I.a reine et le comte d'Artois, aupara
vant ses soutiens chaleureux, entraînés par l'archevêque de Toulouse, qui briguait la place dfe contrôleur général, l'abandonnèrent aussi. Néanmoins « Calonne résista encore quelque temps.
Il réussit même à faire disgracier un de ses plus grands ennemis , le garde des sceaux Miromesnil ; mais le lendemain même du jour où il obtint cet avantage, le roi, pressé par les représentations des notables, envoya M. de Breteuil lui demander sa dériîission.
La haine de ses ennemis ne s'en tint pas là. Louis XVI fut contraint de lui retirer le cordon du Saint-£sprit et de l'exiler en Lorraine.
Quelque temps après, Calonne passa * en Angleterre, et engagea de là , avec INecker et les par iements,une polémique dans laquelle il mit beaucoup d'esprit et de grâce, mais il ne pût jamais, malgré tous ses efforts , convaincre personne de l'intégrité de son administration. Il épousa à Londres la veuve de . M. d'Harveley, qui lui apporta en dot une grande fortune. Lorsau'en 1789 les états généraux s'assemblèrent, Calonne se rendit en Flandre dans le dessein de s'y faire élire; mais la nation était animée alors de sentiments trop purs pour faire choix d*un tel mandataire. Le refus (]u'elle fit de ses services l'engagea à écrire contre la révolution. Il devmt l'agent du parti de Coblentz, qu'il servit avec beaucoup d'activité, et auquel il sacrifia toute sa fortune. Après que les événements de la guerre eurent ôté aux Bourbons tout espoir de rentrer alors en France, il retourna à Londres, où il composa quelques ouvrages politiques. Calonne ayant à se plaindre du parti qu'il avait servi avec tant de zèle, et dont il s'etnit attiré la défaveur par la publication de son Tableau de PEurope en novembre 1795, sollicita, en 1802,1a permission de revenir dans sa patrie. Napoléon la lui accorda ; mais il mourut ui^ mois après son arrivée, le 80 octobre 1802, laissant la réputation d'un homme detaUnt, mais sans conviction et sans
CAL
caractère, Naturallement l^gor* Ca-
Ion ne voyait diffidlenient te coté profond des choses ; aussi sembla-t-il se jouer des graves difficultés contre les-
?uelleâ la royauté eut à lutter avant eifilosioD df la révolution. Sa tro|> grande confiance dans son habileté pour les tours d'adresse lui fit croire qu'il suffisait de louvoyer pour échapj^er à tous lea écueils ; mais ayant ▼ouki tromper tout le inonde , il tomba de- . vant le mécontentement général. On • trouvera dans nos Annales des renseignements positift à cet égard.
Galonné a publié plusieurs mémoires sur les finances etsurdiversesquestions politiques, qui sont écrits avec beaucoup d'élégance, mais dans lesquels se retrouvent tous les défauts de son caractère. On a en outre de lui : Correspondance de Necker et de Colonne.
.1787, 10-4**; Réjwnse de Colonne a téerUde Necker, in-4% Londres, 178S; Note sur le mémoire remis par NeC' ker au comité de subsistances, Londres, 1789 i De l'état de la France le/ qu*U peut et tel pt'U doU être, Londres, 1790; Observations sur les finances, in-4", Londres, 1790; Lettres d'un ptU)Ûciste de France à un pubttcittede F Allemagne y 1791; quisse de fétat de la France , in-S", 1791 ; Tableau de P Europe en novembre 1796, Londres, iii-8°; Des Jinamm publiques de la Fremeey in-8«, 1797; Lettre à rauieur des Considérations sur les affaires publiques, in-S», 1798. On lui attribue aussi un lYaUé de la pûàce pour tÂugkterre; une Réptmte à Montyon; et enfin des Remarques sur l'histoire de la révO' lutUm de Russie par Ruihiére.
Calotts (régiment de la). Au oommencetnent du dii-fauitièiiie sièele,
âiielques beaux esprits de la cour, tous une humeur satirique et railleuse, dans le but de châtier par le ridicule les écarts de conduite , de style et de langage qui parviendraient à leur connaissance, formèrent une société qu'ils nommèrent le Régiment de la calotte^ et le composèrent uniquement de per^ sonnes distinguées par la singularité
ée leurs discouM oudakiiraactioak
Pour prouver qu'ils ne s'éparomtet
pas plus qu'ils n'épargnaient Tes autres, ils s'inscrivirent les premiers sur le registre matricule de ce corps fantastique, et élurent un des leurs pour son général. Bientôt il n'y eut dans la vie publique, dans la vie privée, dans les œuvres de l'esprit, rien qui fdt à l'abri de la mordante critique des chefs de cette singulière milice, qui a^ait ses étendards, qui fît frapper des médailles, et trouva des poètes pour mettre en vers ses arrêts burlesques.
