‹ France. Dictionnaire encyclopédique (volume 5)Chapitre 6 sur 86 · E. CAL SS · texte numérisé non relu

E. CAL SS

uelques contrées de TOuest. £n dépit e Tordonnanoe du 5 septembre, M. de Calvières fut élu de nouveau, et vint reprendre sa place au côté droit , dont il partagea les défaites jusqu'aux élections de 1818, qui le rendirent à la vie privée. La nouvelle loi électorale le ramena encore à la chambre ; et , sous le ministère de MM. de Villèle et Corbières, il passa successivement à la préfecture de Yaudose et à celle de risèrc.

Calvin (Jean). Le laborieux émule de lAither dans Paccomplissement de la révolution religieuse du seizième siècle naquit à Noyon le 10 juillet 1509. Son père, qui était issu de parents fort pauvres, mais avait obtenu la diarge de proonreur fiscal du comté , portait le nom de Cauvin , dont le fils forma , après ravoir latinisé, celui auquel il devait donner une si grande célébrité. Disons en passant qu*en diverses circonstances, Calvin se servit, pour dérober à ses ennemis ses écrits ou sa personne, des psendonjrmesde Caldarius, Happeville , Deparçan , etc. Il paraît qu'il fut redevable à Claude d'Hangest, abbé de Saint-Éloi deINovon, de ses premières études, et sans aoute des bénéfices ecclésiastiques dont il fut investi presque au sortir de l'en»

fance. Il n avait en effet que douze anà, lorsqu'on lui conféra une chapeU lenie dans la cathédrale. Quelques années plus tard, il fut successivement nommé titulaire des cures de Marteville et de Pont-Lévéque, quoiqu'il ne fftt que simple tonsuré. A pnmière destination était, il est vrai, pour TÉlise; mais après avoir fait à Paris ses umanités au collège de la Marclie, et sa philosophie à celui de Montaigu , il tourna ses vues, d'après le désir de son père, vers la jurisprudence, qu'il alla étudier d'abord à Orléans, sous Pierre de l'Étoile, puis à Bourges, sous Alciat. Il commença aussi dans cette dernière ville l'étude du grec et de l'hébreu avec l'Allemand IVlelchior WoUnar, dont les leçons développèrent chez lui le goût des textes sacrés, que lui avaient û^k inspiré à Paris les

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L'UNrVERS.

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conversations de son allié et condisciple, Robert 01iv<ftan. On rapporte même que, dès 1529, époque de 9on séjour à Orléans, il s'essayait à la prédication dans quelques assemblées religieuses oui se tenaient chez des particuliers. On le vit ensuite parcourir les campagnes des environs de Bourges pour y catéchiser les enfants; et le seigneur de Lignières , après l'avoir entendu, trouvait que celui-là du moins enseignait quelque chose de nouveau.

A la mort de son père , qui arriva vers Calvin se démit de ses bénéfices ; puis , quittant Tétude des lois humaines, il employa ses premiers loisirs à l'examen de la morale, et sembla , par son commentaire sur le traité de Sénèque, Oe 0ementta, vouloir rappeler son siècle aux principes d'une tolérance dont plus tard il s'écarta lui-même étrangement, ij ne devait pas rester longtemps simple spectateur des scènes die persécution dont il était entouré. Il était depuis quelque temps à Paris. Ses liaisons arec Michel Cop le firent soupçonner d'avoir pris part à la composition

d'une harangiie de ce docteur, dans laquelle le parlement et la Sorbonne avaient cru retrouver les doctrines des réformateurs. Il dut se cacher pour échapper aux poursuites du lieutenant criminel. Du logement qu'il occupait rue Saint-Victor , il se réfugia d'abord au collège du cardinal Lemoîne ; puis, s'éloignant de Paris, il se retira chez un chanoine d'Augouléme, Pierre du Tillet. Pour subsister, il se mit alors à enseigner le grec. On suppose que, dans cette retraite , il s'occupait déjà à recueillir les matériaux de ses ouvrages contre le catholicisme; il saisissait du moins toutes les occasions de répandre ses opinions , et il les développa dans d'assez nombreuses réunions, tant à Angouléme et à Poitiers qu'à Nérac , oà la reine de Navarre, Marguerite, sœur du roi François I", l'accueillit ave(^ distinction. La médiation de c*^tte princesse ayant apaisé la persécution dont Calvin avait failli être Tietimet il revinl en à Paris»

n'y fit qu'une courte apparition, et alla publier à Orléans son premier ouvrage de théologie pour combattre Topinion de ceux qui croyaient Pâme abandonnée à un état de sommeil , dans l'intervalle de la mort au jugement.

Cependant la persécution se rallumait; Calvin fut forcé d'aller chercher un asile en pays étranger. Il se dirigea Tcrs la frontière de Snfsse , et uneïois en sûreté à Bâie, il fît paraître, sous le litre d'Institution chrétienne, l'exposé de la doctrine de la reforme telle qu'il la concevait. Il avait d*a« bord écrit ce livre en latin; mais il en donna, dès la fin de 1533 , une traduction française. L'ouvrage était précédé d'une préface en forme de discours au roi tris ' ehrétten.

