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sitions étaient bienveillantes, et il eut plus d'une fois Toccasion de montrer qoe ses affections et ses compassionf pouvaient s'étendre des individus aux niasses, en sorte qu'il répandit ses bienfaits sur les peuples, comme il les avait répandus (Tabord sur les oourti* sans ; mais pendant lon[;temps sa douceur ne parut procéder que de faiblesse et de nonchalance. Cédant moins à Tainitié qu*à l'habitude, il s'abandonnait à un favori par qui il se laissait gouverner, à qui il ne savait rien refuser, et qu'il ne paraissait cependant pas regretter un seul jour quand il le perdait. Longtemps exilé de sa capitale, il ne chercha point à la remplacer par quelqu'une des autres grandes villes de ses Etats. Il évitait toutes les villes, il fixait son séjour dans quelque château, dans quelque site champêtre ; il 8*y dérobait autant qu'il le pouvait avec ses maîtresses , aux yeux de sa noblesse, à ceux des bourgeois, à ceux des soldats , et il y oubliait les affaires publiques et les troubles de son royaume (*). » Cette indolence deDiarles VU fut longtemps le plus grand obstacle aux succès de ses armes , et ses mauvaises mœurs choquèrent toujours l'opinion publique. On peut en juger par le passage suivant œud auteur contemporain : » Charles, ,ains a qu'il eut paix au duc de Bourgogne, • menoit moult sainte vie , et disoit « ses heures canoniaux. Mais depuis « la paix faite audit duc, jà soit ce qu'il « continuastau service deDieu,il s'ac- « quainta d'une jeune femme venue de « petit lieu nommé Agnès , laquelle , « depuis, fut appelée la belle Asnès, « laquelle menoit un plus grann état « que la reine de France ; et se tenoit « peu ou nésnt kidite reine IVIarie « avec le roi Charles, combien qu'elle 'V fiU moult bonne et très-humble « dame , et , comme on disoit , moult « sainte femme. . . . Après laquelle « belle Agnès morte , le roi Charles « acquainta en son lieu la nièce de la- « ditebelle Agnès, laquelle étoit femme « mariée au seigneur de Villequier, et
O Wstttite du Frmfmt, t UH, p. zo.
a se tenoit son mari avec elle ; et elle « étoit bien aussi belle que sa tante ; « avoit aussi cina ou six demoiselles « des plus belles au royaume, de petit « lieu , lesquelles suivoient ledit roi « Charles partout où il aiioit, et étoieot « vêtues comme reines (*). .»
Charles VII (monnaies'de). — Les monnaies de Charles VII sont toutes semblables à celles de Charles VI; ce sont des éeus tTor, ôesjranei à eke»
val, des royaux, des moutons, des chaires, des gros, des blancs, des tournois, des poieux, des liards, etc., œ qui niit qu'il est fort diflictie de savoir auquel de ces deux princes il faut attribuer les espèces du quinzième siècle, marquées du nom de Charles.
Mous ne reviendrons pas ief sur les espèces d'or du règne de Charles VII; nous en avons parlé avec assez de détail dans l'article que nous avons consacré aux monnaies de Qiarles VI.
IVous nous contenterons de dire id quelques mots des espèees d'argent et de hillon.
Outre les blancs marqués de trois fleurs de lis et de Técu de France, couronnés ou non, on attribue encore à Charles VII des pièces marquées d'un K, accosté de ileurs de lis et surmonté d'un diadème, d'unéeusson de France placé entre trois demicompas, et accosté de trois couronnes ou d'une couronne et de deux briquets.
Sur d'autres est figurée une grande croix, dont l'intérieur est orne d'une fleur de lis, et qui est contournée des lettres frac. Ces dernières pièces furent fabriquées à Toumay au commencement du règne de Charles VII , à l'imitation des plaques de Philippe le Bon, qui avaient cours en Flandre. Les petits tournois présentent tantôt des fleurs de lis et un K, tantôt trois fleurs de lis et une couronne, et d'autres combinaisons du même genre.
Charles VII, n'étant encore que dauphin , fit frapper des monnaies au nom de son père, et afin de les distinguer, il faisait mettre à la fin de la
(*) Jacq. do derq, t. Xnr,e. »9,p* sSi •
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légende la première lettre du nom de la ville où la pièce avait été monnayée : ainsi les monnaies d'Orléans portaîenf un 0, celles de Cliinon unC, celles de Loches un L, celles do Bourges un B.
JLes pièces sorties de ce dernier atelier sont surtout remarquables, en ce que l'une d'elles porte Bitvb en toutes lettres. C'était le fameux Jacques Cœur
aui dirigeait alors Patelier monétaire e Bourgçs, et Ton appela de son nom, gros de Jacques Cœur, les pièà»
ainsi marquées. Puisque nous avons parlé des lettres que Charles VII introduisit dans la légende pour distinguer les ateliers monétaires, nous dirons aussi en passant que c'est sous le règne de ce prince , ou sous celui de son père, que s'introduisit la coutume placer sous les lettres de la légende des points nommés poMs secrets, servant à faire reconnaître de quel hôtel des monnaies sortait telle ou telle pièce. (Vojez , au surplus, l'art. Mabques monetaibbs.) Lrà malheurs qui afflij^èrent le royaume pendant la régence de Charles VII le forcèrent plus d'une fois à altérer les monnaies; ce ^rent ces circonstances qui, nous Tavons dit, déterminèrent aussi Charles VI et le roi d'Angleterre, Henri VIII, a faire frapper des saluts d'or; mais dès 1439, lorsque Charles VII monta sur le trône, il revint à la forte monnaie, et depuis cette époque il n'altéra plus les espèces.
