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PHILIPPE VI L'UNIVERS. PHILIPPE VI

de cette mesure générale; car le maître des monnaies se rendit à Bordeaux avec l'ordre de saisir les coins et les monnaies qu'y faisait faire le roi d'Angleterre. Nous ne décrirons pas ici les espèces frappées du temps de Philippe V; elles ne peuvent pas être distinguées de celles de Philippe IV et de Philippe III. Ce sont des aignelsa"or% des gros tournois, des deniers tournois et parisis, etc.

Philippe VI, dit de Valois. Le dernier des fils de Philippe le Bel était mort sans enfant mâle; la ligne masculine des Capétiens directs était éteinte; le troue fut occupé par Philippe de Valois, fils de Charles de Valois, frère de Philippe le Bel, à l'exclusion des femmes qui pouvaient y prétendre [%•' février 1328).

Cependant , depuis deux règnes . le droit des femmes à succéder au trône, deux fois méconnu , avait encore conservé de nombreux partisans. Quand Philippe eut été proclamé , le royaume, dit Froissara, alla ce semble à moult de gens hors de la ligne droite. Les prétentions des femmes furent généralement anéanties ; on ne tint aucun compte de la fille de Charles IV. Pour dédommager Jeanne, fille de Louis le Hutin, et son mari, Philippe d'Évreux, Philippe VI leur céda la Navarre, injustement retenue par les oncles de la princesse. Quant a la Champagne et à la Brie, Philippe ne put se résoudre à en priver le royaume, et il leur donna en échange les revenus de la Marche et de l'Angoumois. Restait un dernier prétendant dont on prévovait de violentes réclamations; c'était Édouard III, roi d'Angleterre, petit-fils de Philippe le Bel par sa mère ; il envoya des ambassadeurs qui réclamèrent la couronne en son nom. Mais l'exclusion de Jeanne et des autres femmes établissait en principe celle d'Isabelle de France , et l'on répondit au ieune roi qu'il ne pouvait se prévaloir Je droits que sa mère n'avait pas. Philippe l'emporta donc sur ses rivaux, fut sacré avec magnificence, et commença la grandeur de la première maison de Valois , dont le rùle fut de dégager la France de l'étreinte de l'Angleterre, et de poursuivre glorieusement l'abaissement de la féodalité.

Le règne de Philippe de Valois peut

se diviser en deux périodes. Dans la première, il est le souverain le plus glorieux et le plus redouté de l'Europe; dans la seconde, il lutte avec Édouard III et n'éprouve que des revers. Il inaugura son règne par une brillante expédition en Flandre, pour soutenir Louis de Nevers contre des sujets indociles. A l'arrivée des Français, les Flamands, conduits par leurs bourgmestres, se poster r f ! i près de Cassel,daos des retranchements presque inexpugnables; leurs étendards représentaient un coq, au-dessous duquel était ce distique:

Quand ce coq-ci cbantr aura Le roi Catsel conqumrt,

Ils furent sur le point d'avoir raison : une attaque nocturne, dirigée à l'improviste contre le camp fran-

Sis , faillit réussir; mais les chevats s'étant ralliés autour de l'oriflamme , cette tentative se termina par la déroute complète de l'ennemi, et fut suivie de la prise de Cassel( 1329). Apres cette victoire, Philippe ouvrit à Amiens cette fameuse cour plénière où Édouard devait lui faire hommage pour la Guienne. Ce fut en présence des rois de Bohême, de Navarre et de Majorque, des ducs de Bourbon , de Bourgogne et de Lorraine, de tous les princes du sang et d'une grande partie de la noblesse, que l'orgueilleux prince fut contraint de s'humilier devant le monarque qui triomphait de son abaissement. Il se retira la rage dans le cœur; les guerres d'Écosse, les troubles survenus en Aquitaine et en Bretagne, les soulèvements de la Flandre l'irritèrent de plus en plus. Robert d'Artois, réfugié à sa cour, ne cessait d'entretenir ses ressentiments ; un jour, l'Anglais réclamait quelques villes et châteaux de la Guienne et du Ponthieu : demandez tout d'un coup la couronne, dit Robert d'Artois. Bientôt, Artevelle, qui était devenu comme le dictateur des républiques flamandes, lui demanda d'intervenir entre elles et leur comte, en qualité de roi de France. Édouard, qui sentait combien le concours du sentiment patriotique d'un peuple est plus fort que la volonté précaire et isolée de son tyran , s'allia avec ces puissantes cités , prit le titre qu'on mettait à sa convenance, et fit déclarer la guerre i

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