‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 20 sur 434 · MOHGANEGIBE FRANCE. MOR1HI · texte numérisé non relu

MOHGANEGIBE FRANCE. MOR1HI

fdition de cet ouvrage; mais, l'excès 4d travail avait épuisé ses forces, et il septit rn faire imprimer que le premier ïofame. Un premier commis au marquis de Pomponne surveilla l'impression du seeond volume, laquelle fut xfeevéeen 1681, et dédia tout l'ouvrage iu roi. On a fait plusieurs reproches issu graves au Dictionnaire de IVIoréri; nuis on doit lui savoir gré de Fheureuse idée qu'il avait conçue le premier, et reconnaître que c'est aux «perfections mêmes de son travailqu'on toit «lui de Bayle,qui nes'était proposé J'abnrd que d • refuler les erreurs ou de yppîéer aux lacunes de >on devancier.

Le Dictionnaire de Morcri, quoiqu'il ait imsené le nom de son premier auteur, ] été porté successivement par d'autres écrivains a 5 volumes in-fol., en 1718, i 6 tolumes en 1729 et 1732, et enfin à 10 volumes en 1750, par Drouet , au nwTfn de la refonte des suppléments de l'abbé Goujet.

MOHGANEGI BE, MORGEPIG ABE, MOR-

ciscap, matutinale donunt ; présent volontaire que le mari faisait à sa femme * témoignage de satisfaction, le lendemain de son mariage. Des auteurs l'ont ipptk pretium virglnitatis dejloratse , d ils se sont trompés, car le morganés'accordait à la femme veuve aussi Lien qu'à la fille vierge. L'usage et le mot sont d'origine germanique, et ce w>t les Francs qui les ont apportés &os la Gaule. Le présent du matin consistait en des domaines ou en une somme d'argent. Lorsque Galsuinthe, umr aînée de Brunehaut, vint en France ?w>r épouser Chilpéric I*r, roi de Paris, file reçut, tant en qualité de dot que k morçanegibe, les cités de Bordeaux, J-rooges, Cahors. Béarn et Bigorre. On « dans une charte de 1305, émanée d'Isabelle, femme de Raoul, roi des Romains, que cette reine avait reçu de son mari, pour présent du lendemain, la tomme de trois mille marcs d'argent.

pu-neuf ans après la mort dé Gal- Nfutbe, arrivée en 568, le traité d'An- Wpt, conclu en 587 , régla le sort des cités qui avaient appartenu à cette reine dont Brunehaut avait hérité, et il qualifia de propriétés les tributs, terres <t cités que les reines posséderaient à rotoir, tant à ce titre qu'à celui de

dot. En Allemagne, le morganégibe.

encore en usage, ne retourne jamais au mari ni à ses héritiers, quand même le mariage serait déclaré nul , ou qu'il serait dissous par suite des fautes de la femme.

En France , le présent du lendemain a été remplacé par le douaire qui se constate dans le contrat avec les autres conventions matrimoniales; et la femme n'a le droit de l'exiger que dans le cas eù elle devient veuve.

Mobg es, ancienne seigneurie du Dauphiné, érigée en comté, en 1731; elle est aujourd'hui comprise dans le département de l'Isère.

IM orici ère ( Christophe-] xmis-Léon, Jucha n lt de la ), né à Nantes en 1606, fit de bonnes études au collège de cette ville, au sortir duquel il fut admis à l'fceole polytechnique, et entra en 1826, comme élève sous-lieutenant, à l'école d'application de l'artillerie et du génie, à Metz; il devint lieutenant du génie en 1830 , et fit partie de l'expédition d'Afrique en qualité d'officier d'état-major de son arme. Nommé capitaine en 1830, il passa avec ce grade dans le 2' bataillon des Zouaves , à la création de ce corps, et se fit remarquer dans toutes les affaires qui eurent lieu dans la province d'Alger, de 1830 à 1832.

Promu au grade de chef de bataillon en 1833, il fut nommé lieutenant-colonel en 1835, et colonel en 1837, après la prise de Constantine, où il s'était particulièrement distingué.