CHiUii.Bs VIII, fils de Louis XI et de Charlotte de Savoie, né à Amboise le 30 juin 1470, succéda à son père le 30 août 1483. Sa sœur, Anne de Beaujeu, gouverna le royaume pendant sa minorité, et elle prouva, par sa fermeté et son énergie, qu'elle était digne d'être la fille de Louis XI. Le jeûne roi commença seulement à l'âge de vingt ans à régner par lui-même.
Nourri de la lecture des romans de chevalerie , Charles Vill n'aspirait ou'à imiter les prouesses de Roland , de l'Amadis des Gaules et des paladins de Charlemagne. Une occasion se présenta. Louis le Maure, menace [)ar le roi de Naples, appelait les Français en Ithlia. iQharies ViU résolut de profiter
CttA
de cette circonstance pour faire revivre les droits de la maison d'Anjou sur le royaume dis Kaples, dont if së
prétendait l'héritier légitime. Déjà même il rêvait la conquête de Constantinople, l'expulsion des Turcs et le rétablissement de l'empire romain d'Orient.
Avant de quitter la France, il se hâta de signer avec ses voisins des traités funestes, pour acheter leur neutralité. Qu'importait au Aitur conquérant de Naples et de Constantinople la possession de quelques provinces telles que le RoussiUon ou la Franche-Comté? Une fois assuré de n'être pas inquiété pendant son absence, il passe les Alpes à la téte d'une armée peu nombreuse, mais bien disciplinée, et dont rartlllerie était la meilleure qu'il y eût en Europe. Il marche à l'aventure, sans argent, sans vivres, sans réserve. Le froid Comines ne peut s*empéciier de*filire la remarue ^ue cette gaeVfe fut toute provientielle. Dès son arrivée à Asti , il manque d'argent pour solder ses trou-
§es , et oblige la duchesse de Savoie 'engager ses diamants pour lui fournir les sommes dont il a besoin. Cependant tout lui réussit. Le duc de Milan l'accueille comme un allié; Pise se soulève à son approdie et se donne à la France; à Florence, le gouvernement des IMédicis s'écroule, et Charles VIII entre dans cette ville en trioraphateur; à Rome, aucune résistance' n'est or^^niiisée; le pape Alexandre VI se réfugie dans le château Saint-Ange, et livre aux Français le frère du sultan Bajazet, Gem , mais il le livre empoi-' sonné; puis Naples se soulève contre ses rois, et Charles VIII y entre sans coup férir, le diadème au front et revêtu du manteau impérial. Déjà les Grecs se soulevaient ae l'autre côté de l'Adriatique, à la nouvelle de l'approche des Français, lorsqu'une ligue gé-' nérale contraignit Charles Ym à renoncer à ses projets de conquête et à
auitter l'Italie. Le roi d'Espagne, Ferinand le Catholique, l'empereur Maximilieu, le uape, Venise. Milan même, s'étaient réonis contre lut. Us ti*oppo-
L'UMVERS.
CBA FRAKGE. CHA M
aèrent à son letour; mab one laate charge de la gendarmerie française mit en fuite les troupes mal disciplinées des Italiens. 8,000 Français triomphèrent, àFoniovo, de 40,000 Italiens, et Charles VIII revint en France, après avoir justiflé toutes ses imprudences par une v ictoire. Il mourut au moment où il faisait des préparatifs pour une seconde expédition en Italie (1498). Ses débauches avaient bâté sa mort.
« Charles VIII, loin d'être un grand roi, éUit, dit M. de Sisroondi n, dépourvu de toute capacité pour le gouvernement; aussi ses succès avaientils été regardés par ses contemporains comme une sorte de miracle. On vovait bien , disaient-ils , que c'était Dieu seul qui avait conduit son entreprise; car lui-méuie n'aurait lu le faire.
Toutefois, Charles avait une Yertu rare chez les rois, et plus remarquable en lui, quand on songe aux exemples Qu'il avait reçus et au pere qui Tavait «evé : c'était la bonté. « La plus hu* « maine et douce parole d'homme qui « jamais fut, étoit la sienne, ditCo- R mine; car ie crois que jamais à « homme ne dit chose qui put lui dé-
« plaire et Je crois que j'ai ^té
« l'homme du monde à qui il a fait le « plus de rudesse; mais connaissant « que ce fut en sa jeunesse, et qu'il ne « venoit point de lui, ne lui en sus ja- « mais mauvais gré. » Cette douceur, celte bonté, avaient été appréciées, et quoique Charles VIII eilt fait peu de bien au peuple, on lui sut gré de celui qu'il avait voulu faire, et il ne fut pas moins pleuré par la masse des Fran(^ais que jpar la noblesse et les courtisans.» Deux de ses domestiques moururent, dit-on, de douleur en apprenant la nouvelle de sa mort.
CuABLES VIII (monnaies de).— Les monnaies d*or frappées en France sous le règne de Charles VIO sont des éau au sokil et à la couronne; leur type est à peu près le même que celui des piècesdontnotts avons parlé à Tarticle » monnaies de Ckablbs Vn ; seulement
, (*) Histoire des français, t. XV, p. 25g.
Vécu jol ou au 9ofeU dfflèrt dat dm»
ifor de Charles VU, en ce que la couronne y est rem[)l3(;ée par un petit ëoleil. Au couunencemeut du règne de Qiarles VIII , l'écu h la couronné était estimé 30 sous , et Técu au soleil 31 ; mais la valeur intrinsèque de ces monnaies dépassant leur valeur nominale , on K'aper(^ut bientôt qu'on en exportait une quantité considérable. Une ordonnance du 3t juillet 1-^87 fixa alors la valeur de l'écu à la couronne à 35 sous , et celle de l'écu au soleil à 86 sous 8 deniers.