Dans ce morceau , l'un des plus éloquents de l'époque, il s'attache à repousser les accusations d'herésie et de rébellion portées contre les réformés de France, déclarant que leur unique ambition est de ramener à sa primitive pureté la religion du Christ. Mais, dans ee but, il repoussait aussi bien Tautorité des conciles que la puissance du pape ; il anéantissait le sacerdoce avec réjpiscouat , et rejetait comme des actes (Tidolâtrie les prières adressées aux saints et les honneurs rendus aux images. La simplicité du nouveau culte n'était pas, du reste , le moindre attrait qu'il offrît. On était porté à supposer qu'en purifiant la forme extérieure de la religion chrétienne , Calvin n'avait pas négligé d'en purifier aussi le fond. Jaloux de propager lui-même sa doctrine, le nouvel apôtre voulut sans doute aussi juger de plus près l'effet des coups qu'il venait de porter à la cour de Rome, et ce fot peut-être le motif du voyage qu'il fît à Ferrare en 1 536 ; mais, malgré le bienveillant accueil de la duchesse Renée de France, lille de Louis XII, il ne put songer à s'arrêter longtemps eu Italie. Le séjourde sa patrie nu lui présentait guère moins de danger.

Il ne lit qu'y passer, et se détermina à retourner à Bâle; mais comme la guerre lui tenait les routes de Ift

«Al. nuHGs* eu*

I^Mmfne, Il loi Idiot prendre pir la

Savoie.

Arrivé à Genève, il crut obéir à une injonction du ciel « en cédant aux instances du ministre Guillaume FareU qui réclamait sa coopération à h culture de cette portion de la vicne du Seijîneur, et bientôt il fut luiinéme proclamé ministre et professeur de théologie. Il avait alors vingt* sept ans. L'année suivante, il fit jurer au peuple une abjuration définitive du papisme. Les mœurs lui parurent alors appeler une réforme tout aussi urgente que celle de la croyance et du rite ; mais cette partie de sa tâche présentait de graves difficultés. Le rigorisme du réformateur soule?a une violente opposition à laquelle prirent part les premiers mêmes de la cité.

Le Jour ae Pâques lô3â, non contents de résister h un acte du synode de Lausanne, qui ordonnait remploi des azymes dans la célébration de la cène, ainsi que le rétablissement des fonts baptismaux et des fêtes que Calvin avait fait disparattref les uns du temple et les autres du calendrier, les ministres déclarèrent qu'eji raison du scandale des mœurs , ils ne pouvaient administrer la communion. Cet acte d'autorité détermina leur chute ; on ne leur laissa que trois jours pour sortir de la république. Ce lut en vain

Sue le oonsetf de Berne et le synode e Zurich intervinrent pour demander leur rcinstallation ; le vote des citoyens confirma l'arrêt des magistrats.

A Strasbourg , où se retira âl vin , la réforme lutbénenne comptait déjà dix ans d'existence; il y accepta une chaire de théologie au chapitre de Saint- Thomas, et ronde bientôt après une église française pour les réfugies, dont le nombre était déjà considérable. Pendant son séjour dans cette ville, en 1640, il publia le Traité de la sainte cène y dans lequel il s'efforçait d*éCablir une opinion intermédiaire entre celle de Luther, qui, prenant dans le sens lifterai les paroles du Christ , admettait la présence réelle, et celle du ministre de Zurich, Zwingfi , qui ne voyait dans le texte qu'une figure, dans les espèces

gu'uu «ytobcde. Usà

Calvin dédwra se ranger à ce dernier sentiment. Cest encore à Strasbourg

qu'il épousa îdtdette de Bure, veuve anabaptiste qu'il avait convertie à sa croyance. Il n*en eut qu'un fils et le perdit fort jeune. Le cardinal Sadolet, évêque de ('arpentras, l'un des hommes les plus vertueux qui aient liouoré la pourpre, crut voir dans l^éloignement de Calvin de Genève une circonstance favorable au rétablissement de l'autorité pontificale. Ses lettres au peuple génevois , combattues par les nabiles répliques du ministre exilé, n'eurent pas le succès que s'était promis le prélat. Ce triomphe du réformateur donna de nouvelles forces à son parti ; aussi , tandis quMI assistait avec l*ami et le disciple de Luther, Mélanchthon , aux conférences de Worms et de Ratisbonne, eut-il la aatisfiiction d'apprendre ^ue son arrêt de bannissement venait d'être révoqué à l'unanimité dans rassemblée du peuple de Genève»

Repi acé, en 1S4 1 , àla téte de son Église, Calvin songea à v asseoir plus for* tement une autorité qui avait été un instant méconnue. Il dressa donc un formulaire de sa confession et de la discipline ecclésiastique. Un consistoire fut établi, qui, investi du droit d'infliger les peines canoniques, jusqu'à Texcommunication tnc/u^û^emen/, devint bientôt un instrument redoutable pour les adversaires du maître. On vit alors ce tribunal nouveau, institué pour la conservation de^ bonnes mœurs et de la saine doctrine, dicter aux juges temporels les arrêts qu*ils devaient prononcer, et appuyer de la terreur des supplices lajseverite des censures. Calvin travailla ensuite à reviser avec les magistrats la législation civile. Ses anciennes études de jurisprudence le rendaient assurément propre à cette tâche; mais cette réunion des deux pouvoirs entre ses mains semblait donner raison à ceux qui le qualiliaient de pape de Genève, 11 senUiit bien lui-mêijic, quelque temps avant d'entrer dans l'exercice du pouvoir temporel, que ce n'était pas là le champ le plus digne de son ambition. Aussi, pour propager sa puissante in-

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. soins à l'organisation de cette école que devait diriger son ami Théodore de

Bèze, et favorisait-il en même temps de tout son pouvoir rétablissement de ces presses nombreuses , qui pouvaient si activement servir la raoondité de son esprit et de celui de ses disciples.

