‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 222 sur 434 · PERONNE FRANCE. PERONNE · texte numérisé non relu

PERONNE FRANCE. PERONNE

traité d'union, et elles s'entourèrent d'une même muraille; du reste. Périgueux se gouvernait alors elle-même, et ne relevait que du roi. Dans les guerres contre les Anglais , le courage de ses habitants leur fit acquérir de nouveaux privilèges : ils furent exempts de la taille et des francs-fiefs. Philippe-Auguste s'en empara ; saint Louis la rendit, ainsi que l'Aquitaine, aux Anglais, ses anciens possesseurs. Philippe le Bel la reprit sur Edouard II ; mais en 1360, le traité de Brétignv la rendit encore aux Anglais ; enfin Charles V la reconquit, et depuis elle ne cessa plus de faire partie du domaine royal. Les calvinistes s'en emparèrent en 1575; elle fut comprise, en 1576, au nombre des huit places de sûreté qui leur furent cédées, et ils la gardèrent jusqu'en 1581. Le prince de Condé parvint à s'en rendre maître en 1651 ; mais la majorité des habitants ne partageant point ses opinions, secoua le joug en 1653.

Cette ville est la patrie de Lagrange- Chancel; on y remarque l'église cathédrale de Saint-Front, qui est l'un des plus anciens temples chrétiens que l'on connaisse.

Perinet-Leclerc. Voy. Leclerc.

Péronne, petite ville de l'ancienne Picardie, aujourd'hui chef-lieu de souspréfecture du département de la Somme.

Elle est environnée de marais et défendue par des ouvrages qui en font une place fort importante. Son hôtel de ville mérite d'être vu. On y conserve une bannière extrêmement curieuse, où sont représentés le siège de Péronne par le comte de Nassau, en 1536 ( voyez ci-après), et les divers monuments qui existaient alors dans cette ville. Le château actuel passe pour avoir été construit sous le règne de Henri IV ; on y remarque une ancienne tour, appelée vulgairement la Tour Herbert^ et dans laquelle on suppose que l'infortuné Charles IV perdit la vie; on croit aussi que c'est dans la même tour que Philippe-Auguste rit enfermer le comte de Boulogne , après la bataille de Bouvines , et que Louis XI fut détenu par le duc de Bourgogne. On compte aujourd'hui à Péronne 4,000 habitants.

Péronne ( conférence de ). En avril 1558, le cardinal de Lorraine et le car-

dinal Granvelle, ministre de Philippe II, eurent à Péronne une entrevue, dans laquelle il fut convenu que la guerre entre les deux monarchies n'ayant plu?

d'objet , on ferait la paix nécessaire à Tune comme à l'autre nation, pour combattre les réformés, qu'elles considéraient comme des ennemis domestiques.

« Les deux prélats, complètement d'accord, se lièrent d'une manière intime, et jetèrent dès lors les fondements de cette alliance des Guises avec la maison d'Espagne , qui dura pendant tout le cours des guerres civiles (*). »

Péronne ( siège de ). Le comte de Nassau , un des généraux de Charles- Quint , vint assiéger Péronne en 1536.

Les habitants se disposaient à abandonner leur ville , quand ils furent déterminés à la défendre jusqu'à la dernière extrémité par la résolution ded'Estournel , gentilhomme du voisinage. Cet homme généreux , prévoyant les suites funestes que la perte de cette place aurait pour le royaume, s'y transporta avec sa femme et ses enfants, y fit conduire tous les grains qu'il put recueillir; distribua à la garnison et aux habitants son argent et celui qu'il trouva dans la bourse de ses amis , et montra enfin une valeur, une activité, une intelligence qui rassurèrent les plus timides. Ses efforts eurent le succès qu'il en attendait ; les Impériaux furent forcés de lever le siège.

Péronne (traité de). Louis XI venait d'enlever la Normandie à son frère, qui en avait été investi par les traités de Confions et de Saint- Maur. A cette nouvelle , le duc de Bourgogne, Charles le Téméraire , fit une trêve avec les Liégeois pour marcher contre le roi ; mais celui-ci l'invita à imiter le duc de Bretagne qui venait de signer la paix d'Ancenis, et à terminer leurs différends par un traité. On ouvrit des conférences qui n'aboutirent à rien. Le comte de Dammartin, l'ancien ministre de Charles VII, et le plus ardent ennemi de Louis XI, dans le temps que celui-ci n'était encore que dauphin, rentré en grâce, comblé de faveurs et mis à la tête de l'armée , était d'avis de trancher les

(•) Sismondi, Uui. des Franç., I. XVIII, p. 74.

