‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 215 sur 434 · L'UNIVERS. PEPIN · texte numérisé non relu

L'UNIVERS. PEPIN

méridionale. A la mort de Pépin Ier, les deux partis qui divisaient l'Aquitaine étaient en présence: le parti national et le parti dévoué à l'empereur; mais le premier était de beaucoup le plus tort, et malgré le projet bien connu de Louis le Débonnaire de donner l'Aguitaine à Charles le Chauve, les Aquitains reconnurent Pépin II et chassèrent de leur

f>ays les ministres qui obéissaient à 'empereur (839). Louis entra en Aquitaine pour y faire reconnaître son autorité et placer Charles sur le trône.

Mais, après deux campagnes infructueuses, il fut contraint de revenir sur le Rhin, où une nouvelle révolte du Germanique le rappelait. I/Aqnitaine restait donc à Pépin II, ou plutôt à son parti, car Pépin était encore enfant.

Dès que Charles eut succédé en Neustrie à Louis le Débonnaire (840), il attaqua son neveu. L'Aquitaine, profitant de la faiblesse des Carlovingiens, songeait à s'affranchir sous une dynastie cadette, comme elle l'avait fait pendant la décadence mérovingienne. Ainsi se reproduisent à des temps différents les mêmes luttes, les mêmes résistances.

Pépin occupait les parties centrales de l'Aquitaine1, le Rouergue, l'Albigeois, le Périgord et le Querci. Charles était maître des villes de Poitiers et de Bourges. La Dordogne était à peu près la limite de leurs possessions. Il était avec ses autres États plus fort que son adversaire. Mais Pépin n'eut pas les mêmes scrupules que son père pour s'allier avec Lothaire ; il se ligua avee lui, et tous deux attaquant Charles par le nord et par le sud, ils le réduisirent à la dernière extrémité. Charles ne se sauva qu'en se jetant dans les bras de Louis le Germanique. Ainsi les quatre princes carlovingiens s'étaient partagés également, et allèrent combattre dans la plaine de Fontanet , où Pépin se trouva dans l'armée de Lothaire (24 juin 841). Après la perte de cette bataille, Pépin ne pensait point à se détacher de Lothaire; mais il craignait de ne pouvoir plus désormais tenir en Aquitaine contre Charles victorieux, et paraissait disposé à traiter avec lui. En effet, il servit Lothaire avec moins de zèle qu'auparavant, et à la fin , ne voulant pas s'exposer à un second désastre aussi

grand que celui de Fontanet, il abandonna décidément son allié , et revint en Aquitaine.

Le malheureux prince fut sacrifié au partage de Verdun. L'Aquitaine, du consentement des trois rois, fut donnée à Charles le Chauve ; Pépin était en dehors du droit politique, tel qu'il fut fixé à cette époque; mais il continua bravement la guerre. En 843, il essaya d'enlever Toulouse par un coup de main; Egfried, comte de cette ville, le mit en déroute. Charles vint à son tour assiéger cette ville que venait d'occuper Guillaume, fils de Bernard, assassiné par le roi de Seustrie. Mais Pépin empêcha la réussite de l'entreprise. II extermina les renforts qui venaient rejoindre Charles à Toulouse (844). Charles s'enfuit précipitamment, et Pépin reprit le dessus dans toute l'Aquitaine. L'année suivante (845), par un traité conclu dans le monastère de Saint- Benoît-sur- Loire, Charles abandonna à Pépin tout le royaume d'Aquitaine, dans les limites où Louis le Débonnaire l'avait restreint, à l'exception des comtés de Poitiers, de Saintes et d'Angoulême, qu'il se réservait. De son côté, Pépin jura fidélité à Charles, et s'engagea a le secourir de tous ses moyens, dès qu'il en serait requis.

Jusque-là Pépin avait dignement et heureusement soutenu ses droits. U venait d'obtenir la reconnaissance de son pouvoir par un traité. Mais Charles le Chauve, humilié de sa défaite, demanda, à Mersen, l'appui de ses frères, dont Pépin rejeta la médiation (&47).