, Au milieu de travaux aussi nniltiplics, Calvin trouvait encore le temps d'entretenir une oorréspondance suivie avec la France , l'Angleterre , l'Allemagne, la Pologne. L'activité de cet homme était prodigieuse. On ne saurait sans injustice lui refuser non plus le mérite d avoir exercé, dans diverses occasions et à un haut degré, plusieurs des vertus du christianisme. C'est ainsi que, lorsqu'au 1645, la peste désola Genève, on vit le pasteur se multiplier, et exposer maintes fois sa vie pour la conservation de son troupeau ; et, à peu de temps de là, c'est à son utileintereession auprès des princes d'Allemagne, que les malheureux sectateurs de Vaido, échappés aux massacres de la Provence , durent un asile et de8protectetirs.Son désintéressement, la pureté de ses mœurs , la sincérité de sa conviction ne sauraient être révoqués en doute. Mais , si nous ne balançons pas à lui rendre cet hommage, sous quel jour pouvons-nous présenter la cruelle énergie avec laquelle il poursuivait ses adversaires? il avait commencé par les envelopper tous dans la désignation de libertins ; mais les injures, qui ne lui étaient du reste gue trop familières, ne pouvaient satislaire son dévot ressentiment. Le bourreau était, à cetteépoque, l'auxiliaire du prêtre ; et cet horrible sacriléi;e ne fut pas du nombre de ceux dont Calvin craignit de souiller son nouveau cuite.

Sans parler des rigueurs sans nombre que 1 homme de Dieu sollicita contre ses ennemis , pouvons-nous passer sous silence la mort de Jacques Gruet, qui fût décapité à Genève le 26 juillet 1547, pour ses écrits contre la réforme, et celle du médecin espagnol Michel Servet, qui y fut brûlé vif, le 27 octobre 1553, pour avoir attaqué le dogme de la Trinité? L'un des griefs consignés dans les motifs de l'arrêt rendu contre le premier) était d'a«

voir « mal parlé de M. Calvin ; » quant au second, eondamnéeomme hérétique

par les magistrats du Dauphiné sur des pièces livrées par Calvin lui-même,

11 venait cliercher un asile en Suisse quand il y fut arrêté. C'est par de tels actes que l'apôtre de Genève af« fermissait sa doctrine contre le principe même du libre examen auquel elle devait son existenee. . . .1 Le dernier acte important de la vie puUiaue de Calvin fut la mission qu'il remplit, en lâ5G, à la diète de Francfort, où il contribua à apaiser les différends qui s'étaient élevés dans le seindel*Église réformée. Les soins incessants qu'il s'était donnés , dès ses premières années, pour assurer le triomphe de la cause qu'il avait embrassée, avaient détruit de bonne heure une santé naturellement peu robuste. Les migraines, la goutte et la gravelle lui causaient depuis longtemps d*affreases souffrances, quand il mourut , le 27 mai 1664.

Calvin avait le visage pâle et sec ; son caractère était un mélange de timidité et de roideur; son esprit était aussi fin qu*actif, son style aussi vif que correct. A ceux de ses ouvrages dont nous avons eu occasion de parler , il faut ajouter des com* meutaires sur presque tous les livres delà Bible, de nombreux écrits do controverse , et une foule de sermons xlont beaucoui;) n'ont jamais été imprimés. L*édîtion la plus complète de SCS œuvres est celle de Genève , ea

12 volumes in-folio. Le dogme le plus saillant de sa doctrine est celui d'uno prédestination antérieure même à la prescience divine. Il le développa au chapitre xxi du 3' livre de son Instî' tution chrétienne, et l'on ne conçoit pas que la plume ne soit pas tomnée des mains du théologien quand il osa écrire ce blasphème que son Dieu, sans autre motif que son bon plaisir, avait destiné la majorité du genre humain à une réprobation étemelle!

Quant au libre arbitre, Calvin le croit anéanti par l'effet du péché originel : l'absence da mérite des oeuvres de riiomme en est le corollaire naturel.

C'est, cohime on voit, la doctrine du fatalisme passée dans rÉvaDgile. 11

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ii*y a donc pas lieu de Vétonner oue, pour en prévenir les épouvantables

Cons<^qiicnces , et assurer à la morale la protection qu'elle cherchait en vain dans son dogme , il ait ai souYent recouru à des mesures de violente ré- ^ pression !