T.es monnaies d'argent et de billoi^ frappées sous Charles VIII sont assez nombreuses; parmi elles on distingua des gros, des demirgros, des blanet au soleil et à la couronne, des caroh/s, des liards^ des tournois, doubles tournois, etc. hesgros valaient 2 sous 10 dénient ils étaient i 4 deniers ti gr. de fin, et à la taille de 70 au marc. Les blancs étaient au môme titre, et à la taille de 8G au luarc; ils valaient 12 grains. Ces pièces ne diffèrent doi blancs de Charles VII que par un petit soleil introduit par Louis XI, au-dessus de l'écusson, ou par l'hermine de Bretagne. Quant aux cafolut marqués, d'un K, initiale du nom de Charle^ VIII, ils ont été inventés sous le règne de ce prince. (Voy. C.4rolus.) Lesi autres monnaies de Charles VIII étant entièrement semblables à celles da Charles VII, nous ne les décrirons pas. Le roi prenait, sur celles de Provence, le titre de comte. On possède de magnifiques grands blancs frappés dana cette province, et présentant d'un coté les armes de France, penchées et surmontées d'un heaume orné de lambrequins, avec la légende : Raboltsdbi GRACIA FRAivcoBVM BEX ; le rcvers présente une croix fleurdelisée cantonnée d'A, initiale d'Anne de Bretagne , et de couronnes ; ou un K. couronné accosté de deux A. La légende qui fait suite à celle du droit se compose des mots suivants : Et Fobqvai.-
QVEBII COMES PROVlTIGn.
J^es monnaies frappées en Italie par l'ordre de Charles VIII sont fort remarquables : l'une d'elles, un grosUePise,
présente, comme les monnaies de cette Tille, la Vierge tenant l'enfant Jésus, avec la légende : Pbotbgb Vibgo Pisas; mats au revers on voit Péca de France, couronné, flanqué d'un K et d'un L, avec la légende : Karolys bëx "PTSA. NOBV. LiB [erotor]. A Naplcs, Charles VIII avait fait frapper des écus d'or, des ducats, Jes grands blancs et d'autres espèces où l'on remarque d'un côté les armes de France, de l'autre celles de Sicile, avec les croisettes de Jérusalem. La ville d'Aquila , dans l'Abruzze, fut la première du royaume de Naples qui se déclara pour les Français. Cette circonstance lui valût de nombreux privilèges, et entre nutres celui de battre monnaie. Quelquesunes des pièces frappées alors dans cette ville présentent cette particularité remarquable , que leur légende est en français , tandis que celle de toutes les monnaies frappées en France à la même époque étaient encore en latin.
On y voit,au droit, Técu deFrance couronné avec la légende : Chables, boi DE Fre, et au revers un aigle les ailes déployées, avec ces mots: Citb db LsiGLE.On connaît d^ailleurs d'autres pièces frappées à Aquila pendant l'occupation française, et dont la légende est en latin.
Chables IX, fils de Henri II et de Catherine de Médicis, né à Saint-Germain en Laye, le 27 juin 1550, monta sur le trône le 15 décembre 1560, après la mort de François II, son frère, et fut sacré à Reims, le 15 mars 1561. C'était un prince d'un esprit vif et pénétrant et d'un courage remarqua- Die ; Il avait de réioquence et du talent pour la poésie. On sait qu'il admirait Ronsard, et qu'il lui adressa ces beaux vers :
Tom deox également noos portoM des coaroflBM,
Mais, roi, je les reçois, poêle, tu les donoM.
Malheureusement , son heureux naturel fut perverti par les soins de sa mère, Catherine de Médicis, qui voulait se maintenir au pouvoir en rendant son fils incapable de gouverner.
La tenue des états d'Orléans , la mise en liberté des Bourbons , les édits de ianvier et de Juillet, le colloque de
Poissy, le massacre de Vassy et la première guerre civile qui en fut la suite, appartiennent à rhîstoire de cette reine plutôt qu'à celle de son fils encore enfant. Charles IX n'atteignit sa quinzième année qu'en 1563. Habitué par sa mère à dissimuler et à faire plier son humeur emportée devant les exigences d'une position qui se compliquait tous les jours, le jeune prince n'avait pas encore opté d'une manière décisive entre les deux partis religieux et politiques qui divisaient la France.
Sa fameuse entrevue avec le duc d'Albe à Bayonne le rattacha au parti catholique. Il avait vu de près , pendant son voyage dans le midi de la France , ces gentilshommes protestants qui préparaient une nouvelle guerre civile, et un lour on Tentendit dire : « Le duc d^Albe a raison ; des « têtes si hautes sont dangereuses dans a un État; l'adresse n'y sert plus de « rien, il £iut en venir à la rorce. » La tentative du prince de Condé pour Tenlever pendant un voyage qu il fit à Meaux acheva de l'aigrir contre les protestants, et la guerre recommença. Elle fut heureuse pour les catholiques , qui remportèrent la victoire à Jarnac et à Moncontour, sous la conduite du ducd*Anjou, frère de Charles IX ; et cependant la paix de Saint-Germain (1570) fut toute favorable aux protestants vaincus. Jaloux du pouvoir de sa mère et impatient de secouer son joug , se défiant d'ailleurs des Guises qui aspiraient secrètement au trône, Cnarles IX appela à sa cour les chefs des protestants. Il accueillit Coligny comme un père et lui dit en l'embrassant : «« Nous « vous tenons maintenant , vous ne « nous échapperez plus. » 11 donna sa sœur Marguerite en mariaçe au jeune Henri de Rourbon. Lui-même épousa une fille de l'empereur Maximilien, contrairement au vœu de l'Espagne, et on ne parlait que d'aller secourir les protestants des Pays-Bas en révolte contre Philippe II. Au milieu des fêtes qui accompagnèrent cette réconciliation, le peuple de Paris avait de la peine à contenir sa n^e contra
GHA
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les seigneurs protestants , qui l'offensaicnt autant par leur morgue aristocratique que par leur mépris af« fecté pour toutes les cérémonies du culte catholique. Lorsque Charles IX apprit qu'un coup d'arquebuse avait été tiré sur Coli^^ny, il s'écria avec fureur : « Mort de Dieu ! je ne serai n donc jamais tranquille! » Puis il alla visiter Coligny blessé , le combla des oiarques les plus affectueuses de son aftacnement, et jura de le venger.
