PEPIN
lion. Mois peu de mois après avoir replacé son père sur le trône , Pépin se brouilla de nouveau avec lui. Dès le commencement de 831 il man'festa son mécontentement. L'empereur lui avait enjoint de se rendre au plaid de Tbion ville. Il ne s'y présenta que le plaid terminé. Louis, pour le punir, le retînt auprès de lui , l'emmena à Aix et le garda jusqu'à Noël; mais Pépin parvint à s'évader et à retourner en Aquitaine. Cette fuite équivalait à une rébellion. L'Aquitaine, toujours disposée à la révolte, se joignit à lui dès qu'il parut. Louis le Débonnaire y pénétra en 832, arec ses leudes, et vint tenir un nouveau plaid à Jucondiac, résidence royale près de Limoges; Pépin fut oblige de s'y rendre; l'empereur le lit partir sous bonne escorte pour Trêves, et lui ôta le royaume d'Aquitaine, qui fut donné à Charles le Chauve, âgé alors de neuf ans. Après ces dispositions, l'empereur, croyant avoir pacifié le pays, s'en retournait vers la Loire, lorsqu'il apprit que Pépin , trompant la vigilance de son escorte, s'était évadé, avait reparu en Aquitaine et replongeait la provincedans de perpétuelles agitations. Louis s'arrêta à Tours, réunit les milices qu'il venait de congédier, et fit dans l'Aquitaine une campagne d'hiver, dont le biogrnpne Astronome ne parle qu'en termes très-vagues, mais de manière à en donner une idée bien sombre (832).
Profondément irrité contre son père, Qui poursuivait obstinément le projet «e le dépouiller au profit de Charles le Chauve, Pépin se rapprocha de Lothaire 833) et de Louis le Germanique, «fin d'amener l'empereur à renoncer au pouvoir et à embrasser la vie monastique. Ce fut alors que s'accomplit la honteuse trahison du Champ du Men- <o«(/e, aux environs de Colmar. On sait comment Lothaire abusa indignement <le sa victoire en déshonorant la vieil* Jesse de son père, qui fut dégradé à I assemblée de Soissons. Pépin, ainsi que Louis de Germanie, étaient mécontents et inquiets de la conduite de Lothaire, et leur retour amena une seconde restauration de l'empereur. Dans 'a guerre que Louis le Débonnaire déclara à son fils aîné, il fut puissamment secondé par Pépin (834), qui lui amena
une armée d'Aquitaine. Lothaire, vaincu, fut puni par la décision du plaid de Crémicux, qui réglait un nouveau partage de l'empire, dans lequel il n'était même pas nommé. Cet acte était a peu près semblable à celui que Charlemngne avait rendu en 806, dans son capitula ire intitulé : Charta divisionis imperil. Deux ans plus tard , Louis le Débonnaire, selon sa déplorable habitude, introduisit encore de nouvelles dispositions dans ces actes de partage, dont le premier aurait dû être déûnitif. Il agrandit encore la part de Charles le Chauve. Enfin il le couronna en 838 comme ses frères. Mais il ne parait pas que ces mesures aient produit sur Pépin la même impression de mécontentement et de jalousie que sur Lothaire et Louis. Soit qu'il eût été desintéressé par des promesses particulières, soit qu'il eût enfin condamné ces rébellions coupables dont il avait été si longtemps le complice, Pépin entra pleinement dans les vues de son père, relativement à Charles le Chauve. Il assista seul au couronnement du nouveau roi, et se montra disposé à appuyer toutes les mesures de l'empereur à l'égard de son jeune frère. Mais ce fut le dernier acte de Pépin. A peine de retour en Aquitaine, il tomba malade et mourut, le 13 décembre ( d'autres disent novembre ) de cette même année 838. • Une chronique, dit M. Fauriel (*), représente ce prince comme merveilleusement beau, mais intempérant, débauché, passant les nuits et les jours à s'ébattre et à s'enivrer, au point que vers les derniers temps de sa vie il était comme hébété. Il laissait deux tits , dont l'aîné se nommait comme lui Pépin , et l'autre Charles. »
VII. Pépin IL L'histoire de ce prince est étroitement liée à celle de la lutte soutenue par les Aquitains contre Charles le Chauve , et elle trouve dans cette association son importance et son intérêt. Nous allons résumer les principaux faits de cette vie bizarre et pleine d'aventures étranges et disparates , d'après M. Fauriel, qui la raconte longuement dans son hUtoire de la Gaule
O Hist. de la GauU méridionale, t.