‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 232 sur 434 · PHILIPPE IV FRANCK. PHILIPPE IV · texte numérisé non relu

PHILIPPE IV FRANCK. PHILIPPE IV

dor à la couronne ; mais ces deux espèces nous sont complètement inconnues, et on sait seulement qu'elles valaient chacune 10 sous parisis, et qu'elles avaient le titre de 23 «arats Voici la description d'une autre pièce d'or qui semble appartenir à Philippe IV, et à laquelle on pourrait donner le nom de petit royal : ph : dei : gra fbacor : bex ; dans le champ , le roi debout , couronné , tenant son sceptre d'une main, ayant l'autre appuyée sur sa poitrine. Un manteau est jeté sur ses épaules ; par-dessous il porte une robe serrée sur Jes hanches par une ceinture; deux fleurs de lis accostent sa ligure ; r\ — xpc:vmciT:xpc:BEGNAT:xpc:

i m p : ; dans le champ , une croix fleurdelisée dans un cartouche cantonné à l'extérieur de quatre trèfles. Si cette pièce est en effet un petit royal, elle devait valoir 10 sous parisis.

En argent, Philippe II fit faire des gros tournois y des mailles blancfies et des mailles tierces, semblables à celles de son père. Voici la description des gros tournois ; les mailles leur sont en tout semblables : + benedictv sit, etc., entre grenetis; -f- philippvs bex en 2* légende ; une croix dans le champ; a-. — bordure de fleurs de lis; tvronvs ci vis; dans le champ, un châtel tournois. Les deniers et les oboles de billon portaient les types de ceux de Philippe- Auguste, et ils n'en diffèrent que par le travail; seulement on n'y trouve plus aucun nom de lieu , et on lit sur tous indistinctement : tvbonvs civis ou pabisivs civis, qu'ils aient été frappés à Tours, à Paris ou dans tout autre lieu. Les tournois sont de 224 au marc, au poids de 18 sous 10 deniers, et à 3 deniers 18 grains de loi.

Philippe IV, dit le Bel. En montant sur le trône, ce prince avait trois grandes affaires à terminer, trois couronnes à assurer dans sa famille: 1° celle d'Aragon, que le pape avait donnée à Charles de Valois ; 2° celle de Castille, qu'il fallait enlever à don Sanche; 3° celle de Naples et de Sicile, que réclamait Charles le Boiteux, fils de Charles Ier, mort trois ans après les Vêpres siciliennes.

Philippe se conduisit en fourbe habile dans toutes les contestations qui éclatèrent à propos de ces trois couronnes.

Enfin, un traité conclu à Tarascon vint terminer des hostilités qui languissaient depuis longtemps (1291). Le roi d'Aragon abandonnait ses prétentions sur l'Italie méridionale, Charles de Valois renonçait à l'Aragon, et il recevait en compensation les provinces d'Anjou et du Maine, que lui cédait Charles de Naples. En 1295, ces décisions furent confirmées de nouveau au traité d'Anngni.

Philippe IV , s'étant dégagé de ces guerres méridionales, se tourna contre l'Angleterre, avec laquelle le grand débat n'était que suspendu. La rupture eut lieu en 1293. Philippe encouragea la résistance de Baillol; Édouard excita contre celui qu'il avait reconnu pour son suzerain , la Flandre et l'empereur. Tout réussit d'abord à Philippe; il confisqua la Guienne et la conquit; le duc de Bretagne fit sa soumission; la Flandre ellemême, envahie par Robert d'Artois, s'humiliait devant les armées de Philippe. Le comte Gui de Dampierre et Édouard demandèrent la paix, et Benoît Caïetan , Boniface VIII, en fut le médiateur (1298).

Par ce traité, les deux rois s'étaient mutuellement abandonné leurs allies.

Pendant qu'Édouard écrasait l'Écosse, Charles de Valois envahissait la Flandre et forçait le comte Gui à se constituer prisonnier au Louvre. La Flandre fut traitée en pays conquis; mais bientôt elle perdit patience; les Flamands massacrèrent les Français et levèrent une formidable armée. Alors eut lieu la désastreuse bataille de Cou rtray (1303). Cette défaite rendit Philippe plus traitable.