Calvin, général de brigade, déploya la plus rare valeur, et concourut a la prise de Naples, en 1799. Le 6 décembre 1800, pendant la campagne d'Italie, ce général, à la tête de trois bataillons de la 24° légère et d'un escadron de hussards, oattit Tcnnemi qui avait voulu le surprendre, et fit prisonnier un escadron autrichien ; Calvin se fit remarquer de nouveau à TafTaire de Monsembano, sur les borda du Mincio; mais il fut tué à la fin de l'action.

> Calvinisme. Voy.CHiiisxiANiSMB

~èt SïCTBS BBLIGIBUaBS.

Calvinistes. — Avant de retracer

dans une rapide esquisse le rôle que jouèrent les disciples de Calvin dans cette lutte impie où s'entre-cboquèrent

f tendant deux siècles lea intéreta de a terre et du ciel , il convient de jeter un coup d'œil sur les circonstances à la fiÉveur deaquellea se développa l*héréaie qu i fut la cause on le prétexte de ce drame douloureux. Les scandales de Rome a valent comblé la mesure. Cen'é- ^ tait point assez que la cour pontificale 'étalât aux regards du monde chrétien cet ignoble tarif des indulgences, qui fixait le prix auquel on pouvait obtenir l'absolution de toutes les fautes, depuis la aimple rûptare dajeânejusqu'à Tinceste et au meurtre; un pape lui-même, l'impudique Borgia, Alexandre VI, avait souillé la soutane blanche dans la (ange dea vices les plua déboutée; et ce n'était pas en faisant un casque de la tiare de saint Pierre que le fier Jules II pouvait lui rendre la force morale que lui avait enlevée aon prédécesseur.

M'oublions pasd'aiileurs que l'ambition temporelle du vicaire du Christ avait

8 lus d'une -fois excité le ressentiment es princes de l'Occident avant que aa dictature spirituelle rencontrât l'oppo»

' sition des peuples. Soit que les désordres fussent descendus du chef auj. in-

férieurs, ou qu'îla fiiaieiit remontée

d'eux à lui , l'autel , dans toutes les

{)arties de la domination romaine, voiait d'autres mystères que céux du taliemacle; et encore le clergé n'avait-il pas toujours la pudeur d'en garderie aecret. Depuis longtemps, les populations étaient accoutumées à se moquer, dana de mordantes épigrammes, deaoéaordrea des serviteurs de Dieu. LlDdiffé* rence religieuse était devenue générale.

La voix de saint Bernard s'était perdue dans le désert quand il avait voulu prêcher la nécessité d'une réformation générale. Nous n'examinerons pas si, comme le dit Bossuet dans son Histoire des variai ioîis des églises protestantes^ cette mesure devait regarder la dlaci* pline ecclésiastique, et non la foi ; nous nous bornons à constater quelle était la disposition des esprits relativement aux quotiona reli^ieuaea, loraque la France vit se manifester les premiers symptômes de la réforme. En reparaissant chez nous avec tout l'éclat de la nouveauté, la pbilosophieet la littérature des anciens ouvrirent aux esprits un vaste champ d'étude , et leur imprimèrent en même temps une énergique activité. Ce qu'au douzième siècle le marchand de Lyon , Vaido , avait osé seul entreprendre , un appel à l'autorité du raisonnement, une loule d'esprits se trouvèrent disposée à le faire au seizième. Auaai , la querelle théologique, brusquement entamée nar Luther, avait-elle déjà excité en aeçà du Rhin une ardente sympathie lorsque Calvin parut. Nous liaona, dana V Histoire du calvinisme par le P. Mnirnbourg, que, dès 1520, les savants qu'avaient appelés d'Allemagne les univeraitéa françiiaea, y aemaient les doctrines de l'ex-augustin de Wittemberg, et qu'un évêque de Meaux, Guillaume Brissonnet (voyez ce nom) , contribua lui-même à rétâbliaaement de l'héréaie, en fixant auprès dé lui , pour l'aider a rétablir la police de son diocèse, plusieurs maîtres ès arts de l'université de Paris, au nombre desquels était ce Guillaume Farel , qui précéda Calvin à Genève. Ces hommes furent bientôt forcés de fuir, il est vrai, devant lea