Il fut nommé maréchal de camp en 1840, se distingua de nouveau dans les opérations qui eurent lieu en octobre et novembre de la même année dans la province d'Orau.dontle commandement lui avait été confié ; battit à plusieurs reprises les tribus ennemies , et les repoussa sur leur territoire, après leur avoir fait éprouver des pertes considérables. Pendant la campagne d'automne de 1841, il parvint à ravitailler Mascara, après un combat opiniâtre et meurtrier contre les troupes d'Abd-el-Kader. Il a été promu, en 1843, au grade de lieutenant-général.

Morini. Peuple de la seconde Belgique, dont le territoire était borné au nord et à l'occident par la mer, à i'o-

L'UNIVERS. MORLAS

rient par l'Aas, et au midi par les Ambiant et les Atrebates. Il se divisait en deux cantons, dont les capitales étaient Gessoriacum et Teruana.

Morlaix , Mons Relaxatus, ville de Bretagne, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département du Finistère.

Nommée d'abord Julia, puis Saliocan, suivant Conrad de Salisbury, elle passa en 498 à la princesse Alienor de Bretagne, aux descendants de laquelle elle appartint jusqu'en 1177. Les princes de Léon et les ducs de Bretagne se la disputèrent dans la suite ; les derniers appelèrent à leur secours les Anglais qui en turent chassés par duGuesclin, reparurent en 1874 , s'emparèrent alors de Morlaix, et y laissèrent une garnison

Si fut exterminée bientôt après par les bitants. Morlaix fut rendue au duc de Bretagne, en 1381, par le traité de Guérande. En 1521, les Anglais y firent une descente et la pillèrent ; pour la préserver à l'avenir de semblables désastres , François l»r y fit élever, en i£26, une forteresse que l'on appelle k Château du Taureau. Les habitants de Morlaix prirent part aux guerres civiles du seizième siècle, et ne se soumilent à Henri IV qu'en 1694. On y compte aujourd'hui 10,000 habitants; c'est la patrie du général Moreau.

Moblas, ancienne capitale du Béarn, aujourd'hui chef-lieu de canton du département des Basses- Pyrénées.

Moblas (monnaie de). Les sires de Béarn, seigneurs de Morlas, frappèrent dans cette ville une monnaie qui fut fort accréditée dans le midi de la France, et dont il est souvent question dans les chartes des douzième et treizième siècles. Les deniers de Morlas sont assez communs dans les collections; ils portent ordinairement pour type , au droit , une croix cantonnée Je deux besants au deuxième et au quatrième canton , avec les légendes uentvllo lome; et au revers la mot

^ t ainsi disposé ; enfin , en légende ,

onob forças. Ces deniers doivent être attribues aCentule Y , qui vivait dans le j douzième siècle. Il y a un jeu de mots 'dans la légende du revers; honob signifie à la fois, dans la latinité du moyen âge, honneur et seigneurie, et

p\x, paix et territoire. La fabrication des deniers de Morlas, qui sont encore mentionnés dans les documents du treizième et du quatorzième siècle, fut sans aucun doute continuée jusqu'alors; mais on ne connaît encore aucune pièce de cette époque.

Les sires de Foix, devenus maîtres du Béarn, à la fin du treizième siècle, le furent également de Morlas; ils donnèrent, au commencement du quinzième siècle, une nouvelle importance à la monnaie de cette ville ; on connaît de cette époque un denier de. Jean, qui est tout à fait calqué sur les monnaies des Centules; ce qui doit faire supposer que l'empreinte primitive fut toujours conservée à Morlas. Cela s'explique d'autant mieux que, comme nous Pavons dit plus haut, les monnaies de cette ville étaient accueillies avec faveur dans le Languedoc, la Gui en ne et tout le sud-ouest de la France.

