PAOLI FRANGE. PAPAUTE
Ix>uis XVI le nomma alors lieutenant général et commandant de l'île.
Cependant la révolution marchait à grands pas; bientôt, Paoli s'effraya des progrès de la démocratie. Il était arrivé à un âge où l'ardeur de la jeunesse commence à se refroidir -, ne sachant où s'arréte^it la révolution française, il craignit pour sa patrie les secousses qui pouvaient en résulter , et crut gu'il valait mieux pour elle être soumise à un gouvernement qui avait déjà subi de semblables épreuves. Il s'adressa donc à l' Angleterre dont le gouvernement saisissant avec empressement une semblable occasion d augmenter ses possessions, envoya aussitôt dans la Méditerranée une flotte sous le commandement de l'amiral Hood, avec ordre de s'emparer de la Corse.
Les Français qui se trouvaient dans l'île étaient en trop petit nombre pour résister longtemps. Les villes maritimes eurent beaucoup a souffrir. Calvi surtout se fit remarquer par sou devouemeut à la France, et fut entièrement ruinée. Mais Paoli parvint à faire consentir la population à passer sous le gouvernement des Anglais. Une consulte générale fut tenue à Corté en juin 1794, et les députés jurèrent fidélité au roi d'Angleterre et a la constitution que ce prince avait offerte, et qui établissait un parlement et un viceroi.
Cependant Paoli, mécontent de la conduite que tenaient les Anglais, se retira à Monticello ; mais ses ennemis crurent qu'il n'était pas prudent de laisser bouder ainsi un homme dont l'influence était encore assez grande pour faire perdre aux Anglais tout ce qu'il leur avait donne; et le vice-roi, sir Gilbert Elliot, demanda à son gouvernement de l'appeler en Angleterre. Paoli quitta la Corse avec regret, mais ré* signé ; il se rendit à Londres, où il vécut jusqu'en 1807. Les succès de Napoléon réveillaient , dit-on , chez lui , de nobles sentiments, il était heureux des triomphes de celui qu'il appelait son élève, et illuminait son palais à chaque grande victoire du consul ou de l'empereur. Il laissa par son testament une somme assez considérable pour fonder à Corté une université, et à Mo-
rosaglia une école primaire supérieure.
Ces \œux ont été accomplis.
Paon (Dd) ou Lb paon, né aux environs de Paris , vers 17JO, d'une famille de paysans, se fit un nom comme peintre de batailles. Sa vocation se révéla au milieu des camps, ou il passa plusieurs années comme dragon. Muni de dessins qu'il avait exécutés de luimême , il se présenta à Carie Vanloo,
2 ni l'encouragea. Dès lors il s'adonna la peinture sous la direction de Casanova, qu'il ne tarda pas à égaler. Divers morceaux qu'il a exécutés au Palais- Bourbon et dans la salle du conseil de l'École militaire , sans briller par aucune qualité supérieure, dénotent un dessin ferme et correct, et une grande exactitude d'imitation. Cet artiste mourut en 1785.
Paon (vœu du). Voyez Fêtes.
Papauté (Relations de la France avec la)- Lorsque Clovis eut abjuré le paganisme , le pape Anastise 11 , qui n'était encore alors que le premier oes évéques occidentaux, exhorta dans une lettre le roi des Francs, «son glorieux « et illustre ûls, » à être désormais pour l'Église une colonne de fer. Ses successeurs, prévoyant quel puissant auxiliaire l'Église d'Occident, dont ils tendaient déjà à se regarder comme les chefs , devait trouver dans les rois francs , cherchèrent également à se les concilier; ainsi Pelage 1er, qui était accusé d'hérésie, crut devoir se laver de cette accusation auprès du roi Childebert 1er, et lui écrivit, en 555, une lettre dans laquelle se trouvent ces paroles remarquables : « ÎSIous devons avoir soin , h pour éviter les soupçons scandaleux , « de donner la déclaration de notre foi « aux roU que nous devons respecter, « et auxquels tes divines Ecritures « nous ordonnent d'être soumis (*). »
On sait que les papes ne gardèrent pas longtemps ce ton d'humilité.
Ce fut au milieu de la décadence de la race mérovingienne que les papes, dont le pouvoir temporel était sans cesse menacé par les Lombards, eurent pour la première fois recours aux Francs. Grégoire II et son successeur Grégoire m'implorèrent tous deux les
O Dom Bouquet, t. IV, p. 74.