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menaces du parlement, qui s'empressa force des armes dut suppléer à celle de de prendre en main la défense de la foi ; la logique. De là, les premiers conflits, imis le germe Qu'ils avaient jeté dans Mais les questions théologiques les consciences devait porter ses fruits, n'occupaient pas tellement les esprits et Tœuvre de la réforme allait être qu'elles étouffassent dans les cœurs tout continuée par une main plus puissante intérêt pour les objets étrangers au que la leur, salut. Les rivaux, dans les afiraires du Luther n'avait guère fait que dé- monde, exploitèrent donc au profit de truire, Calvin entreprit d'édifier. Théo- leur politique le zèle aveugle des anlogien jurisconsulte , il sut imprimer ciens religionnaires et celui des nouà son Eglise eette forle organisation veaux. De là, oette part si active prisa qiri<, 4ès l'oridne, en fit une puis^ dans la guerre des deux sectes par tout lance capable de porter l'alarme aussi ce que la nation avait de pjiissant ou bien sous l'iiermine royale que sous la d'ambitieux. Et enfin , comme le peuple , pourpre sacrée. François I** flotta avait été accoutumé à voir ses prineet miel^ temps indécis. Si , d'un côté, employer des troupes étrangères à la les conciles de Lyon , de Bourges, de garde de leurs personnes que ne pro- Paris , lui demandaient, en 1628, l'ex- té^eait plus assez la vieille majesté du termiuation de l'hérésie, de l'autre, trône, les calvinistes crurent qu'ils Henri vm le aollîcitait , en l&U , de pouvaient, à leur tour, appeler l'étransecouer, à son exemple , le joug ponti- ger au secours de leur foi qw'.ittafical. Mais le roi chevalier était lié par quaient les forces réunies du Louvre un concordat; et puis, les membres et du Vatican. Les alliés que compdu clergé ne lui payaient-ils pas bien taiant Tun et Tautre camps ne por* par leurs subsides le droit ae pour- talent pas tous, du reste, l'arquebuse suivre leurs nouveaux ennemis? Ce- et la cuirasse : car l'Italie avait lancé pendant le petit troupeau, nom par dans cette arène ses femmes et se$ lequel tes oamnistes aimaient à se dé« prêtres, et rAIIemagne , ses docteurs, signer, grossissait rapidement. II se Notre intentionn'estpasderevenir ici recrutait de gens de toutes les condi- sur ledétaildeces guerres; mais touten lions; d'hommes d'alise que la ré- signalantquelques faits particuiiersque forme affranchissait de vœux toujours le point de vue sous lequel nous consîgénants , quoique souvent enfreints, dérons la question ne nous permettaft et d'hommes d'épée dont l'exercice pas de négliger, nous nous attached'un culte persécuté piquait l'orgueil- rons aux résultats moraux bien plus leux courage; d'artisans qui voyaient au'aux faits eux-mêmes qui ont été sutdans la siniplieilé des formes de la nsamment exposés dans les AinrAus. nouvelle religion une sorte de sympa- Dès le règne de François P% et penthie pour leur pauvreté , et de nobles dant les premières persécutions, les caldames qui préféraient le naïf français vinistestrouverentunrelugedanslaJNades psaumes 4$ Marat au mystérieux varraet le midi de la Franœ , d'où, sorlatin de la Yulgate et de leurs Beures. tant aux premiers moments de calme , Mais il était évident que trop d'intérêts ils se répandirent dans tout l'ouest et se rattachaient à l'ancienne Eglise pour jusqu'au cœurdu royâume.Les rigueurs

fu'il fiât permis à la nouvelle de s^ét»* exercées contre eux ne les empêchèrent InreaM opposition ; et, d'ailleurs, les pas de dominer bientdtdans une foulede avantngps qu'nvaitdéjà obtenus celle-ci villes. François 1*"^ meurt; mais, touteo enflaient tro() l'orgueil de ses chefs pour armant eotitre le pape, Henri II requekurambiCioneecontentât d'un par- nouvelle^ en 1651, les édits de son <age. Les deux croyances durent , en père contre les hérétiques, et croit deconséquence, se disputer l'une à l'autre voir y ajouter l obligation d'un certifisinon les consciences, du moins les cat de catholicisme pour l'admission personnes ; et , comme les arguments aux charges publiques. Sous lui , queln'étaient tant réplique d'aucun côté, la quea léformes veidenit mettre l'espaoe

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des mers entre eux et leurs persécuteurs; et, en 1555, un fort parti d'entre eux , sous la conduite de Durand de Villef^agnon , va fonder sur la côte du Brésil, aux environs de Rio-Janeiro, une colonie que ne tarde pas à ruiner la mésintelligence qui se met parmi ses membres. En France, cependant, le parti prenait chaque jour de nouvelles forces. L'université était remplie de ses adeptes; et le Pré aux Clercs, où ils se ïeunissaient le soir pour chanter leurs psaumes, fut maintes fois le théâtre de rixes violenlesavec lesnioines qui revendiquaient la possession du lieu.

L*année suivante, les prétentions des calvinistes étaient devenues telles que leurs députés, assemblés à ^'antes, déclaraient constituer les états du royaume. En Provence, ils guerroyaient sous Paulon de Mouvans; en Dauphiné, ils avaient mis à leur téte du Puy de Montbrun; enûn, sous la protection de Coligny, on fiiisait pu- Dliqaement le prêche à Dieppe, au Havre et à Caen. Lors de l'assemblée des notables tenue à l^ontainebleau, on yft Pamiral réclamer la liberté du culte au nom de cinquante mille calvinistes de la seule p ovinrede Normandie. En 1661, les religionnaires avaient eo France plus de deux mille temples, et, dans leur fanatique aveuglement, ils se crurent si forts qu'ils osèrent sommer le jeune roi Charles IX , ou , pour mieux dire, sa mere, de faire disparaître ce 4iu*ils appelaient les monu* inentsde I idolâtrie catholique, c'està-dire, les images et les reliques des églises. Sur le refus qu'ils éprouvèrent, quelques-uns d'entre eux se chargèrent de commencer l'œuvre de destruction , et portèrent leurs outrages jus(^ue sur les hosties consacrées. Si ces imprudentes et sacrilèges démonstrations n'empêchèrent pas la régenta d'admettre leurs docteurs à la discussion solennelle de leur profession de foi à Poissy, elles contribuèrent sans doute à neutraliser les efforts tentés par les gens modérés des deux partis pour opérer une réconciliation, et la sanglante scéoe de Vassy finît par rendre imposriUe cet beuiém résultat*

Comme toutes les luttes religieuses, celles-ci furent cruelles dans leurs boslilités , perfides dans leurs trêves.