Du reste, les sires de Foix frappèrent à Morlas, au quinzième siècle, des pièces d'or et d'argent en assez grand nombre. Leurs deniers semblent avoir toujours conservé l'empreinte usitée ; mais cette empreinte disparut sur les blancs et sur les pièces d'or. Sur celles-ci on voit , d'un côté, une croix ornée, avec le nom du seigneur, tel que , gasto uns

BEABNI, OU CATHABINA DNA BEAfiNI ,

etc., et au revers, les armes de Foix qui représentent deux vaches. L'ancien type passa alors dans la légende, où on lit :

PAX ET HONOB FOBQVIE M on LACIS.

Parmi ces espèces d'or, il faut citer une magnifique pièce d'un Gaston de Foix, sans doute Gaston IV, qui réunit le comté de Foix et le Béarn au royaume de Navarre. C'est plutôt une médaille qu'une monnaie , quoiqu'elle porte lest mêmes légendes que les espèces desti-!

nées à la circulation. Gaston s'y est fait représenter a cheval, armé de pied en cap , absolument comme l'effigie des francs à cheval de France. François Phébus, petit-fils de Gaston IV, lui succéda; Catherine sa sœur et Jean d'Albret son époux furent tes successeurs de François Phébus. Ce fut sous le règne de Henri, leur fils , que disparut tout à fait le type usité sur les pièces de Morlas.

Le mot forças ou fohqvie, que l'on

uigitizGO Dy VjOO

FRANCE,

irouie sur les V^f anc»ens deniers et sur les blancs de la maison de Foix , étailte nom du château ae Mor|as.

Mobn4Y ( Ptid»PP? <*e ), seigneur du Pfett«-Marty. naQu,t en 1549, au château de B«»ssi. S°n P«re, Jacques de Nonay, était inviolablement attaché à la religion catholique; niais sa mère, Françoise du Bec» n'était pas moins zélée pour (a religion réformée. Elle éleva en secret le jeune Philippe dans le prolestiaii&me. La divergence d'opinions religieuses qui existait sous le toit paternel existait encore dans sa famille.

Parmi ses oncles , les uns étaient revêtus de dignités ecclésiastiques : l'un feux était évéque de Nantes et devint archevêque de Reims ; d'autres combattaient dans les rangs de l'armée huguenote.

Après avoir terminé ses études à Paris, le jeune Mornay fut destiné par ses parents catholiques (il n'était que le cadet de la famille) à l'état ecclésiastique. Son oncle, l'évéque de Nantes, pour le décider a entrer dans les ordres , lui lit la promesse formelle de lui résigner son tfèché , et lui offrit , en attendant , un riche prieuré, à la seule condition qu'il se ferait tonsurer. Le jeune homme refusa ces offres, séduisantes, et quand la seconde guerre civile éclata, il embrassa ouvertement la réforme , ceignit l'epée et alla rejoindre ses oncles protestants et son frère aîné dans l'armée des huguenots, occupée alors au siège de Chartris. Us accident l'arrêta à moitié chemin, et le contraignit de regagner son manoir; il s'était fracture la jambe saueheeo tombant de cheval. Après sa aoérison, il entreprit de grands voyages dans différentes parties de l'Europe, pour observer sur les lieux ce qu'il avait déjà appris dans les livres. Il visita successivement la .Suisse, l'Italie, la Hongrie. l'Allemagne, les Pays-Bas, fréqueniant les savants et les hommes d'État, ei appliquant ses principales investigations sur l'histoire, les mœurs, tes erovaneas. la législation et la politique des pays ou n sejoumau.

Au retour de ces voyages, il s'attacha i Coligni, et fut l'auteur du fameux Mé~ tmrt que l'amiral fit présenter à Charte IX et à Catherine de Medicis pour ta engager à renoncer à leur système

de violence contre des Français dont tout

le crime était de vouloir conserver Ir liberté de conscience. On sait que la cour et les Guises répondirent h ce Mémoire en essayant de faire assassiner Coligoi, et en donnant, après le mauvais sucées de leur tentative, le signal du massacre de la Saint- Barthélémy. Dans cette horrible iouniée et les jours suivants, ce ne lut que par miracle que Mornay échappa aux recherches des égorgeurs. Caché sur le toit de la maison qu'il habitait, il entendit les cris féroces de ceux qui bouleversaient sa demeure pour Le trouver. Le lendemain il reçut asile chez un huissier qui, pour le cacher , l'admit au nombre de ses clercs et lui donna à griffonner des exploits. Enfin, après avoir échappé à mille dangers par la protection de cet homme et d un de ses clercs qui, au péril de leur vie , déclarèrent que Mornay n'était ni huguenot, ni rebelle, ni séditieux, il parvint à sortir de Paris et à gagner Dieppe, où il s'embarqua pour l'Angleterre.