Quand un homme avait tUtou dit une sottise, on lui donnait «m calotte, c'est-à-dire, qu'on lui décochait une éjpigranirae bien acérée qui le couvrait qe ridicule, ou bien on lui envoyait un brevet de caldttiny et il était censé faire partie du régiment en qualité d'extravagant. Une fois le roi demanda à M. de Torcy, exempt de ses gardes du corps, et général da la aakitte, a*il ne ferait pas un jour la revue de son régiment. « Sire , répondit Torcy, j'y ai « pensé plus d'une fois ; mais il est si « nombreui que j*ai toujours craint « qu'il ne se trouvât personne pour le « voir passer. » Sous le nom de calottes et de colottines , il partit de cette société un grand nombre de pièces dont on a recueilli et publié les meilleures. Ces pièces ont eu quelquefois beaucoup |>lus pour but de satisfaire .
desanimoeités particulières que deseï^ ' vie à la correction des mœurs publîoues. Voltaire, qui lui-même est appelé, dans Anti-motidain y cher calottin de la première classe, se plaint amèrement, dans une lettre de 1746, d'une calotte que Ton nvait faite contre M. et M""* de la Popeliniere , pour prix de fêtes qu'ils avaient données» , etauz- ^elies n'avaient probablement pas été conviés lesofûciersdu régiment. Après avoir été , pendant plusieurs années, une puissance, le régiment de la calotte mourut tout doucement; mais en disparaissant du monde if légua à des gens d'esprit, qui devaient venir plus tard , l'idée de l'ordre de VÉteigmir et de celui de la Girmb^, dont lea fondateurs , pendant les neuf mois de
ia pnomiàDefeitauratiott, itotgilMiàtant
taQt de brevets d*obgQii|aiktiiiii^ et
d*înconstance politique.
Calvados, çliaioe de rochers, ainsi nommée, dit-on, du nom d*un vaisseau • es|Nignol qui y fit naufrage. Ce rocher,
qui couvre toute !a côte de l'arrondisseinent de Bayeux , est situé à deux kilomètres environ de la terre, et a vingt- trois kilomètres de longueur.
Calvados (département duV Ce département, formé de la ba^se INormandie et des diocèses de Lisieux et d'Évreux, doit son nom au rocher du Calvados, qui s'étend sur une partie de ses côtes. Il est borné au nord par la Manche, à Test par lè département de rSure, an sud par celui de l*Orne, et h l'ouest par le département de la Manche. Sa superlicie est d'environ cinq cent soixante-deux mille quatre- ▼in|t-treize hectares, et sa population de cinq cent un mille sept cent soixantequinze habitants. Il a pour chef- lieu Caen , est partagé en six arrondissements, ou spus- préfectures (Caen, Bajreux , Falaise , Lisieux , Pont-l'Évéque et Vire), et en trente-sept cantons. Il renferine huit cent neuf communes. Son revenu territorial estéva* lué à 35 millions SOO mille francs. Il fait partie de la 14' division militaire, de la lô' conservation forestière, ressortit à la cour royale de Càen,et forme le diocèse de Bayeux. Il envoie sept dé* «putés à la chambre.
Boisrobert , les frères Boivin , Brébeuf, Alain Chartfer, lemarécnaido Coigny, Daléchamp, Tannegui-Lefêvre, Iluet, évcqtic d'Avrancbes, Maltilastre, Malherbe, Jean Marot, père de Clértient, secrétaire de la rdno Anne de Bretagne; Mezerai,lejésu{telPorée, Sarrazin, Segrais, Touret, le marquis de Laplace ,'^VauqueIin , les généraux Decaeu et Lafosse, etc., sont nés dans le département du Calvados.
C4.LVET (Esprit Claude François), médecin et antiquaire, né, en 1728, à Avignon, où il étudia la médecine et fut reçu docteur açréeé, en 1745; fi passa ensuite un an à I croie de Montpellier et se rendit, en 17.50, à Paris, pour y continuer ses études médicales.
