans le reste du royaume. Parmi les religieuses les plus célèbres de cet ordre, dont la règle l'ut toujours obttéfvée avec une grande sévérité, on peut citer madame de la Vallière, qui alla y expier, par une dure pénitence, les quelques années quVUe avait con-^ sacrées* a faire le bonheur du grami roi, et rarrièrc-petite-fille de ce prince, Louise de France, qui peut-être , par les austérités auxquelles ellç se sou-^ mit, voulut racheter une rarti* de| honteux désorqres de son père, Louiis

CA]\MEjv OU Kebmaik, Seigneurie, de Bretagne (département du Finis* tère), érifiée en marquisat en 1612.

Carmes , religieux ainsi appelés du mont Carmei, qui fut leur berceau^ furent introduits en France en 1359, par saint Louis , qui , au retour de la terre sainte, en rnmenn quelques uns avec lui, et les établit a Paris, d'où ils MTrépandjrent ensuite dans H reste du royaume. Ces religieux étaietit alors vêtus d'une robe brune, par-dessus la-

Suelle ils portaient une cha^e barrée e blanc et de couleur tannée, ce qui lear fit donner le nom de barrés. Une rue voisine du couvent qu'ils habitèrent o'abord à Paris a retenu ce nom, et &*appelle encore la rue des Barres,

Les carmes quittèrent ces chapes bigarrées après le cJiapitre général tenu à Montpellier en 1287; leur costume fut alors changé, et depuis il consista en une robe noire, avec un scapulaire et via capuee de même couleur, et par-dessus une ample cba|ieet un camail de couleur blanche.

Ces religieux étaient alors cités pour l*austérite de leur vie ; aussi se ftral* tiplièrent - ils rapidement dans' ces temps de ferveur religieuse. Mais, quoiqu'ils fussent un ordre mendiant, et qu il leur fût défendu de rien posséder individuellement, ils s'enrichirent promptement, et avec les richesses, le relâchement , le luxe, la débauche même, s^introduisifent parmi eux.

Quelques-uns de leurs couvents adoptèrent , il est vrai , dans le seizième siècle, la réforme de sainte Thérèse, et de là naquirent les carmetdieiknt9»

6v'.s' ou décliaus. Mais cette réforme ri;;ide ne fut pas du goût de tous les cannes. Ccox du premier couvent établi à Paris conservèrent asseï^ lonç* temps leurs règles ; ils se consacrèrent même à l'enseignement des pauvres écoliers, et furent agrèges a l'université de Paris; mais à la fin leurs mœurs se corrompirent aussi , et on leur reprocha les goiUs mondains et les vices des templiers. Douze d'entre eiux fui'ent, en effet, enfermés, en 1658, au For-rÉvéque, à la suite d'un banquet, ou plutôt d'une orgie, qui iit alors beaucoup de scandale.

La principale maison des carmes , en France, était à Paris, à la place Maiibert; elle a été depuis convertie en marché, ils en possédaient dans la même ville une autre, dont les religieux, appelés carmes biliettes, ont donné leur nom à la rue qu'ils habitaient. Les carmes de Paris ont joué un rdie im|)ortant pendant les troubles de la ligue; leur prieur, Étienne Lefuel, se fit remarquer parmi les ligueurs les plus fougueux ; il fut banni par Henri IV, et eut ensuite beaucoup de peine à obtenir Tautorisatioa de rentrer en France.

Cabmine (prise du fort del) Le général Championnet s^étant rendki

maître des approclips de ia ville de des grands comme celles des bourgeois. NapJes (21 janvier 1799), ordonna Au talent d'écrire , il joignait encore au cenér:il lîroussior d'attaquer avec celui de peindre avec facilité. Nous de

sa brigade le grand pont silué près du quartier de ia Madeleine, et qui sépare la ville de ses faubourgs. Ce pont, que domine le fort del Ciirmine, était défendu par une troupe considérable de lazzaroni, un bataillon d'Albanais à la solde du roi de Naples, et six pièces de canon. Après six beures de combat, les lazzaroni furent culbutés par six compagnies de grenadiers des

vous à son pinceau les portraits de la plupart des personnages célèbres du dix-buitième siècle; il aimait aussi à composer des séries de scènes amusantes dessinées et coloriées sur un papier très-lin , sur un transparent ^ (pie l'on appliquait sur une vitre. La révolution vint mettre un terme à la douce existence qu'il devait à ses talents si variés et à ses qualités per-

