‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 282 sur 434 · POLOGNE L'UN · texte numérisé non relu

POLOGNE L'UN

sa formation, au corps d'armée du Bas- Rhin, s'était aussi couverte de gloire , surtout aux journées de Francfort, d'Offenburg, et de Hohenlinden. Moreau lui témoigna publiquement sa satisfaction, en constatant dans son rapport « que l'armée devait en partie le succès « ae la glorieuse journée de Hohenlin- « den à l'inébranlable constance du « général Kniaziewicz , dont les sot- « dats venaient de combattre sous ses « yeux pour la première fois. »

Après la trêve de Styrie(25 décembre 1800), qui mit fin a cette brillante campagne, les lésions polonaises se réunirent dans le Milanais. Elles formaient alors quinze mille hommes ; mais les événements ne tardèrent pas à les disperser.

Une partie fut embarquée et envovée à Saint-Domingue, où elle périt presque tout entière.

Une autre partie fut incorporée dans farinée de la république cisalpine.

Un article secret de la paix d'Amiens (27 mars 1802) ayant stipulé le licenciement des légions polonaises, Dombrowski entra dans l'armée de la république cisalpine, puis passa dans celle de Naples, et y resta jusqu'à la campagne de 1806, en Prusse; campagne à laquelle il prit une part importante.

Quand la Prusse eut été vaincue' à Iéna , Napoléon songea à tourner ses armes contre la Russie. Il devait trouver, pour cette nouvelle lutte, des alliés naturels dans les Polonais. Au premier appel qu'il leur lit, trente mille se levèrent, et vinrent combattre, sous les ordresde Dombrowski, à Dantzig, à Eylau, à Friedland , et le soulèvement, qui ne s'était d'abord opéré que dans la Pologne prussienne, allait s'étendre à la Pologne russe , quand la paix de Tilsitt vint en garantir les possessions du czar. Cette paix rendit une existence politique à cette partie de la Pologne que la Prusse avait envahie ; voici l'article 5 du traité qui avait trait à ce sujet :

• Les provinces qui , le 1er janvier « 1772, formaient une partie de l'ancien « royaume de Pologne , et qui , plus «tard, à diverses époques, passèrent « sous la domination prussienne, appar- « tiendront à l'avenir (excepté celles qui « sont mentionnées dans l'article pré-

YERS. poloc.ye

« cèdent et dans l'article 9 , en toute « propriété au roi de Saxe (*) , sous le • titre de duché de Varsovie , et seront « régies par une constitution garantis- « sont la liberté et les privilèges natio- « naux de ce duché , d'accord avec la « tranquillité des États limitrophes. • L'article précédent garantissait à U Russie et a l'Autriche la propriété des parties du territoire polonais qu'elles avaient envahies ; l'article 9 faisait de Dantzig une ville libre, avec un cercle de deux lieues.

Ces arrangements étaient loin de réaliser les espérances que l'arrivée des Français avait fait concevoir aux Polonais; mais la constitution qui fut donnée au nouveau duché fut, pour le peuple, un véritable bienfait; car cette constitution abolissait le servage, ce que n'avait pas fait la constitution de 1791, ce que ne firent pas non plus depuis les auteurs de la révolution polonaise de 1830.

L'armée polonaise fut bientôt organisée; douze régiments d'infanterie" et six de cavalerie étaient à la solde du trésor polonais; la légion de la Vistule, composée de quatre régiments , restait au service de la France, et était payée par elle.

En 1808, au commencement de cette guerre d'Espagne si impolitique et si funeste à la France, Napoléon appela, pour y prendre part , la légion de la Vistule, trois régiments d'infanterie, deux régiments de lanciers , et le régiment de la garde impériale polonaise à cheval. Là, comme en Italie, comme sur le Rhin , les Polonais rendirent d'utiles services , et déployèrent la plus grande valeur. « Les deux sièges de Saragosse donnèrent à Klopicki cette célébrité qui devait le conduire depuis à la suprême dictature. Commandé par Kozietulski , le régiment de lanciers de la garde impériale se distingua aussi particulièrementaupassagedeSomo-Sîerra, les Thermopyles espagnoles. Ce ravin, situé entre deux montagnes hérissées de canons et couvertes d'innombrables guérillas, ne pouvait être franchi que par une colonne à quatre hommes de

(*) Le même prince qui avait été proclamé héritier du trône par la constitution de 1 791.

