F.RS. PALLIÉ RE
lois avaient défendu l'exercice publie de leur culte : en 1562, malgré la sauvegarde que lui avait donnée le duc de Montnensier, il fut arrêté ; son atelier fut détruit par l'ordre des juges de Saintes , et ce ne fut pas trop de l'intervention du roi pour lui sauver la vie. Il fut alors appelé à Paris, logé aux Tuileries , et grâce à cette faveur, il put échapper aux massacres de là Saint-Barthélemy.
En 1575, il ouvrit un cours public d'histoire naturelle et de physique , et pour la première fois on vit les faits positifs, les démonstrations rigoureuses, remplacer dans l'enseignement les théories vagues et incertaines. Mais tant de travaux n'étaient pas des titres aux yeux du fanatisme; il fut arrêté par les Seize et enfermé à la Bastille. On lui proposa de changer de religion. Henri III lui-même vint le visiter dans sa prison pour faire fléchir ce qu'il appelait son obstination. Mais un homme comme Bernard Palissy ne pouvait renoncer à sa croyance, et la mort vint enfin l'arracher à ses persécuteurs, vers 1589 , à l'âge de 00 ans. Il laissait un grand nom , d'admirables ouvrages et un des exemples les plus tristes et les plus encourageants à la fois pour ceux qui sacrifient leur vie à la poursuite d'une œuvre. Le Musée du Louvre conserve dans une des salles comprises sous la dénomination de musée Charles X, plusieurs morceaux précieux de cet artiste.
Palladius ( Rutilius Tau rus jEmilianus) , l'un des plus anciens agronomes dont les ouvrages nous soient parvenus , était , suivant les auteurs de Y Histoire littéraire de la France , (Us d'Rxsuperantius , préfet des Gaules.
Né au commencement du cinquième siècle, il suivit d'abord les écoles de cette contrée, puis alla étudier la jurisprudence à Borne, et s'établit enfin, à ce que Ton croit , dans la campagne de INnpIes. On a de lui un traité de Jie rusticû, inséré dans les différents recueils des Hei rusticœ Scriptores.
Pallibre (Vincent-Léon), peintre, né à Bordeaux , en 1787, d'une famille d'artistes, vint à Paris à l'âge de quinze ans, fut élève de Vineent, et remporta le premier grand prix au concours de
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181 2, par un tableau remarquable, les Prétendants de Pénélope massacrés par Ulysse» Les travaux qu'il (it à Rome augmentèrent sa réputation .
mais à peine de retour en France, it mourut (1820) au moment où il allait recueillir le fruit de ses fatigues. Parmi ses tableaux, on peut distinguer les suivants: la Flagellation du Christ, à Rome, dans l'église de la Trinité du Mont; un Berger en repos , au musée de Bordeaux ; suint Pierre guérissant un boiteux, dans l'église de Saint-Séverin à Paris, et surtout un Tobie rendant la vue à son père, au musée de Bordeaux.
Palliot (Pierre), né à Paris en 1608, épousa la tille d'un imprimeur de Dijon, succéda à son beau-père dans cette profession, et obtint le titre d'historiographe du roi et de généalogiste des états. 11 mourut à Dijon en 1698. Parmi ses ouvrages, les curieux en recherchent principalement deux : le Parlement de Bourgogne, son origine, son établissement, ses progrès, Dijon, 1649, 2 vol.
i n - loi.; la Science des armoiries, de 6eliot, augmentée de plus de 6,000 écussons, 1650, 1661 ou 1664.
Palma Caybt. Voyez Caykt.
Pahibbs , Àpami'x, ville de l'ancien Languedoc , aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département do FAriége. Elle appartenait, dans l'origine, à l'abbaye de Frédelas; elle passa ensuite à la maison de Foix. Un des comtes de ce nom la saccagea en 1208, en défendant les droits de Raymond , comte de Toulouse , contre les croisés.