L'UNIVERS

difficultés les armes à la main et d'envahir les États du Téméraire ; mais le cardinal la Balue, qui ne devait son élévation qu'à l'intrigue , et qui entretenait des intelligences avec le duc de Bourgogne, conseilla au roi de poursuivre la négociation, et de proposer au duc une entrevue où les deux princes traiteraient en personne , lui assurant que tout l'avantage dans cette conférence serait pour lui, dont le génie était bien supérieur , ajoutait-il , à celui du duc, et dont la parole était si persuasive.

Louis se laissa convaincre par ces raisons et par ces flatteries, d'autant plus facilement, que sa vanité de profond politique et d'habile diplomate lui avait persuadé d'avance que, menées et dirigées par lui-même, ces négociations ne pouvaient être qu'une occasion de triomphe éclatant sur son rival. I ."événement ne justifia point ces hautes espérances.

Péronne , ville appartenant au duc Charles, fut choisie pour le lieu de l'entrevue. Le roi s'y rendit avec une faible escorte, et sans autre sauf-conduit que la lettre par laquelle Charles acceptait le rendez-vous. Comment le duc se serait-il défié d'un prince qui venait spontanément se livrer entre ses mains sans autre garantie que sa loyauté? Aussi, Charles reçut-il le roi avec les plus grands honneurs. Mais tout a coup, au milieu d'un festin, il apprend que les Liégeois viennent de se soulever de nouveau , ont surpris la ville de Tongres, et que les instigateurs de cette révolte sont les émissaires de Louis XI.

Cela était vrai ; seulement, Louis, après avoir envoyé des députés aux Liégeois pour les exciter à rompre la trêve , en leur promettant des secours, cela avant que la conférence de Péronne frtt convenue , leur avait fait dire par une seconde députation, quand l'entrevue eut été résolue, d'ajourner jusqu'à nouvel ordre leur soulèvement. Malheureusement cette seconde députation était arrivée trop tard; la première avait obtenu un plein succès, et les Liégeois s'étaient portés à de grands excès. Ils avaient emmené prisonnier Louis de Bourbon, leur évêque, massacré l'archidiacre, et, par un jeu horrible, s'étaient jeté les uns aux autres les membres de leur victime.

La fureur du due de Bourgogne fut telle, que le roi craignit un instant pour sa vie. Gardé à vue dans le château de Péronne , il avait devant les yeux la fameuse tour où Herbert , comte de Vermandois, avait autrefois enfermé et fait périr Charles le Simple. Il en fut quitte a meilleur marché. Son or, répandu habilement parmi les conseillers du duc, les porta a agir auprès de Charles pour arrêter ses résolutions violentes. Us y parvinrent, et le roi, après trois jours d'angoisses , reçut la visite du duc, qui lui proposa la signature d'un traité.

Louis l'accepta : il y allait de sa vie ou de sa liberté. Ce traité était ignominieux. Tous les articles des traités d'Arras et de Cbnflans y étaient rappelés et confirmés. Le roi conservait, il est vrai, la Normandie récemment enlevée aa duc de Berry, son frère; mais il lui donnait en échange les provinces de Champagne et de Brie, par lesquelles le duc Charles reliait ses États du Nord avec la Bourgogne. Cette clause était dure; c'était établir l'ennemi à dix lieues de Paris; mais, tout en l'acceptant, le roi se proposait bien de ne pas l'exécuter. Il n'en était pas de même d'une autre clause : celle-ci , il n'était pas au pouvoir du roi de ne pas l'accomplir. Il s'agissait d'accompagner le duc dans son expédition contre Liège, dont la destruction était résolue. Le roi jura tout sur le bras de saint Leu, marcha contre les Liégeois qu'il avait lui-même poussés à la révolte, et quand Liège eut été emportée d'assaut, que tous les habitants eurent été noyés ou massacrés, sans distinction d'âge ni de sexe; enfin , quand l'incendie eut succédé à ce vaste carnage, remis en liberté, il rentra dans ses États , mais évita de passer par Paris , craignant les railleries des habitants , et alla directement au château d'Amboise pour y cacher sa honte. L'on sait que la malignité pansienne avait instruit des perroquets a répéter le nom de Péronne, et que Louis fit tomber son courroux sur ces pauvres oiseaux, bien innocemment m discrets et satiriques (1568). .

