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MORALITÉS L'UNIVERS. MORALITÉS

Monvoisin (Raymond), peintre d'histoire , de genre et de portrait, élève de Guérin , né a Bordeaux en 1793- Il obtint le deuxième grand prix au concours . de peinture, en 1820, et en 1822, le premier grand prix. Revenu de Rome en 1827, ilexposn un Épisode du Scamandre , et il tient aujourd'hui parmi nos peintres d'histoire un rang distingué.

La galerie du Luxembourg possède de feii deux tableaux qui ont tous deux marqué d'une manière brillante dans les expositions de 1831 et 1834. Dans l'un, Jeanne la Folle, le peintre a su donner à la téte de cette princesse une expression effrayante de vérité, que relève encore et fait mieux sentir Fi «différence empreinte sur la figure du jeune Charles- Quint. L'autre, qui représente le moment où Sixte-Quint quitte le rôle dt vieillard infirme que lui avait fait prendre l'ambition, est un tableau richement et habilement composé. Toutes les têtes de cardinaux y sont pleines d'expression, et il faut savoir d'autant plus gré à l'artiste du parti qu'il a su tirer de ce sujet, que l'uniformité des costumes lui opposait à vaincre une grande difficulté.

Moralités. Les morceaux de littérature ancienne appelés moralités ne furent point d'abord destinés à être joues sur un théâtre. C'étaient des poèmes quelquefois fort longs, imaginés ou traduits des anciens , et contenant des enseignements utiles aux diverses classes de la société. Ainsi , dans les douzième et treizième siècles, on faisait entrer dans cette classe les Distiques de Caton , dont, avant 1145, et sous le règne du roi d'Angleterre Étienne , Éverard , moine de Rerkham , premier auteur qui ait mêlé les rimes et employé les stro|»hes dans la poésie française, publia une traduction en vers ac six pieds et en strophes de six vers. Atars de Cambrai composa dans le même siècle un Traité sur les moralités des philosophes , contenant près de 3,000 vers de huit pieds, et appartenant à la même catégorie.

Un poète longtemps inconnu, Pierre de Vernon , qui florissait vers le milieu du douzième siècle , que Barbazan n'a cité qu'une fois O » «t que Roquefort a

(•) Fabliaux t 1. IV , p. 443 , «« mot Mstros.

fait connaître plus amplement (*), $st auteur d'un ouvragequi appartient aussi aux moralités telles qu'on les comprenait dans l'origine. Son poème , vraisemblablement traduit du latin , contient plus de 2.000 vers , et ne porte point de titre particulier. On l'a nommé les Enseignements d? Ari&tote , parce que, dans son préambule, l'auteur prétend avoir traité son sujet d'après un écrit du philosophe de Stagyre.

Nous croyons pouvoir ranger aussi au nombre de ces premières moralités , une foule de traductions des livres saints, de légendes, de contes dévots , de poèmes religieux, que les hommes de couvent et d'église composaient dans les douzième et treizième siècles, pour les opposer aux fabliaux, souvent libertins , que les trouvères , ménétriers et jongleurs allaient réciter dans les châteaux. Parmi les ouvrages de cette ua ture, nous citerons comme un des plu?

amusants, le Voyage de saint Handan au Paradis terrestre , écrit en vers de huit pieds , et sans distinction de rimes masculines et féminines. Cette Odyssée monastique, qui a été souvent imprimée en prose comme en vers , et dont il existe des éditions en allemand, en bas saxon et en flamand , parait avoir été composée en 1121.

Les trouvères anglo- normands du douzième siècle mettaient aussi en vers les vies des saints, et ces poésies, ayant un but d édification et d'enseignement, peuvent être considérées comme autant de moralités. En raison de leur nature et de leur destination , on les réservait, ainsi que les précédentes, pour les dimanches et les grandes fêtes, tandis que les compositions profanes étaient récitées ou chantées les autres jours de la semaine.

Guernes ou Garnier de Pont-Sainte- Maxence, selon Roquefort (**), a mis en vers la Vie de Thomas Becket, ar« hevêque de Cautorbéry. Il avait commencé cet ouvrage en France; voulant le rendre aussi exact que possible, il se rendit à Cantorbéry vers l'année 1 172, y inter-

(*) Gloss. de la langue romane, t. II , p. 768 , col. a ; et sous plusieurs mots.

(**) État de la poésie fran faite dont Us douzième et treizième siècles, p. a37 et sipiv.

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