Édouard de son côté avait perdu trois armées en Écosse. Les différends qui avaient recommencé entre les deux princes, furent définitivement réglés par un traité signé à Paris, lequel confirmait et développait celui de 1 298. Édouard épousait la sœur de Philippe, et le prince de Galles sa fille; la Guienne était rendue aux Anglais. Après cette seconde réconciliation les deux rois retombèrent encore sur leurs victimes. Philippe effaça, à Mons en Puelle et à Ziriksée, la honte de Courtray, et fut pourtant forcé d'accorder la paix aux Flamands. Tels sont les principaux événements militaires du règne de Philippe IV

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Au dedans, ce règne présente des faits encore plus importants et plus nombreux. L'examen des ordonnances de Philippe IV prouve que la royauté est alors beaucoup plus active et intervient dans un beaucoup plus grand nombre d'affaires et d'intérêts qu'elle ne l'avait fait jusque-là. Le recueil du Louvre contient 354 ordonnances de ce prince; M. Guizot les classe de cette manière:

44 de législation politique et de gouvernement proprement dit ;

101 de législation civile, féodale, ou domaniale ;

56 sur les monnaies , soit monnaies royales, soit monnaies de seigneurs ou monnaies étrangères;

104 sur des affaires de privilège local ou d'intérêt privé, concessions ou confirmations de communes, etc.;

1 1 sur les juifs et les marchands et négociants italiens; 38 sur des sujets divers (*).

Plus administrateur que guerrier, Philippe le Bel signala les premières années de son règne par des ordonnances remarquables qui contribuèrent à constituer l'ordre social en France. En 1287, ordonnance qui statue que tout homme en venant habiter une ville, et en y achetant une maison de la valeur de soixante sous parisis, pouvait requérir le prévôt de lui octroyer des lettres de bourgeoisie. Autre ordonnance de la même année, qui exclut les prêtres de l'administration de la justice, non-seulement au parlement du roi et dans ses domaines, mais dans ceux des seigneurs. C'est la première séparation expresse de Tordre civil et de Tordre ecclésiastique. En 1 289, nouvelle ordonnance pour expulser le clergé du parlement. En 1288, défense à tout prêtre d'emprisonner un juif sans en avertir le juge laïque du lieu où le juif est domicilié. Défense au sénéchal de Carcassonne d'emprisonner qui que ce soit sur la seule demande des inquisiteurs. En 1291 , autres attaques contre l'Église, à qui Philippe et ses légistes firent une si rude guerre, en portant à trois, quatre ou six fois la rente, ce que devait payer Y acquéreur ecclésiastique en compensation des droits

O Ouitot, llist. dt lû CiriUt. m France, V^vol,, x5- leçon.

de mutation que TÉtat perdait. Sous Philippe le Bel , le parlement fut organisé. En 1291, le roi régla la division du travail. L'établissement de tant d'officiers et de juges royaux nécessitait une grande augmentation dans les revenus de TÉtat. Le système financier des monarchies modernes alors en enfance , était bien grossier et ne procédait que par l'illégalité et l'oppression. En 1296, Philippe lança contre le peuple le terrible impôt de la maltôte, dont le nom indique toute l'iniquité, et y soumit les marchands, les bour-, geois et les prêtres. L'Église était riche, Philippe était avide, et de ses tentatives pour dépouiller les ecclésiastiues de leurs biens, naquit son fameux émélé avec Boniface VIII ; démêlé qui se termina par l'abaissement de la tiare.

Boniface VIII avait , dans sa bulle Clericis laicos, déclaré excommunié, tout prêtre qui payerait, tout laïque qui exigerait subvention, prêt ou don, sans autorisation du saint-siége. Aussitôt Philippe rendit une ordonnance qui défendait l'exportation de l'or, de l'argent, des armes, etc., et qui privait la cour de Rome des subsides de France (1297).

La querelle, suspendue dans les années suivantes, fut ranimée en 1301 , pour un différend de juridiction entre le roi et le pape. La bulle Ausculta Jili irrita Philippe, qui répondit au pape par une lettre hautaine et insolente; puis, avant d'entrer en lutte avec le saint-siége, pour donner plus de force à sa résistance, il convoqua l'assemblée des états généraux du royaume. Ce fut le plus grand acte de son règne. La bourgeoisie y forma le tiers état, et prit dès lors une importance politique. Philippe recueillit de cette mesure tous les fruits qu'il en attendait : savoir, une protestation formelle des trois ordres contre les prétentions de Rome. De plus , il demanda à l'assemblée des subsides, qu'elle lui accorda. Boniface, de son côté, convoqua le clergé français à Rome.

