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FRANCE. PACTE DE FAMILLE

garde-meuble, pour la faire donner à & es tout. Il ne pouvait cependant rester inactif , et il se chargea, a la sollicitation de Monge, son ami, d'une mission dans les départements du Midi. A son retour, la Convention le nomma ministre de la guerre en remplacement de Serran (18 octobre 1792). Il accepta ; mais les Girondins, qui Pavaient fait nommer , espéraient trouver en lui un instrument docile, et Pache avait trop de perspicacité pour ne pas voir que leur système perdait la république et la France. Il n'hésita pas un instant entre eux et les montagnards, et se prononça ouvertement pour ceux-ci. Des lors il devint le point de mire de toutes les attaques de ces mêmes hommes qui auparavant ne tarissaient pas sur son éloge; il n'y eut pas de calomnies qu'ils ne répandissent contre lui; ils allèrent même jusqu'à le dénoncer à la tribune comme un dilapidateur inhabile. Pache fut défendu par les chefs de la Montagne; mais la Gironde avait alors la majorité dans la Convention, et cette assemblée rendit, le 2 février 1793 , un décret de destitution contre lui.

La Gironde triomphait; mais ce triomphe lui coûta cher : bientôt eut lieu la réunion des assemblées primaires, pour le remplacement de la commune provisoire du 10 août; Pache fut élu maire de Paris , à une immense majorité , et il eut une part immense aux journées des 3 1 mai et 2 juin , et à la chute de ceux qui l'avaient si cruellement offensé. Ses liaisons avec le parti dirigé par Chaumette et Hébert faillirent ensuite lui être funestes; les anarchistes l'avaient désigné pour être le grand juge du gouvernement qu'ils se proposaient d'établir. Toutefois, le comité de salut public crut devoir établir une distinction en sa faveur ; il ne fut pas compris dans la condamnation des hébertistes, et l'on se contenta de le destituer et de le détenir comme suspect. Mais les membres du parti girondin, revenus au pouvoir après le 9 thermidor, n'avaient point oublié le maire du 31 mai ; et des poursuites furent alors intentées de nouveau contre lui. Elles s'arrêtèrent bientôt; mais on les reprit après les journées de prairial. Accusé cette fois de connivence avec les chefs des insurgés, Pache

fut décrété d'arrestation et traduit au tribunal criminel du département d'Eureet-Loir. Il fut absous. Cependant ce jugement ne suffit pas pour le garantir de la haine de ses ennemis, et sans l'amnistie du 4 brumaire, il n'eût pu échapper à la déportation que les réacteurs avaient déjà prononcée contre lui. En butte à de nouvelles tracasseries sous le Directoire, il publia trois Mémoires apologétiques sur sa conduite pendant la révolution, puis, quittant pour toujours la scène politique , il se retira dans son domaine de Thym - le - Moulier ( près Charleville), dont le revenu (3 à 4,000 fr.) composait toute sa fortune, et ce fut là qu'il mourut en 1823, universellement regretté.

Pacte de famille. Le gouvernement français venait de faire à l'Angleterre des propositions de paix,qui avaient été rejetées. Leduc de Cnoiseul chercha alors a faire entrer Charles III dans les intérêts de la France. Ce prince, qui venait de monter sur le trône d'Espagne, avait de graves motifs pour combattre une puissance qui, en dépit des traités, faisait une contrebande active sur les côtes de ses États d'Amérique, empêchait la pêche de la morue sur le banc de Terre-Neuve et coupait du bois de Ca m pêche sur le territoire espagnol.

Ctioiseul sut tirer parti du mécontentement du roi d'Espagne , et l'amena à signer, le 15 août 1761, le traité qui est connu dans l'histoire sous le nom de pacte de famille.

« Par ce traité , les rois de France, d'Espagne, des Deux-Siciles et l'infant duc de Parme s'unissaient en alliance perpétuelle , promettant que chacun d'eux aurait pour ennemie toute puissance ennemie de l'un d'eux ; quicon-

2ue attaquerait l'une des couronnes tait censé attaquer toutes les autres ; en sorte que les secours limités d'abord à 24,000 hommes de la part de la France et de l'Espagne, devaient s'étendre ensuite à toutes les forces des deux monarchies. Les deux puissances étaient convenues de se confier toutes les alliances qu'elles formeraient dans la suite, ainsi que les négociations dans lesquelles elles s'engageraient; article qui attira plus d'une fois dans la suite les reproches de l'Espagne à la France.

