‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 285 sur 434 · L., BTC · texte numérisé non relu

L., BTC

«58 FOWIATOW8KI L'UNIVERS. POÎflATOWSKI

riva à Varsovie (19 décembre 1806), et mit fin à toute hésitation , en promet* tant solennellement de rendre a la Pologne une existence politique. Sur ces assurances, une levée de quarante mille hommes fut décrétée , et le prince se mit avec enthousiasme à la téte de cette armée.

Une commission de gouvernement ayant été formée à Varsovie (21 décembre 1806), le prince Poniatowski fut nommé directeur de la guerre. Bientôt douze régiments d'infanterie, six de cavalerie et un parc convenable d'artillerie furent organisés; et Golymin, Graudentz , Mewe, Dantzig, Friedland furent témoins des exploits de la nouvelle armée.

Lorsque le traité de Tilsitt (7 juillet 1807) eut mis le grand-duché de Varsovie sous le gouvernement du roi de Saxe, Poniatowski continua ses fonctions avec le titre de ministre de la guerre; et, par ses soins, Praga, faubourg de Varsovie, fut fortifié, ainsi que Seroek, Modlin, Thorn, Lénczyca et Czenstochowa. Mais trois des plus beaux régiments de l'armée polonaise furent envoyés en Espagne; plusieurs autres étaient en garnison à Dantzig et dans les forteresses prussiennes sur l'Oder; et l'armée polonaise était presque entièrement dispersée lorsqu en 1809 la guerre éclata entre l'Autriche et la France. L'archiduc Ferdinand d'Esté traversa alors la Gallicie à la téte de quarante mille hommes, et se disposa à envahir le grand-duché. Poniatowski n'avait que huit mille Polonais à lui opposer. Il prit position en avant de Varsovie , y tint avec sa petite armée pendant dix heures, et repoussa toutes les attaques des forces des Autrichiens. La nuit vint enfin séparer les combattants , et les deux chefs eurent uue entrevue cette nuit même. La valeur des Polonais avait fait une telle impression sur leurs ennemis, que l'archiduc offrit au prince une convention par laquelle il eut la faculté de repasser la Vistule avec son corps d'armée et les archives du gouvernement. Les Autrichiens, maîtres de Varsovie, prirent bientôt des mesures pour enlever le faubourg de Praga, faiblement fortifié; mais le prince leur déclara que s'ils entreprenaient de l'attaquer du côté de la

capitale qui dominait ce faubourg, il n'hésiterait pas à se porter aux dernières extrémités, et à mettre lui-même le feu à la ville, en commençant par son propre palais. Cette menace eut un plein effet. Les Autrichiens se déterminèrent à passer la Vistule, dans l'espérance d'entourer le prince et de lui faire mettre bas les armes; mais les victoires de Grocuow et de Gora déjouèrent leurs projets. Rassuré de ce côté, le prince résolut de tourner le dos aux Autrichiens, de se jeter sur la Gallicie, d'appeler les habitants aux armes, et de couper les communications de l'ennemi avec les États héréditaires de l'Autriche. Sur ces entrefaites, le général Pombrowski quitta le quartier général, et partit pour Posen , où il seconda le mouvement en armant les habitants de la grande Pologne. Le succès couronna également les deux entreprises. Les habitants de la Gallicie accouraient en foule au-devant du prince. Bientôt Sandomir et Zamosc furent pris d'assaut; le prince poussa sa marche victorieux à Léopol , jusqu'au pied des Karpathes, et il s'approchait de Cracovie, au moment même où la grande armée française triomphait à Vienne. L'archidue Ferdinand se hâta de quitter Varsovie (30 mai) pour regagner la Hongrie. L'armée autrichienne en fit autant (2 juin]. Les généraux Dombrowski et Zaïonczek , qui les suivirent pas à pas avec leurs nouvelles levées , opérèrent leur jonction avec le prince Joseph à Radom. De là ils marchèrent tous sur Cracovie, et y entrèrent le 15 juillet.

OnignoraitàViennecequisepassaiten

Pologne ; et quand un courrier du prince arriva dans cette capitale pour annoncer à Napoléon la prise de Cracovw»

l'empereur avoua qu'il s'attendait à recevoir la nouvelle de désastres éprouvés par l'armée polonaise, et une demande de secours. De son côté, Poniatowski ne savait ce qu'avait fait l'armée française , lorsqu'un courrier vint lui apporter la nouvelle de l'armistice conclu après la bataille de Wagram{6 juillet 1809). Aux termes de cette convention, les deux armées devaient reprendre les positions qu'elles avaient occupées le 12 juillet, jour où elle avait été siguée. La redditiou de CracoTie

poniatowski FRANCE. POJIIATOWSKI 659

ayant eu lieu quelques jours après cette époque (15 juillet), les Autrichiens sommèrent le prince d'évacuer la ville. Il répondit qu'ils étaient liés envers lui par une convention particulière, et que les lances des Polonais sauraient la faire respecter. Cette fermeté leur imposa de nouveau. Napoléon donna au prince le grand cordon de la Lésion d'honneur, un magnifique sabre d'honneur, et un shako d'houlan, brodé des mains de la reine de Naples, Caroline.

