ERS. PRÉVOST
général Préval fut chargé du commandement d'un corps de troupes qui s'étendait de Fulde à Marbourg, et il montra dans cette circonstance une grande expérience de la guerre. Il remplaça ensuite le général Roussel d'Uurbaf dans le commandement des dépôts de cavalerie, dont le centre était à Versailles. Nommé lieutenant général le 10 mai 1814, il fut chargé pendant les Cent- Jours de la réorganisation de la cavalerie, et ne cessa, depuis, de remplir d'importantes fonctions, soit comme inspecteur général , soit comme membre de différents comités. Baron sous l'empire, vicomte sous la restauration, il est devenu pair de France en 1837.
Pbéville ( Pierre-Louis DuBirsdit), célèbre comédien, né à Paris en 1721, s'engagea d'abord dans une troupe de campagne, et, après avoir rempli différents rôles en province, fut appelé à la Comédie-Française en 1753. Il fit pendant 33 ails les délices de la capitale, surtout dans les rôles de la Rissole du Mercure galant, de Turcaret, de Sosie, de Figaro y du Bourru bienfaisant, etc. Le public lui manifesta , au moment de sa retraite, qui eut lieu en 1786, de vifs regrets. Il reparut encore deux fois sur le théâtre: la première en 1791, la seconde en 1794, et fut reçu avec le même enthousiasme. Il mourut à Beauvais en 1799. Il était membre de l'Institut, depuis la formation de ce corps savant.
Prévost (l'abbé), nauuit à Hesdin, dans l'Artois, en 1697. Élevé chez les jésuites de cette ville, il fut d'abord fervent novice; puis, à seize ans, il quitta le collège et s'engagea dans l'armée comme volontaire. S'étant lassé de la vie des camps, il retourna chez ses maîtres, et se disposa à prendre la robe; puis, attiré de nouveau par les plaisirs du monde , il rentra dans l'armée avec un grade , et se livra à tous les plaisirs d'une jeunesse ardente et dissipée. Un amour malheureux le fit rentrer en luimême: le desespoir dont il fut atteint le ramena à son ancienne résolution de se faire prêtre. Après avoir reçu les ordres, il se fit admettre dans I ordre des Bénédictins de Saint-Maur. Cependant il vint un jour où la vie du cloître commença à lui peser : il sentit se ré-
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veiller puissamment son goût pour le mouvement et le plnisir. Il demanda d'abord à être transféré dans le cloître de Cluny, où la règle était moins austère. Comme on tardait à le satisfaire, il s'enfuit, et alla chercher un asile en Hollande. Là, il écrntit pour vivre. Il se mit à composer des romans , qui souvent n'étaient autre chose que l'histoire arrangée de son propre cœur. Il passa ensuite en Angleterre avec une jeune protestante, dont il s'était épris à la Haye, et à laquelle il avait fait partager la passion la plus vive. 11 écrivit et lit paraître à Londres Clévelandct Manon Lescaut. Enfin il obtint de revenir en France, et d'y revenir affranchi de ses vœux de bénédictin. Le prince de Conti, qui goûtait fort ses romans, le prit pour son aumônier. Désormais plus tranquille, l'abbé Prévost se livra tout entier aux lettres. Il publia le Doyen de Kilterine et l'Histoire des voyages, en même temps qu'il continuait un journal, le Pour et le contre , commencé à Londres. Il mourut jeune encore, et d'une affreuse mort : frappé d'un évanouissement qui ressemblait à la mort, il expira sous le scalpel d'un chirurgien ignorant, qui crovait faire l'autopsie d'un cadavre. Cet écrivain , à qui l'on a reproché avec raison l'abondance trop rapide de sa pleine, mais en qui Ton ne peut méconnaître une imagination vive, une âme tendre et un talent souple et gracieux, a laissé beaucoup de livres agréables et un chef-d'œuvre. Ce chefd'œuvre est Manon Lescaut. Cette histoire, fort simple et racontée avec la plus grande simplicité, émeut, attendrit, entraîne par la seule force de la vérité et de la passion.
Prévôt des marchands. C'était le nom que l'on donnait, sous l'ancienne monarchie, au premier magistrat de la ville de Paris. Ce nom indique l'origine de la magistrature ; en eflet, les premiers qui le portèrent ne furent que les chefs de la confrérie des marchands de lyeau , de cette hanse parisienne qui, née sous l'administration romaine, survécut, ainsi que plusieurs autres corporations du même temps, à tous les désastres des Invasions barbares et des changements de dynastie, et devint, vers le douzième siècle, la plus puis-
sante de toutes les associations qui exerçaient alors le commerce dans la capitale. Ce fut, dit-on, Philippe-Auguste qui donna au prévôt de la marchandise de /Van, droit de juridiction sur toutes les autres corporations de la ville. Ce prince, dit Malingre, dans ses Annales, liv. m, p. 50, se disposant à partir pour la croisade, et prévoyant que, pendant son absence, quelques ennemis
f>ourraient facilement prendre et piller a ville, qui n'était point encore close du côté du Petit- Pont, fit venir sept personnages choisis parmi les plus notables bourgeois, leur confia le gouvernement de la ville, avec le titre d'échevins, et leur donna pour chef le prévôt des marchands.
Dix sergents étaient attachés au service du prévôt des marchands et des échevins ; six de ces agents subalternes conservèrent le titre de sergents du parlouer aux bourgeois ; les quatre autres s'appelaient sergents de la marchandise.
Le prévôt des marchands était élu tous les trois ans(*), le lendemain de l'Assomption, par trente-quatre conseillers municipaux , par les quarteniers et par les délégués des bourgeois de la capitale. Le pere et le fils, les deux frères, l'oncle et le neveu, les deux cousins germains, ne pouvaient être élus en même temps aux fonctions de prévôt des marchands et d'échevin. Les bourgeois nés à Paris étaient seuls électeurs et éligibles.
Le prévôt des marchands présidait le bureau de la ville; assisté des échevins, il jugeait toutes les causes de commerce pour les marchandises expédiées par eau, celles des officiers de la ville pour fait de leur charge, les procès des marchands et des commis, les contestations relatives aux rentes de l'hôtel de ville; il fixait le prix des marchandises arrivées dans les ports ; il avait la police de la navigation de la Seine, en aval et en amont; il ordonnançait toutes les dépenses relatives à la construction et à l'entretien des ponts , des fontaines, des remparts et de tous les édifices pu-
(*) Dans les derniers temps, les prerôts des marchands riaient ordinairement continués dans leurs fonclious pendant Luit années.