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Charles III stipulait pour son fils le nouveau roi des Deux-Siciles et pour son frère don Philippe. Ces deux souverains ne donnèrent cependant point alors leur adhésion au traité. Le pacte de famille n'était que provisionnel , et ne s'appliquait pas à la guerre actuelle; mais le même jour une convention particulière et secrète fut signée entre fa France et l'Espagne, par laquelle la dernière s'engageait à déclarer la guerre à l'Angleterre le 1" mai 1762 , si avant cette époque la paix n'était pas conclue entre les deux couronnes ; et le même jour la France devait consigner aux Espagnols l'île de Minorque qu'elle avait conquise (*). »

Pacte de famine, voy. Famine.

Paeh (Fernando) naquit à Parme en 1774; il étudia la musique au Conservatoire délia Pieta, où il eut pour professeur le célèbre G hiretti. A 1 âge d environ quatorze ans il donna à Venise son opéra de Cirée , qui obtint un succès complet. Bientôt après , en 1795, il se mit à parcourir les villes les plus importantes de l'Europe, puis se fixa à Vienne, où il lit représenter, en 1799, son opéra de Camilla. Il était à Dresde, lorsque, après la bataille d'Iéna, Napoléon le prit à sa suite, l'emmena avec sa femme à Posen et à Varsovie , puis de là à Paris , où il le nomma directeur des spectacles de la cour, compositeur de musique de sa chambre et maître de chant de Marie-Louise. Paer remplaça, en 1812, Spontini dans la direction du théâtre italien , et fut nommé, sous la Restauration , compositeur et accompagnateur de la musique de la chambre du roi et de celle de la duchesse de Bcrry. Il mourut à Paris en 1839. On a de lui beaucoup de compositions musicales, dont les plus importantes sont : Sargino, la Griselda, Leonara, Achille, la Locanda dei Vaqabondi , Sofonisbe, Dido, Agnese, Oliudo et Sofronia , Ciniia , il Principe di Tarenlo, Idomeneo, Numa Pompilio , Ginevra d'Amieri, etc., etc.

Pag an (Biaise-François, comte de) naquit près d'Avignon en 1604. Entré tout jeune au service, il se fit remar-

(•) Sismondi , Hist. des Franç., t XXIX, p. *4< et suiv.

uer par une rare intrépidité au siège e Montauban, où il perdit un œil. Une grave maladie lui enleva l'autre en 1642, au moment où il allait passer en Portugal avec le grade de maréchal de camp. Quoique aveugle, il continua de s'appliquer à l'étude des mathématiques, et publia différents ouvrages qui lui firent une grande réputation. Il mourut à Paris en 1665. On a de lui : Traité des fortifications, 1645, in-F; Théorèmes géométriques, 1651, in-8° ; Tables astronomiques, 1658, in-4°; Théorie des planètes, 1657, in-4«.

Pages. C'était le nom qu'au moyen âge on donnait aux gentilshommes, lorsqu'à l'âge de sept ou huit ans ils étaient retirés des mains des femmes pour être confiés à quelque baron ou à quelque chevalier qui avait un état de maison et des officiers semblables à ceux qui composaient la cour du souverain. Les pages étaient aussi appelés varlets ou damoiseaux; leurs fonctions n'avaient rien de déshonorant :

Louis , roi de Navarre ; Philippe, comte de Poitou; Charles, comte de la Marche, fils de France, sont qualifiés de varlets dans un compte de la maison de Phi* lippe le Bel. Les pages n'avaient cependant d'autres fonctions que de remplir les services ordinaires des domestiques près de la personne de leurs maîtres.

Montaigne parle aussi de cette coutume: « C'est un bel usage de notre nation qu'aux bonnes maisons nos enfants soient reçus pour y être nourris et élevés pages comme en une école de noblesse,et est discourtoisie et injure d'en refuser un gentilhomme.» On sortait de page à l'âge de quatorze ans, et l'on était alors reçu écuyer. Lorsque les gentilshommes purent entrer de bonne heure dans l'armée, ils s'y formèrent au service militaire, et n'eurent plus besoin d'être pages pour faire leur apprentissage du métier de la guerre. Alors il n'y eut plus que les rois et les princes qui eurent des pages. Napoléon, qui voulait ramener tous les errements de l'ancien régime, créa une école des pages, ses frères l'imitèrent dans les pays où ils furent rois , et la restauration suivit leur exemple.

