PORTUGAL FRANCK. PORTUGAL
cependant il se crut obligé, d'après un traité de casus fcederis, qui existait entre le Portugal et l'Espagne, de mettre à la disposition de cette puissance un corps de groupes, qui ne devaient servir qu'en qualité d'auxiliaires. Mais il s'opposa, en 1794, à ce que ces troupes pé* nétrassent sur le territoire français, et lorsque, par le traité de Bâle (1795), l'Espagne eut signé la paix avec la France, les troupes de terre rentrèrent dans leurs foyers , et les vaisseaux qui avaient joint les escadres anglaises dans la Méditerranée, reçurent l'ordre de rentrer dans les ports' portugais.
Bientôt, le prince regent croyant le moment opportun pour négocier un traité de paix avec la France sans frois* ser l'Angleterre, qui avait elle-même envoyé à Paris lord Malmesbury, chargea le chevalier d'Arango de faire des propositions au gouvernement français ( 1790); puis, après que les conférences entre lord Malmesbury et la ré-
Sublique eurent été rompues, il n'en t pas moins passer des instructions à M. de Lima (20 mai 1797), en le nommant son plénipotentiaire, afin d'assister au congrès qui devait avoir lieu à Berne, et en l'autorisant à signer la paix avec la France, conjointement avec l'Angleterre, ou même sans cette puissance. Le ministre portugais signa en effet, à Paris, le 10 août 1797, un traité de paix qui fut ratifié dix jours après par Je gouvernement français. Mais la révolution du 18 fructidor, qui eut lieu quelques jours après, changea les disositions du régent, et la cour de Lisonne ayant tardé à envoyer la ratification du traité, le Directoire le déclara duI ( 26 octobre ). Enfin , Napoléon , devenu premier consul , ayant déridé l'Espagne à déclarer la guerre au Portugal, et le prince de la Paix avant en effet commencé les hostilités, Jean VI, ne recevant point de l'Angleterre les secours qu'elle lui avait promis, se décida à traiter séparément, et conclut le traité de Badajoz (6 juin 1801), qui fut bientôt suivi de celui de Madrid (29 septembre). Par ces traités, les marchandises françaises se trouvaient placées en Portugal, sur le même pied que les marchandises anglaises pour les droits d'entrée; le Portugal consentait
à fermer ses ports aux vaisseaux anglais, à payer à la France une somme de 25 millions, et à lui céder un territoire de plus de soixante milles d'étendue dans la Guyane portugaise.
Ces conditions furent modifiées par le traité d'Amiens (27 mars 1802); mais le renouvellement de la guerre entre la France et l'Angleterre exposa bientôt le Portugal à un grand danger; le régent sut toutefois s y soustraire, et il conclut avec Napoléon (6 octobre 1803) un traité de neutralité que l'Anleterre accepta à son tour, et qui penant quatre ans fit jouir le commerce portugais d'immenses avantages.
Cependant le système du blocus continental s'étendant toujours de plus en plus, Napoléon se vit bientôt contraint, pour lui donner toute l'efficacité qu'il en attendait, de l'imposer au Portugal à son tour, et de prescrire au prince régent de prohiber l'entrée de ses États à toutes les marchandises anglaises. Le prince résista, et Je 27 octobre 1807, fut signé à Fontainebleau, entre la France et l'Espagne, le traité à la suite duquel eut lieu la conquête du Portugal par une armée franco-espagnole (*).
La cour, dans l'impossibilité ou elle était de résister, s'embarqua pour le Brésil (29 novembre 1807), et le lendemain Junot fit son entrée à Lisbonne.
Mais une année anglaise ne tarda pas à débarquer en Portugal ; des troupes nombreuses de patriotes s'insurgèrent dans les provinces du nord ; une Junte nationale se réunit à Oporto; enfin, la victoire de Wellington à Vimeiro (21 août 1808), suivie de la convention de Cintra, décida l'évacuation du Portugal par nos troupes.
D'un autre côté, le prince régent avait, dès son arrivée à Rio- Janeiro, déclaré, par un manifeste du 1er mai 1808, nuls et non avenus tous les traités conclus par le gouvernement de Portugal avec le gouvernement français, et nommément ceux de Badajoz et de Madrid en 1801, comme aussi la neutralité de 1804. Il s'était reconnu l'ami et l'allié de la Grande-Bretagne, déclarant qu'il ne poserait les armes
(*) Voy. FoifTAiKEBi.EAU, t. VIII, p. ao4 ,
JOKOT, ABRAITTÙ, LliBOJfWE, ClWTRA.