VERS. MORALITÉS
des sujets qui tous avaient ensemble un airde famille, quoique portant des titres différents, n'attiraient plus un public aussi nombreux; peut-être espéièrent-ils se distinguer en sortant des routes battues. Quoi qu'il en soit , il est de fait que ces auteurs mirent à contribution leurs richesses personnelles, tu ventèrent des fables allégoriques, les disposèrent en scènes, leur donnèrent un but d'instrution; et ces pièces nouvelles, qu'il ne faut confondre ni avec les mystères
Î|ui les avaient précédées, ni avec les arces qui les suivirent, furent appelées des Moralités.
Ce nouveau genre de pièces pour lesquelles les noëtes n'avaient pas à leur disposition les noms sacrés que fournissent les livres saints, les mit dans l'obligation d'imaginer des personnages
3ui concourussent à l'accomplissement e leur action, et ces personnages ils les imaginèrent comme il les leur fallait, sans s'inquiéter le moins du monde delà vraisemblance. Dieu, la Vierge, les anges , les saints , les démons, toute la cour céleste , l'enfer tout entier , les affections bonnes ou mauvaises de l'âme , les trois vertus théologales , les sept péchés capitaux , figurés par des hommes ou des femmes vêtus on ne sait comment, montèrent sur la scène,
{>arlerent , agirent, selon l'esprit de eurs rôles , comme on vit plus tard les fontaines, les fleuves, chanter et danser dans les entrées et les ballets de Louis XIV. Dai.sla moralité intitulée:
Bien advisé et mal advisé, qui pour sa représentation ne demandait pas moins de 57 personnages, on compte Dieu; les auges Michel, Gabriel, Raphaël, Uriel; Bien advisé et mal advisé, les héros de la pièce ; puis Franche Voulontè, Raison, Foy , Contriction, Enfermeté ( Fermeté], Humilité, Tendresse, Oy sance (O'siveté), Rébellion, Force , . . . . Confession, Occunacion..
Pénitence , Satisfacion , Ammosne , Faine Gloire, Jeusne, Oraison, Désespérance, eic... puis, quatre Diablotons principaux, une troupe de petits Diablotons nommés Démon, lÀviathan, Satlian, Bélial, Lucifer, et enûn, Espérance qui , avec Bonne fin , clôt cette interminable liste.
On pensera que si tous ces person-
■OBALITÉS FRANCE. MORBIHAN' U
ms prenaient part à l'action et y ont été aussi , et peut-être plus nom-
fmmt un rôle , les pièces devaient breuses que les Mystères; cependant il en
ftre (fane complication et d'une Ion- est arrive beaucoup moins jusqu'à nous,
awr telles, qu'il était impossible d'en et il est probable que, pour la plupart,
âiTre toutes les phases et d'en voir ar- restées manuscrites, elles se sont per-
rfir la fin. Il est de fait que la rrpré- dues,
j «ûtion des moralités, de même que Morant, ancienne seigneurie deNor-
# des mystères, durait quelquefois mandie, érigée en marquisat en 1672 ;
îbrl longtemps, et exigeait souvent plu- elle est aujourd'hui comprise dans le dé-
:-nrs journées. Elle finissait pourtant, partpment de l'Eure.
: pius tôt qu'on ne pourrait le croire , Mobabd dp. Galle ( Justin-Bona-
^roeque beaucoup de personnages se- venture), naquit en 1741, à Gonselin ,
Maires ne paraissaient que pour don- en Dan plu ne. Nommé enseigne de vais-
affiac explication, rendre compte d'un seau en 1765, il lit diverses campagnes
cessas;, réciter quelques vers, puis al- dans l'Inde et en Amérique, fut promu ,
bit s'asseoir sur un des cotés du en 1777, au grade d** lieutenant, passa
tijdtre,àdes places pour eux réservées, sur le vaisseau la Fille de Paris, et as-
«tjo'ils ne quittaient plus, parce que sista au combat d'Ouessant (27 juillet
Sa» rôle était fini. 1778). Il était sur la Couronne , dans
Hndantprèsde ISO ans les Moralités l'armée du comte de Guichen, aux com-
{RtJivent sur les Mystères, et eurent bats des 17 avril, 15 et 19 mai 1780.
k privilège d'attirer de nombreux spec- Embarqué, l'année suivante, dans l'es-
Unis hors de Paris, du côté de Saint- cadre aux ordres du bailli de Suffren, il
knis. où les confrères avaient construit fit toute la campagne de l'Inde, et reçut
m théâtre, dans un hospice fonde par une blessure grave au combat de la
*w gentils hommes allemands, pour re- Praya. Noilimé contre-amiral en 1792,
^ «r les pèlerins , les pauvres voya- il fut fait vice-amiral l'année suivante,
aarc, et placé sous le patronage dé la et prit, en 1798, le commandement de
'àite Trinité. Mais ces pièces sérieuses l'armée navale qui était réunie au port
toirwt avec le temps par fatiguer le de Brest; il mourut à Guéret en 1809.
public, et, les recettes baissant, les Peu d'hommes de mer ont fourni une
^3Hdirns y mêlèrent quelques farces carrière aussi remplie que la sienne; il
-f?tt de sujets burlesques, et qu'on avait fait 37 campagnes, exercé 11 com-
K'oma le Jeu des poix pilés, apparem- mandements, et assisté à 11 combats,
watpar allusion a quelque scène qui Morbuun (département du). — Ce
'! représentait. Ce mélange de morale département, formé d'une partie de
Mde religion et de bouffonnerie porta l'ancienne Bretagne, tire son nom if une
Kofit a la caisse, mais ne tarda pas à baie sinueuse et parsemée d'Iles, nppe-
tylairr aux gens sages. La maison de lée le Morbihan ou la petite mer. C'est
|3 Trinité fut rendue à sa première des- l'un de nos départements maritimes,
j^tion, et les confrères lurent obligés II est borné au nord par le département
*b quitter. Ce fut alors qu'ils vinrent des Côtes du-Nord , a l'est par ceux
'établir aans l'ancien hôtel des ducs de d'Ille-et-Vilpine et de Loire et de Loire-
wur«ogne, où le parlement , par arrêt Inférieure, au sud par l'Océan, a l'ouest
J II novembre 1548 , leur permit de par le département du Finistère. Sa su-
■antiouer leurs représentations , à la perfîcie est de 699,641 hectares , dont
-Ofdition de n'y jouer que des sujets 291,531 hectares en landes et bruyères,
Profanes , et eh leur faisant très ex- 260,971 en terres labourables, 69,052
W«fces défenses de mettre en action et en prairies, 34,462 en bois et forêts ,
*ene aucun mystère de la Passion, 16,881 en vergers, pépinières et jar-
^nautre mystère sacré et aucun sujet dins, etc. Son revenu territorial est
P'jew, tirés des livres saints. Ainsi, évalue à 14.741,000 francs. En 1839, il
farces, sotties et autres trivialités a payé à l'État 1,898,108 fr. d'impôts
^ablesfurent substituées aux pièces directs, dont 1,452,303 francs pour la
"oo avait jouées jusque-là. contribution foncière.
11 à présumer que les Moralités Ses rivières navigables sont le Blavet,