A Boa jretQiir à Avignon, il ouvrit à ia
CAL n
faculté de médecine un cours de physiologie, qui fut très-fréquenté," et fiit nommé, peu de temps après, médecin en chef des hôpitaux. Sans iiégliger les devoirt de son état, il cultivait l'his* toire naturelle et l'archéologie; un Mémoire sur les tUricuIaires de Ca- ▼aillon, qu'il présenta, en 1765, à TAcadémiedes inscriptions et belles* lettres, lui valut le titre de correspondant de cette société. Il mourut à Avignon, en 1810, dans sa quatre-vingtdeuxième année; il. avait conservé l'usage de toutes ses facultés morales et avait composé, trois ou quatre ans auparavant, sa propre biographie; le 10 janvier 1810, Six mois avant sa mort, il écrivit son testament olographe. Ce dernier acte de Calvet est à la ibis un monument de sa reconnaissance envers sa patrie, de ses sentiments religieux, de sa modestie, de sa bienfaisance et de l'originalité de son caractère. Comme il n'avait que des oollatéraux fort éloignés, il légua k U ville d'Avignon, pour être mis à la disposition du public, sa bibliothèque, sa collection d'histoire naturelle, et sortoiit son eabinet d'antiquités, U plus riche qu'il y ait en France, après celui de la bibliothèque royale. Pour subvenir à l'entretien, à Vaccroisseinent de sa bibliothèque et du musée, ainsi qu'aux traitements des fonctionnaires chargés de leur conservation, Calvet donna à la ville tous ses bieusfonds, rentes et capitaux; il laissa, m outre, à régUae, cathédrale, un basrelief en arj^ent et un christ en ivoire; une pension perpétuelle de soixante francs par mois an vieillard le plus 8çé d* Avignon, saiis distinction dnétat m de sexe ; une rente de deux cents francs au paysan qui aura le plus d*enfants vivants ; deux cent quarante francs par an au jardin botanique d'Avignon ; cent francs pour un prix annuel de dessin, etc., ètc. Il demanda à être enterré sans cérémonie, même sans cercûell, à être seulement mis dans tin sac et porté par quatre pauvres cultivateurs, vêtus de leurs habits de travail, etc., etc. On doit à Calvet, outre plusieoia ouvrages do nédoclnèt
u CAL L'tDflOVERS. CAL
une Dissertation sur m momment cription : CITITAS calvi sbmpeb
skiçuller de$ lOiieMim CofioU-] fibslis.
Ion, où Ton éclaircit un point impor* Les Anglais assiégèrent Calvi au tant de la navigation des anciens, commencement de juin 1794. La gar- 1766, in-8% figures; un Mémoire sur oison fut puissamment secondée par deux intcrtpaùns grecques dans Ib les citoyens les femmes même se flgenrê érotique. Magasin encyclopédi- rent remarquer par leur courage en que, 1802,1,154; et deux' lettres à portant des munitions sur les remparts M. de la Tourette , 5ur f'a»266 cfu et en travaillant aux fortifications cheval de bronze, trouvée dam la dans le moment te plus terrible du Sa&ne en 176C. On conserve, dans bombardement. Apr» one longue et son musée, six volumes in-folio ma- opiniâtre résistance, gui réduisit la nuscritS; contenant tous ses ouvrages garnison à deux cent soixante boaanies, sur Ja médecirre, Thistoire naturelle, et après avoir vu les Anglais occuper la philosophie, les antiquités et la nu- le fort Mozello, Calyi se rendit faute mismatique. Millin avait distingué, de vivres. Les habitants abandonnèdans ce recueil, un Spicilegium ins- rent aux Anglais les restes méconnais* criptionum antiquarum, et il expri- sables de leur cité et s'embarquèrent me, dans son f^oyage dans lesdépar- pour Toulouse. En 1795, les conqué* t^ments du Miai , le désir que le tes du général Bonaparte en Italie engouvernement se charge de la publi- couragérent les Corses à secouer le cation de cet ouvrage. joug des Anglais ; Calvi fut repris et Calyi, Ton des cbefs-lienxde sons? ses habitants rentrèrent dans leur papréfecture du département de la trie.