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front; la mort paraissait inévitable pour tons ; et du premier escadron de lanciers , qui formait la tête de la colonne d'attaque, neuf hommes seulement purent échapper à la boucherie.

Grâce au dévouement de ce corps , le passage fut forcé, et Madrid ouvrit de nouveau ses portes au roi Joseph. Une fois ce prince réinstallé sur le trône, Napoléon revint à Paris avec les lanciers; les autres régiments polonais restèrent en Espagne (*). »

Cependant la guerre se ralluma bientôt entre Napoléon et l'empereur d'Autriche. Ce dernier commença les hostilités eu faisant envahir, par une armée de trente mille hommes, le duché de Varsovie. Mais le prince Joseph Poniatowski(**)pénétra a son tour, à la téte de huit mille hommes, dans les provinces polonaises de l'Autriche; et, en moins d'un mois, tout le pays, jusqu'au pied des Karpathes , eut arboré le drapeau national. Cependant le traité de Vienne ne réunit au duché de Varsovie que la moitié de cette conquête et la ville de Cracovie ; l'autre moitié fut rendue à l'Autriche, avec la ville de Léopol. La Russie , qui était restée spectatrice de la lutte, obtint les districts de Tarnopol et de Zalozczvki.

Quoi qu'il en sbit, le duché de Varsovie avait été presque doublé; et il vint bientôt un moment où la Pologne sembla sur le point de reprendre son rang parmi les grandes puissances de l'Europe: par un article secret du traité conclu avec l'Autriche le 14 mars 1812, Napoléon promettait à celle-ci la restitution de IUlyrie en échange de la Gailicie. « La Pologne allait renaître grande et puissante; ses mœurs étaient régénérées ; les vices de ses anciennes institutions réformés. Le duché de Varsovie avait adopté le code français et une charte plus conforme à ses besoins, dictée par Napoléon lui-même; ses diètes, guéries de la vieille turbtâence polonaise, épuisaient à l'unanimité toutes les ressources du pays , afin de mettre sur pied quatre-vingt mille hommes; et quand, le 28 juin 1812, l'indé-

(*) La Pologne, par Charles Forster, p. a85.

(**) Voyez ce mol.

pendance de Y ancienne Pologne fut enfin proclamée solennellement à Varsovie, avec l'assentiment de l'empereur des Français, l'enthousiasme des Polonais ne connut plus de bornes. On le sait, leur joie fut courte. Entraîné par la victoire, Napoléon rejette le conseif de s'arrêter à Smolensk, pour organiser trois cent mille Polonais avant de s'avancer sur Moscou. Les Lithuaniens avaient à peine formé quelques régiments pour augmenter les phalanges nationales, quand il fallut battre en retraite. Dès les premiers jours de 1813 , les troupes russes occupèrent le duché de Varsovie ; et , lorsque la coalition eut vaincu la France, les Polonais, fidèles jusqu'au dernier moment à leur alliée, retournèrent de nouveau sous le joug de leurs oppresseurs (*). »

Ici s'arrêtent les relations de la France avec la Pologne; ce pays, devenu, en 1815, royaume constitutionnel sous la domination de l'empereur de Russie, ne put, dès lors, prendre aucune part aux affaires de l'Europe ; et, quand les événements de 1830 eurent réveillé le patriotisme de ses habitants, et donné à leurs rancunes contre leurs oppresseurs l'occasion d'éclater, la France , tout occupée de consolider les résultats de sa révolution, ne ptit faire que des vœux stériles pour les défenseurs de l'indépendance polonaise. Il serait à souhaiter, pour l'honneur de son gouvernement, qu'il s'en fût également tenu là, et qu'il n'eût pas, par des promesses qu'il était bien décidé à ne pas tenir, encouragé des efforts qu'il savait devoir être malheureux, mais qui eurent enfin pour résultat d'arrêter sur les bords de la Vistule les hordes moscovites prêtes à venir, sur les bords du Rhin, lui disputer le pouvoir. Tout le monde se rappelle encore la joie unanime qui éclata sur toute l'étendue du territoire, quand s'y répandit la fausse nouvelle du triomphe de nos frères du Nord, et la profonde tristesse , le deuil universel qui couvrit toute la France, quand, quelques jours après, un ministre vint à la tribune nationale annoncer leur défaite par ces si-

(*) Th. Marawski , arl. Poloohi , dans

XF.ncyclopédit des gens du monde.

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nistres paroles : L'ordre régne dam Farsovte !