Le traité de Péronne fut annulé dans une assemblée de princes, de grands • liciers, de notables de tous 1rs ordres tenue à Tours, 1470, comme arrarw

*N FRANCE. Perrault 507

par la violence -, et le doc de Bourgogne , atteint et convaincu du crime de lèse-majesté , fut cité devant le parlement de Paris, représentant la cour des pairs. Une nouvelle guerre fut le résultat de cette nouvelle perfidie du roi.

Perpignan. Ancienne capitale du Roussillon , aujourd'hui chef-lieu du département dea Pyrénées-Orientales.

L'existence de cette ville ne date que du huitième siècle, époque où on la voit figurer dans les chartes , comme un simple alleu , alode de Perpeniani; et c'est par erreur que quelques antiquaires la font remonter jusqu'au temps des Romains, en la confondant avec l'ancien municipe Flavium Ebusvm.

Elle suivit toutes les destinées du Roussillon , et son histoire , qui se lie intimement à celle de cette province, offre peu d'événements particuliers.

En 1162, la commune v fut confirmée par le comte Gérard ; Philippe le Hardi y mourut en 1285; Pierre III y établit, en 1349, une université semblable à celle de Toulouse, et Jean P' v créa, en 1880, un consulat de mer. L'antipape Pierre de Lune y tint, en 1408, un concile. Sept ans après, le désir d'éteindre le schisme réunit dans Perpignan, près de l'antipape, Ferdinand, roi d'Aragon , l'empereur Sigismond, les ambassadeurs du concile de Constance, ceux de Castille et quelques autres. En 1471, Jean II, roi d'Aragon, y établit un parlement , qui fut supprimé après le siège terrible que la ville, révoltée à l'instigation de Jean, soutint contre les troupes françaises. Après la restitution du Roussillon aux rois d'Aragon , le roi Ferdinand et la reine Isabelle vinrent à Perpignan jurer la paix avec ta France (1493).

En !536,Charles-Quint entoura d'une nouvelle enceinte le château des rois de Majorque , et augmenta les fortifications de Perpignan , que le dauphin de France, Henri , vint assiéger en vain, en 1542. En 1560, Philippe II fit rétablir l'enceinte extérieure de la citadelle; le maréchal d'Ornano tenta en vain, en 1597, de s'en rendre maître par surprise; les habitants s'opposèrent, en 1640, en vertu de leurs. privilèges, à l'entrée d'un corps de troupes castil-

lanes dans leur ville. Le commandant de la citadelle fit canonner et bombarder la ville ; sept cents maisons furent détruites. L'année suivante, Perpignan eut à soutenir contre les Français un second siège; enfin , Louis XIII la prit après un blocus de trois mois, et la reunit pour toujours à la France.

Cette ville, où Ton compte aujourd'hui 17,000 habitants, possède un évéché suffragant de l'archevêché d'Albi , un grand et un petit séminaire , un collège communal , un musée , une bibliothèque publique, un hôtel des monnaies, etc.; c'est la patrie du général Pugommier. On y remarque une magnifique cathédrale, dont la fondation remonte au quatorzième siècle.

Perrache (Michel), sculpteur, né à Lyon en 1685, contribua à la décoration de cette ville par ses travaux , et obtint à Matines le droit de bourgeoisie pour avoir décoré une église de cette ville. Il mourut en 1750. Son fils, sculpteur médiocre, mort en 1779, conçut le projet de reculer d'une demi-lieiîe le confluent du Rhrtne et de la Saône.Une chaussée, qui porte son nom, fut en effet exécutée . puis la chose en resta là.

Perrault (Charles), né à Paris en 1628, s'essaya d'abord dans le genre burlesque, qui était alors à la mode. Il faisait des vers avec une extrême facilité, indice presque certain d'un talent qui ne mûrira jamais. Destiné au barreau, il y débuta d'une manière assez honorable; mais bientôt, à l'exemple de son frère aîné, il jeta de côté sa robe d'avocat, et devint le commis de ce frère qui venait d'acheter la charge de receveur général des finances. Libre alors de suivre son penchant littéraire, il publia quelques odes de circonstance, qui lui attirèrent les épigrammes de Boileau.

Nommé par Colbert , en 1664 , premier commis de la surintendance des bâtiments du roi, Charles Perrault usa noblement de la confiance du ministre pour protéger les arts , les sciences et les lettres. 1^ comité de devises et de médailles, dont il faisait partie avec Chapelain, Cassagne et l'abbé Bourzeis, fut le berceau de l'Académie des inscriptions. Admis à l'Académie française en 1671, il la fit établir au Louvre,

508 PERRAULT L'UNIVERS. PKRRAULT

lui fit assigner des jetons à titre de droit de présence, et l'engagea à adopter deux changements avantageux dans son organisation , la publicité de quelques-unes de ses séances, et l'élection de ses membres au scrutin.