Quelques jours après, sa mère le faisait consentir à ce massacre qui a flétri sa mémoire, a Qu'on tue donc l'ait mirai, s*écria4-il , dans un aeeèi de « rage frénétique, et avec lui tous les « huguenots, afin qu'il n'en reste pas « un seul qui me le puisse reprocher « un jour ! » On dit qu'il prit luimême une part active au massacre de la Saint-Barthélémy. î\Iais, depuis o(Ule nuit fatale, Charles IX ne lit plus que languir, et il mourut le 30 mai lô74, en proie à d'affreux remords, sans avoir retiré de son crime les fruits qu*il en avait attendus. « L'ardeur qu'il « avoitj dit de Thou , pour les exerci- « ces violents, la chasse, le ballon, les « danses outrées , la fabrication des « armes, i'avoit rendu presque insen- « sible aux plaisirs de l'amour , et on « ne lui a point su de maîtresses « qu'une jeune fille d'Orléans , dont il « eut un lils nommé Charles , comte « d'Auvergne et d'Angouléme. Il man- « geoitpeu etdormoit peu; et, depuis « la Saint-Rarthélemy , son somnifil « étoit souvent iiiterronipu par un « frisson d'iiorreur qui le saisissoit « tout à coup. Pour le rendormir, on « faisoit chanter ses pages. » Voy.
les Annales, t. T', p. 345 et suiv., et au Dictionnaire les art. BAiiTUÉLEMY (massacres de la Saint-),CALViNiSTB8 et Cathebink de IMédicis.
Charles IX (monn. de). — L'histoire monétaire du règne de Cliarles IX s*ouvre par une particularité assez remarquable, il paraît que depuis la mort de Henri II , on n'avait pas encore eu le temps de faire de nouveaux coins; pendant tout le règne de François U, on s*était servi des
coins employés sous le règne précédent ; ou continua à s'en servir au conunencement du règne de Charles IX, de sorte que bien que Henri II filt mort en 1558, on trouve encore des pièces marquées à son f)om et à sou et'ligie, avec le millésime de 15G1. Un peu plus tard, cependant, on fit, au nom et à l'effigie de Charles IX , âes écîis d^or -f des testons, des so/s tournois, des liards , des doubles et des deniers. Les iew iTor valaient 50 sous en 1561, quand on commença à en frapper ; mais le peuple donnant bientôt à ces pièces une valeur supérieure , on fut obligé , en 1570 , vea fixer le cours à 54 sous. Le titre était de 23 carats, et l'on taillait 72 pièces et demie au marc. Le type représentait au droit Técu de France , sai^ monté d'une couronne fermée , avec la légende carolts vim dg fraîïco BEx et le millésime en chiffres romains; et, au revers, une croix fleurdelisée avec la légende cimisTv s BE-
GNAT VINCIT ET IMPERAT. Sur leS
testons, on voyait l'effigie du roi, avec une légende qui différait seulement de celle des écus d*or, en ce que le millésime était en chiffres arabes; la croix du revers était flanquée de deux c couronnés , avec la légende benb- DICTYK 81T nOHBN nOlflIlI. GCS pièces ne valaient, en 1561, que 0 sous 4 deniers, mais elles furent portées à 13 sous en 1573; elles étaient d'ailleurs de 10 deniers 18 grains trois quarts de lin, et l'on en taillait 25 \ au marc. Les monnaies les plus remarquables du règne de Charles IX sont les écus ttor et les Usions ; les autres sont moins importantes ; noos nous y arr<*terons à peine. Le sol pariais présentait au droit les armes de France couronnées , et au revers une croix formée de quatre c et de quatre fleur de lis ; le double sol parisis, au droit 3 fleurs de lis couronnées, et au revers une croix fleurdelisée; le dou- %ain, au droit les armes de France, couronnées et accostées de deux c,etau revers une croix échancrée, contournée de deux couronneset de deux fleurs ds lis ; le Hard, au droit un c couronné.
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gï au revers uneerofx fletnrdetisée, ou fen Un L accosté de deux fleurs de lis et
un'e croix ; le double tournois , les armes de France couronnées dans uu trèfle; au droit et au revers, une croix fleuronnée, dont le centre était occupé pxr deux c entrelacés; le denier tournois, deux fleurs de lis couronnées, et une croix à branches égales.
Chablbs X (hionnaies de). — Le cardinal de Bourbon (voyez Vendôme [maison de]), nprès avoir accepté, à la mort de Henri III , le titre de roi de France , et pris le notai de Charles X , • décida , par un édit du 15 décembre 1589, que Ton cesserait, à partir 'du 1'' janvier suivant, de frapper des francs et des demi-francs au Uom dé Henri III , et que l'on commencerait à fabriquer à son nom des écus et des demi-écus au soleil, des quarts d'écu, des âemJIrqumtBdTéeu^argentj et des ilotfzadts, aux mêmes conditions que sous le règne précédent. L'écu d'or devait être à peu près du même poids que sous le règne de Cliarles IX, mais a'un cours un peu plUs élevé.
