‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 235 sur 434 · FO R · texte numérisé non relu

FO R

champ, le mot surmonté d'une cou-

X lu

ronne. 7» Toulousain : philippvs bbx; croix fleuronnée dans le champ; r). — tola civis; fleur de lis dans le champ. Il faut encore probablement attribuer à Philippe le Bel le tournois suivant : + philippvs bex ; fleur de lis dans le champ ; rJ. — tvbonvs civis ; croix à longue queue , fleuronnée dans le champ.

Philippe V, dit le Long, était le second des fils de Philippe le Bel. Louis X , qui venait de mourir , ne laissait qu'une fille ; mais sa veuve était enceinte, et on pouvait espérer la naissance d'un fils : Philippe fut nommé gardien de f État , en attendant les couches de la reine. Elle mit en effet au monde un enfant mâle; mais la mort l'enleva huit jours après. Alors une contestation vive s'engagea entre les partisans de Jeanne , fille de Louis X, et ceux de Philippe son frère. On alléguait contre ce dernier l'exemple des grands fiefs, qui presque tous tombaient de lance en quenouille. Mais , par une habile et heureuse disposition des états de 1317, le contraire eut lieu pour la royauté , qui se trouva ainsi dans une situation exceptionnelle. Philippe fut sacré à Reims, le 9 janvier 1317 , et la loi salique, appliquée alors pour la première fois à la succession au troue, devint le fondement du droit de la monarchie en France. Cependant, il y eut quelques résistances : Eudes IV, duc de Kourgotme, était le chef du parti opposant; Philippe V le désintéressa en lui donnant la main de sa fille avec la Franche-Cornté pour dot. Dès lors il fut reconnu par tousses vassaux, et il ne songea plus qu'à terminer les affaires de Flandre. Louis X avait fait dans cette province une expédition désastreuse.

Philippe V conclut, en 1320, un traité

suivant lequel Louis, comte de Nevers et de Kethel, devait épouser Marguerite, sa fille , et succéder au comte de Flandre; que Lille, Douai etOrchies appartiendraient à la couronne de France, et que les Flamands payeraient au roi une somme de 200,000 livres. Après cette heureuse conclusion d'une longue guerre, Philippe V s'occupa avec ardeur des préparatifs d'une croisade ; mais le pape Jean XXII le détermina à renoncer à ce projet, en lui représentant que dans l'état où se trouvait l'Europe, les rois ne devaient pas quitter leurs royaumes.Philippe, retenu malgré lui sur son trône, s'occupa de réformes judiciaires et administratives; il aimait la justice: il accrédita cette salutaire maxime , qu'en fait de justice on n'a égard à lettres missives. Il travailla à l'affranchissement des serfs et à l'élévation de la bourgeoisie. Il créa dix-sept évéchés, et érigea celui de. Toulouse en archevêché; il fit publier le recueil des Clémentines , ou constitutions de Clément V.

Mais la fin de son règne fut remplie par de cruelles et absurdes persécutions contre les juifs, ces victimes du moyen âge, et Philippe mourut au milieu de ces procédures, le 3 janvier 1322 , à l'âge de 28 ans. Il ne laissait que des filles; son frère, Charles le Bel, lui succéda.

Philippe V (monnaie de). Lorsque ce prince monta sur le trône, Louis X, son frère, venait de rendre la célèbre ordonnance de Lagny-sur-Marne, dont le résultat fut d'engager les seigneurs à céder au roi leurs privilèges monétaires, ou à les laisser tomber en désuétude, quand le roi ne voulait pas les acheter. Philippe n'eut garde de laisser échapper les acquisitions de ce genre qui se présentèrent ; ce fut ainsi qu'il acquit pour 50,000 livres tournois les monnaiesde Chartres et d'Anjou,et pour 15,000 celles de Clermont et de Bourbonnais. Cependant, comme malgré toute la surveillance du gouvernement, les seigneurs n'observaient qu'avec une grande négligence l'ordonnance de Lagny, le roi chargea Pierrede Cahours, son maître des monnaies , d'aller faire une enquête sur ce sujet dans les différentes provinces; et la Guienne ellemême , quoique appartenant alors au roi d'Angleterre , ne fut pas exempte

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