Dans la suite , Perrault se démit de ses places pour se livrer à loisir aux lettres. De 1688 à 1695, parut par livraisons successives , le Parallèle des anciens et modernes, qui fut le signal d'une mémorable querelle qui émut tout le siècle, bien qu'il fût loin de voir toute la gravité des questions débattues. Aussi est-il impossible d'avoir raison avec des raisons plus mauvaises que celles qui furent employées de part et d'autres.

Le livre qui suscita cette querelle fut, du reste, peu lu et mal compris. Ecrit dans un style frivole et sans élégance, il offre, toutefois, des aperçus pleins de sens, qui lui ont valu l'estime de Bayle. Perrault, dans cette lutte, qu'il soutint à peu près seul contre presque toutes les gloires littéraires du dix-septième siècle , vainquit de beaucoup ses adversaires en modération de forme et en politesse. Il mourut en 1703.

Nous ne citerons plus de ses nombreux ouvrages que ses Eloges des hommes illustres du dix-septième siècle, Paris, 1696; et ses Contes de fées: ces petits récits, pleins de naïveté, ont assuré à Perrault une gloire bien modeste, mais impérissable.

Perrault (Claude), frère du précédent, né à Paris en 1631 , étudia d'abord la médecine, et ce fut une traduction de f ïtruve% dont le chargea Colbert, qui lui fit connaître sa véritable vocation, et l'engagea à se livrer entièrement à l'architecture. On sait que ce changement de carrière lui attira plus tard ces vers si connus de Boileau :

Soyex plutôt maçon , etc.

Quoi qu'il en soit, il acquit, comme architecte , un véritable talent. Le premier édifice élevé sur ses dessins fut l'Observatoire ( 1666), monument d'un style lourd, et qui est loin de répondre au but qu'on s'était proposé en le construisant. Cependant on avait commencé la reconstruction du Louvre, dont une partie venait d'être élevée sur les dessins de Levau; et Colbert , ne trou-

vant pas que cette partie fût d'un style convenable, demandait de nouveaux dessins. Perrault envoya les siens; ils furent jugés bien supérieurs aux autres ; mais, comme on craignait qu'ils ne présentassent de grandes difficultés pour l'exécution, on lui fit construire un modèle en petit du péristyle. Tout réussit, et Perrault fut chargé de continuer l'érection de ce monument, l'un des plus considérables et en même temps des plus remarquables des temps modernes. Perrault apporta dans sa colonnade une innovation dont l'exemple s'est retrouvé plus tard dans les constructions antiques de Palmyre : ce sont des colonnes d'ordre corinthien accouplées. Mais ce qui offrit à l'architecte le plus de difficultés , ce furent les travaux de la cour intérieure, commences sous Henri II et terminés sous Louis XIII. Il s'agissait de donner à cette cour une décoration aussi régulière que possible, et qui fût d'accord avec les travaux de Jean Goujon , de Philibert Delorme et de Lemercier. Perrault y réussit mieux qu'où ne pouvait s'y attendre. La seule façade de Philibert Delorme a été conservée, les trois autres côtés ont été terminés sur les dessins de Perrault. Cet artiste donna aussi, pour l'arc de triomphe qu'on voulait élever à la porte Saint' Antoine, en 1670, des dessins qui furent préférés à ceux de Levau. Ce monument, dont la première pierre fut posée le 6 août 1670, ne fut pas terminé ; les constructions , jusqu'au soubassement des colonnes , étaient seules en pierre; le reste fut provisoirement construit en plâtre; H a été démoli en 1710. L'arc de triomphe avait, y compris le couronnement, 150 pieds de haut sur 146 de face. Ses faces étaient ouvertes par trois portes décorées de dix colonnes corinthiennes.

La principale arcade avait 50 pieds de hauteur jusqu'à la voûte, les portes latérales 15 pieds d'élévation ; entre les colonnes étaient des médaillons retraçant les principales actions de Lou,s jCIV, et sur l'entablement étaient disposés des trophées d'armes et des esclaves enchaînés. Il ne reste rien aujourd'hui de cette construction gig*11* tesque, et une estampe de Leclerc en a seule conservé le souvenir.