Ainsi , il devait valoir 55 sous au lieu de 54. Le franc devait être au titre de 10 deniers 10 grains de fin, et à la tàille de 17 ; au marc; le quart d'écu était à 11 deniers de fin, et à la taille de 25 i à la livre.
Vécu d or au soleil avait le même type à peu près que celui de Charles IX , et il en était de même du donzain.
. Quant au double tournois et au franc , ils portaient TefOgie du prince. Les quarts d*écil présentent, d'un côté, les armes de France, accostées du chiffre lin ; et , de l'autre, une croix fleurdelisée. Ils doivent être rangés, avec les francs de Charles X , parmi les plus belles monnaies de France, et ils sont, en effet, fort recherchés des amateurs.
Les poinçons à l'effigie d« Charles X Airent déposés sur le oureau de la cour des monnaies le 31 janvier 1590 ; quatre mois après , Henri IV décria ces monnaies par des lettres datées du camp de Cheiles , le 3t mai 1590, et adres* sées h la chambre des comptes séant à Tours. Le cardinal de Bourbon mourut en 1594 j mais il parait qu'on ne
ttS. ClIA
^essa pas pour cela de battre monnaie à son effigie; car on a de lui des quarts d'écu qui portent la date de 1597.
Lorsqu'il n était encore que cardinal légat, il avait fait frapper, en cette qualité , des monnaies à son effigie dans la ville d'Avignon. Nous en parlerons à l'article CoHiAT Vbnàissin (monnaies du).
Chables X (Charles-Philippe) , le second des frères de Louis Xvl, naquit à Versailles le 9 octobre 1757, et
tiorta, jusqu'à sonavénement au trône, e titre de comte d'Artois. 11 épousa, le IG novembre 1773, Marie-Thérèse de Savoie, sœur de Marie-Joséphine- Louise de Savoie, mariée en 1771 au comte de Provence , depuis Louis XVIII. Marie-Thérèse mourut en Angleterre pendant l'émigration, le 2 juin 1805, après avoir donné au comte d*Artois trois enfants: une fille, la princesse Sophie, décédée en bas âge, et deux Ois, le duc d'Angouléme et le duc de Berri.
Désespérant de jamais parvenir à lé Couronne, d'où le séparait effectivement une grande distance , le comte d'Artois chercha de bonne heure des distractions dans le plaisir. Les avanr tages personnels dont Pavait doué U nature, et la légèreté de son esprit, le livraient sans défeiise aux séductions d'une cour encore pleine des souvenirs de la régence et du règo^ de Louis XV. Aussi, pendant que Louis XVI, prince rangé et modeste, s'essayait à 1 art ditlicile du gouverner* ment, et cherchait à réparer les fiiutea de ses prédécesseurs; pendant que le comte de Provence , naturellement studieux et raisonneur, suivait la marche de Tesprit philosophique, le comte d'Artois, peu soucieux d'imiter ses aînés , ne songeait qu'à déployer les grâces de sa taille, et à faire dire qu'il était le chevalier de France le plus renommé pour ses belles manières et sa tournure à la promenade , à la chasse ou au bal. C'était dans les boudoirs de toutes les femmes galantes de l'époque qu'il allait prendre de| leçons de politique et de philosophie. A la veille d'une révolution
tlfA FRANCE. CUA
comme celle qui allait éclater, res faiblesses ne devaient pas lui concilier Testftne de la France; il ne tarda pas à
être aussi mal vu de la nation guMl était à la mode dans la société aristocratique; et, comme d'ailleurs il ne passait pas pour avoir un grand courage, cette première qualité des anciens cnevaliers , il fut bientôt aussi tourné en ridicule par ceux-là même dont il ambitionnait leplus les suffrages.
Il a été écrit des Tolumes sur les aventures du comte d'Artois; mais noiisnous estimons beureux que notre cadre ne nous permette pas d'entrer dansces tristesdétails. Avec ses mœurs faciles, ce prince compromit jnsqu'à la reine, qui était cependant la femme de sou frère. A coté de ces intrigues de haute Tolée , on cite de Ini des orgies de bas étage, où il oublia toute dignité personnelle. Cependant, avant dé parier de sa carrière politique, nous devons dfire an mot du démêlé qu*ll eut en 1778 avec le duc de Bourbon, démêlé qui se termina par un duel sans résultat, après avoir égayé longtemps le public. Dans un bal de TO* péra, le comte d'Artois avait témoigné pour madame de Canillac un empressement qui cboqua vivement la duchesse de Bourbon. Celle-ci ailâ s^asseoir auprès du prince an moment où il venait (le (uiitter sa rivale, et après avoir lait ne vains efforts pour lui prouver quelle l'avait reconnu, leva si vivement le masque du coupa* Me, que les cordons s'en détacbèrent.
De son côté, le prince arracha le masque de la duchesse , et s'en alla sans lui faire aucune excuse. Le duc de Bourbon se crut obligé de demander raison de cette insulte , qui avait fait connaître à tout le monde les transports jaloux de sa femme pour vn autre que lui. La cour se aivisa en deux partis, l'un qui voulait le duel, l'autre qui ne le voulait pas. Le comte d'Artois penchait pour le dernier parti ; mais la reine repoussait toute espèce de transaction; et leduel eut lieu. Les deux nobles adversaires se battirent à Tépée, et se défendirent l'un et l'autre
avec tant d'adresse , que personne ne
fut blessé.