Poniatowski profita du repos pour donner à la Gallicie un gouvernement provisoire et pour organiser son armée.

Le 21 octobre, il reçoit copie du traité de paix de Vienne, qui le désespéra lorsqu'il apprit qu'il devait abandonner ses propres conquêtes, Léopol et la Vieille- Gallicie, et qu'en outre une portion de cette province, formant l'arrondissement de Tarnopol, avait été cédée aux Russes. Cependant le duché de Varsovie, augmenté de quatre nouveaux départements, devenait une puissance respectable : dix-sept régiments d'infanterie, seize de cavalerie, et une artillerie convenable, formaient sa force armée. Avant de quitter Cracovie, Poniatowski reçut de l'empereur l'ordre de prendre une attitude imposante envers la Russie, et de placer sa cavalerie le long de ses frontières, et l'infanterie en seconde ligne. De retour à Varsovie (1** janvier 1810), il donna tous ses soins à fonder des établissements militaires qui manquaient encore à l'armée polonaise, tels qu'une maison d'invalides , un hôpital militaire, des écoles de génie et d'artillerie. Les places importantes furent aussi pourvues des objets nécessaires , et leurs fortifications furent considérablement augmentées. En 1811, le roi de Saxe le nomma son ambassadeur extraordinaire à Paris, pour y assister à la cérémonie du baptême du roi de Rome.

Le séjour du prince dans la capitale lui fit prévoir qu'une rupture avec la Russie était prochaine. Sa joie et ses espérances étaient au comble; il s'empressa de revenir à Varsovie pour s'occuper, avec tout le zèle dont il était capable , de l'armée polonaise, qui, à l'ouverture de la campagne en 1812, avait quatrevingt mille hommes sous les armes,

sans compter la légion de la Vistule, employée en Espagne. Au grand regret de Poniatowski, la moitié de ces troupes lut fut enlevée pour être jetée dans les cadres de l'armée française; l'autre moitié, appelée le 5e corps de la grande armée, fut mise sous les ordres du roi de West* plia lie, Jérôme Bonaparte, qui commandait l'aile droite de la grande armée. Ce roi ayant été obligé de rejoindre ses États, Poniatowski reprit bientôt seul le commandement du 5' corps, et il forma constamment l'aile droite de l'armée française. Il se couvrit de gloire dans les affaires où il prit part, particulièrement à l'assaut de Smolensk (18 août 1812). A la bataille de la Moskowa (7 septembre 1812), il fut chargé d'enlever un bois fortifié et occupé par des forces supérieures. Il eut une part glorieuse aux avantages que l'on remporta près de Tschéncove. Une chute de cheval le força d'abandonner pour un instant le commandement pendant la malheureuse retraite; cependant, tandis que d'autres corps revenaient sans armes , sans artillerie, les Polonais ramenèrent avec eux toutes leurs bouches à feu. Dans l'espace de trois semaines , il réussit à ramener sous ses drapeaux six mille de ces malheureux , dont le nombre fut bientôt doublé. Il quitta, à leur tête, Varsovie, le 7 février 1813, et poursuivit sa marche vers Cracovie. Le reste de l'armée polonaise, que les convalescents augmentaient d'un jour à l'autre, fut disséminé le long de la Vistule, dans les forteresses de Dantzig, Thorn, Modlin et Zamosc. La dernière , où il n'y eut que des troupes polonaises, résista , malgré la faiblesse de ses fortifications, à un siège qui dura jusqu'à la tin de la campagne. Le séjour de l'armée polonaise à Cracovie ne dura pas moins de quatre mois : sa position était critique. D'un côté , elle était entourée des Iroupes russes très - supérieures en > nombre; de l'autre, elle avait à franchir les frontières de l'Autriche, qui préparait la trahison dont le congrès de Prague fut le résultat. Peut-être auraitil été à désirer que les Russes, par une attaque vigoureuse, eussent forcé le

{>rince et ses braves au désespoir. Alors es Polonais, n'avant d'autre ressource que de combattre , réduits à des me-