Poltrot de mb ré (Jean) , né vers 1525, dans l'Àngoumois, suivit en Es-

Cagne, en qualité de page, le baron d'Aueterre, et fit le métier d'espion pendant la guerre qui avait éclaté entre ce pavs et la France. Il s'attacha ensuite à Soubise, devint un des plus zélés partisans du protestantisme, et fut, en 1563, l'assassin du duc de Guise. Arrêté dès le lendemain , il fut livré au parlement , qui le condamna à être déchiré avec des tenailles ardentes , tiré à 4 chevaux et écartelé.

Pompadour, ancienne seigneurie du Limousin, aujourd'hui commune du département de la Corrèze , remarquable par un magnifique château, qu'v fit bâtir un cardinal de Pompadour, evéque du Puy, au commencement du quinzième siècle. Les Pompadours furent longtemps lieutenants du roi et gouverneurs du Limousin , et cette puissante famille laissa, en s'éteignant, un nom honorable, qui, malheureusement, nous est arrivé souillé par le souvenir de la célèbre courtisane a qui, en 1745, Louis XV le donna avec le titre de marquise et le château de Tévêque du Puy. Après sa mort , la terre de Pompadour rentra dans le domaine royal, et fut donnée , après avoir été érigée en duché-pairie, a M. de Choiseul, qui y établit, en 1761, un haras royal, et reçut en échange la terre de Chanteloup , où il se retira après sa disgrâce.

Pompadour (Jeanne-Antoinette Poisson, marquise de ), naquit en 1722. On n'est pas très-d'accord sur la condition de son père. Ce que l'on sait, c'est qu'ayant géré infidèlement les affaires dont il était chargé, il fut obligé de prendre la fuite. Sa mère lui fit donner une éducation soignée et la maria à Lenormant d'Étiolés, neveu du fermier général Lenormant son amant.

Elle avait depuis longtemps formé le projet de la donner pour maîtresse au roi ; et comme sa maison de campagne était voisine de la forêt de Senart , où Louis XV allait souvent chasser, elle y faisait mener en voiture la jeune madame d'Étiolés dans le costume le plus propre à relever ses charmes. Le roi ne tarda pas à remarquercette jeune femme,

ai était d'une rare beauté ; et, plot 'une fois , il lui avait envoyé des produits de sa chasse, lorsque madame de Châteauroux fit défendre à madame d'Étiolés d'aller de nouveau dans la forêt. Madame d'Étiolés ne tint aucun compte de cette défense , et elle continua d'attirer sur elle les regards du roi.

En 1744 , peu de temps après la mort de la duchesse de Châteauroui , la vilte de Paris ayant donné à Louis XV un bal masque à l'occasion du mariage du dauphin avec une infante d'Espagne, madame d'Étiolés s'y trouva ; elle entretint , sous le masque , Louis XV, et bientôt elle remplaça la favorite en titre. Un an après (1745), le roi la créa marquise de Pompadour et la laissa s'immiscer dans les affaires de l'État. C'était là surtout ce qu'elle ambitionnait. Connaissant l'éloignement de Louis XV pour les affaires, elle multiplia autour de lut les plaisirs pour pouvoir à son gré diriger le gouvernement. Elle devint bientôt l arbitre souveraine des destinées de la France ; elle eut soin de s'entourer d'artistes et d'hommes de lettres, qu'elle encouragea et auxquels elle fit donner des pensions. Elto aida de sa protection Charles Adam, et c'est à cette protection que l'on doit les belles porcelaines de Sèvres. Voltaire obtint par elle le titre de gentilhomme ordinaire de la chambre et plus tard celui d'historiographe de France. Elle fit construire le château de Bellevue et l'École militaire; fit orner tous les châteaux royaux de théâtres; oumt une souscription pour la réimpression des oeuvres de Corneille et protégé efficacement Crébillon. Quant à la politique et aux affaires, elle s'en occupa plus sérieusement encore que des plaisirs de la cour; et la part qu'elle y prit ne fut pas toujours heureuse pour la France.

Elle avait, en 1745, accompli* Louis XV à l'armée, et, à partir de cette époque, elle avait pris, pour ainsi dire,» direction de l'État ; elle nommait les ministres et les généraux, recevait les ambassadeurs et entretenait des correspondances avec les cours étrangères.

Les choses en arrivèrent au point Q* les personnes les plus dévouées au roi n'osaient lui rien proposer saoseaarûir

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au préalable conféré avec la marquise et obtenu son consentement. Frédéric, roi de Prusse , s'étant permis quelques épigrammes à son sujet , la guerre fut continuée, sans aucun autre motif, avec un acharnement jusque-là inouï.