Celui-ci n'avait été soutenu que par le sentiment national; il tomba dès qu'il eut perdu l'affection des Aquitains : les Normands s'étaient jetés dans les contrées du midi de la Loire, Pépin ne fit rien pour les arrêter; bientôt il passa pour leur avoir livré le pays, et il se vit généralement abandonné. Charles le Chauve, au contraire, qui les avait combattus, fut accueilli avec faveur, et il fit la conquête de l'Aquitaine avec une surprenante facilité. 11 vint à Toulouse et s'y fit reconnaître roi (850). Alors, dans sa détresse, Pépin justifia les préventions publiques , en faisant ce qu'on l'avait accusé de faire; il reparut à U téte des Normands, qui prirent Toulouse

en son nom et la pillèrent. Un cri (T indignation s'éleva de toutes parts. Quand Charles le Chauve reparut, il fut réellement reçu comme un libérateur. Pépin n'osa pas lui tenir tête. Réduit à se cacher, il sortit de l'Aquitaine et s'enfuit en Vasconie, chez le comte Sanche, qui le retint prisonnier (septembre 852), puis le livra à Charles le Chauve. Charles convoqua à Soissons ses leudes et ses évéques, et l'on décida que Pépin serait tonsuré et enfermé dans cette ville, au monastère de Saint-Médard, sous la garde de deux moines (863). Au bout de quelques jours de réclusion, Pépin était libre et cherchait un asile auprès d'Hérispoé , qui venait de succéder à Noménoé , son pere, dans le duché de Bretagne. Charles réclama le fugitif; le chef breton refusa de le lui livrer; Charles envahit la Bretagne et fut battu. « Du reste, dit M. Fauriel, la généreuse hospitalité d'Hérispoé profita mal à Pépin. Soit contraint, soit de son gré, et comme entraîné par je ne sais quel sauvage besoin d'aventures et de hasard, il quitta la Bretagne pour se rendre, l'histoire ne dit point où; mais ayant passé par Senlis, il y fut reconnu, arrêté de nouveau et enfermé dans la forteresse du lieu, sous une garde probablement plus sûre que celle des moines (*). »

Ainsi la cause de l'indépendance aqui* tanique se trouvait désormais séparée de celle de Pépin II, qui était même devenu un fléau national. Kn effet, s'étant évadé une seconde fois de la prison de Senlis, il vint se rejeter au milieu des aventures, et recommencer en Aquitaine sa lutte contre Charles le Chauve; mais n'y trouvant pas d'appui, et désespéré de tant de mécomptes et de revers, il contracta une nouvelle alliance avec les Normands , et s'associa sans doute à tous les horribles ravages qu'ils firent en Aquitaine. Ce qui est certain, c'est qu'il les mena une seconde fois contre Toulouse , qui , cette fois , put les repousser. Les annales de Salnt-Bertin ▼ont jusqu' à dire qu'il avait embrassé la religion Scandinave. Le fait peut être vrai, mais Pépin peut aussi avoir été calomnié. La carrière aventureuse de

(*) Bht. de la Gaule méridionale, t. IV, p. 3o3.

ce descendant de Charlemagne se termina bientôt après; prisa un piège que lui tendit Rainulphe, comte de Poitiers, il fut amené à Pistes (864), où Charles le Chauve avait assemblé un concile d'évéques et de leudes. L'assemblée le condamna à mort. Charles commua sa peine en une captivité perpétuelle. On renferma de nouveau dans la forteresse de Senlis; et cette fois il ne put s'évader. Il mourut peu de temps après.