Ia première mission politique dont ce prince fut chargé remonte à tîff ; il dut alors visiter les ports du royaume, pour y activer le développement de notre marine. Il alla ensuite , en tT8S, en Espagne, pour prendre du service comme volontaire dans In campagne contre Gibraltar; mais ses exploits se bornèrent À une tournée à la cour de Madrid et à un séjour d'environ une semaine au camp de Saint- Roch. Cette expédition n'était pas faite pour diminuer son impopularité, à laguelle les premiers événements de la revolution^ allaient bientôt mettre le comble. On ne saurait croire jusqu'où allait sa prodigalité : à l'âge de vmgtsix ans, il afait déjà près de huit millions de dettes; qtiatre ans plus tard, il devait ()lus de quatorze millions, dont treize étaient exigibles ; et cela , bien que, d'après le Km rouge, quatre millions et demi lui fussent alloués pour les dépenses de sa maison. Il est vrai que les ministres du roi son frère étaient là pour fifre honneur à ses engagements. Lorsque de Calonne, pour dissimuler la détresse des finances et inspirer de la contiance aux capitalistes, multiplia comme à plaisir le nombre des pensions, le comte d'Artois profita des bonnes dispositions du ministre. « Quand je vis « tout le monde tendre la main, « a-MI dit lui-même, je tendis mon « chapeau : ce ne fut pas en vain. » On conçoit après cela jmurquoi, dès le début dé la révolution, il se prononça avec tant d'énergie contre toutes lés tentatives de réforme. Lors de la convocation de l'assemblée des notables, Louis XYI ayant nommé chacun de ses frères président d'un bureau, le comte d'Artois entraîna le sien dans une opposition systématique à toute idée d amélioration; et la minorité dont il était le chef osa prendre le nom de comité des francs. Aussi , lorsque lui et le comte de Provence furent envoyés à la cour des comptes et à la cour des aides pour y dire enr^sireh
LUniVERS.
les deux édits sur le timbre et sur riinnôt, le gouvernement fat obligé de aisposer une haie de troupes depuis la barrière jusqu'au palais de justice et jusqu'au Luxembourg; et ce déploiement de forces B*emplÎBha pas le peuple de manifester les sentiments bien différents qui l'animaient alors à Tégard des deux frères. La route fut Jonchée de fleurs sur le passage du comte de Provence, tandis que le comte d'Artois fut accueilli par des murmures et des menaces, a f ioe la « natUm! en dépit de vous, monsei'' « gnfiur!* Tels furent les crîs qui retentirent de toute part à f^es oreilles. Quelques jours après pu ne voulut plus voir paraître sa livrée dans Paris.
Le 14 juillet , Louis XVI , aér ant résolu de se rendre à l'Assemblée constituante, sans suite et sans garde, le comte d'Artois l'y accompagna ; mais les dispositions du public et Tattitude des représentants produisirent sur lui une telle émotion de frayeur, que le soir même il mit à exécution ses projets d'émigration. Il se rendit d'abord a Turin , où il séjourna quelques mois ; puis il alla à Mantoue, oii il eut une conférence avec l'empereur Léopold pour concerter un plan d'invasion. Il parutensuite successivement à Worms, au château de Bruck, près de Bonn, à Bruxelles et à Vienne. A Worms, il s'entendit avec le prince de Gondé et le maréchal de Broglie pour provoquer la désertion des officiers français.
Enfin, il assista à la fameuse conférence de Pilnitz, où l'Empereur et le loi de Prusse arrêtèrent avec lui les bases de la première coalition. Toutefois, le plan des coalisés ayant été ébruité par les indiscrétions des confidents du comte d'Artois, TErapereur refiisa aux princes émigrés un lieu de recrutement dans les Pays-Bas. Sur ces entrefaites, Louis XVÏ accepta la constitution, et rappela auprès de loi ses frères , en leur transmettant le décret de l'Assemblée nationale , qui déclarait ennemis de CÉtat tous les Français qui ne rentreraient pas avant le 1*' janvier 1792* Le comte d'Artois
se trouvait à Coblentz lorsqu'il reçut ce message ; il répondit que l'état de captivité morale et physique du roi ne lui permettait pas d'obéir à des ordres arrachés par la violence.
Le 3 janvier 1703, l'Assemblée le décréta d'accusation. Le 19 mai , un second décret supprima le traitement qui lui était alloué par la constitution, et déclara ses rentes apanagères saisissables par ses créanciers. Dans la campagnede 1 792 , un corps de gentilshommes français , sous les ordre du prince, SjMTvait d'avant • garde aux Prussiens ; et lui-même, dit-on, fut vu en personne dans les rangs des ennemis de la France.
Après la mort de Louis XVI, le comte de Provence prit le titre de régent pendantlaminoritédeLouisXVII, et nomma le comte d'Artois lieutenant général du royaume. Ce prince partit alors pour Samt-Pétersbourg, où l'impératrice Catherine II lui remit une magnifique épée, en lui disant qu'elle espérait qu'il Ji'en servirait pour le ré" iablissement et la gloire de sa maison. En même temps , elle mit à sa disposition viniït mille hommes que l'Angleterre s'était engagée à solder et à transporter sur m côtes de Fhmce.
Mais ni l'épée ni les vingt mille soldats de Catherine ne firent couler une goutte de sang français ; le comte d'Artois vendit rénée pour satisfaire ses créanciers , et 1 Angleterre trouva trop coûteux de solder et de transporter les vingt mille hommes. Toutefois, cette machination diplomatique eut l'effet que cette puissance s'en était promis; les rebelles de la Vendée, encouragés par l'espoir d'un prompt secours, redoublèrent d'audace , et la guerre civile continua d'ensanglanter la France.
