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PORT-SAINTE-MARIE FRANCE. PORTUGAL C

mentX, en date du 23 septembre 1671, prononça la séparation des deux monastères. Un procès engagé entre eux en 1707, au sujet du partage des biens de la communauté, produisit un fâcheux éclat. En 1708, les religieuses de Port- Royal des Champs signèrent leur adhésion à la bulle Vineam Dominiy mais en déclarant qu'elles ne le faisaient que par respect et sans prétendre déroger à ce qui avait été fait a leur égard lors de la paix de l'Église, sous Clément IX. Cette soumission incomplète ranima la persécution. Le 29 octobre 1709, la maison de Port-Royal des Champs fut investie par trois cents hommes de troupes, conduits par le lieutenant de police d'Argenson. Les religieuses furent arrachées à leur cloître pour être enfermées dans divers couvents du royaume. Les bâtiments de l'abbaye furent ensuite rasés en exécution d'un arrêt du 22 janvier 1710; enfin , l'année suivante, un second arrêt ordonna d'exhumer et de disperser dans les cimetières des villages voisins les restes des religieuses et des solitaires qui reposaient dans les tombes de l'église et du cloître.

Le vallon où fut Port-Royal est redevenu un désert, et le visiteur qu'y ramène un pieux souvenir, y trouve à peine une pierre restée debout , pour témoigner du dévot vandalisme des ennemis de la célèbre congrégation.

Le Port-Royal de Paris subsista jusqu'à la suppression générale des communautés religieuses en 1790. Pendant la révolution, on y établit une prison, qu'on eut l'étrange idée de baptiser du titre de Port- Libre. Affectés en 1801 à l'institution de la maternité, les bâtiments sont depuis 1804 occupés par l'hospice de l'accouchement.

L'histoire la plus détaillée du monastère des Champs est celle de dom Clément, 10 vol. in- 12, 1755. M. Sainte- Beuve a, depuis 1840, publié les deux premiers volumes d'un ouvrage où il traite le même sujet, envisagé du point de vue religieux , philosophique et littéraire.

Port-Sainte-Mabie. Petite ville de l'ancien Agénois, aujourd'hui chef-lieu de canton du département de Lot-et- Garonne, était autrefois une placeforte

et formait un point stratégique trèsimportant; ses fortifications furent démolies en 1228. Fortifiée de nouveau, un siècle plus tard, elle tomba au pouvoi r des Anglais , en 1 345 ; les seigneurs de Crumout et de Tonueins la prirent, en 1349; mais elle fut reprise bientôt après par le comte d'Astarac. Les protestants s'en rendirent maîtres après la prise d'Agen, en 1562, et la gardèrent jusqu'en 1569, époque où elle se rendit aux catholiques. On y compte aujourd'hui 3,000 habitants.

Portugal (relations de la France avec le). Le Portugal est un royaume d'origine française ; on a vu dans les Annales, comment un petit-fils du roi Robert, Henri de Bourgogne, avait v vers l'an 1094, franchi les Pyrénées et porté du secours à Alphonse VI , roi de Castille, qui combattait les Sarrasins.

Ce prince, pour récompenser sa bravoure et se l'attacher, lui donna sa fille Thérèse en mariage, et lui assigna à titre de comté cette partie de la Lusitanie qui se trouve entre le Douro et le Minho. Henri s'y établit et fut ainsi le premier comte de Portugal (t094). Il laissa un fils, Alphonse Henrique, surnommé le Conquérant, qui se fit proclamer roi, et s'assura ce titre par ses conquêtes. Ayant à combattre les Maures, beaucoup plus puissants que lui, il écrivit au roi Philippe I", de France , de venir à son secours. A cet appel , les Français passèrent les Pyrénées,

{toursuivifent les Arabes jusque dans 'Andalousie , et les obligèrent à traiter avec le roi de Castille. On conçoit cependant que les relations établies entre les seigneurs français et leurs compatriotes ne purent pas exister longtemps, car, entre la France et le Portugal, il y avait toute l'Espagne. Elles se renouvelèrent cependant de temps à autre ; ainsi , en 1476, Alphonse V, dit V Afrlr cainf ayant été battu par le roi de Castille, vint en personne demander des secours à Louis XI, qui le reçut assez mal, mais lui donna les moyens de retourner dans son royaume. Environ cent ans après , en 1580, Antoine, petit-fils d'Emmanuel le Fortuné et prieur de Crato , ne sachaut où trouver un asile, vint se réfugier en France. Henri III le reçut très-bien ; et , comme il élevait des pré-

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