Pépin (monnaies des). — I. Pbpin le Bref. Les premiers rois mérovingiens n'avaient presque fait frapper que des sous, des tiers de sous d'or, et des pièces d'argent en petit nombre; mais, après Clovis II, quand les maires du palais se furent emparés du pouvoir, tout changea de face; l'or s'altéra et tomba en discrédit , et Ton avait même cessé de frapper des monnaies de ce métal, lorsque Pépin monta sur le frône. Il signala son avènement par un important règlement; il décida qu'à l'avenir on ne taillerait plus que 22 sous dans la livre d'argent, tandis qu'autrefois on en taillait 24; et que quiconque porterait de l'argent chez le monétaire, payerait un sou par livre pour les frais de la frappe. D'après les calculs établis par M. Guérard, dans un savant mémoire publié sur ce sujet, le denier ou saiga, qui auparavant pesait envi* ron 21 grains 1/2, fut alors porté à 24 grains. Il ne resta pas longtemps à ce taux; car vers l'an 800 Charlemagne, comme on sait, renforça la livre et toutes les espèces.

Nous n'avons donc pas une seule pièce d'or de Pépin. Voici ladescription des deniers qu'on connaît de lui:— 1°, au droit,

iipi - - . .

jj- - y et au revers b-f;— 2 ,au droit,

pip.

PINU

, et au revers , bf;~ 3°, au droit,

- - - , et au revers, f fl, avec une étoile nos x.-.

a six pointes. Le sigle R. F. signifie rex Francorum ; c'est un type tout mérovingien, dont on retrouve l'origine sur des monnaies frappées dans le Gévaudan, où on lit , au droit : bp (rex pinns), et au revers la légende aiio qui peut se lire kMBianis ou knvecairts. Nous préférons cette dernière lecture,

L'UNIVERS

le d s'exprîmant quelquefois par un c retourné;— 4°, au droit,»: p, et au revers

s£3 {sancta Maria) ; c'est un denier

frappé par une maison ecclésiastique, mais qu'il est impossible de classer avec certitude, bien des maisons de ce genre ayant été consacrées à Notre-Dame ;— 5° au droit, rp; dans le champ du revers, qui est anépigraphe, une croix ancrée, aux branches de laquelle pendent deux appendices. Quoique cette pièce ne porte pas de nom de lieu , on peut dire avec toute certitude qu'elle appartient à Paris, ce type étant le type mérovingien de cette villej — 6°, dans le champ, au droit, a. p.; au revers,

pïiii (,e p et | B ,iés ensemb,e)i c'est encore une monnaie ecclésiastique, et très-difficile à déterminer; set pkihi est pour sancti Pétri; mais quelle est cette église dédiée a saint Pierre ? on l'ignore; — 7°, au droit, rp; au revers, scigav ( saticli Gateheri ), saint Gaucher ; ce dernier appartient à saint Gery de Cambrav; — 8°, au droit, ap ; au revers, a ROBATCiv , et dans le champ une croix à branches égales : Arras, dont le nom, sttrebatensis cicilas. est déformé; 9o, au droit, a : p... ; au revers, "JET

tua , pour Trajectensis moneta ; c'est

NO

la seule explication raisonnable qu'on puisse donner de cette médaille, qui a été dessinée de cinq ou six manières différentes, ce qui a donné lieu à de nombreuses erreurs; — 10°, au droit,

ar ; au revers, lug, Lugdunum, Lyon, +

— 11°, au droit, iipipt , au-dessous une hache; au revers, h\p. Si ce dernier n'est pa<» contrefait, ce qu'on pourrait croire, il appartient à la ville de Du restât, aujounfhui Wuck-te-Duerstede; — 12°, au droit, rp; au revers, i bp : rex Pippwus, rex Francorum.

Il y a, en outre, plusieurs autres pièces, sans nom royal, qui appartiennent certainement a Pépin; telle est, entre autres, celle-ci, qui est de Chartres, b f ; a-. — carn ; dans le champ un personnage nimbé tenant deux croix. - . t .