1>ERRKF FRANCE. PERRIKR 509

Outre ces ouvrages capitaux, Perrault en exécuta plusieurs autres qui auraient suffi à établir sa réputation, tels que la chapelle du château de Sceaux et celle de Notre-Dame de Navonne, dans l'église des Petits-Pères.

Ses dessins sont purs et élégants, tan* dis que ceux de Levau , qu'on Ta accusé d'avoir pillés , sont lourds ou mesquins. Il rendit un grand service à l'architecture en traduisant Vitruve, et en publiant une espèce de supplément à cet auteur, portant pour titre : Ordonnances des cinq espèces de colonnesy selon la méthode des anciens , infolio. Il laissa , en outre , quelques ouvrages de médecine. II mourut à Paris en I f kS8 .

Pbrbbciot ( Claude- Joseph ) , né en 1728 à Roulans-le-ChAteau, se fit recevoir avocat au parlement, et fut nommé procureur du roi près de la maîtrise de Baume. Il se démit de cette charge, dès qu'il eut fait disparaître les abus de la police forestière, et devint maire de Baume, en 1768, et trésorier au bureau des finances de Besançon, en 1782. Il fut un des commissaires choisis pour rédiger les cahiers du bailliage de cette ville, lors de la convocation des états généraux, et fut élu membre du conseil général du département du Doubs en 1790. Emprisonné en 1793, il ne recouvra la liberté qu'au 9 thermidor, et mourut à ftoulans en 1799. Voué à l'étude de l'histoire, il a publié, entre autres travaux : De l'état civil des personnes et de la condition des terres dans les Gaules , depuis les temps celtiques jusqu'à la rédaction des coutumes, 1786, 2 vol. in-4°.

Perhée (Jean-Baptiste-Emmanuel ), contre-amiral , né à Saint- Valery-sur- Somme en 1761, se signala par de nombreux faits d'armes pendant les guerres de la Révolution. En 1798, il fut envoyé en Égypte sous les ordres de Brueys, et chargé de suivre, sur le Nil, avec une flottille de bâtiments légers et tirant peu d'eau, toutes les opérations de l'armée de terre. Il tomba aux mains des Anglais à son retour en France (1709), et fut échangé presque aussitôt. Nommé alors contre-amiral, il fut chargé d'aller ravitailler Malte ; il rencontra une escadre anglaise, l'attaqua le pre-

mier, lorsqu'il vit que le combat était inévitable, et périt dans cette lutte inégale (1800), avant d'avoir vu sa défaite.

Pebbieb , né à Saint-Jean de Léne vers 1590, commença à peindre alors qu'il était à peine sorti de l'enfance, et ses premiers tableaux, exécutés pour les Chartreux de Lyon, annonçaient de grandes dispositions. Il se rendit à Rome, où il copia, pour un marchand de tableaux. les œuvres des plus grands maîtres. Revenu en France, il peignit pour les Chartreux de Lyon la décollation de saint Jean, une sainte Famille, Jésus dans le jardin des Olives et une Adoration des mages. Ssl touche hardie et une grande facilité d'exécution firent remarquer ces tableaux, et il crut pouvoir venir à Paris. Mais, n'y obtenant pas les succès qu'il espérait, il retourna en Italie , où il grava cette collection de figures d'après l'antique , qui a surtout assuré sa réputation. De retour à Paris, en 1645, il exécuta à I'h6tel de la Vrillière une fresque représentant Apollon sur son char, qui lut signalée comme une œuvre de mérite. On cite encore de lui ['histoire de saint Antoine, ermite, en plusieurs tableaux. Ses ouvrages sont, en général, pleins d'imagination, mais souvent incorrects et d'une expression commune; il s'est plus distingué par ses gravures que par ses tableaux. Outre la collection dont nous avons parlé, on connaît de lui sept autres pièces d'une pointe fine et spirituelle, et dont la principale représente le Temps qui coupe les ailes de rAmour. Cet artiste mourut à Paris vers

Pehbieb (Françoise - Gilberte Pascal, dame) naquit en 1620 , à Clermont en Auvergne. Sœur de Pascal , et plus âgée que lui de trois années , elle subit , comme le reste de sa famille, l'influence de ce puissant génie, et devint janséniste et savante. Elle sut à fond plusieurs langues anciennes , et s'occupa avec ardeur de philosophie et de théologie; cependant le seul écrit que l'on ait d'elle est une rie de Biaise Pascal, qui d'ordinaire est imprimée à la téte des Pensées. Cette vie, intéressante d'ailleurs, est écrite dans le but évident de prouver que Pascal était un saint; le penseur , l'écrivain,

Page 1