Les Gascons tentèrent sans succès de s'en emparer en 1577. Le prince de Condé la prit ensuite à la téte des protestants , et la livra à ses soldats , qui la saccagèrent. On y compte aujourd'hui 6,000 habitants; c'est le siège d'un évéché suffragant de Toulouse.
Pampelune (prises de). Les dissensions qui régnaient dans la famille royale d'Espagne ayant fait concevoir à Napoléon le projet de se rendre maître de ce pays, différents corps d'armée entrèrent en Espagne sous le prétexte de se rendre en Portugal, où le général Junot était déjà depuis longtemps. Le général Dupont, avec un corps de 23,000 hommes, s'avança jus-
qu'à Valladolid ; le maréchal Moncey, avec un corps de 24,000, traversa la Bidassoa et établit son quartier général à Burgos. Le général Darmagnac occupa Pampelune. La citadelle de cette ville était gardée par les troupes espagnoles. Le maréchal Moncey ne tarda pas à donner au général Darmagnac l'ordre de s'en emparer à quelque prix que ce fût. Cette mission était difficile à remplir; car il ne fallait pas éveiller la méfiance des Espagnols. Le général Darmagnac demanda au marquis Valsantaro, capitaine général de la ISavarre, la permission d'enfermer dans la citadelle deux régiments suisses dont il n'était pas content ; mais le général espagnol, sans soupçonner aucune ruse, refusa néanmoins, disant qu'il ne pouvait laisser introduire dans le fort des troupes étrangères. Darmagnac eut alors recours a une autre ruse : tous les jours les portes de la citadelle étaient ouvertes à des soldats de corvée, qui allaient y chercher les distributions de vivres destinées aux troupes françaises.
Le général Darmagnac était loge dans une maison de la ville qui faisait face à la porte principale de la citadelle.
Dans la nuit du 16 au 17 février 1808, 300 grenadiers furent cachés dans cette maison. Les hommes de corvée furent choisis parmi les voltigeurs les plus déterminés ; ils portaient leurs sabres sous leurs capotes. Quelques-uns, feignant déjouer, s'arrêtèrent sur le pontlevis, afin qu'on ne pût le fermer. A .un signal convenu , les uns se jetèrent sur un faisceau d'armes de la garde espagnole . les autres mirent le sabre à la main pour la contenir; les grenadiers cachés dans la maison du général Darmagnac en sortirent alors précipitamment et s'emparèrent de la porte. Pendant ce temps, la division entière, qui avait pris les armes, se présenta et pénétra dans l'intérieur. Les Espagnols, ainsi surpris , n'offrirent aucune résistance, et les Français restèrent maîtres de la citadelle dans la matinée du 17 février 1808.
— Lorsdelaguerred'Espagnedel823,
l'armée française avait pris possession de Madrid. La plus grande partie des provinces avaient fait leur soumission ; mais Pampelune, capitale de la ]Sa-
varre, résistait toujours et se refusait à ouvrir ses portes. Le maréchal de Lauriston, chargé du siège de cette Tille, le fit commencer le 25 août. Le 3 septembre, il- attaqua les postes avancés des troupes espagnoles et se rendit maître du faubourg de la Rocheappea.
Ces dispositions préliminaires achevées, il fixa à la nuit du 10 au 11 l'ouverture de la tranchée contre la partie saillante de la citadelle , le bastion Sainte-Marie et les demi-lunes adjacentes. Le travail devait commencer à deux cents toises du glacis. Le terrain favorisa cette entreprise , qui avait l'avantage de faire ouvrir la première parallèle à la distance où commence ordinairement la deuxième ; et la place et la citadelle de Pampelune capitulèrent le 17 septembre 1823.
