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VERS. PAOLI

Paoli (Pascal) naquit, en 1726, à Morosaglia (Corse), dans le hameau appelé la Stretta. Son père Hyacinthe, un des chefs de la nation avant et depuis le départ du roi Théodore , fut obligé de se réfugier en 1789 à Naples, dont le roi lui donna un régiment. Pascal fut élevé à l'École militaire, et son père , qui était un poète distingué, prit soin de son éducation littéraire. Il était officier dans le régi ment de son père, lorsqu'il revint en Corse, visiter les parents qu'il y avait laissés : c'était en 1755. La guerre que la république de Gênes continuait à faire à la Corse était à sou plus fort, et les représentants de la nation, convoqués à Orezza, allaient délibérer sur les chefs qu'ils devaient nommer pour guider le pays dans cette lutte importante. Paoli se rendit à l'assemblée comme député de Morosaglia.

La renommée de son père, sa bonne mine, peut-être aussi son uniforme, attirèrent sur lui tous les regards. On savait qu'il avait reçu une brillante éducation, et, quant à son patriotisme, on n'en pouvait douter. Il fut donc d'une voix unanime nommé général en chef de la nation. II voulait décliner cet honneur ; on insista, et il fut forcé d'accepter. Il demanda alors qu'on lui donnât pour collègue Mario Matra , homme de guerre deja renommé, et qui commandait avant lui les nationaux. On applaudit à ce choix , et les deux généraux prirent ensemble les mesures nécessaires pour continuer la guerre.

Cependant des dissensions s'élevèrent bientôt entre eux; Matra, plus expérimenté, leva un corps de partisans, marcha contre son collègue; mais la lutte se termina par la mort de ce général qui fut tué au siège du couvent de Bozio.

Paoli , resté seul général , combattit d'abord avec avantage les Génois et les troupes françaises venues à leur secours (voyez l'article Cobse); puis, vaincu, en 1769, par les forces supérieures du comte de Vaux, il quitta la Corse avec cinq ou six cents de ses partisans pt se retira en Angleterre, ou le gouvernement lui donna une généreuse hospitalité. EnGn, après un exil de vingt ans, Paoli fut rappelé, en 1790, dans sa patrie , et son voyage de Paris en Corse fut une véritable marche triomphale.

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