PREUVES JUDICIAIRES FRANCE
PRÊVAL 1
sidiaux se sont maintenus jusqu'en
Presles (Raoul de}, appelé ailleurs Paul de Prayères, avocat, né à Laon, à la fin du treizième siècle, fut attaché, en qualité de secrétaire, à Philippe le Bel, et servit utilement la reine Jeanne de Navarre et son fils Louis le Hutin. Accusé de complicité avec Pierre Latillv, dans l'empoisonnement de Philippe le Bel, il fut emprisonné et l'on confisqua ses biens ; mais, son innocence avant été reconnue, il rentra dans tous sesdroits, fut nommé, en 1 319, conseiller au parlement et mourut quelques années après. Il avait consacré une partie de ses richesses à des fondations pieuses et à rétablissement à Paris d'un collège qui porta son nom jusqu'à la fin du dix-huitième siècle.
Raoul de Presles, fils naturel du précédent, cultiva les lettres avec succès, et fut nommé maître des requêtes par Charles V. Il traduisit en français, par Tordre de ce prince, la Cité de Dieu de saint Augustin, imprimée à Abheville en 1486, 2 vol. in-folio , et réimprimée à Paris en 1531. C'est la première version française qui ait été faite de cet ouvrage. On a encore de de Presles un Traité de la puissance ecclésiastique et séadière. Il mourut en 1383, îliîé de 67 ans.
Presse. Voy. Censure , Imprimerie, Journaux, Librairie.
Prétextât (saint), évéque de Bouen au sixième siècle, attira sur lui la colère de Frédéiionde en mariant Brunehaut avec Mérovée, en 676; un concile, tenu à Paris Tannée suivante, annula cette union, et le prélat fut exilé dans une île de la basse Normandie.
Revenu ensuite dans son diocèse, il fut assnssiné par les ordres de Frédégonde, en 588. Voyez les détails de cet événement dans lés Récit* mérovingiens de M.
Augustin Thierry. Cet historien y a raconté avec son "talent habituel la fin malheureuse de Prétextât.
Preuves judiciaires. Au commencement de la monarchie, la preuve testimoniale, tant en matière civile que criminelle, était très-souvent employée en France; mais la facilite de corrompre les témoins ayant rendu leurs dépositions suspectes, on admit ces preu-
?es étranges que Ton appela jugements de Dieu (vov.Comrats judiciaires), et qui, du neuvième au treizième siècle, furent généralement employées pour démontrer l'innocence ou la culpabilité des accusés.
On distinguait alors deux sortes de preuves judiciaires, l'une appelée la purgation vulgaire , l'autre la purgation canonique. La purgation vulgaire se faisait de six manières différentes : par l'eau froide, par l'eau bouillante, par le feu, par le fer rouge, par le combat en champ clos, par la croix et par l'Eucharistie, quelquefois aussi par la cruentation , c'est-à-dire lorsqu'il découlait du sang de la plaie de l'homme homicide, en présence de celui qui était accusé du meurtre. Nous renvoyons à l'article Épreuves judiciaires, pour l'explication de ces différentes espèces de preuves.
La purgation canoniaue se faisait par le serment. L'accusé faisait jurer plusieurs personnes qu'elles le croyaient innocent du crime dont on l'accusait.
L'accusateur, de son côté, produisait des gens qui juraient que son accusation était juste; et celui des deux qui avait un plus grand nombre de témoins gagnait sa cause.Frédégonde,accuséed'adultère par son mari, fit jurer trois évéques et trois cents seigneurs.de sa cour qu'ils croyaient que l'enfant né d'elle était légitime (voy. Conjurateur).
A mesure que la civilisation fit des progrès, ces usages barbares se perdirent. Cependant, indépendamment des deux espèces de preuves que nous venons d'indiquer, on employa pendant longtemps encore trois autres preuves aussi vagues que les deux précédentes, celles qui résultaient de la probabilité du fait, du bruit commun et de la fuite, ab evidentia jacti, fama publica etfuga.
Dans l'état du droit criminel, au moment de la révolution de 1789, on admettait quatre sortes de preuves : la preuve testimoniale, qui se formait de la déposition des témoins; la preuve instrumentale, qui se tirait des écrits; la preuve vocale, qui se tirait de l'aveu des accusés , et la preuve conjecturale, qui résultait des indices et présomptions. . , ' Pré y al (Claude-Antoine de,), ne en