Philippe traita ceux qui s'y rendirent en sujets rebelles , et fit saisir leurs biens (1303). Enfin, après avoir réparé la défaite de Courtray, et fait la paix avec l'Angleterre ; décidé à en finir avec le pape, il le fit accuser par Guillaume

PHILIPPE IV

FRANGE

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Plasian, qui prononça contre lui un violent réquisitoire et un appel au prochain concile. Nogaret fut chargé d'aller signifier cet appel à Boniface ; accompagné de SciarraColona, il l'assiégea, le prit dans Anagni, et Boniface, outragé, souffleté par Colonna, mourut un mois après, aune lièvre frénétique.

Dès lors, la tiare fut vaincue, et le triomphe du pouvoir temporel des rois sur la théocratie du moyen âge, assuré. Après Boniface VIII, rabaissement des popes fut déplorable. Au pacifique Benoît XI succéda un pape tout français par la naissance, par la politique, Bertrand de Goth, archevêque de Bordeaux, qui, élevé au trône pontifical sous le nom de Clément V, par l'influence de Philippe le Bel, vint fixer sa résidence à Avignon (1305).

Philippe le Bel obtint de Clément V tout ce qu'il voulut, excepté la condamnation de la mémoire de Boniface VIII.

Il eut aussi beaucoup de peine à lui arracher l'abolition de l'ordre du Temple.

Ce fut encore une des audacieuses et énergiques entreprises de Philippe le Bel , et celle où il montra peut-être le plus de mépris pour la justice et l'humanité. Les templiers étaient riches et puissants: Philippe, ombrageux et avide comme il l'était, ne pouvait souffrir l'existence de cet ordre, qui n'avait plus de services à rendre depuis la chute du royaume de Jérusalem. Il avait d'abord songé à le dominer en s'en faisant nommer grand maître. Mais on ne voulut pas l'y recevoir. Enfin, dans une émeute provoquée, en 1306, par l'altération des monnaies, les chevaliers du Temple lui donnèrent un asile, et depuis ce temps, il résolut dedëtruire cet ordre qui pouvait sauver un roi. En effet, le 13 novembre 1307, sur les accusations de quelques chevaliers , il fit arrêter à Paris le grand mattre, et cent quarante chevaliers; le même jour, soixante le furent à Beaucaire, puis une foule d'autres par toute la France. Il excita contre ces malheureux la fureur populaire par les prédications des moines. On faisait courir sur leur compte des bruits étranges qu'il n'était que trop facile d'accréditer, àelon les uns, ils avaient pour idole une tête barbue ; selon les autres , une téte à trois faces; selon quel-

ques-uns , c'était un crâne d'homme , suivant d'autres un chat. L'accusation générale portait donc sur crime d'irréligion, d'impiété, de sacrilège; et les bizarres et mystérieux symboles derrière lesquels l'ordre dissimulait sa pensée politique et religieuse, avaient fait naître et accrédité toutes ces imputations. Cependant, le pape. seul pouvait

Erononcer la dissolution de l'ordre ; il ésita longtemps: il n'y consentit qu'en 1311, lorsque Philippe le Bel se fut désisté de ses poursuites contre la mémoire de Boniface VIII; et l'ordre des Templiers fut aboli au concile devienne. Philippe le Bel n'avait pas attendu cette sentence pour condamner au dernier supplice quelques-uns de ceux qu'il avait mis en accusation devant des commissions ecclésiastiques. Mais les plus illustres victimes ne furent immolées qu'en 13l4:cefurentJacquesdeMolay,legraud maître, Guy, grand prieur de Norman* die, et plusieurs autres ; ils protestèrent hautement de l'innocence de l'ordre, et moururent en citant le pape et le roi qui les condamnait , devant le tribunal de Dieu. Philippe mourut au mois de novembre de la même année. Tel fut le dernier acte de ce prince inique et violent, qui conçut et exécuta oc grandes choses, savoir: l'abaissement de l'aristocratie ecclésiastique et de l'aristocratie féodale , mais sans aucune moralité et à la manière des tyrans.

Philippe IV ( monnaies de ). Philippe IV suivit d'abord, à l'égard des monnaies , les errements de son père v et dans les commencements de son règne rien ne fut changé à l'état de choses établi. Mais bientôt, pressé par le besoin d'argent , il se mit a altérer les monnaies, et cette imprudence fut pour lui et pour le royaume la cause de nombreuses calamités. Son règne est fécond en ordonnances relatives aux monnaies, et nous regrettons vivement de ne pouvoir tes rapporter ici; nous dirons seulement que le peuple, exaspéré des malversations du roi , se révolta plus d'une fois, en demandant à grands cris les monnaies de saint Louis. Enfin, sur la fin de son règne, Philippe IV, s'apercevant que l'altération des espèces portait préjudice non seulement aux fortunes privées, mais encore à l'État, dans

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