En 1&75, le prince de Béara, devenu roi de Navarre , l'appela auprès de lui , lui accorda toute sa confiance et le chargea de l'administration de ses finances.

Il lui confia, en outre, d'importantes négociations, et l'envoya en Angleterre auprès d'Élisabeth,solliciter des secours; et telle était sa confiante dans son ministre, qu'il ne lui donna d'autres instructions qu'un blanc -seine. Mornay fut généralement heureux dans les diverses missions qu'il reçut du prince son ami. Pendant les troubles de la li-

3ue, il fut nommé surintendant général e la Navarre et supporta presque seul, dans cette province, le poids delà guerre. Lorsque, après l'assassinat de Henri de Guise, Henri III se rapprocha du roi de Navarre, et que celui-ci se fut fait remettre Saumur comme place de sûreté, le gouvernement de cette ville fut confié à Mornay. En 1689 , Mornay enleva le cardinal de Bourbon qu'on voulait faire roi. et en l&»2. il fut chargé de trouer avec Mayenne. Il s'opposa de toutes ses forces à* l'abjuration de Henri IV, et quand cet acte fut consommé, il refusa constamment de paraître à la cour, malgré les vives instances de Henri pour qu'il vînt le rejoiudre. Aux lettres pres-

40 MOROGUBS LUMVERS. MORTAIN

santés que lui écrivit le roi, il ne répondit que par des reproches et par un long Mémoire dans lequel il se faisait l'organe des craintes que l'apostasie de Henri inspirait aux huguenots. (Voyez les Annales, tome I, page 421.) • Cependant, quoique mécontent du roi, il continua a le servir avec dévouement et conserva son gouvernement de Saumur. Il ne lui fut retiré qu'en 1621 par Louis XIII , après que Mornay eut adressé à ce prince de courageuses remontrances . pour le dissuader de faire la guerre qu'il projetait contre les protestants. Il ne survécut que deux ans à cette disgrâce , et mourut le 1 1 novembre 1623, dans un de ses châteaux en Poitou , âgé de 74 ans II avait été pendant cinquante ans le véritable chef des protestants en France. Son austérité, sa profonde instruction dans les matières religieuses, faisaient de lui l'oracle de ses coreligionnaires ; on le surnommait le pape des huguenots. Il a laissé, entre autres nombreux ouvra* ges , tous consacrés à la défense de sa religion et de son parti : un Traité de la vérité de la religion chrétienne; un Discours sur les prétendus droits de ceux de la maison de Gvise ; des Mémoires instructifs et curieux depuis 1672 jusqu'en 1620; un Traité sur t institut ion de l'Eucharistie et les abus de la messe. Ce dernier ouvrage fut vivement attaqué par les théologiens catholiques. Mornay ne voulut répondre a leur censure que dans une conférence publique. Elle eut lieu à Fontainebleau en 1600 : la lutte fut longue et vive entre lui et Duperron, évéque d'Évreux ; mais elle resta sans résultat, et, comme d'ordinaire, les deux partis s'attribuèrent la victoire.

