‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 123 sur 434 · PALISSY FRANCE. PAL1SSY · texte numérisé non relu

PALISSY FRANCE. PAL1SSY

qu'il rapporta plus tard en France.Ce savant naturaliste mourut à Paris en 1820. Ses principaux ouvrages sont : Flore d'Oware et de Bénin, en Afrique , 1804-21, 2 vol. in-fol., avec 130 planches ; Insecte» recueillis en Afrique et en Amérique, etc., 1804-1821, 1 vol. infol., avec iH) planches; Mémoire sur une nouvelle plante recueillie en Oware^ 1804, io-8; Prodrome des cinquième et sixième familles de la cryptogamie , les mousses et les lycopodes, 1804,in-8; Essai d'une nouvelle agrostographie, 1812, in-4° et in-8. Il a aussi fourni des articles au Dictionnaire des Sciences naturelles, aux Lphémérides des Sciences naturelles, et à plusieurs autres recueils scientifiques.

Palissot de Mohtbwoy (Charles), né en 1730 à Nancy, montra de bonne heure d'heureuses dispositions pour la Uttérature.Eotré d'abord chez lesOratoriens, il les quitta ensuite pour ne s'occuper que des lettres, et, très-jeune encore, Gt paraître sa tragédie de Ninus 7/, qui n'eut guère de succès. Il publia, en 1760, ses Petites lettres contre les grands philosophes; et en 1764, la Dunciade, deux écrits qui lui tirent beaucoup d'ennemis.II mourut à Paris en 1814, administrateur de la bibliothèque Mazarine.

On a encore de lui, outre les ouvrages que nous avons déjà cités, des Mémoires pour servir à C histoire littéraire de la France , depuis François Pr jusqu'à nos Jours} une Histoire des premiers siècles de Home, depuis sa fondation jusqu'à la république , 1756, in- 12; le Génie de PoUaire, 1805, in-8 ; et quelques comédies auxquelles on reproche le manque d'intérêt et de chaleur, mais qui sont écrites avec pureté. On a imprimé les Œuvres de Palissot, Paris, Didot, 1788, 4 vol. in-8.

Palissy ( Bernard ) , créateur, en France, d'un art qui est encore une de nos gloires , acheta chèrement son talent et sa réputation, et ne dut qu'à des travaux inouïs et à un courage vraiment héroïque un succès vers lequel il marchait sans guide et presque sans ressource. On ignore le lieu et l'époque . précise de sa naissance , on sait seulement qu'il vit le jour dans le diocèse d'Agen, au commencement du seizième siècle, et que ses parents étaient si pau-

vres, qu'à peine purent-ils lui foire apprendre à lire et a écrire. Il étudia plus tard l'arpentage, et prit dans cette étude le goût du dessin. Quelques ouvra-

Ses des grands 'maîtres d'Italie le séuisirent; il les copia; bientôt il passa pour un peintre bien plus habile qu'il n'était réellement; on lui fit peindre des images et des vitraux, et peu à peu ces travaux lui procurèrent quelque aisance.

Tout en travaillant, il parcourait la France, et son esprit observateur et

continuellement tendu lui faisait faire de curieuses études sur les différentes espèces de terres et de pierres qu'il rencontrait en sa route; puis, le cercle de ses recherches s'éte ridant toujours, il comprit que la connaissance de la chimie lui était indispensable pour pénétrer plus profondément dans les mystères de la nature ; mais la chimie n'était pas encore une science, et force lui fut de se contenter d'entrer dans les laboratoires des alchimistes et des pharmaciens , et de surprendre en quelque sorte quelques-uns de leurs secrets.

En 1539, il vivait à Saintes, avec sa famille, du produit de ses peintures; mais il y vivait mal , et en voyant se multiplier autour de lui sa jeune famille , il sentit le désir d'améliorer son sort. Une coupe de terre tournée et émaillée lui tombe entre les mains.

C'est pour lui un trait de lumière.

Qu'il découvre le moyen de produire cet émail, et sa fortune est faite ! mais il raisonnait avec toute la bonne foi, toute la confiance d'un artiste, ne songeant pas que le talent, avant d'être reconnu, doit passer par de cruelles épreuves. En effet, ses petites économies sont bientôt dépensées en essais infructueux.

Chargé, en 1543, de lever la carte des marais salants de la Saintonge , il voit dans le bénéfice que lui rapporte ce travail, un moyen de continuer ses recherches; mais ses bénéfices sont encore bientôt engloutis sans résultat. Que faire? Il était ballotté sans cesse entre les piaiutes de sa femme qui lui reprochait de négliger une industrie qui faisait vivre sa famille, pour courir après un rêve ; les conseils importuns de ses amis , qui lui représentaient qu'il marchait en aveugle et n'atteindrait jamais le

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but, et cette voix intérieure qui lui disait d'avancer toujours, et que la gloire était au bout du chemin.

Il faut lire ses mémoires pour comprendre à quelles tortures morales et physiques il fut soumis : il n'a pas de ressources, ses amis le blâment, sa femme se plaint et l'injurie; rien ne l'arrête : il lui faut un fourneau , il en construit un lui-même à grand'peine ; avec de l'argent emprunté, il achète quelques-uns des matériaux, et va luimême ramasser dans les champs, pierre à pierre, ce qui lui manque; il n'a pas de bois pour chauffer son fourneau, il brûle ses tables, ses meubles; les meubles brûlés, il prend le plancher de sa mai* son. Un ouvrier l'a aidé, il faut le payer; pas d'argent : il lui donne ses habits. Dans quelle profonde misère il est tombé I II n'ose plus sortir : on le croit fou. Sa famille, où il aurait dû trouver quelque appui, quelque consolation , sa ramifie n'est qu'un reproche vivant dont il ne peut se débarrasser; le dénûment, la maigreur de ses enfants l'accusent et le poiçnent. Quand au milieu de la nuit, assis dans les champs, où du moins il n'entendait ni plaintes ni reproches, il se représentait où l'avaient conduit ses tentatives, son cœur saignait, et s'il ne succombait pas , c'est qu'il y avait en lui cette conviction intime qu'il ne courait pas après un réve , que le but existait et qu'il pouvait l'atteindre; c'était Galilée , s écriant dans les douleurs de la captivité , et cependant elle tourne!

Knfln , il le toucha ce but tant désiré, et, en 1655, après seize années d'incroyables souffrances , il put crier Je l'ai trouvé! Ses belles poteries, ses rustiques figulines se répandirent et furent bientôt généralement admirées; la foule revint d elle-même: le fou était un homme de génie! Le roi Henri II, et, à son exemple , les plus grands seigneurs , s'empressèrent de lui demander des vases et des figures pour l'ornement de leurs jardins. Le connétable de Montmorency le chargea de décorer le château d'tfcouen. Mais il n'avait pas encore flni avec les persécutions : il était protestant; il se réunissait à quelques artisans qui s'expliquaient entre eux des maximes de rKvangile, puisque les

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