‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 252 sur 434 · PI EN NES L'UN · texte numérisé non relu

PI EN NES L'UN

Pictonbs ou Pictati , peuple gaulois qui occupait le territoire de Poitiers ; il avait pour capitale Umonum, qui prit plus tard le nom du peuple, et s'appela Pictaui, d'où l'on a fait Poitiers.

Pierres (Jeanne de Hàlluyn , demoiselle de ) dut l'espèce de célébrité qu'elle obtint à des circonstances complètement en dehors de son mérite , et on peut ajouter en dehors de sa volonté. Jeune et belle personne , elle était à ces deux titres confondue parmi les autres dames d'honneur de la reine Catherine de Medicis, lorsque le fils aîné du connétable Anne de Montmorency devint éperdument amoureux d'elle.

Les ulles de la reine n'avaient pas une grande réputation de sévérité; cependant mademoiselle de Piennes résista de telle sorte que le jeune Frauçois de Montmorency, devinant que son père s'opposerait à son mariage avec une fille dénuée de fortune , fit à celle-ci une promesse de mariage en bonne et due forme. La chose restait secrète, et le jeune homme ne désespérait pas d'obtenir le consentement de son pere, lors* que le connétable lui déclara que le roi Henri II desirait qu'il épousât sa fille naturelle, Diane, veuve d'Horace Farnèse, duc de Castra. François de Montmorency dut alors déclarer l'engagement qu'il avait pris ; mais l'ambitieux connétable, qui n'était pas homme à reculer devant un si faible obstacle, résolut de rompre cet engagement, et François de Montmorency fut envoyé lui-même à Rome pour solliciter un bref qui annulât sa promesse de mariage.

De semblables d ispenses s'accordaient facilement en cour de Rome ; mais le pape Paul IV avait le dessein de faire épouser à un de ses neveux la duchesse de Castra : il lui v int des scrupules ; le fils du connétable fut renvoyé de consistoire en consistoire ; puis le pape , pour dernier subterfuge, lui indiqua une congrégation d'évéques , de cardinaux et de théologiens canoi listes chargés de décider de cette affaire. François de Montmorency se présenta donc devant cette commission ; mais, au grand étonneroent du saint-père, les prélats annulèrent la promesse de mariage.

HEBS. PIERRE L'ERMITE

Paul ÎV était, on le sait, un souverain pontife très-absolu : il refusa d'acquiescer à la décision de la congrégation. Alors le roi Henri, excédé de tant de délais, prit le violent parti de faire une loi générale pour un cas particulier : il déclara par un édit, nuls et sans aucune valeur tous les mariages clandestins ; mademoiselle de Piennes fut enfermée au cou vent des Filles-Dieu ; elle y signa le désistement qu'on exigea d'elle, et les noces de François de Montmorency avec la veuve Farnèse furent célébrées publiquement; enfin, quelques années plus tard , le connétable, dont la conscience n'était pas, çe semble, bien en repos au sujet de cette affaire, sollicita de nouveau la dispense du pape, et celui-ci, n'espérant plus marier son neveu à la fille du roi, accorda le bref sans contestation et sans bornes. Cette affaire, qui, aujourd'hui, nous semble si peu importante, fut, à l'époque où elle se passa, une véritable affaire d'État; aussi le P. Bertier la conte-t-il dans son Histoire de l'Église gallicane, comme un événement fort considérable. Effectivement, elle soulevait la question si longtemps pendante des libertés de l'Église gallicane, et Henri II lit, sans s'en douter, et presque par caprice, un acte d'indépendance nationale fort important.

Pibbbe l'Ermite naquit à Amiens, vers le milieu du onzième siècle. Ayant abandonné la profession des armes pour se faire ermite, il fit, vers l'an 109», un pèlerinage en terre sainte ; et il fut si vivement touché de la condition misérable des chrétiens de cette contrée, il en fit, a son retour, au pape Urbain n un tableau si pathétique, que le pontife le chargea do prêcher la première croisade. Ses prédications firent le plus grand effet, et, au concile de Clermont, il vit les plus grands seigneurs s'armer à sa voix pour la défense des saints lieux. Il prit le conh mandement de la première armée qui se mit en marche pour la Palestine; mais les croisés , s'étant livrés au pillage des pavs qu'ils traversaient , forent défaits" par les habitants, et presque entièrement detroits; une parti' seulement arriva à Constantinoplemauvais succès de cette entreprise em-

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