Morogubs ( Pierre-Marie-Sébastien Bigot , baron de ) , né à Orléans en 1776, fut admis, en 1794. à l'école des mines. Devenu plus tard , par son mariage avec mademoiselle de Montaudoin, propriétaire de la terre de la Jouinerians la Sologne, »! «>don«»a tout entier à l'exploitation de ce domaine , et , par suite des bonnes méthodes de culture qu'il y introduisit , en quadrupla les revenus dans l'espace de quelques années. Son utile exemple ne fut point perdu oour cette contrée; et son

Essai sur les moyens d'améliorer t agriculture en France 9 particulièrement dans les provinces les moins riches (1822 , 2 vol. in 8°), fut un nouveau et très-grand service qu'il rendit au pays. Admis à l'Académie des sciences morales lors du rétablissement de cette compagnie, il fut élevé en 1835 à la dignité de pair de France, et mourut à Orléans en 1840.

Mobtagnb , Moritania , ancienne capitale du Perche, aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département de l'Orne; population : 5,000 habitants.

Le roi Robert s'en empara en 997 ; Charles V la fit démanteler en 1378; elle tomba "au pouvoir des Angais en 1424, mais Jean II, duc d'Alenoon v auquel elle appartenait, la leur reprit en 1449 et en fit rétablir les fortifications . Les calvinistes l'incendièrent en 1488.

Elle fut le théâtre d'un combat sanglant, en 1590, entre les ligueurs et les troupesde Henri IV; enfin, elle fut alors» dans l'espace de trois ans et demi, prise, reprise et pillée vingt-deux fois. Stofllet s'en empara en 1794 , et l'évacua au bout de deux jours, après en avoir fait brûler le château et détruire les retranchements.

Mortaillablbs. On appelait ainsi des es|»èces de serfs , adscripti gtebx , auxquels le seigneur donnait des terres qu'ils devaient cultiver et ne pouvaient quitter sans sa permission ( voy. Main* mobte ). Les héritages mortaillables étaient les biens tenus a cette condition; les tenanciers ne pouvaient les donner, vendre et hypothéquer qu'à des personnes de leur condition et qui fussent sujets du même seigneur.

MoBTAiN.iWoTi toliutn et Moretonium, petite ville de Normandie, aujourd'hui chef- lieu d'arrondissement du département de la Manche; population 2,500 habitants. Soumise d'aonrd à des comtes particuliers, elle perdit beaucoup de son importance après la journée de Tinchebray, et appartint, sous la domination française . a des seigneurs oui . pour la plupart, n'y résidèrent point.

François Ier échangea, en 1529, le comté de Mortain. avec Louis de Bourbon, comte de Montpensier, pour des terres situées dans les Pays Bas ; la ville et le château restèrent dans la fa-

MOKTKMKR FRANCE.

MORT I KR

mille de Montpensier jusqu'à la mort de Henri, en 1608; ils passèrent, par le manage de sa fille avec Gaston, frère de Louis XIII , dans la maison d'Orl«ns, et y restèrent jusqu'à la révolution.

Mobtemabt ( Gabriel de Rochechouart, marquis, puis duc de), né en 1G00, fut gouverneur de Paris et se fit remarquer à la cour par son esprit, son amabilité et son instruction. Mais il est moins célèbre par lui-même que par ses enfants, le duc de Vivonne , madame de Montrspan, maîtresse de Louis XIV, la marquise deThianges et l'abbessede FontevraulL L'esprit était héréditaire hns cette famille, de. sorte que V esprit de Mortemart était devenu une expression proverbiale. Voyez Montespan , Thia*îges et Vivonïib.

Mobtemer (Combat de). Vers la fin de Tannée 1054 , Henri I" voulant venger une défaite qu'il avait essuyée en Normandie, en combattant Guillaume, appela tous ses vassaux au service militaire , et en forma deux armées , l'une au nord, l'autre au midi de la Seine : il se trouva lui-même à la seconde, dont il abandonna la direction à Geoftroi Martel , comte d'Anjou. Le frère du roi , Eudes de France, commandait rarmée du nord de la Seine.

