MONETA
croissants, r]. — léopard.
PONTIV.
Du Cange attribue encore à Abbeville la pièce qui suit : abbeville; écu chargé de trois bandes; r>. — |- srr nomen dm benedictvm ; croix cantonnée d'une fleur de iis au l*r et au 4e canton, et d'un k au 2e et au 3e. Cette pièce, quoique d'argent, semble être plutôt un jeton qu'une véritable mounaie. Elle appartient certainement au quinzième siècle; et comme on y voit les armes de Bourgogne, nous croyons pouvoir affirmer qu'elle date du temps où Charles le Téméraire possédait les villes de la Somme.
Pontis (Louis de). En 1676 on publia, à Paris, deux vol. in-12, avec ce titre : Mémoires de Louis de Pontis, officier des armées du roi , contenant plusieurs circonstances des régnes de Henri IP', Louis XIII et Jjouis XIP\ depuis Vannée 1596 jusqu'en l'année 1652. Ces deux volumes obtinrent un immense succès. Madame de Séviené, par exemple, écrit, vers l'époque de leur apparition , qu'elle s'est mise à les lire et qu'elle ne peut s'en tirer. La vogue dont ils jouirent, Voltaire la constate aussi dans un catalogue des principaux écrivains du siècle de Louis XIV, à l'article de Pontis. Mais , chose singulière, ce Louis de Pontis, qui, dans ses Mémoires, raconte avoir fait tant de belles choses, est le seul qui ait jamais parlé de ces belles choses. Les historiens contemporains les plus exacts, les plus minutieux, n'en disent pas un mot; et, plus tard, les érudits n'ont fait que rassembler laborieusement, dans des compilations imprimées ou dans des œuvres manuscrites, les témoignages de quelques indi-
6fi0 POHT1S L*UH
vidus , qui , à propos des Mémoires en question, prétendent en avoir connu le héros. Voltaire a donc eu tort de mettre en doute l'existence de ce personnage ; mais il a eu raison d'avancer que ses Mémoires ne sont pas de lui , et de les attribuer à un écrivain de Port- Royal, nommé Thomas du Fossé. Louis de Pontis n'est pas un être imaginaire, il a bien réellement existé; seulement, le rédacteur de ses Mémoires, au lieu de rester dans le vrai , semble avoir pris à tâche d'offrir aux militaires un modèle de conduite dans toutes les circonstances où le sort peut les placer.
Voici, au contraire, réduite à ses plus simples termes, la biographie de l'homme qui nous occupe:
Louis de Pontis , gentilhomme provençal, naquit en 1583 au château de ce nom, suivant les uns; à Digne, suivant les autres. A seize ans, il s enrôla dans un des régiments d'infanterie de la maison du roi, et mérita par sa bonne conduite l'affection de ses supérieurs. Il fut bientôt fait lieutenant des gardes de Louis XIII ; puis il obtint une compagnie dans le régiment de Bresse, et pour peu qu'on doive ajouter foi à ses Mémoires, signala en beaucoup d'occasions sa bravoure, sa prudence et sa délicatesse. Le roi le récompensa en lui permettant d'acquérir la charge de commissaire général des Suisses. Le cardinal de Richelieu , devenu ministre , voulut se l'attacher; mais il échoua dans ce projet, et, par ressentiment, le contraignit à quitter la cour. Employé successivement dans la Guienne, la Normandie, le Languedoc, les Pays- Bas et l'Allemagne, Pontis s'éleva de grade en grade , jusqu'à celui de maréchal de bataille. Il venait d'y parvenir, lorsque des revers de fortune et la mort d'un de ses meilleurs amis le détachèrent soudaiu du monde. Après cinquante-quatre ans d'une activité honorable, if se démit de tous ses emplois, se retira dans la maison de Port-Royaldes-Champs , et s'y distingua par les pratiques d'une vie laborieuse et pénitente. Lors des troubles de Port-Royal, il revint à Paris, où il continua de vivre dans la retraite, les prières et les Donnes œuvres, et mourut le 14 juin 1670, âgé de «7 ans.
VERS. POHTOISE
Pendant son séjour à Port-Royal, Pontis s'était lié avec quelques solitaires , qui prenaient plaisir à s'entendre conter les aventures de sa vie, soit à U cour, soit dans les camps. Ce fut d'après ces récits que Thomas du Fossé, l'un d'eux , rédigea les deux volumes dont nous avons donné le titre en téte de notre article, et qui, comme le montre la comparaison des dates, ne furent publiés que six ans après la mort du principal personnage.
Pontoisb, Driva Isarse^ Pontisara, ancienne capitale du Vexin français, aujourd'hui chef- lieu de sous -préfecture du département de Seine-et-Oise ; population 5,200 habitants. C'était autrefois une place très-forte ; les Anglais s'en emparèrent en 1419 ; Charles VII la prit en 1441, après un siège de trois mois. Henri III et Henri IV s'en rendirent maîtres tour à tour pendant les guerres de la Ligue. C'est la patrie de Tronçon- DucoudraVi du général Leclerc, de l'alchimiste tflamel et de l'architecte Mercier.
Pontoisb (paix de). Le 21 août ltS9, le roi de Navarre et le dauphin signèrent à Pontoise un traité par lequel Charles le Mauvais«s'engageait à évacuer Melun et quelques autres forteresses sans aucune compensation , et seulement pour rendre la paix à la France. Mais Philippe, son frère, ne voulut point accéder à ce traité, et continua les hostilités, de manière que la paix conclue entre les deux beaux-frères ne fut d'aucune utilité au pays.
Pontoisb (prise de). Pendant la démence de Charles VI, les Anglais, qui avaient envahi la France, dévastaient tout le pays qu'ils parcouraient. Le duc de Bourgogne conclut avec eux nitrêve qui expirait le 20 juillet 1419. 1/ 23 , il ramena le roi et la reine à Saint- Denis , laissant à la garde de Ponton le sire de Lille- Adam avec une garaisva assez faible. Cependant cette ville contenait une partie des équipages de la cocr et, de plus, les immenses richesses que le duc avait amassées à Paris, lorsqu'à s'était emparé par surprise de la capitale et y avait exerce une si cruel* tyrannie. La trêve avec les Anglais expirait le 29 juillet, et le duc de Bourgogne ne semblait pas même y avou