PRINCES DE SANG L'UNIVERS
PBISE
• qu'au conseil, encore qu'ils ne possè- « dent aucune pairie. »
A ces avantages étaient joints de grands privilèges et de nombreuses exemptions dont les princes du sang jouirent jusqu'à la révolution.
Le titre que Ton donne aux rois dans les anciens monuments est celui de celsitudo; jamais il n'a été donné à d'autres en France, et c'est de là qu'est venu celui $ Altesse, qui n'en est que la traduction. Alors les rois régnants et leurs fils étaient qualifiés des mêmes titres, parce que tous étant également appelés au partage du royaume , il ne pouvait être établi de distinction entre eux.
Aussi , lorsqu'on les nommait dans les actes, on disait reges noctri (nos rois) ; et lorsqu'on écrivait , soit à tous en commun, soit à l'un d'entre eus en particulier, on se servait de cette formule : celsitudines vestrx, ou celsitudo tua.
Lorsque les rois se furent attribué exclusivement le titre de Majesté, celui d'Altesse resta aux princes du sang, qui le conservèrent. Les fils de- France, c'est-à-dire, ceux qui descendaient directement et par les mâles du roi régnant, y ajoutèrent l'épithète de royale, et les autres celle de sêrénissime.
La révolution de 1789 anéantit en quelques instants l'œuvre de plusieurs siècles. La loi du 4 août de cette année, en abolissant les privilèges nobiliaires, mit au néant ceux des princes du sang comme les autres. La loi du 19 juin 1790 abolit le titre d'Altesse; mais la constitution du 3 septembre 1791 donna à l'héritier présomptif de la couronne le titre de prince royal y et aux parents directs ou collatéraux du roi celui de princes français. Cet ordre de choses ne dura guère' plus d'un an; et la proclamation de la république, le 21 septembre 1702, supprima les nouveaux titres en supprimant la royauté elle-même.
Lorsque Napoléon rétablit le gouvernement monarchique en France, un sénatus - consulte du 23 floréal an xii exhuma et rendit à la vie les qualifications de prince et d'altesse, en adoptant pour la première les modifications de la constitution de 1791. Ainsi, l'héritier du trône eut le titre de prince impé-
rial; les membres de la famille impériale eurent celui de princes français.
Tous , quel que AU leur sexe , reçurent la qualilication commune d1 vitesse impériale; et les autres princes, soit collatéraux, soit créés par décret, furent appelés Altesse sêrénissime.
L'empereur, par un statut du 30 mars 1806, régla l'état des princes de sa maison , et les soumit à une discipline presque militaire. Pour que, dans sa faimlie, personne en France ne fdt appelé Sire et Majesté, excepté lui, il publia, le 22 juin 181 1 , un décret dont voici le premier article : « Les princes « de notre famille qui ont été ou qui se» « raient appelés de n"tr<t consentement « à une couronne étrangère, seront trai- « tés , dans l'étendue de notre empire, « comme princes français. — Ils porte- « ront, lorsqu'ils seront d ms notre em- «pire, la cocarde française et leeos»
« tume de prince, sans pouvoir porter « aucun costume étranger. » Ainsi, quand un roi de la famille impériale Tenait en France, il devait laisser sa royauté à la frontière.
La restau rat ion ay a nt trouvé rétablies toutes les anciennes dénominations, les conserva , et la monarchie de juillet fit de même.
Prise (droit de). On nommait ainsi des redevances ou des droits de différentes espèces , que les seigneurs prenaient dans leurs terres; mais on appliquait plus spécialement cette dénomination au droit qu'ils prétendaientavoir de prendre pour leur usage, chez leurs vassaux , les vivres , les denrées et les ustensiles dont ils avaient besoin.
Charles V rendit , en 1377 , une ordonnance pour abolir en partie ce droit, ui s'était fort étendu. Le détail qu'il en onne est assez curieux : « pour cause de prise, dit-il, que l'en fait par loin temps, et que chacun l'en fesoit de chevaux, de charrettes, de bleds, de vin, de foin, d'avoine, de fourrages, de coustes, de coissins, de draps, de couvertures, de cuivre, chiefs de bétail, de poulailler de tables et autres biens et choses que l'on prenoit pour les garnisons de notre hôtel et des hôtels de la royne , de nos frères , de notre connétable et d'autres de notre lignage. » Cette ordonnance conserve cependant au roi le droit de
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FRANCE
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prendre certains objets moyennant payement.
Prises (conseil des). Voy. Conseil.
Pbison. Au temps de la féodalité, chaque seigneur étant justicier, avait nécessairement le droit de priver de la liberté ses vassaux; il y avait donc autant de prisons qu'il y avait de seigneuries. Les corporations religieuses, ainsi que l'université , avaient également des prisons où n'étaient reufermes que leurs justiciables. Le régime des prisons était soumis à cette époque, et beaucoup plus tard encore, au bon plaisir du seigneur, et souvent même à celui de ses agents. Il serait trop long et peut-être même impossible de raconter ici tous les tourments qu'éprouvaient les malheureux jetés dans des cachots humides, dans des fosses, le plus souvent privés d'air, et où ils étaient quelquefois entièrement oubliés. Aujourd'hui que le progrès s'est opéré de tous côtés, et que les monuments publics surtout ont reçu de grandes améliorations sous le rapport de la salubrité, les prisons sont encore dans un état qui laisse beaucoup à désirer, et, par ce qu'elles sont de nos jours, on peut se faire une idée de ce qu'elles ont dd être autrefois. Certes la prison ne doit pas être un palais, mais elle ne doit pas être non plus, comme l'a ti es-bien dit Voltaire, un charnier. C'est un très-grand supplice que d être privé de la liberté, il nest pas nécessaire d'augmenter cette privation morale par des privations physiques.
