‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 3 sur 434 · FRANCE. MONTMORENCY · texte numérisé non relu

FRANCE. MONTMORENCY

mourut devant Tunis à la dernière croisade.

1270. Mathieu IV , dit le Grand, fils aîné et successeur de Mathieu III, se distingua dans la Pouille , en 1282 , en Aragon, en 1286, en Guienne, en 1394, et commanda, en 1295, avec Jean de Harcourt, la flotte qui alla incendier la ville de Douvres , et en ravagea les environs. Il se trouva ensuite aux batailles de Furnes et de Courtrai, et contribua à la victoire de Mons-en-Puclle.

1305. Mathieu V, son fils aîné.

1306. Jean /rr, frère du précédent.

1325. Charles, fils aîné de Jean Ier,

fut nommé maréchal de France , en 1 345, combattit vaillamment aux désastreuses journées de Crécy et de Poitiers, et fut un des négociateurs du fatal traité de Bretigny et un des otages du roi Jeau.

1381. Jacques, son fils aîné, se trouva, en 1382, a la bataille de Rosebecque.

1414. Jean II fut la tige des branches de Mcelle et de Fosseux. Fidèle à la cause royale, sous LouisXI.il vit avec la plus vive indignation ses deux fils embrasser le parti du duc de Bourgogne, Charles le Téméraire, et pour les punir, il les déshérita. Ayant sommé l'aîné, Jean de Nivelle, de rentrer dans le devoir, le jeune homme, loin d'obéir, abandonna ses terres et se retira à la cour de G and. Alors son père, dans sa colère, le traita de chien ; et c'est de là qu'est venu le proverbe : // ressemble au chien de Mvelle, oui fuit quand on rappelle. Jean II institua son troisième fils, Guillaume , qu'il avait eu d'un second ou troisième ht, Tunique héritier de ses biens et de son nom. Nous avons vu ce que devinrent les deux branches de Nivelle et de Fosseux.

1477. Guillaume suivit Charles VIII et Louis XII , dans leurs expéditions d'Italie, et fut, après la bataille de Pavie, l'un des signataires du traité conclu entre la régente et le roi d'Angleterre (1525).

1531. Anne* premier duc de Montmorency^ à Chantilly en 1493, mort en 1567 , fit ses premières armes à Ravenne sous Gaston de Foix , combattit vaillamment à Manunan, et fit à la Bicoque (1522) des prodiges de valeur qui lui valurent le bâton de maréchal. En 1524,

il contribua à faire lever le siège de Marseille, et poursuivit vivement le connétable de Bourbon dans sa retraite. Il n'assista pas à la bataille de Pavie : il avait été envoyé la veille en détachement loin du champ de bataille. Quand il entendit le canon, il accourut pour combattre auprès du roi ; mais chemin faisant, il tomba entre les mains de l'ennemi et partagea la captivité de François I".

Rendu à la liberté moyennant rançon , il prit part aux négociations qui amenèrent le traité de Madrid. Le gouvernement du Languedoc, la charge de grand maître de France et l'administration des affaires furent la récompense de son dévouement et de ses services.

Il entendait parfaitement les finances, et pendant tout le temps qu'il présida aux affaires , elles furent dirigées avec justice et économie, ou plutôt parcimonie. Son avarice personnelle, devenue presque proverbiale , en le portant à fa\oriser Savone, qui lui payait largement sa protection , au détriment de Gènes , patrie de Doria , força ce célèbre amiral à abandonner François Ier et à se donner à Charles-Quint'; et l'on sait quel mal son inimitié et ses talents firent à la France.

L'époque vraiment glorieuse pour Anne de Montmorency fut l'année 1536, dans laquelle il détruisit par la famine la redoutable armée que Charles-Quint avait conduite en Provence. ( Voyez Annales, tomcl", page 301.) Cet horrible plan de campagne , dont la froide exécution sauva la Provence et la France peut-être, lui valut le surnom de Fabius français et l'épée de connétable. Peu de temps après (1541), il fut disgracié, et se retira a Chantilly. On donne deux causes de cette disgrâce : les uns disent qu'elle fut occasionnée par le conseil qu'il donna au roi de livrer passage a Charles- Quint, après la trêve de Nice, sans imposer aucune condition à ce prince, qui avait promis à Montmorency d'investir le duc d'Orléans du duché de Milan, mais qui, arrivé en Flandre, oublia et nia sa promesse *, d'autres l'attribuent à la jalousie du roi. Quoi qu'il en soit , le connétable resta à Chantilly, étranger aux affaires et à la cour, tant que vécut François 1er (1547) -, et l'on