II. Pépin II , d 'Aquitaine. Cest à ce prince, et non à son père, qu'il faut attribuer les deniers suivants : 1° — >ï« pippinvsbex; buste de Pépin touroe à droite; a-. — aqvitaniobvm; dans l« champ, un U-mple, dans l'intérieur duquel se voit une croix. 2' — pippnvs kexeq ; dans le champ f une croix -, i. — h pectavo ; dans le champ, le monogramme royal calqué sur celui de Charles. 0° — même type, avec mitai- LO,au lieu de pectavo. à9 — pippikts bex ; croix dans le champ; pj. — -fumodicas; même type. 5° — pipistj bex ; té te de proûf tournée à droite; a-. — BiTvaiGEsen une seule lignedw le champ. 6" — pipinvs bex eo, pour eq, Equitonorum ; aj. — aqvis vib:

temple dans le champ. 7° — pippims

rex ; croix dans le champ; ij). — ^jjjj.

en deux lignes, dans le champ. Les monnaies de cette dernière sorte son:

nombreuses et présentent une grand* variété de fabrique. Tout nous porte j croire que bien longtemps après la mon de Pépin , on continua de monnayer :

son nom. Aucun texte relatif aux monnies, et contemporain de ce prince, ne nous a été conservé; car ce n'est pas de Pépin II, ainsi que l'a cru à tort Leblanc, mais de Louis le Débonnaire, qu'a voulu parler Adhémar de Chatonnais, lorsqu il a dit dans sa chronique: Monetam engolUmensem et $a*tmcensé m suo nomme sculpere jussit en effet, pendant tout le moyen Ue.

le nom de Louis servit de type à I:

monnaie d'Angoulême et à celle de Saintes.

Perche ( le ) , Pagus pertensis ot perticensù. Nom d'une petite proTinee (de 15 lieues de long sur 12 de larçt .

3ui était bornée au N. par la Nornur<ie, au S. par le Maine et le Dunoisj l'E. par la Beauce , et à l'O. par le Maine Elle a été comprise dans les " parlements de l'Orne et d'Eure«Hoif Perche (comtes du) et d'Atwços Le premier que l'on connaisse fut rin ou Guérin% fils de Guillaume 1".

comte d'Anjou. Il mourut en 10JS-

1026. Geoffroy, son fils, lui sucrât Il fut continuellement en guerre i«* l'évèque de Chartres, et finit parétn assassiné par les Chartrains (1040).

FRANCK. l» EftCHB 4W

I04O. Rotrou I", fil» du précédent, fut excommunié par l'évéque de Chartres, sur qui il avait voulu venger la mort de son père; il mourut vers 1079.

1079. Geoffroy II, son fils, mourut en 1100.

1100. Rotrou II, fils de Geoffroy II , était déjà connu par ses exploits lorsqu'il devint comte du Perche. Il alla en 1 10$ au secours d'Alphonse le Batailleur, roi d'Aragon, son parent, attaqué par les Sarrasins ; il eut ensuite quelques démêlés avec Hugues du Puisât, puis avec Robert de Bellème. Il prit, en 1110, le parti du roi d'Angleterre contre Foulques le Jeune, qui disputait à ce prince la succession d'Hélie, comte du Maine. Mais Foulques l'ayant fait prisonnier, le livra à Robert de Bellème , qui le retint dans une étroite prison jusqu'en 1113. Rotrou se déclara, en 1135, pour Étienne de Blois , qui s'était emparé du trône d'Angleterre après la mort de Henri Ier ; mais il abandonna , quelques années plus tard , le parti de ce prince , et se jeta dans celui du comte d'Anjou , son compétiteur , au service duquel il fut tué en Normandie, en 1144.

1144. Rotrou III, fils de Rotrou II, lui succéda sous la tutelle d'Harvise, sa mère, et de Robert de France, son beau-père. Il fut, en 1189, du nombre des ambassadeurs que Philippe-Auguste envoya à Richard Cœur de Lion , pour lui faire part du vœu qu'il avait fait de se croiser , et pour l'engager à se rendre à l'assemblée de Vezetai , afin d'y prendre aussi la croix. Rotrou assista lui-même au rendez-vous, et partit, avec Philippe-Auguste, pour la terre sainte, où il mourut en 1191.