Corse, place de guerre de seconde Cette ville, dont la population est
classe. La fondation de cette ville est aujourd'hui de trois mille deux cent
due aux guerres cifiles qui, dès le trei* quatre-vingtdeox habitants, n*of&a
zième siècle, désolaient la Corse. Vers a*ailleurs aucun monument remarqua-
l'an 1268, Giovanninello, de Pietra- ble. Ln caserne, qui est l'ancien palais
Allerata, faisant la guerre à Giudice des gouverneurs génois, et l'église, où
délia Booca, seigneur de toute l'île, Ton voit le tombeau de- l'ancienne fk-
vint se fortifier sur la hauteur où est mille Baglioni, offirent seules quelque
aujourd'hui Calvi : il se retira ensuite; intérêt.
mais ce lieu continua d'être habité. Calvi (combat et prise de). Une Postérieurement, les Avogbari, sei- colonne napolitaine, battue le 6 décem-* gneurs de Nonza, y furent appelés et bre 1798, à Otricoli, se retira sur les continuèrent à y dominer jusqu'au hauteurs de Calvi, petite ville de la moment où les habitants se soumirent terre de Labour, à 12 kilomètres de aux Génois, aux mêmes cofiditions Capoue. Cliampionnet fut instruit que <|ue ceux de Bonifacio. Les troupes le général Mack avàit pris position è (l'Alphonse, roi d'Aragon, crnipèrent Cantalupo, pour tenter de couper les momentanément Calvi. Du temps de communications des divisions fran- Heuri II, Tarniée combinée des Turcs caises. Afin d'arrêter cette entreprise, etdes Français enleva le siège, événc- Ôhamploniiet donna ordre au gément regardé alors comme un prodige néral Macdonald de faire porter la opéré par un crucifix qu'on avait, la brigade du général Mathieu sur Calvi, veille, planté sur les remparts, et qu'on celle du générai polonais K.niazewitz a depuis appelé le crucifix des miracles, sur le même point par Magliano , La ville . de Calvi ne prit jamais tandis que le génial Lemoine départ aux mouvements insurrectionnels boucherait sur Calvi par Contigliano. de l'intérieur contre les Génois. Pour Ce mouvement, bien combiné , fut reconnaître et encourager cette inao* exécuté av«e une grande précision; tion, le gouvernement génois fit placer toutes les colonnes se mirent en mapiur la porte de la citadelle cette ins- che dans la nuit du 8 au 9 décembre»
CAL FRAJ
et s'avancèrent par des chemins faneeui au milieu cPune pluie bonrible. A la pointe du jour, les troupes de Macdonald arrivèrent devant les hauteurs de Calvi. Après un combat très-vif, Tennemi fut jeté dans la ville et cerné. On le lomma de se rendre, et après uelques pourparlers la garnison, forte e cmq mille hommes, se recounut prisonnière.
Càlyibes (Charles-François, marquis de) naquit à Avignon, en 1693, entra dans la carrière militaire et parvint au grade de lieutenant général; il se retirs en 1755, après quarante-quatre ans de service, oans son château de Vezenobre, près d*Alais, où il mourut, en 1777. II avait été reçu, en 1747, membre honorsirederAcMémie royale de peinture. Il a laissé en manuscrits plusieurs mémoires sur les antiquités a* Arles, de fltmes et d'Orange. On a publié de lut, après sa mort, un Aecueil de fables moerâeMf 179S, in-18.
Galvièbes (le baron Jules de), né à I^traes, vers 1775, ne sortit de l'obscurité qu*à la seconde restauration. Il figura, en 1815, dans Parmée du duc d^lngouléme, et contribua, avec le comte Charles de Vogué , à soulever la population des environs de Beaucaire el de Ntmes en faveur de la cause t royale. Entré dans cette dernière ville à la tête de quelques usiniers de paysans , il y prit le titre de préfet provisoire. Sioos son administration éclata l'horrible réaction populaire qui se perpétua d'une manière si affligeante sous son successeur d' Arbaud Jouques. M. de Calvières fut nommé memnre de fa chambre des députés par le collège élector<il du Gard, séant à Nîmes, deuxjours après que cette ville eut été ensanglantée par le massacre de seize personnes, qui furent portées en plein jour à la voirie, sur le fatal tombereau qu'escortaient Traistaillons et Trupnémy. 11 fut une des têtes ardentes de la chambre kUrowable, où il applaudit à la proposition de son compatriote, M.
de Trinquelague , réclamant une amnistie pour les assassumU politiques qui avaient pu être oomm» dans les d^rtements méridionaux ou dans