Les calvinistes firent expier aux catholiques leurs échafauds et leurs bûchers. Dans leur retraite, après la bataille de Saint-Denis, ils passèrent au fil de r^e la population de Pont-sur- Yonne, et quand ils eurent pénétré dans iSimes, après la déroute de Moncontour, ils massacrèrent lâchement le clergé de la cathédrale.. Les suspensions d'armes ne servaient qu'à faire prendre aux deux partis de nouvelles forces po u r d e no u ve 1 1 es a ttaqu es

A peine le traité d'Amboise, du 12 mars 1503, était-il signé, que tous les conseillers de la cour, à la téte des-

auels étaient les envoyés du pape et e l'empereur, en attaquaient la validité. Il n'avait d'ailleurs été enregistré (jue " par provision, et à cause de la nécessite des temps, » et cette horrible maxime s*était établie, qu*on n'était point engagé par un serment fait à un hérétique. En prenant, dans leur svnode gênerai de Lyon, rinitialive drune nouvelle levéede boucliers, les calvinistes pouvaient donc se croireeooore dans les bornes d'une légitime défense.

Les traités qui servirent de denoûments aux divers actes de cette grande tragédie, eurent cependant cela de reinarquable, que le parti calviniste, qui, surtout dans les derniers temps de la lutte, n'arrivait à des trêves que par des défaites, semblait pourtant avoir la plus grande part au règlement des articles, gagnant de plus en plus dans les transactions diplomatiques à mesure qu'il essuyait plus de pertes sur le champ de bataille, jusqu'au jour oij, par la sanglante exécution de \ > Saint-Barthélemy, les catholiques reprirent, le poignard à la mafn, les concessions successives que leur avaient arrachées leurs adversaires. Longtemps encore la lutte se prolongea. Les deux partis eurent leun alternatives de suc^ et de revers , et usèrent avec une égale cruanté de la victoire.

Enfin, le bras des bourreaux se lassa, lés haines ^assoupirent, et de nouvesox. événeiBe&tf rap^mdiàfent les iméréli.

lies calfinistes virent monter sui^ le trône un des leurs, et, s'ilslui gardèrent quelquerancuned'avoir penséque Paris valait bien une messe, ils n'en éprouvèrent pas moÎDS leseffets desa sympathie.

Malheureusement Henri IV passa les bornes d'une généreuse protection , et Tédit même par lequel il croyait assu- ?er la eoncorde renfermait le j^eraie de nouvelles divisions. Les calvmistes con«!tituèrentdans l'État un corps légalement reconnu. Une partie du territoire continua même à être, en leur fiiTear, aoustraità la juridiction royale; enfin, on sembla avoir opéré « le' rapprochement de deux peuples plutôt que la fusion de deux partis (*). » Les anciens adversaires des réformés ne leur pardonnèrent pas d'avoir obtenu des privilèges qui, suivant eux, n'avaient été accordés qu'aux dépens des leurs ; et quand Lonfs XIII eut succédé à Tau* teur de Tédit de Nantes , on entendit* aux états généraux de 1614, le cardinal Duperron assimiler les protestants à des condamnésdont le supplices seulement éprouvé un sursis. Il est juste d'ailleurs d ajouter que la longue période de résistance arméed'où les calvinistes sortaient à peine les avait mal préparés à la jouissance pai si ble des avantages qufils venaient d obtenir, et que, remuants et inquiets, ils menaçaient encore, du fond de leurs forteresses, la tranquillité de l'État. En 1631, époque à laquelle l'intérêt de leurs consciences ne pouvait plus servir d'excuse à leurs ambitieuses entreprises, ils voulurent, dans une assemblée tenue à la Kth chelie, dresser pour la France le pian d'une république fédérative divisée en huit cercles, ou plutôt de huit principautés réunies par le seul lien de la communauté de culte, et au'ils destinaient aux plus influents d'entre eux.

On ne sait pas quelles places ils réservaient aux catholiques dans cette organisation. Quoi qu*il ensoit, Aicbelieu, en renversant leur rempart, rendit vain ce dernier effort au fanatisme enté sur les débris de la féodalité.

C'était une baute politique, et non (*) De l'état du protestantisme en Franoe depuis k sdziène siècle, par Al Aignaii.

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un zèle inconsidéré, qui avait dicté la

conduite du cardinal ; aussi, après avoir abattu les forces du parti, respectat-ii les libertés de la secte. Mazaria suivit son exemple. Les calvinistes redevinrent citoyens, toute distinction entre les Français des deux croyances disparut un moment. La carrière des honneurs fut même ouverte aux réformés, et Ruihières, tlans ses Éclaircissements sur les causes de la révocation de Védit de Nantes, leur rend cet honorable témoignage , que les satires diriffées contre les financiers furent suspenaues lorsque les principaux emplois de la finance se trouvèrent occupés par des protestants, et plus tard, quand , par un retour d'intolérance , la carrière des fonctions publiques leur fut interdite, l'industrie , florissante entre leurs mains , paya généreusement à la patrie le resto de protection que le souverain continuait à leur accorder.