1191. Geoffroy III, fils et successeur de Rotrou III, avait accompagné son père en Palestine. A son retour en France , il embrassa le parti de Philippe-Auguste contre Richard ; mais il se réconcilia ensuite avec ce dernier , et il était sur ie point de retourner à la croisade, lorsqu'il mourut en 1202.

1302. Thomas, son fils et son successeur, fit partie de l'expédition entreprise par Louis, fils du roi Philippe- Auguste , contre l'Angleterre , et fut tué à la bataille de Lincoln, en 1217 ; îl ne laissait point de postérité.

T. xi. 32« Livraison. (Dict. bncycl., btc.)

1217. Guillaume, évéque de Châlons sur-Marne, son oncle, lui succéda; il fut le dernier mâle de sa maison , et , après sa mort, arrivée en 1226, Louis VIII s'empara du Perche, malgré l'opposition de Blanche, comtesse de Champagne, et de Jacques, seigneur de Château-Gonthier, qui descendaient l'un et l'autre des comtes du Perche. Saint Louis disposa, en 1268, de ce comté, en faveur de Pierre, son cinquième fils.

1 268. Pierre de France , comte du Perche et d'Alençon , accompagna son père dans son expédition d'Afrique, en 1270; épousa, en 1272, Jeanne de Chàtillon , et devint, par ce mariage, comte de Blois , de Chartres et de Dunois , seigneur de Guise et d'Avesnes.

Étant aile , en 1282 , après les Vêpres siciliennes , au secours de son oncle Charles 1er, roi de Naples, il mourut à Salerne, le 6 avril 1284. Il ne laissait pas d'enfants.

1293. Charles r de falots reçut de son frère Philippe le Bel , et au même titre que le précédent , les comtés du Perche et d'Alençon. Il mourut à Nogent en 1325.

1325. Charles II de falots, surnommé le Magnanime, son second fils, lui succéda comme comte du Perche et d'Alençon. Il assista , en 1328, au sacre de Philippe de Valois, qu'il accompagna ensuite dans la guerre de Flandre. Il fut dangereusement blessé à la bataille de Casse!. Envoyé, en 1330, contre les Anglais , en Guienne , il leur enleva plusieurs places , et fut tué, en 1336, à Crécy, où il commandait l'avant-garde. On lui a reproché d'avoir témérairement engagé cette bataille.

1336. Charles III, fils de Charles II, lui succéda. 11 se fit dominicain, en 1361 , au couvent de Saint-Jacques de Paris, et mourut en 1375, éveque de Lyon.Sesdeux frères, Pierre et Robert, se partagèrent sa succession.

1361. Robert /"r, quatrième fils de Charles II, devint comte du Perche par le partage fait entre lui et son frère; oelui-ci prit le titre de comte d'Alençon. Robert se distingua dans la guerre contre les Anglais, et mourut en 1377, sans laisser d'enfants.

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1396. Jean, P% comme comte du Perche, et comme comte d'Alençon , fils de Pierre , succéda à son oncle dans le comté du Perche , qu'il réunit au comté d'Alençpn en 1404 , après la mort de son père. Il se laissa entraîner, en 1411, dans la ligue formée par les ducs d'Orléans et de Bourbon, et plusieurs autres grands du royaume , pour mettre le roi d'Angleterre en possession des provinces qui lui avaient été cédées par le traité de Bretigny ; déclaré , pour ce fait, coupable de trahison à 1 égard du roi Charles VI, il vit ses domaines confisqués et donnés au duc d'Anjou. Celui-ci. aidé du connétable de Saint-Pol, ût invasion dans les comtés du Pesche et d'Alençon , et s'y rendit maître de plusieurs villes importantes ; mais il en fut bientôt chassé par une armée anglaise , venue au secours des princes ligués. Après la paix, en 141 S, les comtés du Perche et d'Alencon furent rendus à Jean , et l'année suivante, le roi érigea pour lui le comté d'Alençon en duche-pairie, dont il prit le titre, ainsi que ses successeurs. 11 fut tué, en 1415, à Azincourt.

