MUSIQUES MÏLIT, L'UNIVERS. MUSIQUES MILIT
qui par cela seul qu'ils sont Français , rencontrent à l'entrée de la carrière des obstacles insurmontables. Ce changement, du reste , est d'autant plus désirable, que la musique qui est en faveur depuis quelques années, n'est bonne qu'à gâter le goût du public et à entraîner les débutants dans une fausse voie. I /école moderne, qui nous a apporté dans la littérature les émotions forcées, les passions exagérées; dans la peinture les effets choquants et criards, le tout sous le prétexte de chaleur, a eu aussi son influence sur la musique. Pour obtenir plus d'effet, elle est devenue bruyante, et ne s'exécute plus qu'à grand renfort de cymbales, de caisse et de tam-tam. Mais émeut-elle?
nous ne le croyons pas , et l'on pourrait lui appliquer cet adage : beaucoup de bruit pour rien. Qu'on retranche aux derniers opéras qui ont le plus réussi , tout le clinquant des costumes, toute la séduction des décors, et on verra bientôt se retirer le public abasourdi par ces éclats assourdissants qui' frappent les oreilles sans parler au cœur. Comment les Français, qui dans leurs créations intellectuelles se sont toujours distingués par le bon goilt, père de cette sagesse qui n'exclut pas la chaleur, peuvent- ils consentir à applaudir et proclamer comme bonnes de pareilles oeuvres? Mais une révolution a commencé à s'opérer déjà dans la littérature et dans la peinture, espérons que la musique aura son tour, et que nous ne tarderons pas à revenir de ces exagérations absurdes.
Musiques militatbks. — C'est aux aventuriers italiens du quatorzième siècle que nous devons nos musiques militaires. Ils accompagnaient le tambourin avec Varigot, la jombarde et le galoubet, espèces de flûtes faites à l'imitation de celles des anciens ; le tambourin se jouait avec une seule baguette. A la fin du quinzième siècle, on commença à se servir d'une musique régulière dans les armées. La musette, inventée au treizième siècle, et le violon , en firent partie au commencement du seizième. En 1535, les Suisses introduisirent en France l'usage, du fifre, qui servait à accompagner le tambour. Dans le dix-septième siècle on donna le hautbois, instrument
d'origine allemande, aux dragons et aux mousquetaires de la garde. Les premiers eurent aussi la cornemuse, instrument fort ancien , en usage chez les habitants des montagnes du nord de l'Europe. Nous devons les timbales aux Orientaux et aux Hongrois , le basson, la flûte et le tambour aux Italiens, le cor aux Hanovriens, les cymbales et la grosse caisse aux Turcs. Ce fut l'adoption de ces deux instruments et des timbales qui fit donner le nom de musique turque à notre musique militaire. La réunion de ces instruments avec la trompette de la cavalerie constituait, au commencement du dix-huitième siècle, tout le système musical de nos troupes •: alors chaque arme, chaque compagnie avait sa musique particulière. Le tambour, le fifre, le cor, le basson, la grosse caisse, les cymbales appartenaient plus spécialement à Pinfantene; la trompette, le hautbois, la cornemuse , les timbales , à la cavalerie. Le basson , le hautbois , le cor et la trompette étaient indifféremment employés par les deux troupes.
Une ordonnance du 19 avril 1766 créa une musique dans chaque régiment d'infanterie, et la composa de tous les instruments qui Jusqu'alors, avaient appartenu aux compagnies ou à des fractions de corps. La clarinette, inventée au commencement du dix-huitième siècle , n'entra dans la musique militaire française qu'en 1755. Le tambour de basque , la caisse roulante, le serpent, inventé en 1590, le triangle, qui était la cymbale du moyen âge, le chapeau chinois et le trombone entrèrent successivement dans les musiques des différents corps de l'armée.
Au commencement du consulat, Bonaparte fit supprimer les musiuues de la cavalerie, lesquelles avaient été créées en 1776. On calcula alors gue les chevaux que l'on y employait pouvaient monter quatre régiments, c'est-à-dire environ 3,000 hommes : elles furent ré tabiies en 1827.
Les musiques des légions départementales avaient été supprimées le 8 avril 1818; elles furent reconstituées lorsque ces légions reprirent la dénomination de régiment.