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sures extrêmes, auraient sans doute cherché à soulever leurs concitoyens, à rejoindre les forteresses de la Vistule , et , organisant une insurrection sur les derrières des armées alliées , ils auraient peut-être arrêté la défection de l'Autriche , et rendu la Prusse même circonspecte. Aussi les Russes préférèrent-us permettre à Poniatowski d'organiser paisiblement sa petite armée à Cracovie ; l'empereur d'Autriche ne manqua pas non plus d'accéder à la convention qui ouvrit les frontières de ses États au passage des troupes polonaises. Ce qui pressait surtout le prince Joseph designer cette convention, c'était l'espoir de renforcer la grande armée en lui fournissant de la cavalerie, dont il savait qu'elle était totalement dépourvue. Poniatowski eut une part glorieuse à la prise de Gabel, Friedland et Richeberg. Il fit, devant Leipzig, pendant la journée du 16 octobre, des efforts qui paraissaient être au-dessus de ses forces. Le soir, Napoléon fit annoncer dans tous les rangs : « Que , vou- « lant donner au prince Poniatowski « une dernière marque de sa haute es- «tfme,et en même temps l'attacher « plus étroitement aux destinées de la « France, il lui concédait la dignité de « maréchal de l'empire. » Le général Flahaut fut chargé de lui porter cette nouvelle. Le 18 octobre, il se battit encore toute la journée. Chargé de protéger la retraite de l'armée , et n'ayant que sept cents hommes à pied et soixante lanciers , il contint les colonnes ennemies qui s'avançaient en force. Mais, par une méprise funeste, tous les ponts avaient été coupés par les Français eux-mêmes. Alors, ne voyant plus de salut, il s'écria en agitant le sabre : « Compagnons, mourons « comme il convient aux soldats de la « patrie; mais vendons chèrement notre « vie; » et se jetant sur une colonne

Jurassienne qui le pressait, il en repoussa e premier rang. Déjà blessé pendant la journée, il reçut, à cette dernière charge, un coup de teu à l'épaule gauche. Ses soldats l'entourent, et le conjurent de se conserver à la Pologne pour des jours plus heureux. « Non, dit-il, Dieu m'a « confié l'honneur des Polonais, c'est à « lui seul que je veux le remettre. » Il

reçut encore une blessure, et parvint cependant à passer la Pleisse à la nage

Ï>our protéger la retraite de ses troupes égères. Arrivé avec une suite peu nombreuse sur les bords de l'Elster, dont les flots rapides emportaient avec eux les débris de la journée, l'ennemi lui criait encore de se rendre. Il resta sourd à ces cris; et, se trouvant trop faible pour se battre, il se jeta dans le fleuve, et disparut (19 octobre 1813;.

Son corps, retrouvé seulement le 24 octobre, fut embaumé et porté, par ses compagnons d'armes, à Varsovie, puis de là à Cracovie , dans les tombeau; des rois de Pologne, où il repose à côté de Sobieski et de Kosciuszko.

Pontaillkr , petite ville de Bourgo-

§ne , aujourd'hui chef-lieu de canton du épartement de la Côte-d'Or; population 1,300 habitants. Cette ville, où Charte le Chauve posséda une maison royale, eut à soutenir un grand nombre dé sièges : des seigneurs comtois la ruinèrent en 1301 ; les Tard-venus s'en rendirent maîtres ensuite, et ils ne l'évacuèrent qu'en 1364. Les grandes compagnies mirent le feu à ses faubourgs, en 1366; le duc de Bourgogne y éleva, en 1390, au château, deux tours et de gros murs, dont il ne reste presque plus de vestiges. Un parti A'Êcorcheurs s'y établit, en 1444. Un incendie la consuma, en 1473, en n'y laissant que 32 maisons. Mais le plus grand désastre qu'elle éprouva eut lieu en 1636 , époque où elle fut prise, pillée et incendiée par les Impériaui.

Tous ses habitants furent massacrés.

Pont -a- Mousson. Petite ville du Barrois, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de la Meurthe; population , 7,000 habitants. L'origine de cette ville ne remontegu'au neuvième siècle ; sa cité neuve ne fut même bâtie qu'en 1230, par Thiébaut II, comte de Bar. Elle fut, en 1354, érigée en marquisat et en ville libre impériale, par Charles V; reçut, en 1444, le titre de cité, et devint, en 1572, le siège d'une université , qu'elle conserva pendant deux siècles. Mathieu II, duc de Lorraine, la brûla en 1240; le duc * Bourgogne l'emporta d'assaut en H75, après huit jours de siéçe; enlin, Louis XIII la prit en 1632. C'est la patrie de J. Barclay.