Guillaume se chargea d'observer l'armée royale , qu'il voulait éviter d'attaquer pour ne pas donnera ses vassaux l'exemple d'un vassal combattant son suzerain ; mais il ordonna à Hugues de Hontfort, à Hugues de Gournay, et à Guillaume de Crespigny, de traiter l'armée de Eudes avec moins de ménagements. « Celui-ci était entré parle Beauvoisis en Normandie, et il avait pénétré jusqu'au pays de Caux, ravageant tout autour de lui, lorsque les quatre l irons trouvèrent à Mortemer son armée dans le désordre qui suit un pillage. Quelques-uns des soldats étaient ivres , d'autres entourés de femmes qu'ils avaient enlevées aux villageois ; aucun ne semblait s'attendre à un combat ; Eudes ne le refusa point cependant; mais bientôt effrayé de la vivacité de l'attaque des Normands, il donna le premier l'exemple de la fuite. Pendant tu 'il s'éloignait de toute la vitesse de son cheval , sa noblesse continua à se

défendre jusqu'à trots heures après midi; aussi la plus grande partie périt-elle dans ce combat , et les autres furent presque tous faits prisonniers. Ce fut la sort, entre autres, de Guido , qui avait succédé à son frère dans le comté de Ponthieu, et qui avait espéré de le venger. Il faisait nuit lorsque le duc Guillaume reçut la nouvelle de ta victoire de ses troupes, et il était avec son autre armée à peu de distance de celle du roi. Il ordonna aussitôt à sou héraut d'armes de s'approcher du camp de Henri, et d'appeler les gardes; « Dites ■ à votre roi. cria celui-ci, que mon nom

• est Robert de Toènes , et que je lut « porte une lugubre nouvelle. Conduisez « vos chars a Mortemer, pour y charger

• les cadavres de ceux qui vous sont

• chers; caries Français sont venus con> « tre nous éprouver Vart militaire des « Normands. et ils l'ont trouve bien meil « leur qu'ils ne l'auraient voulu. Eudes,

• leur chef, a pri« honteusement la fuite, « le comte de Ponthieu est prisonnier « presque tout le reste est tué ou captif, « il y en a bien peu que la rapidité de « leurs chevaux aient pu mettre en sù- « reté. C'est le duc des Normands qui « fait donner cet avis au roi des Fran- « çais. « Henri , frappé du desastre et effrayé de la manière dont il lui était annoncé, ordonna aussitôt la retraite, et ramena son armée en France sans avoir combattu (*). »

Mobtibb. Sorte de bonnet qui était anciennement la coiffure commune des hommes et qui devint dans la suite une marque de dignité; les empereurs de Constantinople le portaient en guise dtt couronne. Les rois de France de la première race les imitèrent, et cette espère de diadème passa aux princes de la seconde et de la troisième race. Saint Louis est représenté avec cet ornetnett sur les vitraux de la sainte Chapelle de Paris.

Avant la révolution, le mortier était

fwrlé , comme marque de dignité, par es président* et le «••«flie»- er chef Ju parlement. Le mortier du chancelier était en drap d'or, bordé d'hermine; celui du premier président était en ve-

(') Sisinondi, Hht. des Franc. , t. IY,

43 MORTiBB L'UNI

tours noir, bordé de deux galons d'or.

Mobtieb (Édouard-Adolphe-Casimir- Joseph), duc de Trévise, naquit à Cambrai en 1768. Entré au service en 1791 • nomme capitaine au 1" bataillon des volontaires du département du Nord , il assista à l'affaire de Quiévrain, aux batailles de Jemmapes et de Neerwinde , aux sièges de Namur et de Maestricht.

