‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 12 sur 434 · MORALITÉS L'UN · texte numérisé non relu

MORALITÉS L'UN

sance en France, et que Ton commenta à y jouer des pièces ae théâtre. Des pèlerins de la terre sainte donnèrent la représentation de quelques-uns des mystères qui s'y étaient accomplis. Plusieurs sociétés, imitant leur exemple, se mirent, d'après les livres saints, à composer à l'envi des ouvrais dans lesquels iis mêlèrent des événements ou épisodes , et qu'ils distribuèrent en actes ou journées et en scènes , avec autant de

{)ersonnages qu'il était nécessaire pour a marche de faction et d» ses accessoires. La plus célèbre de ces sociétés, celle qui absorba toutes les autres, Ht son premier essai au bourg de Saint Maur, et prit pour sujet la Passion de Notre' Seigneur Jésus - Christ. Le prévôt de Paris, averti de cette nouveauté, fit défense à la société' de continuer; mais celle-ci se pourvut à la cour. Pour se la rendre favorable, elle se constitua en confrérie ; ses membres prirent le titre de Confrères de la Passion de Notre- Seigneur (voyez ce mot) , et ayant joué devant le roi, ils obtinrent, le 4 décembre 1402, des lettres patentes qui les autorisaient à s'établir à Paris.

La société continua donc ses ieux scéniques, et, pour y attirer le public des auteurs mirent en action, sous le nom de Mystères , tous les faits rapportés dans les livres saints. On composa ainsi le Mystère des actes des apôtres, celui def Apocalypse, celui de Y Assomption, celui de la Conception, celui de la JVativité... etc. Les vies de presque tous les saints fournirent aussi des sujets de mystères; on les avait mises en narration:

on les mit en drame. On lit et l'on joua le mystère de sainte Iiarbe , de sainte Catherine , de saint Denis , de saint Pierre et saint Paul, etc.; mais le mystère par excellence fut toujours celui de la passion de N. S., parce que le sujet était le plus élevé, qu'il excitait un pius puissant intérêt , fournissait des détails

Ïilus nombreux , et était le plus conôrme au titre qu'avaient adopté les confrères.

Quoique la Bible et In vie des saints que les auteurs avaient à exploiter fussent des mines pour ainsi aire inépuisables, quelques-uns cherchèrent en dehors des inspirations et des idées nouvelles. Peut-être s'etaient-ils aperçus que

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