Ce fut seulement le 29 septembre 1795 que le comte d'Artois , amené sur les côtes de l'Ouest par une escadre anglaise, se montra aux Vendéens. Encore ne fit-il que se montrer de loin, et disparaître après l'affreux désastre deOuiberon ; il resta ensuite vingtjours à llle-Dieu, sans oser rien entreprendre. Aussi Cbarette, qui, après avoir
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déposé îes armes , ne les avaiî reprises que sur l'assurance qu'il serait secondé
far le comte d'Artois, écrÎTît-fl à «ouis XVIII , avant de mourir , une lettre où on lisait ces mots : « Sire, la « lâcheté de votre frère a tout perdu. » A la suite de cette expédition , le comte d* Artois regagna Fortsmouth, puis alla vivre en Ecosse , au clifiteau d'Hol|-Rood , d'une pension de quinze mille livres sterling que lui fiiisait le gouvernement anglais. H quitta un moment cette résidence, en J799, pour se ron- . dre au quartier général de Tarmée autrichienne. Mais lorsqu'il arriva , cette année, et les Russes ses auxiliaires, étaient en pleine déroute. Il revint à Londres , et y resta quelque temps; mais, après la paix d'Amiens, il fut obligé de retourner à Holv-Rood.Enfîn, en 1809, Louis XYIII fit l'acquisition du château d'Uartwell, dans le Buckingbamshire; le comte d'Artois alla l'y rejoindre; et c*est là au'il attendit, avec le reste de sa famille , que la fortune se lassât de favoriser la France et l'empereur.
En 1813, le comte d* Artois se rendit à Bâie, puis entra en France, où il pénétra jusqu'à Vesoul; mais un ordre des souverams coalisés l'obligea de rétrograder. Il ne detâit rentrer dans sa patrie qu'à la suite de leurs bagages. En effet, le 31 mars 1814, ilpénélra dans la Franche-Comté, et prit le titre de lieutenant général du royaume, au nom de son frère encore retenu en Angleterre. Le 12 avril 1814, il fit son entrée à Paris {*) ; puis , suivi d'un brillant cortège , il alla rendre grâces à Dieu dans l'église de Notre-Dame ; et aussitôt il envoya dans les départements, sous le nom de commissaires royaux , des agents de réaction , qui ne tardèrent pas à y exercer d'horribles représailles (voyez Codbs pbévô- TALES). £n même temps, il sijgnait, avec une précipitation qui lui rot re-
(•) On sait que le mol qu'on lui a fait dire dans cette circonstance , Jtien nest changé, il n'y a qu'un Français de plus, a été fabriqué par les personnes qui t'entouraient -et fidavaiaqt iatàrét à Je jrandra populaire.
f>rochée par Louis XVIIT lui-même, e traité qui abandonnait toutes les places fortes conquises par nos arméei depuis 179S, et qui réduisait notre marine au nombre de treize vaisseaux de ligne, vingt et une frégates, vingt -sept oonrettes et bricks, quinze avisos , treize flûtes et gabarres , et soixante transports : cinquante-trois places fortes, douze mille bouches à lieu , trente et un Taisseaux et douM frégates avaient été ainsi sacrilléi.
Louis XVIII, quelques jours après son entrée dans Paris, nomma le comte d'Artois colonel des gardes nationales de tout le rovaume, et joignit à ce titre celui de cofonel général des Suisses. Ainsi, on rétablissait les anciennes capitulations , et à cette mesure, qui pouvait être considérée comme un aveu du peu de confiance que l'on avait dans l'amour du peuple, se trouvait rattaché le nom du plus impopulaire des membres de la dynastie. Toutefois, quelques mesures moins impolitiques avaient été prises; on avait suspendu l'action des cours prévôtales, et aboli les tribun:mx des douanes. Dans une réponse au consistoire des réformés, le comte d'Artois avait déclaré que le roi embrassait également dans ses affe^ tions les Français de tous les cultes.
Mais, un voyage qu'il fit ensuite dans le Midi, fit bientôt oublier ce retour à des sentiments plus fran^is , et mit le comble à son impopularité. Ne s'occupant que des hommes qui avaient été connus de lui, soit jadis à Versaitlee, soit par leurs intrigues pmdant les vingt dernières années; ne faisant aucun cas du reste de la nation , il n'obtint d'autre résultat que de ré- ▼eiller les eraiotet. ou de ranimer let haines. A Marseille particulièrement, l'exaltation ffue sa présence occasionna devint fatale pour des hommes accusés de n'avoir pas , au mois de mars, salué avec enthousiasme le drapeau blanc, au moment de l'abdication de lîapoléoQ.
Le 5 mars 1815, on apprit aux Tuileries l'apparition de Napoléon sur )m oéttt 4u. Vap. Dès la nuit nh
vante, le comte d'Artois partit pour t^yon* où il arriva le 8 à dix heures di| matin : mais bientôt Napoléon y fut reçu avec enthousiasme, et, au niouient où le prince reprit en hûte la routo de la eapitale, il ne fut accompagné que, d'un seul garde national, dont jNapoleon honora la fidélité en lui accordant la croix d'honneur. Tandis IfaB raMentiment général accompagnait l'empereur vers la capitale, le comte d'Artois suivait le roi au corps législatif, et, dans la tardive séance du 16 mars, il jurait, au nom de riymK neur, fidélité à cette charte dont il avait plus d'une fois parlé comme d'un engageaient dérisoire, Dans )a nuit du Itt au ao, le toi quitta les Tuileries, et, ^el^M heures après, son frère courut rnissl vers la frontière avec le duc de lierri. Ils s'arrêtèrent à Ypreg, puis 4l8 se rendirent à Gaod auprès du chef de la famille.