Le dix-neuvième siècle a enrichi la
mrssiDAN FRANCE. mustapiia 80
musique militaire de Yopkicléide, du cornet à piston, de la trompette et du clairon à clefs, etc. ; on en a supprimé le serpent , le basson , le hautbois , et en général tous les instruments anciens. Dans la cavalerie, on a remplacé les instruments en bois par des instruments en cuivre.
Depuis la création des musiques régimentaires , une retenue mensuelle de un ou de deux jours de solde était exercée sur les appointements des officiers , afin de pourvoir à cette dépense. Une ordonnance du l*r ,'anvier 1817 abolit cette retenue, et créa , pour la remplacer , un fonds spécial sur la masse générale du corps. Cette même ordonnance fixa le nombre de musiciens par régiment à vinçtsept , dont neuf gagistes et dix-huit soldats ou enfants de troupe.
MUStf lEHLA-CONVEHSEBIE ( le COn>
te, Louis-François-Félix ), né en 1766 à Longueville , département du Pas-de- Calais, entra au service au commencement de la révolution , devint en 1796 adjudant général, et fut employé en cette qualité à l'armée du Nord ; nommé ensuite général de brigade , il fit en partie de l'armée de réserve, et se trouva à la bataille de Marengo ; trois ans après , en 1803 , il fut chargé du commandement provisoire de la 15e division militaire a Rouen, et devint en 180Ô général de division. En 1808 , il passa en Espagne, y fit avec distinction la campagne de 1809, et se trouva au second siège de Saragosse. Le 23 avril 1811, il repoussa le corps ennemi qui voulait faire lever le siège de I.érida , se présenta , à la fin de mai , sous les murs de Méouinenza, et contribua beaucoup à la reddition de cette place. Vainqueur du général espagnol Bassecour , fc 36 novembre 1811, il enleva les camps de Manissès et de Questa, et prit part en juin 1813 à la levée du siège de Tarragone. Rentré en France, il fut pourvu , à la fin de décembre, du commandement de Besançon , passa à Lyon peu de temps après, pour y commander l'armée active , et fit preuve de beaucoup de zèle pendant le reste de cette campagne. Il tut mis à la retraite après la seconde restauration.
Mussidax, Mulcedonum, Petite ville
du Périgord , aujourd'hui chef-lieu du département de la Dordogne ; population : l,ôOO habitants. L'origine de cette ville remonte à l'an 980 ; les protestants la prirent en 1568; le maréchal Timoléon de Cossé-Brissac voulut la reprendre en 1569 : il fut tué devant ses murs, et ses soldats , devenus maîtres de la ville, en massacrèrent la garnison protestante, quoiqu'elle eut capitulé.
Mustapha- Ben -Ismaïl naquit à El-Amriyah, près du Rio Salado , sur la route d'Oran à Tlemsen; mais, les musulmans n'enregistrant jamais la naissance de leurs enfants, il est impossible de préciser la date de celle de Mustapha ; on suppose cependant qu'il pouvait avoir environ soixante-seize ans à l'époque de sa mort. Il s'était fait remarquer , dans sa jeunesse , par une grande bravoure , beaucoup de sangtroid et une détermination prompte au milieu des plus grands dangers. Au moment de la conquête française, il était agha des Douayers et des Smalas , deux tribus arabes servant d'auxiliaires au dey d'Alger. Après la prise de cette ville, l'armée française s'était présentée devant Oran , et' le bev Hassan , qui commandait dans cette ville, paraissait disposé à la livrer, lorsque la nouvelle des événements de juillet décida le maréchal Bourmont à rappeler ses troupes. Abandonné par ses Voisins et livré a ses propres forces, Hassan profita du départ des Français pour attirer Mustapha dans la ville, et le garder comme otage.
Au moment de l'expédition du maréchal Clausel sur Oran, Mustapha reçut en même temps des propositions du général français et de l'empereur de Maroc, qui , tous deux , lui offraient la place d'Hassan. Mais Mustapha , qui avait conçu l'espoir de se créer une position indépendante , refusa à la fois les deux propositions. Cependant Muley-Ali, général de l'empereur, faisait de grands
f»rogrès dans la province de l'Ouest; et e bey Hassan se trouva bientôt réduit à la ville d'Oran et abandonné de presque tous les chefs de tribu. Mustapha rut du petit nombre de ceux qui ne suivirent pas cet exemple , et malgré les ordres de l'empereur, il refusa d'aller à