« MONTMORENCY L'UNIVERS. MONTMOliKNCY

dit que celui-ci , à son lit de mort , conseilla au dauphin, qui allait lui succéder , de ne pas rappeler le connétable. Ce fut cependant par le rappel de Montmorency que Henri II inaugura son règne; il l'appela son vieux ami et lui donna toute sa confiance. En 1548, le connétable réprima avec une horrible cruauté la révolte de la Guienne (voyez Annales, t. Ier, p. 303). En 1557, Montmorency, que Ton mettait sans cesse à la téte des armées , perdit par sa faute la désastreuse bataille de Saint-Quentin, qui aurait pu être si fatale à la Franoe si l'ennemi avait su profiter de sa victoire , et que l'on a comparée aux journées de Crécy et de Poitiers. Il y fut fait prisonnier , et dans la captivité, il prit part aux négociations qui amenèrent le déplorable traité de Cateau-Cambresis , qui enlevait à la France plus de territoire que n'auraient

Clui en faire perdre vingt ans de guerre, s historiens s'accordent à faire peser sur Montmorency la responsabilité de cet acte funeste; les Guises allèrent jusqu'à l'accuser de trahison.

Après la mort de Henri II, il Ot tous ses efforts pour conserver le pouvoir et faire éliminer les Guises; mais ceux-ci , par l'appui de leur nièce , Marie Stuart, reine de France, l'emportèrent sur lui, et François II conseilla au connétable d'aller prendre du repos dans ses terres. Il se retira , comme à l'époque de sa première disgrâce , dans sa terre de Chantilly, qu'il se plut à embellir. Sous le règne précédent, il avait obtenu que la baronnie de Montmorency fût érigée en duché-pairie, privilège qui Jusque-là, n'avait été accordé qu'aux princes du sang.

Apres la mort de François II, Catherine de Médicis, qui voulait l'opposer aux Guises, le rappela à la çour. Mais, fidèle au culte de ses pères , il ne put voir sans indignation les égards que la régente marquait aux calvinistes, et se réconcilia avec les Guises. Ce fut alors que se forma entre le connétable, François de Guise et le maréchal Saint- André, cette fatale union que l'histoire a flétrie du nom de triumvirat. Après le massacre de Vassy, Montmorency s'empare de la personne du jeune roi Charles IX, et le conduit à Paris, où il

interdit le culte protestant , chasse les ministres et les huguenots des temples, et en fait brûler les chaises et les bancs, ce qui lui vaut le sobriquet de capitaine brûle-bancs. Cependant la guerre civile a éclaté; le prince de Cendé a pris les armes. Les deux partis en viennent aux mains près de Dreux. Condé et Montmorency sont l'un et l'autre faits prisonniers, et Guise, arrivé sur la fin de la bataille, décide la victoire en faveur des catholiques. La pacification d'Amboise rend la liberté aux deux captifs , et tous deux réunis vont enlever le Havre aux Anglais. Peu de temps après , Montmorency, négligé par la régente, conçoit le projet d'une Saint- Barthélemy. La populace devait être ameutée contre les calvinistes ; 300 d'entre eux , dont la liste de proscription avait été signée de la main du connétable, devaient être égorgés et leurs maisons pillées. Catherine de Médicis parvint à déjouer cet infernal complot , et pour la troisième fois, Montmorency fut envoyé à Chantilly.

Il en sortit encore quand éclata la seconde guerre civile, et se remit à la tête du parti catholique. Il livra bataille au prince de Condé dans la plaine Saint- Dénis, et y fut assassiné par l'Écossais Robert Stuart. Seul au milieu d'un escadron ennemi , où il combattait avec l'ardeur d'un jeune homme, le connétable, se voyant couché en joue par l'Écossais , lui cria : « Tu ne me connais donc « pas? »— « C'est parce que je te connais « que je te tue, * lui répondit Stuart, et en disant ces mots, il tira sur lui à bout portant. Montmorency, en tombant , porta à son lâche meurtrier un coup terrible du pommeau de son épée, et lui brisa la mâchoire. Le connétable survécut trois jours à sa blessure. Apprenant que les siens avaient remporté la victoire , sa réponse fut celle d'Épaminondas aux champs de Mantinée : « Je « meurs content, et certes, je n'aurais « su mourir et m'enterrer en plus beau « lit et cimetière que celui-ci. » Transporté malgré lui à Paris , car il voulait rendre le dernier soupir sur le champ de bataille , il interrompit les prières du prêtre qui voulait le préparer à la mort : « Laissez -moi donc , mon père, « lui dit-il avec humeur; croyeï-vous