PONTCHARRA FRANCE. PONTÉCOULANT 661

Pontablieb, Pontarlum, ÀrioHca.

Cette petite ville de Franche-Comté (aujourd'hui chef-lieu d'arrondissement du département du Doubs) doit son origine à des Burgondes qui vinrent se mer sur son territoire vers la fin du cinquième siècle. Il en est fait mention dans la chronique de Saint-Bénigne de Dijon, écrite en 1030. Dévastée par les Sarrasins et les Hongrois , elle lut incendiée en 1475, ainsi que les villages voisins, par les Allemands. Le 16 janvier 1639, elle fut assiégée par le duc de Weimar, qui la prit par capitulation, et y fit mettre le feu après l'avoir pillée. Cinq nouveaux incendies la consumèrent eu 1656, 1675, 1680, 1736 et 1754.

On y compte aujourd'hui 4,500 habitants.

Pont-Audemeb, Pons Audomari , petite ville de Normandie , aujourd'hui chef- lieu d'arrondissement du département de l'Eure. On ignore l'époque de sa fondation. Du Guesclin la prit, en 1378, sur les Anglais, et en rasa les fortifications, ainsi que le château. Les Anglais la reprirent et la gardèrent jusque sous le règne de Charles VII, époque où Dunois vint l'assiéger et s'en empara. Elle eut beaucoup a souffrir des guerres de religion. On y compte aujourd'hui 5,000 habitants. '

Pontault. Voy. Beaulieu.

Pontbbiant ( René - François du Breuil de) , abbé commandataire de Saint-Marien d'Auxerre, et l'un des fondateurs de l'œuvre des Petits Savoyards. Étienne Joly, né à Dijon, en 1644, réunissait à Paris, dès 1665, de pauvres artisans, surtout des Savoyards, pour leur donner des instructions et leur distribuer des aumônes. Forcé, en 1672, de se retirer à Dijon, où il venait d'être pourvu d'un canonicat, il dut abandonner cette bonne œuvre; mais elle fut continuée par Claude Hélyot, conseiller à la cour des aides de Paris. Cet homme charitable mourut en 1686, et l'œuvre des pauvres Savoyards fut abandonnée jusqu'en 1739, époque où l'abbé de Pontbriant la reprit pour la continuer jusqu'à sa mort. Il eut pour successeur l'abbé de Fénélon, aumônier de la reine Marie Leczinska.

Pontcha.be a , village situé dans le département de l'Isère, à huit lieues trois quarts de Grenoble, et près duquel

Lesdiguières battit complètement, en 1591, avec une armée qui n'excédait pas 5,700 hommes , l'armée du duc de Savoie, forte de 14,000 combattants. A peu de distance de Pontcharra, on remarque, sur une éminence qui domine la vallée, les ruines de l'ancien château deBayard.

PONTCHABTBAIN. V. PHELYPBAUX.

Pont-de-Cé, Pons Sai , petite ville de l'ancien Anjou, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de Maine-et- Loire. Elle est célèbre par plusieurs combats importants. Louis XIII y défit, en 1620, les troupes de sa mère, Marie de Médicis; et une bataille sanglante s'y livra, en 1793, entre les Vendéens et les républicains.

Pont-de-l'Abche , Piste, Pons-Arcuensis, petite ville de Normandie, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de l'Eure. Cette ville doit son origine à Charles le Chauve, qui la fit bâtir en 854, et y éleva un palais où se tinrent deux conciles, en 862 et 869; deux assemblées des grands du royaume y furent convoquées en 862 et 864.

Ce fut la première ville de France qui se soumit à Henri IV ; elle le reconnut immédiatement après l'assassinat de Henri III. On y compte aujourd'hui 1,400 habitants.

Ponte -Cobvo (prince de). Voyez Bebnadotte.

Pontécoulant (le co m te Gustave Doulcet de) naquit au château de Pontécoulant (Normandie) en 1764. Fils d'un major général des gardes du corps, lui-même en fut nommé sous-lieutenant en 1785. Néanmoins, il embrassa chaleureusement les principes de la révolution, et fonda le club de Vire. Élu député à la Convention nationale , il fut nommé commissaire à l'armée du Nord, lors du siège de Lille. Dans le procès de Louis XVÏ; il déclara ce prince coupable de haute trahison , de conspiration et d'attentat contre la liberté française, repoussa l'appel au peuple, et se prononça pour le bannissement à perpétuité, avec la détention jusqu'à la paix. Dès lors il s'attacha au parti de la Gironde , et signa la protestation contre le 31 mai, en conséquence de quoi il fut mis hors la loi , le 30 octobre.