Cependant, bientôt après, la journée jde Waterloo vint leur ménager un triomphe moins national encore que celui de 1814; revenu en France avec l'appui des baïonnettes étrangères, le comte d'Artois présida , le 26 juillet , le collège électoral de la Seine. Le 19 octobre, après que le prinœ de Polignac et le comte de la Bourdonnaye eurent prêté serment dans la chambre des pairs , avec des réserves ineoiistilutioBaelles , il all^w lui-même de pieux motifs pour autoriser ces restrictions. Sa sincérité avait été déjà fortement contestée \ on se ■rappelait qu*il avait dit àsaeourll* sans : « Résigiiez-vous pour le pré- « sent , je vous réponds de l'avenir. » A. la vérité , il s'opposa à ce que la •chambre des psiis voUt des remendments au duc d^Angouléme , à Tooeasion de l'essai de guerre Civile que ce prince avait tenté d'opérePdans le Midi. -* C'était, avait-il dit, contre des Frantt^is quMl s'était vu contraint de « combattre. « iMais de telles démonstrations n'offraient aucune garantie, et l'on ne tarda pas à exiler ou à mettre à mort plusieurs ds ees Français égarés. Le 13 février 1820, le duc de Berri fut atessslné i cet événernsnt,
mis aussitôt à profit par la faetloq donl son père était chef, termina la carrière
politique du ministre Decazes.
Toutefois, ce fut seulement au mois de septembre 1821 que le comte d'Artois présenta au roi des ministres de son choix. MM. de Villèle et Corbière reçurent alors des portefeuilles, et l'on regarda la composition de ce ministère comme le prélude du règne si impatiemment attendu par la faction ultra»
monarchique. Les chefs de cette faction avaient osé dire au'une attaaqc d'apoplexie pouvait seule sauver 16tat. Ils virent enfin succomber Louis' XVIII, le 16 septembre 1824. Le même jour, à midi, les ministres se réunirent ^ Saînt-Gloud, et te noQvestt roi fîit proclamé sous le nom de Charles X.
IN'ayant rien d'essentiel à changer au système d'une administration dont Louis XVIII , trop affaibli, n'avait pas été le maître , on se mit immédiateoiient à préparer les opérations concertées a'avance , et particulièrement l'indemnité destinée à payer aux émigrés les vingt années que beaucoup d'entre eux avalent passées dans les rangs des ennemis de leur patrie. Ce-
f tendant, à l'ouverture de la session, e 22 septembre, Charles X assura que la confiance de la nation ne serait pas trompée," Vous assisterez. Messieurs, « s^outa-t-il , à la cérémonie de mon - « sacre. Là, prosterné au pied du même « autel où CTovis reçut Ponction sainte, « en présence de celui qui juge les « peuples et les rois , je renouvellerai « le serment de maintenir et de Isiire « observer les lois de l*£tat , et les « institutions octroyées par le roi mon « frère. «
Le sacre eut lieu, en effet, le SfdiMi 1825 avec un grand éclat. Un prooèsverbalcertiliaque l'huile miraculeuse, employée jadis pour le baptême île Clovis, avait été conservée en partie,
?uoique la fiole qui In contenait eût té brisée publiquement en 1793. L'archevêque de Reims employa ces précieux restes, et CliarlesX lut oint avec une huile de treize sièoles, au dire du procès-verbal.
11 visita en 1^27 k camp de filial*
Qmer, où Ton venait de réunir dixsept mille hommes. La faction espérait que 1.1 seraient signées les ordonnances qu'elle invoquait chaque Jour; mais 80D attente fut déçue, le moment n'était pas arrivé. Le roi traversa les départements de l'Oise, de l'Aisne, de la Somme , et visita surtout celui du ]Vord ; il parut également satisfait et de raccueil qu'il reçut et de l'état de l'industrie dont il remarqua lui-iiiènie les progrès.Les canaux, les fortiticatious, les routes, ainsi que les lieux connus par des souvenirs liistori(|ues , parurent fixer aussi son attention , et tout se uassa paisiblement. Mais ceux qui vou* Jaient des troubles, ceux qui mettaient leur espoir dans ce qu'ifs appelaient une journée, s'alarmèrent du faible accord qu'ils avaient cru remarquer entre le monartiueet le peuple. Les ministres se ménagèrent des prétextes pour déterminer le licenciement de la garde nationale de Pans, et nour faire CBtéfniter des charges de cavalerie dans quelques-unes des rues les plus popu* leuses.C'était à l'approche du renouvellement de la chambre, et le but de ces machinations était visible : mais elles eicitèrent moins de terreur que d*indignation. L'esprit public , manifesté dans les collétïes électoraux , fit disparaître cette udniiiiistration coupable, La cour parut céder jusqu'à un certain point; elle forma , le 4 janvier 1828, un cabinet dont on pouvait d'at)ord attendre quelque bieo. (Voyez SlABTOllAG.)
' Mais bientôt, après de vains tâtonnements, au milieu desquels le roi ût un voyage à Metz , Luuéville, Straabonrg et Mulhaoïen, les cfui»
seillers qui flattaient ses préveo* tions. portèrent brusquement au pouvoir des hommes dont la seule présence semblait une déclaration dé guerre contre la nation. Ce ministèro« du 8 août 1829 , fut accueilli comme on devait s'y attendre , et comme les bommes incorrigibles l'avaient désiré euiHnémes pour en Gnir, disaient-lls« Une expédition avait été résolue contre Alger ; on voulait un triomphe au profit de la faction, et, s'Ueu( lieu trop
tard peur elle, du moins elle put décerner !e commandement général à rhomme dont la nomiitation pouvait le plus offenser l'armée. (Vuy. Lutii-