1415. Jean II ou F, surnommé le Beau, succéda à son père, sous la tutelle de Marie de Bretagne. Il fut fait prisonnier par les Anglais à la bataille de Verneuil, en 1424, ne recouvra sa liberté que trois ans après, à la condition de payer à l'ennemi l'énorme rançon de 200,000 écus d'or. Il succéda, en 1429, au connétable de Richemond, dans le commandement général des troupes , et il prit une part active à toutes les conquêtes de Jeanne d'Arc.

Il conduisit, avec la Pucelle, le roi Charles VII à Reims ; fut disgracié en 1440, et le roi lui ôta la iieutenance générale de ses armées pour le punir d'avoir excité le dauphin à la révolte. Il reprit, en 1449, la ville d'Alencon et une partie de ses domaines , qui étaient restés au pouvoir de l'ennemi. En 1449, il se signala au siège de Caen, à celui de Domfront, et dans toutes les expéditions qui eurent lieu dans la suite contre les Anglais pour les chasser de France. Mais ses services n'en furent pas moins méconnus; et, lorsqu'il demanda au roi de le dédommager des pertes qu'il avait

essuyées , celui-ci ne lui donna que des

espérances, qui ne devaient jamais se réaliser. Enfin le duc d'Alençon, découragé, conspira pour faire rentrer les Anglais en Normandie; mais ses intelligences avec les ennemis furent découvertes : il fut arrêté, et la cour des pairs le condamna à mort ( 1458 ). Le roi commua cette peine en une prison perpétuelle, d'où il ne fut tiré que par Louis XI, qui lui accorda, le 11 octobre 1461 , des lettres d'abolition. Cela ne l'empêcha pas d'entrer dans la ligue du bien public, dont il fut le chef; il ne craignit point ensuite de conspirer de nouveau avec le roi d'Angleterre et le duc de Bourgogne : arrêté et condamné une seconde fois à mort, en 1472, il obtint encore que sa peine fût commuée en une détention; mais cette fois il ne recouvra plus sa liberté, et mourut en prison en 1476.

1476. René, son fils, lui succéda.

Louis XI eut d'abord pour lui beaucoup de bienveillance, parce qu'il lui était resté fidèle, et qu'il l'avait suivi près du duc de Bourgogne, à Péronne et au siège de Liège ; mais cette faveur ne fut pas de longue durée ; René fut arrêté en 1481 , et, sous prétexte dè félonie, le parlement le condamna à livrer toutes ses places au roi. Toutefois, Charles VIII reconnut plus tard son innocence, lui rendit son rang de prince du sang, et le rétablit dans tous ses droits. Il mourut en 1492.

1492. Charles iy n'avait que trois ans a la mort de son père. Il hérita, en 1497, des comtés d'Armagnac et de Bourgogne; accompagna, en 1507, Louis XII dans son expédition contre les Génois , et combattit à Agnadel en 1509. Il épousa, la même année, la célèbre Marguerite de Patois, sœur de François Ier; et celui-ci, à son avènement au trône, en 1515, le reconnut pour premier prince du sang, et le combla de faveurs. Charles commandait l'aile gauch e de l'a rmée à la Datai I le de Pavie. lorsqu'il vit le centre et l'aile droite fléchir, il perdit la tête et il s'enfuit à toute bride jusqu'à la frontière de France. Mais il ne tarda pas à reconnaître les conséquences de sa lâcheté , et en mourut, dit-on, de chagrin , peu de temps après. Il ne laissa point d'enfants. Ses domai-

PERCHE FRANCE. PÉRISR 499

nés furent laissés à sa veuve, qui les remarquable; en voici la description regarda jusqu'à sa mort , en 1649. Ils fu- i. comes pbbtici entre grenetis ; dans rent alors réunis à la couronne. le champ une croix cantonnée d'un crois-