Mais, tandis que les calvinistes perdaient graduetlemeni la fiiveur momentanée dont ils avaient joui, un corps puissant , par une gradation contraire, ,s'était élevé dans l'Église et dans l'État. Satellites avancés du chef romain , les en&nts de Loyola épiaient en France le moment de frapper l'hydre de l'hérésie. Ils avaient obtenu 1 oreille d'un vieux monarque, qui avait vu s^évanoulr ses gloires terrestres, et s'étaient assurés de l'active coopération de la calviniste convertie qui partageait la couche royale.

Leurs prédicateurs tonnaient contre les réformés , qu'ils n'appelaient qjue les portes de l'enfer et les prostituées de Satan. En 1682, la frauce venait dimmîlier Rome par la déclaration de son clergé. Peut-être fut-ce aux yeux du roi une obligation de plus de donner à la chrétienté une éclatante preuve de sa foi. La conversion des hérétiques fut la pieuse victoire que l'on offrit à son zèle. La Chaise, Letellier et Louvois en répondaient. Il n'y eut pas de séductions mondaines qu'oa n*ofMt aux calvinistes pour qu'ils consentissent à se laisser engager dans le chemin du salut* Mais on trouva bienf

L'urovEas.

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tôt que <a voie de la persuasion ne menait pas assez vite au but. Hâtonsnous d'ajouter pourtant que le zèle religieux n'animait pas seul Louis XIV.

Depuis longtemps, le patriotisme des calvinistes s'était elïacé devant leurs sympathies religieuses; dans la lutte de la France contre la Hollande, leurs vœux n'avaient pas été pour la mère patrie; ils^ entretenaient des intelli-

Sioes coupables avec Tétranger (voyez MiSAiiDS etCÉVBNNBS), quî comiv tait sur leur appui, et qui les avait même décidés à se soulever dans plu- 8îeiin provinces. A la veille d une guerra contre l'Europe entière, devaiton laisser dans le pays une secte nombreuse et lîostile qui pouvait, riche comme elle l'était, laire une diversion dangereuse, et porter de nouvelles atteintes à l'unité et à l'indépendance nationales? On se décida donc à frapper un grand coup, et Louis XIV, en 1685 , déchira l'éait de son aïeul. Mais, on doit le reconnaître, si sous le rapport politique cette mesure était nécessaire , sous plus d'un autre rapport die eut de graves inconvénients.En employant Il force, disons-le, la violence, pour faire rentrer au bercail des brebis égarées, la France livra à l'étranger cinq cent mille de ses plus utiles citoyens. En vain , sous des peines sévères, l'émigration fui-eile défendue: les manufactures se dépeuplèrent; Schomberg loua son épée aux Anglais, et un autre réfugié alla préparer diez eux cette machine , à juste titre nommée infer' nale, qui faillit , en 1693, détruire Saint-Malo. I^ous conviendrons encore que les moyens de conversion employés par Louis XIV lurent odieux, et que les dragonnades seront une honte éternelle et pour ceux qui les ordonnèrent, et pour ceux qui ne rougirent pas de les approuver. Qui oserait dire aue c'était le seul moyen à employer à 1 égard d'une secte qui avait donné à la France Turenne et Duquesne, et qui pouvait présenter à restime de ses compatriotes des hommes tels que Ramus, le restaurateur de la philosophie en France; le sculpteur Jean Goujon ; Ambroise Paré , le premier

chirurgien de son siède; les Estienne; Olivier de Serre, le pèré de Tagricultùre française ; Joseph Scaliger, un d«f

plus savants hommes de son temps; Bernard Valissy, le créateur de la chimie industrielle, et l'énidit Basnagei

Une fois rentré dans la voie det rigueurs, le pouvoir poursuivit par tous les moyens la tache qu'il s'était imposée. Ainsi, une déclaration de 1688 frappa de bâtardise les enfants des calvinistes qui n'avaient point abjuré. Privés de la jouissance de leurs temples et du ministère de leurs pasteurs, leurs pères avaient été réduits à aller faire consacrer leurs mariages os désert y c'est-à-dire, dans des réunions qui se tenaient dansquelqtie lieu isolé où Ton espérait tromper l'œil jaloux des persécuteurs, mais qui, plus d'une fois , furent dispersées par le fer et le feu. Quand, traqué dans les campagnes comme dans les villes , le calvinisme se fut réfbgié derrière les pics des Cévennes, l'impitoyable Louvois y donna à la France épouvantée lespectaçle d'une Saint-Barthélemy uroloncée.

Sous Louis XV, ce pnnee £nt la foi s'émut en découvrant une protestante parmi les filles de son sérail , on vit le parlement de Grenoble condamner, en 1747, trois cents calvi-.

nistes, les hommes aux galères , et les femmes à la réclusion; et dans ce même dix-huitième siècle, au sacre de Louis XVI , Turgot ne put faire rayer du formulaire que devait jurer It roi , le serment a'exterminer les hérétiques. Hâtons-nous d'arriver à des actes plus éclairés et plus humains.