Pages ( Garnier ) naquit à Marseille en 1801. Destiné au barreau, il vint

Paqés FRANCE. Paim toi

de bonne heure se faire inscrire sur le tableau des avocats de Paris ; mais ses débuts dans cette carrière n'eurent rien de brillant , et furent loin de faire présager la réputation qu'il devait acquérir plus tard à la chambre des députés. Du reste , patriote ardent , il fit , en juillet 1830, de sa maison de la rue Sainte- Avoye, le quartier général de l'insurrection du 7' arrondissement. En 1831 , à peine âgé de trente ans , il fut élu député du département de l'Isère , alla siéger à l'extrême gauche, et fut d'abord peu remarqué. Ses relations avec les radicaux, dont il ne tarda pas à devenir un des chefs les plus influents, le firent comprendre dans les arrestations projetées par le ministère lors des affaires des 5 et 6 juin ; un mandat d'amener fut lancé contre lui, et il fut obligé de se cacher. Mais la chambre des mises en accusation vint bientôt déclarer qu'il n'y avait pas lieu à suivre contre lui , et il put reprendre sa place à la chambre des députés au commencement de la session de 1833. Depuis lors , Garnier Pagès ne cessa de combattre les différents ministères qui se succédèrent; d'abord peu écouté, il ûnit par captiver l'attention de la chambre, a force de logique et d'esprit. « M. Garnier Pagès , oisait , il y a quelques années , un éloquent et spirituel appréciateur de nos orateurs politiques, a un talent tout à fait parlementaire. Il ne dit que ce qu'il veut dire ; et comme un nautonier habile, il conduit sa parole et ses idées à travers les écueils dont sa route est semée, sans y toucher, sans faire naufrage... Sa discussion est serrée et substantielle. Il déduit nettement ses propositions les unes des autres , en commençant par les principales pour arriver aux secondaires.... 11 est un des meilleurs dialecticiens de la chambre. Il a infiniment de grâce spirituelle et enjouée (*). » En 1835 , le collège de Vienne ne renvoya pas Garnier Pagès à la chambre ; mais quelque temps après, il fut élu par celui du Mans. Lorsqu'en 1838 la question de la conversion des rentes fut agitée à la chambre , il y prononça un discours qui fit connaître en lui des qualités qu'on

(*) Le Livre de* Orateurs, par Timon.

ne soupçonnait pas, et qui lui valut les honneurs de la discussion.il fit partie de lafameusecoalitionquiseformaen 1839 pour renverser le ministère Molé, et ce lut à l'occasion du discours qu'il prononça dans la discussion de t'adresse, que le Journal des Débats dit de lui : « M. Garnier Pages jouit seul dans la chambre du privilège d'attaquer la constitution et la couronne ; l'adresse avec laquelle il surprend, pour ainsi dire, la vigilance du président et de la chambre dans les passages délicats, lui a fait une sorte de réputation. On est moins attentif au fond des choses qu'à l'art qu'il met à amener sa pensée à bon port au milieu de mille écueils. M. Garnier Paçès n'a aucune influence politique; mais il s'est acquis personnellement l'espèce de faveur qui s'attache toujours à un homme d'esprit. » La carrière politique de Garnier Pagès eût pu devenir très-brillante avec le temps et les changements qu'il amène d'ordinaire, mais la mort est venue l'enlever jeune encore au parti démocratique et à ses nombreux amis ( 25 juin 1841 ).

Paie des thocpes. Voyez Solde.

Pairs. L'origine des pairs a , ainsi que celle de presque toutes les institutions féodales, quelque chose d'obscur et d'incertain; elle est, comme on le concevra facilement, beaucoup plus ancienne que celle de la pairie , qui ne se constitua que lorsque les fiefs devinrent héréditaires. Dans le principe, le mot pair semble avoir été pris dans le sens d'égal; c'est ainsi que les évéques étaient pairs entre eux {pares) , et que les seigneurs assemblés en 788, pour juger Tassillon, roi de Bavière, sont par les historiens appelés ses pairs ou ses égaux. Ce fut au dixième siècle que le mot latin par passa dans la langue gallo - germanique. Les vassaux d un même seigneur commencèrent alors à s'appeler pairs entre eux , et à former des tribunaux où ils jugèrent leurs égaux. C'était, d'ailleurs, un principe reçu chez les Francs, que chacun avait le droit d'être jugé par ses pairs. Le comte était jugé par des comtes , le baron par des barons , l'évéque par des évéques ; et ainsi des autres personnes. Les bourgeois eurent aussi leurs pairs lorsqu'ils eurent obtenu le droit de commune.

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