Depuis , Chastes IX donna le duché sant au premier canton. — a). Type d'Alençon et le comté du Perche à Ca- chartrain anépigraphe. Ce dernier est therine de Médieis, sa mère, qui les la dernière monnaie percheronne que garda jusqu'en l'année 1666, époque où l'on connaisse, elle les remit au roi , qui donna alors le Mous ne croyons pas devoir parler duché d'Alençon à François , son troi- ici des monnaies et des espèces frappées sième frère. Ce prince, après avoir mené par le duc d'Alençon , François , fils de une vie fort agitée, mourut , en 1584, Henri II ; ces pièces ont été émises dans sans laisser de postérité; et le duché la Flandre et n'ont qu'un rapport fort d'Alençon fut définitivement réuni à indirect avec la France. Duby en a delà couronne. crit un bon nombre dans son Traité

Pbbchb (monnaies du). Les comtes des monnaies des prélats et barons ;

du Perche jouirent , pendant le moyen nous renvoyons le lecteur à cet ou-

âge, du droit de battre monnaie; et les vrage.

textes des chartes font souvent mention Pebcibr (Charles), né à Paris en de pièces sorties de leurs ateliers; 1764, se lia de bonne heure avec M. Fonmais on ne peut trouver de preuves cer- taine , avec lequel il fut associé pour taines de l'existence de cette monnaie presque tous ses ouvrages. INapoléon antérieurement à la fin du onzième siè- confia a ces deux artistes l'exécution de cle , et parmi les espèces percheronnes plusieurs monuments, entre autres, que l'on connaît, aucune ne paraît anté- Tare de triomphe du Carrousel et le Heure au douzième siècle. Une partie grand escalier du Musée , morceaux du Perche dépendait du diocèse de admirables dans leurs proportions aussi Chartres ; aussi, les comtes de cette coo- ingénieuses qu'élégantes. On leur doit trée adoptèrent-ils le type chartrain ; ce- encore les travaux de reconstruction et pendant, leurs monnaies se distinguent d'achèvement faits au Louvre et aux de celles de Chartres par une phy- Tuileries pendant ces dernières années, sionomie toute particulière. Voici la Percier est mort en 1838; il était memdescription des deniers et oboles du bre de l'Institut depuis 1811. Il a pu- Perche, que l'on a jusqu'ici*découverts : blié, avec MM. Fontaine et Bernier: 1* -4- pkbticbnsis entre grenetis ; dans Palais, maisons et autres édifices mole champ une croix à branches égales, dernes dessinés à Home , 1798, in-fol., jt. — Type chartrain ayant à l'intérieur et avec M. Fontaine seul les ouvrages une croix ; pas de légende ; 2° Deux suivants : Le sacre de Vempereur Nooboles de ce denier. Comme on le voit , polèon, grand in-folio ; Choix des plus la monnaie du Perche suit exactement belles maisons de plaisance de Home et les usages des monnaies chartraines , de ses environs, 1810-1813, in-folio ; qui toutes, jusqu'à la seconde moitié Hecueil de décorations intérieures pour du treizième siècle , sont anépigraphes tout ce qui concerne l'ameublement , d'un côté. 1812.

En 1234, le roi de France acquit une Pbbéfixb ( Habjdouifï db Bkau-

partie du Perche; le reste de cette pro- mont de ), né en 1606, fut nommé

vince continua d'appartenir à des sei- précepteur de Louis XIV en 1644, évé-

gneurs particuliers. La partie soumise que de Rodez en 1648, bientôt après

au roi ne vit plus circuler que des pièces confesseur du roi, membre de l'Acadé-

purement royales. Mais il en fut autre- mie française en 1664, et enfin, arche-

ment de la portion soumise aux comtes, véque de Paris en 1662. Il mourut en

Jacques de Château-Gontier, qui vivait 1670. Il avait composé pour son élève

en 1234, et probablement aussi ses suc- un livre intitulé : Instifutio principes,

cesseurs, continuèrent à frapper à leur 1647, in-16; et une Vie de Henri lk\

coin des deniers dans la ville de No- 1661, in-4°.

gent-le-Rotrou. M. Lecointre Dupont a Pbbieb (Casimir), naquit à Grenoble

publié un denier de ce comte qui est fort en 1 777. Son père , Claude Périer, né-

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