Pahpulbt ou plutôt pamflet, expression dont rétymoloçie est fortdouteuse,qui désigne un écrit court, rapide, critique, incisif, dirigé contre un fait ou contre un homme important , et pris généralement en mauvaise port, jusqu au jour où des écrivains du premier ordre le réhabilitèrent en remployant comme forme habituelle de leur politique. Pascal, dans ses Lettres provinciales, éleva le pamphlet a des proportions jusque-là inconnues; mais c'était à l'époque actuelle qu'il était réservé de faire du pamphlet l'arme habituelle et la plus dangereuse des partis.
Vers le commencement de la révolution de 1789, le pamphlet tint, dans nos luttes politiques, une place considérable ; Camille Desmoulins et Marat furent alors , de tous les pamphlétaires , les plus vigoureux, les plus spirituels et les plus hardis; le premier conservant la forme antique sous l'influence même des plus tumultueuses passions; le second, au contraire, peu soucieux de la forme, trempant sa plume dans la boue ou dans le fiel, mais trouvant parfois dans sa colère et dans sa haine des mouvements pleins de verve et d'éloquence.
Le Consulat et l'Empire mirent un terme à ces luttes violentes, et le pamphlet, qui ne vit qu'à la condition d'avoir ses coudées franches, fut vaincu par le despotisme brutal de l'épée. On sait comment Napoléon répondait aux
pamphlétaires ; il les traitait à peu
près comme des idéologue, et nui ne
{>ut entrer en lutte avec ce singulier ogicien. La Restauration fit au pamphlet la partie plus facile et plus belle. Le pouvoir royal soulevait alors contre lui une masse de résistances ; des rangs d'une opposition parfaitement disciplinée sortaient chaque jour des champions pleins d'audace et de talent. Il en était deux parmi eux qui faisaient surtout au pouvoir une rude guerre, et troublaient le sommeil des gens du roi. Pamphlétaires tous deux dans l'acception la plus élevée du mot, l'un mettant au service de la cause populaire un talent poétique de premier ordre, une âme indépendante, un esprit élevé:
c'était Béranger, dont la France entière répétait les chants avec amour et enthousiasme ; l'autre , esprit calme et sérieux, homme simple, voué aux travaux de la vie littéraire, et que les injustices de la faction royaliste avaient surpris et troublé au milieu de ces travaux, dans sa belle et poétique province de Touraine : celui-ci était Paul- Louis Courier, le bon et honnête vigneron, l'ancien canonnier à cheval.
Un matin il se réveilla pamphlétaire; c'était à propos d'une splendide donation que des courtisans voulaient forcer la France à faire à un prince encore enfant; il trouvait injuste que, pour donner à plus riche que soi , le paysan prélevât une part de son maigre pécule; et son indignation se trouva être un beau et véritable pamphlet , non plus l'arme de la médisance spirituelle ou le sifflement de la calomnie , mais bien l'arme loyale et noble d'un parti, l'attaque leste et hardie du faible contre le fort.
Nul encore n'avait donné au pamphlet cette double autorité de l'esprit et du bon sens. La France salua d'un cri de joie l'audacieux écrivain, et tant que Paul-Louis vécut, le pamphlet eut les honneurs de la lutte. On sait comment après Tune des nombreuses condamnations que lui valurent ces écrits spirituels et mordants, Courier, qui demeurera sans contredit comme le tvpele plus élevédu pamphlétaire,définissàit lui-même le pamphlet. C'était après la séance où M. l'avocat général deBroe croyaitavoir
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écrasé l'écrivain sous cette virulente apostrophe: PU pamphlétaire / Courier rencontre sur le grand escalier du palais, M. Arthus Bertrand, libraire, « son juré, qui s'en allait dîner, l'ayant « déclaré coupable. » Il lui demanda quel était le sens de ce mot pamphlet ■ qui, sans lui être nouveau, avait pour- « tant besoin d'une explication. » — « C'est, répondit l'honnête libraire, un « écrit de deux pages comme le vôtre , « d'une feuille ou deux seulement. » — « De trois feuilles, reprit l'écrivain, se- « rait-ce encore un pamphlet ? • — Le libraire embarrassé dit que ce pourrait bien être encore un pamphlet dans l'acception commune , mais qu'à proprement parler le pamphlet n'avait qu'une feuille seule. La conversation, racontée avec tant de verve et d'esprit par le pamphlétaire, continuait sur ce ton, lorsque, après une sortie du libraire sur le poison que contiennent les pamphlets, Courier lui demande naïvement s'il ne lit pas, lui juré , les mandements de monseigneur de Troyes pour le Carême et pour l'Avent, ou les pastorales de monseigneur de Toulouse sur la suprématie papale; ce sont cependant de simples feuilles, de vrais pamphlets; et il continue ainsi , rangeant parmi les pamphlétaires, Démosthène, Cicéron, Pascal, Franklin. Celte spirituelle et éloquente apologie , ce pamphlet des pamphlets y ainsi qu'il l a appelé luimême, restera comme le chef-d'œuvre du genre : tant il est vrai qu'une conviction profonde et un talent supérieur suffisent à ennoblir toute expression de la pensée, quelle que soit sa forme.