17% 64' et 73' demi-brigades, qui les sonnelles; et, dans les dernières an-

cbargèrent à la baïonnette. Les Alba nais continuèrent encore de se défendre; mais au moment où ils virent les grenadiers français s'avancer sur eux, ils se jetèrerjt à leurs genoux, en demandant quartier. On les reçut prisonniers de guerre. Le général lîroussier, maître du pont , en débouelia le 23 à la nointe du jour, et fit investir le fort del Carminé. Combinant alors ses attaques avec celles du général Rusca, qui pressait le fort sur un autre point, il parvint à s'en en)parer, mal-

nées de sa vie, il lut réduit à déposer au monl-de-piété ses volunu'neux manuscrits, pour se procurer quelques secours. Il mourut à Paris le 2G décembre ISOG. Voici les titres de ses principales productions , dont on a fait plusieurs éditions, et où quelquesuns de nos auteurs dramatiques ont largement puisé sans avouer leurs eniprunts : Proverbes dramatiqu(\<s , 0 vol. iu-8°; Nouveaux proverbes dramatiques, 2 vol. in-8'; Tlu'àtre du.

prince ClénersuWj 2 vol. in-8"; Théd^

gre la vigoureuse résistance de la gar- tre de campagney 4 vol. in-8«, et les nison napolitaine. Conversations des gens du monde

CaBxMOIs (Cbarles), peintre d'bis- dans tous les temps de Cannée , ou-

toire, vivait du temps de François P^ il peignit la voilte de la Sainte-Cbapelle de Vincennes. François ayant appelé de Bruges un certain Jans, tapissier de cette ville, lit exécuter les premières grandes tapisseries de baute lisse qu'on ait fabriquées, dit-on, en France. Cbarles Cannois Ot un certain nombre de cartons pour ces tapisseries.

Cabmoxtelle. Un esprit agréable et facile, un style spirituel, et le talent de peindre, sinon les caractères, du n)oins les usages et les travers de la société, ont acquis à cet écrivain une réputation universelle dans les salons.

Wé à Paris en 1717, il fut lecteur du duc d'Orléans, et ordonnateur de ses

vrnge piquant qui ne fut pas terminé.

D'autres proverbes de Carmontelle ont été publiés à Paris en 1825, 3 vol. in-8°, par les soins de madame de Gcnlis.

Carnac, bourg de l'ancienne province de Bretagne (auiourd'bui du déparlement du Morbihan) , à (piatre niyrlamètres de Lorient, où l'on voit un des monuments celtiques les plus curieux qui existent en France. Voyez Menuibs.

Cabxaval. L'étymologie de ce mot est assez incertaine. D'après Ménage, il vient de l'italien carnavale. Du Cange le fait dériver de carn-à-val, parce qu'alors la chair s'en va pour

- faire place :iux privations du carême, letes. Carmontelle a droit à une place II ajoute qu'en b.isse latinité on disait

dans l'histoire de notre littérature, comme créateur de ces légères et spirituelles esquisses dramatiques, qui, sous le nom de prorcrbes, eontribuè- ^QUt si iiouvcut à animer les soirées

carnelevamen, carnispricium.Quimt à l'origine du carnaval, il n'est guère possible de la préciser; car probablement ce sont les fêtes égyptiennes du bœuf Apis , les réjouissances des Sa-

turnales , des Lupereales , etc. , les fêtes des fous et de I^âne, qui se sont perpétuées jusqu'à nous sous différents noms. Il était rare , autrefois f que le peuple se mêlât à ces joies. Les grands seigneurs se déguisaient entre eux. Ils étaient presque les seuls acteurs du carnaval. Une fois même nous voyons dans notre histoire qu'ils en devinrent les victimes : ce fut aux approches du carnaval de 1393 qtio le mallieureux Charles VI, déjà à demi fou, faillit périr misérablement au milieu d'une mascarade.