En 1794, il rentra à la Convention avec les autres proscrits, y défendit

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L'UNIVERS

PONTHIBU

Robert Lindet, et, en général, se montra opposé aux mesures de réaction.

Il fut réélu au Conseil des Cinq-Cents, et réclama avec la même constance, en laveur des partis vaincus, la sauvegarde des formes constitutionnelles.

Menacé par les auteurs du coup d'État de fructidor, il se tint dès lors éloigné des affaires, et ne reparut au conseil qu'au 18 brumaire. Nommé alors préfet de la Dyle , il se fit remarquer par une excellente administration; fut, en 1805, appelé au Sénat, et remplit diverses missions.

Il vota, en 1814, la déchéance de Napoléon , et fut nommé pair de France par Louis XVIII. En 1815, le titre de pair lui fut laissé par Napoléon; et, après la bataille de Waterloo, il fut l'un des commissaires négociateurs envoyés au-devant des alliés.

L'ordonnance de 1819 lui rouvrit la chambre des pairs, dont il s'était vu exclu momentanément. Il prit une part acti veaux travaux decette chambre, et se distingua pendant toute la restauration parmi les membres de l'opposition libérale.

Ponthieu, pdgus Pontivus} Ponticum9 contrée de Picardie qui s'étendait depuis la Canche jusqu'à la Somme, et avait Abbeville pour capitale. Le premier comte de Ponthieu dont il soit fait mention est un certain Walbert, qui joignait à ce titre celui de comte de Ternois et d'Arqués (696).

Angllbert, gendre de Charlemagne , fut fait gouverneur de Ponthieu , ou , plus exactement, duc de la côte maritime; il mourut en 814, laissant deux fils.

814. Nithard, Puîné, succéda à son père comme duc de la côte maritime ; il prit parti pour Louis le Débonnaire, dans les querelles de ce prince contre ses fils; et , plus tard , ii soutint également Charles le Chauve contre ses frères. On a de lui quatre livres de Vhistoire de son temps (815-844). 11 fut tué en 853, dans une attaque coutre les Normands.

(Voy. NlTHARD.)

853. Rodolphe, oncle maternel de Charles le Chauve, succéda à Nithard dans le duché des côtes maritimes, et dans le titre d'abbé de Saint-Riquier; il mourut en 859.

Helgaud, moine de Saint-Riquier,

fut le successeur de Rodolphe. Oa dit

3u'il était très-proche parent de Nithard; donna aux habitants du Ponthieu des lois qui s'observaient encore au douzième siècle.

864. Uerluin, son fils, lui succéda dans la dignité de comte de Ponthieu seulement.

878. Helgaud II, fils dUerluin , lui succéda, et fit entourer de murailles le bourg de Mon treuil. II périt en repoussant une attaque des Normands. A partir de lui , les comtes de Ponthieu sont plus ordinairement désignés , dans les chroniques contemporaines, sous le titre de comtes de MontreuiL

926. Uerluin II, fils aîné df Helgaud, lui succéda. Il eut, en 929, quelques démêlés avec Hugues le Grand, comte de Paris; mais il ne tarda pas à faire sa

f>aix avec lui. En 939, il tailla en pièces es gens d'Arnould , comte de Flandre , qui étaient venus ravager le Ponthieu.

Arnould étant parvenu à se rendre maître, par trahison , du château de Mootreuil , envoya la femme et les enfants d'Herluin prisonniers en Angleterre.

Mais Uerluin , après avoir en vain imploré l'assistance de Hugues le Grand et du comte de Vermandois . s'adressa à Guillaume longue Épée, duc de Nor- * mandie; celui-ci vint à son secours avec une puissante armée, reprit le château de Montreuil , et le lui rendit. En 943, Louis d'Outre-Mer s'étant emparé de Rouen , en confia la garde à Hcrluin. Il lui donna ensuite le château et le comté d'Amiens, après les avoir enlevés à Eudes de Vermandois.

Herluin assistait à une conférence que le roi avait avec Harald ou Aigrold, roi de Danemark, lorsque, s'étant pris de querelle avec des Danois , il fut massacré par eux, avec son frère et dix - huit autres comtes français. Le théâtre de cette catastrophe s'appelle encore le Gué d'Herluin.

945. Roger ou Rotgaire était prisonnier en Angleterre lorsque son père mourut ; il fut racheté par Louis d Outre-Mer, ce mû ne l'empêcha pas, deux ans après , de guerroyer contre le roi. Il y perdit ses domaines, et ne les recouvra au'en 957, par l'assistance de Hugues le Grand.

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