Courier tomba jeune encore sous la balle d'un assassin; Béranger vit silencieux, mais non inactif, dans son humble solitude dePassy. Mais l'arme puissante qu'ils ont laissée sur le sol a été ramassée par une main vigoureuse et exercée. Le pamphlétaire du gouvernement de juillet, logicien inflexible, écrivain spirituel et incisif, M. de Cormenin s'est élancé à la brèche dans toutes les circonstances où la bourse, plus encore que la liberté du contribuable, était menacée, et le ministère a dû plus d'une défaite mémorable à cet intrépide jouteur. C'est à la liste civile qu'il s'est attaqué surtout, ce sont ses exigences
qu'il a combattues; il a arraché d'une main ferme les haillons dont elle couvrait ses trésors; elle se faisait pauvre et tendait la main, et nous tous, bonnes gens ! allions peut-être fouiller dans nos poches , quand le pamphlétaire est venu nous faire le compte de ses revenus immenses, tant pour les bois, tant pour les prés , tant pour les châteaux , etc., etc. , et nous avons conservé notre obole jusqu'au moment où l'impôt nous le demandera sous une autre forme.
Panard ( Charles-François ) , né à Nogent-le-Roi près de Chartres, vers 1694 , mort à Paris en 1765 , se distingua par des chansons faciles et pi-
rmtes, et mérita d'être surnommé le Fontaine du vaudeville. On a imprimé une collection de son Théâtre et Œuvres diverses, Paris, 1763, 4 vol.
in-12, dans laquelle il y a 5 comédies, 13 opéras-comiques, des chansons , des fables, et quelques petites pièces galantes, bachiques et inorales. M. Armand- Gouffé a publié les OEuvres choisies de Panard, 1803, 3 vol. in- 18.
Pànckouckb (And ré- Joseph), libraire, né à Lille en 1700, auteur d'un grand nombre d'ouvrages, parmi lesquels nous citerons seulement les suivants : Dictionnaire historique et géographique de la chàtellenie de Lille, 1733, in-12; Dictionnaire des proverbes français, 1749, in-12 ; Abrégé chronologique de Chistoire de Flandre, 1762, in-12.
Charles - Joseph , son fils , né à Lille eu 1736, vint s'établir à Paris en 1764, et s'y fit bientôt connaître par quelques écrits littéraires, et par des mémoires adressés à l'Académie des sciences. Devenu propriétaire du Mercure, il sut lui redonner la vogue. Dans le même temps il faisait paraître les OEuvres de Buffon, le Grand Vocabulaire français, le Répertoire universel de jurisprudence , V Abrégé des voyages, par La Harpe, etc. Peu de temps après , il conçut le plan de l' Encyclopédie méthodiqufit puis, en 1789, celui du Moniteur, qui devint plus tard la feuille officielle au gouvernement.
Enfin, sous le régime directorial, après avoir cédé ses presses et ses grandes opérations à son gendre, M. Agasse, il