Le roi et cinq chevaliers s'étaient déguisés en satyres. Ils étaient cousus dans des toiles enduites de poix, et recouvertes d'une longue toison d'étoupes qui les faisait paraître velus de la tête aux pieds. Pendant que Charles lutine sa jeune tante la duchesse de Berri, et que ses compagnons s'empâtent de la mariée, quils embarrassent par leurs danses lascives , le duc d'Orléans, rentrant dans la salle, imagine, par une malheureuse espièglerie, de mettre le feu aux étoupes pour effrayer les dames. Heureusement la duchesse de Berri retint le roi, le couvrit de sa robe, et l'entraîna hors de la salle. Pcaktant ce temps, les autres, courant, hurlant comme des forcenés, brûlèrent une demi-heure, et périrent dans d'affreuses tortures , à l'exception d'un seul , qui se précipita dans une cuve pleine d'teau. Une telle scène causa au rot une rechute violente.

Ce ne fut guère que sous le régent, aux bals masqués de TOpéra et du Palais-Ro3ral, qu'on vit, a la faveur du masque, la bourgeoisie, le tiers état , se mêler aux grands seigneurs,, et prendre sa part des divertissements du carnaval. Rappelons ici que dans un de ces bais on vit entrer l'abbé Dubois pourchassant à coups de pied un masque (^u'il ne semblait pas ménager le moms do monde. Ce masque était... Son Allesse Ro^^ale le duc d'Orlénns, que l'abbé avait cru rendre méconnaissable par cet ingénieux stratagème. Mais on reconnut bien vite le régent, et les malins répétèrent que

PubSç aurait j;>ieii mieux dooné le

change s'il avait entouré son maître de respects. Le carnaval était fort brillant en France, lorsque la révolution vint en interrompre brusquement l'usage. Mais le peuple , à qui des fêtes pareilles sont nécessaires, les rétablit en 1805, et les fonds (le la police contribuèrent même dès lors à en augmenter l'éclat. Maintenant encore les journaux ministériels semblent établir un certain rapport entre les démonstrations carnavalesques et la prospérité de la France; et, bien que les promenades de masques à Paris soient presque devenues une fiction, on lisait encore cette année dans certaines feuilles, que les boulevards en étaient couverts, et que ,par conséquent, la France est de tous les payv du monde le plus heureux, le plus satisfait de ceux qui la gouvernent.

Carnaval (ambassadeurs du). On appela ainsi les députés qui furent envoyés h Rome pour s'opposer au règlement par lequel saint Charles Borromée prescrivait, à partir du mercredi des Cendres, l'observation du carême , qui ne commençait alors qu'nprès le dimanche de la Quadragésime.

Cabvot (Lazare -Nicolas «Mar^t*

rite) naquit à Noiay (Saône-et-Loire), le 13 myi 1753, d'une famille distinguée dans le barreau. Son goût pour les sciences s'étant manifesté de bonne heure , son père loi fit suivre, au sortir du collège, les coursd'uneécolespèciale de mathématiques, où il se prépara à entrerdans le corps du génie. En 1771, n*ayant encore qoe-dix-huit ans , Carnot fut admis, avec le crade de lieutenant en second , à l'écoîe de Rlézières ; à sa sortie en 1773, il fut nommé lieutenant en premier. Dix ans plus tard, il était capitaine. Son mérite décida alors le gouvernement à l'envoyer à Calais , où devaient être exécutés de grands travaux de fortifications. Il s'y lit bientôt remarquer, et y publia son IJssaî sur les machines, ouvrage dans lequel il se montra savant ingénieur.

Dans le ooarant de la même année (1783) , l'Académie de Dijon couronna 6oa Miloge de f^anban^ il avait pouf

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concurrent M. ISIaret , depuis dnc de Bassano. On sait que cette Académie qui. Tannée suivante, l'appela dans son sein , n'eut pas honte de le répu* dier à Tépoque de la restauration.