Sa belle conduite à la journée d'Hondscoote lui valut le grade d'adjudant général (1793). Au déblocus de Maubeuge, il fut blessé d'un coup de mitraille, et cependant, il combattit encore à Mous, à Bruxelles, à Louvain et à Fleurus. En 1794, il se porta sur Maestrichtavec le corps du général Kléber, y fut spécialement chargé de l'attaque du fort Saint- Pierre, et se trouva ensuite sous les ordres du général Marceau, au passage du Rhin à Neuwied. Adjudant général en 179G , il fut attaché à l'armée de Sainbreet-Meuse, et commanda les avant-postes de l'avant-garde placée sous les ordres du général Lefebvre. Le 31 mai, il repoussa les Autrichiens ou delà de l'A- «lier, et prit part le 4 juin au combat d'Altenkirchen. Puis , passant de vive force la Nidda , il enleva le 4 juillet les hauteurs de Wildendorff , s'empara de Giessen le 8, assista le 18 à la bataille de Friedberg, porta le 16 au général autrichien Wartensleben , qui commandait dans Francfort , les propositions d'une capitulation , qui fut signée le même jour , s'empara de Gemmunden le 22 , entra le 23 dans Schweinfurt, chassa les ennemis au delà du Mein, et obligea le général Wartensleben de se replier sur Bamberg. Le 6 août, il combattit à Hirscheid , enleva, le 7, le poste d'Khmanstadt, celui de Greissemberg le 8, et, le II, obligea le fort de Rothe mberg à capituler. Il dirigea ensuite la négociation d'après laquelle les Français occupèrent Mayence le 80 décembre."

Après la paixdeCampo-Formio, Mortier refusa le grade de général de brigade qui lui fut offert , préfera prendre le commandement du 23* régiment de cavalerie ; mais , à l'ouverture de la campagne de 1799, il fut de nouveau nomme général , alla commander les avant-postes de l'avant-garde de l'armée du Danube, et se il distingua particuliè-

rement le 26 mars à l'affaire de Lie ntingen. Nommé général divisionnaire le 26 septembre et envoyé à l'armée d'Helvétie, où il reçut le commandement de la 4' division , il brilla à l'affaire de Vol» lishoffen et dans les différents combats qui précédèrent et suivirent la prise de Zurich, soutint ensuite à Mutsen tous les efforts du corps de Rosemberg, qui formait à peu près la moitié de l'armée russe, et concourut à le chasser entièrement du territoire helvétique. Il retourna alors à l'armée du Danube; mais en mai 1800, il fut appelé au commandement des 15* et 16" divisions militaires, dont le chef-lieu était Paris.

En 1803 , lors de la reprise des hostilités , après la rupture du traité d'Amiens , le premier consul lui confia le commandement d'un corps d'armée réuni en Hollande, et destiné a conquérir le Hanovre. Les dispositions de Mortier furent si bien prises» qu'après quelques combats peu importants , nos troupes se trouvèrent, au commencement de juillet, par suite d'une convention signée avec les chefs de l'armée lianovrtenne , maîtresses de tout l'électorat. De retour à Paris, il fut un des quatre commandants de la garde consulaire et obtint le commandement spécial de l'artillerie. En 1804, l'empereur le créa successivement maréchal , chef de la 2* cohorte de la Légion d'honneur et grand oflicier de cet ordre. En 1805, Mortier commanda une division de la grande armée d'Allemagne , et ma relia contre les Austro- Russes. Après la prise d'Ulm , détache sur la rive gauche du Danube pour couper les communications de Kutusow avec la Moravie, il culbuta, le 10 novembre, à Diemstein, une partie des forces de ce général, et te reste quelques jours plus tard. En 1806, commandant le 8' corps, il occupa Cas?e« l< 31 octobre, et entra le 19 novembre i Hambourg. Après avoir quelque temps gardé les embouchures de l'Elbe et dt Weser et occupé le Hanovre, il s'avança par le Mecklembourg ver* la Pomerani< suédoise. Il battit les Suédois a Greite* wald et à Grimmen , soumit prompte' ment toute la province, hormis la plae< de Stralsund, qu'il assiégeait encore er avril 1807; il infligea, le 16 de ce mois à Anclam , une nouvelle défaite air

FRAIS CE. MOSKLLK 43

troupes du pays , et conclut alors une suspension d'armes. Le 13 juin de la même année , il se signalait à la bataille de Friedland. Vers cette époque , il fut nommé grand-cordon de la Légion d honneur et duc de Trévise, avec gratification « de 1 oo .ooo francs de rente sur les domaines du pays de Hanovre.

Employé, en 1808, à I armée d'Espagne, il y commanda le 5" corps, concourut au siège de Saragosse en février 1809, gagna le 18 novembre la bataille d'Ocana, seconda ensuite les opérations du maréchal Soult contre Badajoz, fut chargé du siège de Cadix, et vainquit de nouveau les Espagnols à la bataille de Gébora le 19 février 1811.