Il y avait, avant la révolution, différentes espèces de prisons : les prisons ordinaires , les prisons d'État , les prisons des officiaUtésy les prisons militaires, et les prisons pour dettes.
Les prisons ordinaires servaient aux individus qui n'appartenaient à aucune juridiction spéciale. Les prisons d'État étaient destinées à renfermer ceux quj avaient conspiré contre la srtreté de l'État; mais, le plus souvent, elles servaient de tombea » à de malheureux sacrifiés à la haine ou à I intérêt de personnages puissants. La direction des prisons d'État était confiée a des militaires ou à des ecclésiastiques.
En général , dans celles qui étaient sous cette dernière direction, les prisonniers étaient ou ue peut plus mal-
heureux, et lorsqu'ils se plaignaient aux inspecteurs qui venaient par ordre du roi visiter leurs cachots , ils étaient maltraités , souvent au point d'eu perdre la vie.
Les moines étaient d'une rigueur extrême envers leurs prisonniers; à Saint- Martin des Champs, à Paris, ils avaient inventé, pour la punition des frères dont ils avaient à se plaindre, un cachot affreux qu'ils appelaient vade in pace. I<a plupart des maiheureux qu'on y renfermait, mouraient de désespoir. Les remontrances et les plaintes qui furent portées à ce sujet, motivèrent des ordonnances royales qui obligèrent le supérieur de la communauté a visiter deux lois par mois cette prison.
Le nombre des prisons d'État, en 1789, était très-considérable. Les plus célèbres étaient la Bastille , le fort Sainte- Marguerite, où fut enfermé Je Masque de fer; Pierre-Scise , sur la Saône, aux portes de Lyon ; le fort de Joux , la tour de Ham , le château de Bouillon.
Les prisons des officialitês dépendaient des tribunaux ecclésiastiques, et l'on n'y renfermait que ceux que devait juger l'official ; les prisons militaires ne recevaient que des militaires.
Dans toutes les prisons , il était d'usage de payer la bienvenue au geôlier, et il fallut défendre, par des ordonnances, à ces fonctionnaires, de rien exiger des infortunés dont on leur confiait la garde. La nourriture des prisonniers était généralement composée de pain et d eau. Un arrêt du 18 juillet 1717, décida qu'on fournirait tous les quinze jours, de la paille fraîche à ceux qui étaient enfermés dans des cachots noirs , et tous les mois à ceux qui se trouvaient dans des cachots clairs.
Privas , Pritatumy petite ville du Vivarais , aujourd hui chef-lieu du département de. TArdèche. Ce n'était au douzième siècle qu'un simple château ; mais elle prit bientôt de l'accroissement, et déjà , au quinzième siècle , elle était devenue une place fort importante par ses fortifications. Ses habitants se aistinguèrent, pendant les guerres de religion , par leur attachement au protestantisme. Ils embrassèrent , en 1562, le parti du prince de Coudé. Le duc de
Montpcnsier, dauphin d'Auvergne, vint, en 1 574, les assiéger avec l'armée royale. Leurs forces étaient alors doublées par la population des villes voisines, qui, n'ayant pu tenir contre Montpensier, avait déserté son domicile pour se réfugier à Privas. Quand le duc parut devant cette ville, Saint-Romain, l'un des plus braves capitaines du temps, y commandait. Le siège fut pressé avec vigueur ; mais la défense fut si opiniâtre que le dauphin fut obligé de se retirer. En 1612, les protestants tinrent à Privas un synode national de toutes les églises reformées. Dans la suite, cette ville se laissa surprendre par les catholiques; elle fut bientôt après reprise par les religionnaires ; puis elle se rendit à Louis XIII, qui la fit démanteler. Mais les protestants, qui ne tardèrent pas à la recouvrer, en relevèrent les fortifications , et il fallut que le roi vînt de nouveau l'assiéger.
Le siège commença en avril 1629.
Le brave Saint-André Montbrun commandait dans la place , où se trouvait une faible garnison de 1,200 hommes; mais il fut vaillamment secondé par les habitants. Cependant, malgré leur courageuse résistance, .ils succombèrent; Saint-André dut se retirer dans le fort de Toulon ; mais le manque de vivres le força , au bout de quelques jours, à se rendre à discrétion. Louis XIII le fit pendre avec ses compagnons, et les habitants qui étaient restés dans la place, furent passés au fil de l'épée. Les maisons furent pillées et incendiées, les fortifications rasées; un édit royal porta con/iscation de tous les biens des habitants qui avaient pris part à la défense de la ville, et défendit d'y aller habiter sans lettres du grand sceau. Mais le gouvernement reconnut bientôt l'impossibilité d'exécuter rigoureusement cet édit; quelques familles rentrèrent dans Privas ; plusieurs maisons furent rebâties , et le nombre en augmenta successivement. On y compte aujourd'hui 4,500 habitants.
Privilèges ( abolition des ). L'Assemblée constituante avait, dans la nuit du 4 août 1789, et dans les séances tenues par elle les jours suivants, aboli les privilèges utiles de la noblesse et des différentes corporations civiles. Par