Ces premiers débuts annonçaient ce que serait un Jour le jeuneélèveael'érale de ISIézières. Vers ce temps , le prince Henri de Prusse , frère du grand Frédéric , lui lit les offres les plus sédui* Sitttes pour l'engager à prendre du service en Prusse ; mais Carnot , qui ne voulait consacrer ses talents qu'à son pays, refusa, malgré les plus vives instanees.

Marié à mademoiselle Dupont de Saint -Orner, Carnot se livrait à ses études favorites , loin du bruit et du ' tumulte qui agitaient alors toutes les classes de la société ; quelques opinions trop avancées pour l'époque à laquelle elles étaient émises lui attirèrent des perséeutions de la part de ses chefii.

La révolution de 1789 vint, fort à propos pour lui, en arrêter les fâcheuses conséquences. Il adopta avec chaleur ' les principes de cette époque , sans toutefois prendre une part active aux premières années de notre régénération politique. Cependant, en 1791, les électeurs du PasHie-Galais le choisirent pour leur représentant à l'Assemblée législative. Il fit successivement partie du comité diplomatique, du comité d'instruction publique , et do comité de la guerre. Dès lors il commença à faire preuve de ces vertus civiques dont on ne trouve guère d'exemples que dans notre révoittlion on èhes les * peuples de l'antiquité.

A cette époque , l'esprit de l'armée se montrait menaçant pour la liberté, et paraissait dispoié à des actes condaninables d'insubordination. Carnot, qui venait d'être appelé au comité de la guerre, s'empressa de proposer dIusieurs réformes de la plus naute im-

Sortance , telles que le remplacement es ofliciers par 1rs sous - officiers, l'abolition de l'obéissance passive, et la démolition des citadelles de l'intérieur. Cette dernière mesure ne fut point comprise par l'Assemblée qui l'ac- Gueiilit avec des murmures, interrom-

pit l'orateur, et l'enipécha de développer sa pensée tout entière. Il fut obligé de recourir à la presse, et démontra , dans son mémoire justificatif, « qu'une citadelle n'est qu'un poste fortifie près d'une ville qu'il com* mande , et qu'il peut tooérôyer à chaque instant. » Il faut convenir que, sous ce rapport, nous en sommes venus à des laées plus saines que la Lé* . gislative.

Le 31 juillet 1792, l'Assemblée nationale le nomma commissaire pour l'organisation du camp de Soissons, et lui adjoignit les représentants Gasnarin et Lacombe-Saint-Michel. C est pendant qu'il remplissait cette mission que son frère , député comme lui , lut en son nom une proposition tendant à distribuer trois cent mille fusils et piques aux gardes nationales; à leur confier la police intérieure ; à former, avec les débris des giirdes-françaiseï, deux divisions de gendarmerie; à lever la suspension prononcée contre Pétion et Manuel ; pro|M)sitions dont le but était de fournir au peuple le moyen de résister aux intrigues de la cour. Envoyé Je 5 septembre suivant, au camp de Châlons pour y organiser une nouvelle armée, Carnot n*était point encore de retour lorsaue le département du Pas-de-Calais Te nomma député à la Convention nationale. Dès la première séance , il reçut une nouvelle mission ; il fut envoyé à l'armée du Rhin pour y recevoir l'adhésion des troupes aux changements survenus; il les trouva dans les dispositions loB plus favorables. Cependant un petit nombre d'officiers, dirigés par le doc d'Aiguillon et le prince Victor de Broglie, et parmi lesquels se trouvait Kouget de l'isle, auteur de la Mar^ seiUnise , refusèrent de prêter serment.

Carnot s efforça vainement, par les .▼oies de la persuasion , de vaîncreleiir résistance; officier du génie comme ce dernier, il s'adressa particulièrement à lui : M'obligerez-vous , lui dit-il, de destitner l'auteur de la Marseillaiset On la chantait alors à quelques pas d'eux; mais Rouget de l'isle était •dominé par la coterie arijitocratique^de

L»UNiVERS.

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