Rappelé d'Espagne pour prendre part a l'expédition de Russie, il y commanda la Jeune garde impériale. Lorsque l'ar- .nee française quitta Moscou, il resta dans cette ville pour faire sauter le Kremlin, et, cet acte de vengeance accompli, il se mit aussitôt en marGhe pour rejoindre la grande armée. Poursuivi dans sa retraite par des forces supérieures, et attaqué au passage de la Bérésina, il Ht tout ce qui était en son pourvoir pour sauver les débris de son corps, se rendit ensuite a Francfort-surle-Heiu, et y réorganisa la jeune garde, dont il eut encore le commandement pendant la campagne de 1813. Apres avoir combattu à Lutzen , Bautzen , Dresde , Wachau, Letpzick et Hanau, il se dirigea zur Spire, et arriva à Langres le 1 ! janvier 1814. Pendant la campagne de cette année, en France, il déploya ses talents militaires accoutumés. Le 31 mars , chargé de défendre Paris conjointement avec le duc de Baguse, il se maintenait arec avantage aux abords de Montmartre, quand il apprit que son collègue vomit de traiter d'une suspension d'armes avec rennemi. Continuer seul la lutte riait impossible; Mortier dut donc, à son grand regret, adhérer à cette convention, et quelques jours après aux actes du gouvernement provisoire. Au retour des Bourbons, il fut nommé gouverneur de la 10* division militaire, chevalier de Saint-I>ouis et pair de France. Pendant les état jours, l'empereur le nomma fKïir de France et l'envoya inspecter les places frontières de l'Est et du Nord.

Xa seconde restauration lui enleva la

pairie, mais le nomma en 1816 gouverneur de la 16' division militaire. Appelé au conseil de guerre qui devait juger Ney, il se déclara incompétent. Élu Député en 1816 par le département du - Nord, il rentra en 1819 à la chambre des pairs, y vota avec le parti libéral, et vécut, dit-on, dans l'intimité du duc d'Orléans. Aussi adopta-t il avec enthousiasme la révolution de 1830.

Nommé alors ambassadeur à Saint-Pétersbourg, il quitta bientôt ce poste pour devenir ministre de la guerre et président du conseil, mais ne fit qu'un court séjour aux affaires. Mêlé le 28 juillet 1835 à l' état-major qui accompagnait Louis-Philippe dans une revue des gardes nationales de la Seine, il fut atteint, à quelques pas du roi, par l'explosion de la machine Fiescbi, et expira sur-lecbamp.

Morvilliebs (Jean de), né à Blois en 1506, entra au grand conseil, par la protection des Guises, fut un des juges du chancelier Poyet , fut ensuite ambassadeur à Venise , remplit ces fonctions avec beaucoup d'adresse et de succès, et, de retour en France, fut élevé à l'évéché d'Orléans (1562). Il assista aux conférences d'Ardres et au concile de Trente; conclut un traité entre Charles IX et la reine Elisabeth (1565), et se démit de son évéché l'année suivante. Il avait refusé les sceaux après la mort du chancelier Olivier, et contribué à les faire donner à l'Hospital , il les accepta a la retraite de ce grand homme, et les remit en 1571, après les avoir gardes deux ans et quelques mois. Il se retira alors dans son abbaye de Saint-Pierre de Melun, et mourut à Tours en 1577.

Moscou (prise et évacuation de).Voy.

Russie (campagne de).

Moscowa (bataille de la). Voy. Bo-

BOOINO.

M os ki. m. (département de la). Ce département est formé du pays Messin, d'une portion des duelies de Lorraine et de Bar, et d une portion des Trois- Évêches. C'est l un de nos départements frontières. Il est borné au nord par le grand-duche de Luxembourg; à l'est, par la Prusse rhénane et la Bavière rhénane; au sud, par le département de ia Meurthe,,età l'ouest, par celui de

Page 1