Malesherbes , dans un chaleureux mé^ moire présente en 1785, réclama l'état civil pour les protestants. Ce droit leur fut accordé, sur le rapport du baron de Breteuil, et l'édit fut enregistré dans la séance royale de 1787.

La révolution de 1789, en proclamant le principe de la liberté des cultes , rendit enlin aux calvinistes tous les droits qu*ils avaient perdus. Depuis 1802, le culte calviniste est officiellement reconnu par l'État, qui en salarie les ministres. i>a confession de foi, qu'on regarde coma» sa règle,

T. lY. 8* livraison, (Dici. encycl. , etc.)

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fut rédîgéc dans le synode tenu à la Rochelle eo tô71; mais le temps à apporté des tnodifiettlom il l'œUTfè du reformateur. La conduite des disd* pies de Calvin se distingue aujourd'hui par cette tolérance dont nous avons vu qu'il était si éloigné lui-même, et ptr ce doux enseignement moral que nous avons signalé comme l'élément qui manquait le plus à sa doctrine. Les ministres réformés de France ne sout plus orthodoxes, fl eet nai, aux 3reut d'un bon nombre de leurs coreligionnaires de l'étranger, qui trouvant trop de morale et pas assez de dogme dans leon instnieifons, 1m accusent de tendre à abandonner la loi évangélique pour les sini[)les préceptes de la raison numaine. C'est une question qu'il ne tious appartient pas de décider. Nous ti*iron8 pas non ptus reehercher jusqu'à quel point on peut reconnaître les cent erreurs que reproche aux calvinistes le P. Oaultier daus sa chronique , et à pliiÉ Ibfte raison les quatorse cents que leur impute le P. François Fenardent dans sa Theomachia caboi/^ Hisia,

Houe croyons d«¥o(f terminer cet article par quelques mots sur les diffé-^ rentes dénominations qui ont servi à designer en France les partisans de la réfi^me de Calvin. Le terme généri« que de protestants , le plus en usage aujourd hui , mais qui s'npplique à une fouie de sectes différentes, leur a été donné par suite de la protestation que firent, en 16M, les réformés contre la diète de Spire, qui voulait déférer à un concile le jugement de leur doctrine.

Celui de huguenots, que Ton employa presque exclusivement pendant les guerres de religion dii seizicms siècle, et que l'on écrivit d'abord égnotsj vient de l'allemand £id-genosseriy qui signifie allié par serment. Il désigna d'abord , selon Maimbourg, les Génevois qui s'étaient réunis aux habitants de Fribour^ contre le duc de Savoie, et ne s'appliqua exclusivement aux clilvinistes que quand ceuxci furent devenus le parti dominant à Genève. On eniploya encore le nom de sacrametUaires^our désigner ceux des proleftNiti qui* comme lit sviii-

gîiens et les calvinistes , adoptèrent le sens figuré dans l'explication des paroles sacramentelles de l'eucharis^e.

Caltisson, petite ville du département du Gard , à douze kilomètres de INimes ; population , deux mille six cent quatre-vingt-douze habitants. Cette ville, qui était autrefois une des vingt» deux baronnies des états de Languedoc, fut érigée en marquisat en 1644.

Camail. — Vêtement ecclésiastique qui doit son origine à la chape des anciens temps , ou tout au moins au ca-

{)uchon des moines. Ce ne fut que vers a Ûn du quatorzième siècle ou au commencement du quinzième, mie les cfaa* .

hoinea et les autres ecclésiastiques commencèrent à s*en revêtir. Un concile tenu à Bâie en 1435, un concile provincial , pour le diocèse de Reims, tenu à Soissons on 1456, et les conciles provinciaux de Sens , en 1460 et en 1485, défendirent nux chanoines de porter le cainail pendant les offices divins; mats un autre concile provincial du diocèse de Sens, tenu à Paris , eil 1528, ayant révoqué cette défense, tous les gens d'Église ont porté, depuis ee temps, le camail à réglise, sauf quelques clercs réguliers dans le temps où il y en avait. On lit dans nos vieux historiens que les chevaliers avaient, en mailles de fer, une armure de téte que Ton appelait camail, ou mieux ^ cap dp mail/es. Il est à présumer que c'est de là que vient, sinon le camail des gens d Église, du moins le nom ^ue porte ce vêtement.

Camaldules, ordre d^ermttes. soumis à la reglp de Snint-Benott, fondé vers le dixième siècle par saint Konnualdfgentiihommede Ravennes, dans la solitude de Camaldoii, au milieu des Apennins. Ces religieux portent l'habit blanc, la barbe longue , et sont chaussés de sandales. Ils av^dent six maisons en France avant la révolution.

Celle de Grosbois (Voy. ce mot), où ré$idc:it le supérieur général, était la plus considérable.

Camabaub (la), Camarla^ ou Di«

sula de Camaricis , grande île forméO

Êar les deux branches principales du ihône à son embouchure. Cette lie viUages, un grand nom*

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