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« qu'avant su vivre 80 ans, je ne sau- « rai pas mourir un quart d'heure ? » Il eipira le 12 novembre 1567, à l'âge de 74 ans. On lui fit de somptueuses funérailles. Brave soldat, mais général dur, capricieux et médiocre, car le ravage d'une province n'exige pas de talents, et le désastre de Saint-Quentin est de lui , tandis que les victoires de Dreux et de Saint-Denis ne lui appartiennent pas ; sujet fidèle, mais courtisan avide ; ministre laborieux, mais non intègre ; soutien constant , mais fanatique et intéressé, du parti catholique , Anne de Montmorency a obtenu des factions une réputation fort audessus de son mérite. On en a fait le personnage ie plus illustre de sa race ; mais en réalite . sa gloire doit s'effacer devant celle de Mathieu II , qui eut , et à un plus haut degré, toutes ses qualités, et n'eut point ses défauts.

Le connétable Anne de Montmorency laissa cinq fils, qui tous jouèrent un rôle politique.

1567. François, duc de Montmo- B£ncy, fut successivement grand maître de France et maréchal; il combattit au Havre avec son père, fut gouverneur de Paris en 1553, se montra ennemi des Guises , fut sur le point d'être arrêté après la paix perfide de Lonjumeau, échappa par 'a fuite au massacre de la Samt-Bnrthélemy , entra d a us le parti des Malconlents, fut l'âme de la cons-

Îiiration des Jours gras, fut enfermé à a Bastille, ne dut la vie qu'à la crainte que ses frères Damville et Thoré inspiraient à la cour, et ne sortit de sa prison qu'à la condition de se charger de négocier avec les rebelles.

1579. Henri 7*', duc de Mopitmo- BEftCY, connu sous le nom de Damville pendant la vie de son père Ânne et celle . de son frère François, mort sans postérité, fit Coudé prisonnier à la bataille de Dreux, fut nommé ( 1563) gouverneur du Languedoc, obtint (1566) le bâton de maréchal, n'échappa au massacre de h Saint-Barthélemy qu'en se réfugiant dans son gouvernement ; disgracie par Henri HI, devint chef du parti des Politiques, défit les troupes royales envoyées contre lui en Languedoc, fut un des premiers à reconnaître Henri IV, reçut de lui Tépée de connétable, et lui

fut toujours fidèle. Il mourut en 1614, laissant un fils , Henri II de Montmorency, et une fille, qui fut la mère du grand Coude. On dit qu'après la mort de François II, la reine d'Ecosse, éprise d'amour pour lui, l'aurait épousé, si la haine de Catherine de Médicis pour les Montmorency n'y eut mis obstacle, et n'eut forcé Marie Stuart à quitter la France.

Charles de Montmorency , seigneur " de Méru, fut amiral, colonel général des Suisses et Grisons, et mourut en

Gabriel de Montmorency , baron de Montbéron , capitaine d'une compagnie de 50 hommes d'armes , fut tué à la bataille de Dreux.

Guillaume de Montmorency, seigneur de Thoré, colonel général de la cavalerie légère en Piémont, mourut en

Des cinq fils du connétable Anne, quatre moururent sans postérité; Henri seul, comme nous l'avons déjà dit, laissa des enfants.

1614. Henri II, duc de Montmorency , naquit à Chantilly en 1595, et eut pour parrain Henri IV. Louis XIII le fit amiral en 1612. à l'âge de 17 ans, et chevalier du Saint-Esprit en 1619.

Il succéda à son père dans le gouvernement du Languedoc , y combattit les protestants, et se distingua aux sièges de Montauban et de Montpellier. En 1622, il reconquit au roi les îles de Ré et d'Oleron. Quand Richelieu voulut attaquer la Rochelle, il acheta à Montmorency la charge d'amiral pour un million/ Dans le même temps , Montmorency combattait avec succès les protestants et le duc de Rohan en Languedoc, et amenait la paix d'Alais. Il se distingua ensuite en Piémont, et reçut du roi les marques les moins équivoques de reconnaissance, entre autres , le bâton de maréchal. Mais il n'était pas satisfait; il aspirait à la dignité de connétable. Mécontent de la cour, qui la lui refusait, il se jeta dans le parti de Gaston. On sait qu'il prit les armes contre le roi ; que , par la lâcheté de Gaston , il fut battu a Castelnaudary et fait prisonnier ; que, traduit devant le parlement de Toulouse, il fut condamné à mort , et que , malgré les

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