PHILIPPE IV L'UNIVERS
PHILIPPE IV
les caisses duquel on versait les mauvaises espèces , en gardant les bonnes pour les refondre, ou les conserver précieusement, résolut de mettre un terme à ces calamités ; il rassembla les notables des villes, convoqua les grands seigneurs propriétaires d'hôtels de monnaies, et il allait remettre la monnaie à son ancien taux , lorsque la mort le surprit. Son dernier conseil à son fils fut de rétablir la bonne monnaie. Ce conseil germa dans l'esprit du jeune prince, et, quelques mois plus tard , Louis X rendit l'ordonnance de Lagoy; on peut donc , malgré la mauvaise administration financière de Philippe le Bel , lui attribuer la destruction définitive de la monnaie locale en France. Ne lui en faisons cependant pas un mérite, car si le roi poursuivait les faux monnayeurs, c'était pour avoir lui-même le monopole de ce genre de fraude; et les leçons gue Philippe IV avait reçues ne profitèrent guère à ses successeurs.
Les monnaies d'or contemporaines du règne de Philippe IV, dont l'existence nous est révélée par les textes , sont : la reine, Vaignet, \egros et le petit royal et la masse ou royal d'or, La première de ces espèces nous est totalement inconnue ; nous ne savons ni quel était son type , ni quelle était sa valeur.
Vaignel valait 20 sous tournois ou 16 sous parisis : il représente au droit un agneau tenant d'une patte une croix, d'où s'échappe une bannière marquée d'une croix. Sous les pieds de cet agneau on lit : phi. b; et autour, en légende , àgn : dei : qvi : tollis : pecata : mon di : mï :; ik — dans un cartouche, une croix fleuronnée , cantonnée de 4 fleurs de lis, avec la légende : xpc : vincit :
XPC : BEGNAT, etc.
Le gros royal valait 20 sous parisis, et le petit 10 seulement. On y voit le roi couronné, assis sur un pliant à deux têtes de serpents , tenant d'une main une fleur de lis, et de l'autre un bâton fleurdelisé; le tout dans un cartouche, autour duquel on lit: philippvs :
DEI : GBACIA : FBANCOBVM : bex. Au
revers, une croix fleuronnée, cantonnée de quatre fleurs de lis, est contenue dans un cartouche entouré de la légende ordinaire, xpc : vincit, etc.
Le petit royal présente le mémo type , sauf les cartouches ; on y lit au droit : H-philippvs : dei : gracia , et, au revers : bex fbancobvm. Ces pièces sont d'or fin; on en taillait 70 au marc.
La masse dure ou grand florin avait la même valeur que le gros royal : elle était appelée dure, parce que n'étant
2u'à 22 carats de fin, elle est moins exible que les pièces d'or fin. Elle porte les mêmes légendes que le royal ; mais le type est différent, en ce qu'au droit le roi, assis sur une chaise gothique, y tient à la main une masse; tandis qu'au revers, le cartouche contenant la croix est cantonné de quatre couronnes à l'extérieur.
Comme monnaies d'argent, Philippe le Bel ne fit frapper que des gros tournois, dont le type est tout à fait le même que celui des gros tournois de Philippe III , dont il est impossible de les distinguer. Il n'en est pas de même de ses monnaies de nillon , qui sont nombreuses et importantes.
Lorsque Philippe IV commença à altérer les monnaies, il fut contraint, non d'abandonner tout à fait les anciens types, mais de créer des types nouveaux et de rétablir quelques monnaies locales , telles que celles de Bourges et de Toulouse. Lorsque le crédit de ses deniers et de ses oboles tournois et parisis fut épuisé, il fit faire les doubles tournois, les doubles parisis , les bourgeois nouveaux, les bourgeois forts, etc., dont voici la description. 1° Double parisis : philippvs bex ; dans le champ, une croix fleuronnée; nj. — no-
neta dvplex ; dans le champ ,