Cette souveraineté de fait était cepen* dant quelquefois contrariée et traversée; mais la favorite finissait toujours par triompher. Lorsque Louis XV fut blessé par Damiens, la marquise de Pompadour reçut ordre de s'éloigner de la cour; elfe obéit; mais ce fut pour revenir après la guérison du roi, plus puissante que jamais, et elle fit aussitôt destituer les ministres Machault etd'Areenson , auteurs de sa disgrâce. Cependant, vers la fin de sa vie, son crédit faiblit beaucoup auprès du roi; déjà depuis longtemps elle n'était plus sa maîtresse et se contentait d'être son amie. La haine que lui portait la nation, qui la regardait comme l'instigatrice de là guerre de sept ans, devint alors plus vive et moins cachée. Elle s'en affecta vivement et tomba dans une maladie de langueur qui la conduisit enfin au tombeau. Sentant sa fin approcher, elle se fit transporter de Choisv à Versailles, afin d'avoir le privilège réservé aux seuls membres de la famiile royale de mourir dans le palais des rois (14 avril 1764) ; elle était âgée de 42 ans. Son cadavre fut transporté sans pompe à Paris ; et l'on dit que Louis XV la regarda passer sans témoigner la moindre émotion.

Les jugements portés sur madame de Pompadour sont divers; les artistes et les gens de lettres qu'elle avait protégés la louèrent; les nommes de robe et d'epée qu'elle avait froissés la déchirèrent ; la nation lui porta une haine profonde. Aujourd'hui, en jugeant avec sang-froid ce qu'elle fut , on peut dire qu'elle ne mérita ni tout le blâme ni toutes les louanges dont elle a été l'objet. Ce que ne lui pardonna pas la noblesse, ce fut d'avoir fixé le choix du monarque, insigne honneur dont la roture devait être exclue. Elle eut, il est vrai , une grande part à la continuation de cette guerre désastreuse de sept ans qui épuisa la France sans aucun but et sans aucun résultat; mais, quand les rois en sont arrivés a laisser gouverner les femmes, le blâme doit ,

s'attacher à eux et non à ceux qui profitent de leurs faveurs. Enfin , quand l'âge lui eut ravi une partie de ces charmes auxquels elle devait son élévation , elle imagina , pour conserver son empire sur le monarque, l'infâme établissement du Parc aux cerfs; mais encore ici , c'est moins à elle qu'on doit le reprocher, qu'au prince auauel elle savait plaire par de semblables moyens. En somme, madame de Pompadour fut un mélange de bien et de mal. Le bien , elle le fit par bonté de cœur et avec intelligence; le mal, elle le fit par vanité.

PoMPiGifÂN. Voy. Lefranc.

Pomponne (Simon Abnauld, marquis de), né en 1618, était fils d'Arnauld d'Andilly et neveu du grand Arnauld; il porta d'abord le nom de Briotte, puis celui d'Andilly. et enfin celui de Pomponne, sous lequel il figura toujours depuis son mariage. Il fut nommé, en 1642, intendant de Casai; obtint ensuite ses entrées dans le conseil du roi ; puis fut chargé des négociations du Piémont et du Montf errât, et de l'intendance des armées de Naples et de Catalogne. Mais, ayant voulu acheter la charge de chancelier du duc d'Anjou , on s'y opposa , en prétextant les opinions religieuses professées par sa famille. Il s'en consola en fréquentant la société la plus distinguée de 1 époque, et devint l'ami de Fouquet, dont il partagea la disgrâce. Toutefois, il obtint, en 1665, la permission de revenir à Paris , et fut envoyé, à la fin de la même année, à Stockholm, comme ambassadeur. Il y resta jusqu'en 1668 , ne put empêcher la Suéde d'accéder au traité conclu entre la Hollande et l'Angleterre contre la France; fut, en 1669, nommé ambassadeur à la Haye; puis, deux ans après, envoyé de nouveau en Suède, où cette fois ses négociations furent plus heureuses, puisqu'il parvint à détacher cette puissance de la coalition formée contre la France. Lionne étant mort en 1671, Louis XIV lui écrivit de sa propre main pour lui annoncer qu'il l'avait choisi pour son ministre des affaires étrangères. Il remplit ces fonctions avec zèle et intelligence, et Louis XIV n'eut qu'à se louer de lui ; le grand roi déclara cependant, dans ses Réflexions

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