‹ France Dictionnaire EncyclopédiqueChapitre 353 sur 434 · PRUSSE · texte numérisé non relu

PRUSSE

« armée ne combat plus que pour se « faire jour et regagner ses communi- « cations. Si un corps se laissait percer, « il serait perdu d'honneur ! » Et, pendant la nuit , il fit du plateau d'Iéna une sorte de forteresse d'où débouchèrent à la fois dans la plaine, au centre, Lannes et la garde; à gauche, Augereau;àdroite, Soult et Ney (14 octobre) : en quelques heures, les trois lignes des Prussiens furent enfoncées; des régiments essayèrent de tenir en carrés , ils furent entièrement détruits; l'aile droite accourut de Wevmar, et essava de ranimer la bataille; mais, abordée de front par Soult, Augereau et Lannes, elle fut écrasée. En ce moment, la cavalerie de Murât arriva; alors la déroute fut complète : pas un bataillon ne resta en entier ; touts'enfuit péle-mêlesur Weymar.

Pendant ce temps , le roi de Prusse et le duc de Brunswick étaient arrivés à Auerstaedt; ils poussèrent la division Blûclier versKosen, pour s'emparer du défilé et masquer la marche de l'armée sur Freybourg. Mais Davoust était parti de Naumbourg, avait fait occuper le défilé, et se disposait à marcher, suivant Tordre de l'empereur, par Auerstaedt sur Apolda; il n'avait que trois divisions, Gtidin, Friant et Morand, formant vingt-sept mille hommes, dont deux mille cavaliers; et il allait rencontrer cinquante-six mille hommes, dont douze mille de cavalerie. La division Gudin arriva à Auerstaedt, quand les deux autres étaient encore de l'autre côté de la Saal; et elle se vit attaquée par toute l'armée prussienne : elle se forma en carré, et, soutenue d'un feu d'artillerie épouvantable , elle résista à toutes les charges de l'ennemi. Bernadotte était à Naumbourg ; Davoust le supplia de se joindre à lui en lui offrant le commandement , et en lui montrant un écrit de l'empereur, ainsi conçu:

« Si Bernadotte est dans vos environs, « vous pourrez marcher ensemble. »

Celui-ci refusa; selon l'ordre primitif qu'il avait reçu, il se dirigea sur Dornbourg, emmenant avec lui deux divisions^ Murât, qui se trouvaient momentanément sous ses ordres, et il passa la Saal ; mais, au lieu de se porter soit sur les derrières de Brunswick , à Auerstaedt, soit sur la gauche de Ho-

henlohe, à Iéna, il resta immobile et inutile entre les deux batailles (*). Cependant Davoust , abandonné à lui-même , hâte la marche de ses deux autres divisions; Friant arrive sur le plateau d'Auerstaedt, et couvre la droite de Gudin ; mais la gauche reste exposée aux charges de l'ennemi , qui s'efforce de passer entre les Français et la Saal , pour leur couper la retraite sur Kosen; Brunswick conduit lui-même l'attaque:

il est blessé à mort; Schmettau lui succède : il est tué ; un dernier compagnon du grand Frédéric, Mollendorf, se met à la tête des Prussiens; mais Morand arrive à la gauche, et alors Davoust prend l'offensive: Priant et Morand débordent les deux ailes ennemies, pendant que Gudin porte un coup décisif en s'emparant des hauteurs qui dominent le chemin de Freybourg. Les Prussiens repassent le ravin d'Auerstaedt; Mollendorf est blessé à mort ; Kalkreuth prend le commandement et ordonne la retraite ; la déroute commence; Davoust s'elancesur l'ennemi, le sabre, le rejette sur Weymar; mais lesfiiyards d'Iéna rencontrent ceux d'Auerstaedt.

Alors la confusion est au comble; tout se heurte, se croise, se mêle, se disperse, hommes, chevaux, équipages; pins de généraux, pas d'ordres, pas un point de ralliement; la guerre avait été faite si follement, qu'on n'avait rien prévu pour une retraite. Mollendorf s'enfuit à Erfurth, qui se rendit le lendemain, avec quinze mille hommes; le roi à Sommerda , et de là à Magdehourg ; Kalkreuth à Greussen. où il fut atteint par Soult, culbuté, rejeté sur Sondershausen ; ce fut là que Hohenlohe vint le joindre. La cavalerie française ramassait les bataillons prussiens à la course. C'était un désastre fabuleux : vingt-cinq mille tués ou blessés, quarante mille prisonniers, trois cents canons, soixante drapeaux furent les trophées de cette double victoire, où les Français perdirent douze mille hommes tués ou blessés, dont un tiers appartenait à l'im-

(*) Napoléon, quand il apprit la conduite de Bernadotie était furieux : « Cela est si « odieux , dit-il, que si je le mets à un con- « seil de guerre, c'est comme si je le faisais m fusiller. Il vaut mieux n'en pas parler, m

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L'UNIVERS

PRtssK

mortelle division Gudin (voyez àuirs-

TAKDT et IÉiSA).

Le roi , au lieu de rallier lui-même les débris de soi» armée, s'enfuit à Stettin , pour aller chercher au delà de l'Oder s^s dernières ressources, et il chargea Hotienlolie de faire le ralliement à Magdelmurg. M ag de bourg était • la a souricière où arrivaient tous les hom- « mes égarés «le la bataille. » Mais l'empereur ne laissa pas aux vaincus le temps de se remettre de leur terreur; pendant que Murât, Ney et Soult se jetaient à la poursuite de Huhenlolie par ftordhausen , tous les autres corps s en allèrent passer l'Elbe pour marcher sur Berlin. Bernadotte rencontra à Halle la réserve du prince de W urtemberg (16 octobre) , la battit complètement, rejeta ses débris sur Magdebourg, et passa l'Elbe à Barby; Lannes passa à Coswig, et alla s'emparer de Spandau; Davoust, Augereau, la garde passèrent a Wurtemberg. L'empereur réserva au vainqueur d'Auerstaedt l'honneur d'entrer le premier à Berlin ( 25 octobre) ; lui-même qui s'était arrêté à Pot s dam pour visiter le tombeau du

frand Frédéric , dont il envoya l'épée à 'arts, arriva, deux jours après, au milieu des acclamations de la bourgeoisie, qui accablait d'imprécations la noblesse, cause de la ruine de la Prusse. Il était enivré de sa victoire d'iéna; il n'avait que des paroles de colère et de ven-

§eance contre les Prussiens ; il semblait isposé à user révolutionnairement de sa conquête : « Je rendrai cette noblesse « si petite, disait - il , qu'elle sera obli- « gee de mendier son pain. » Il mit sur les pays conquis une contribution de guerre de cent soixante millions; il les partagea en quatre départements qu'il confia à des administrateurs français; il imposa aux autorités un serment qui laissait dans l'incertitude le rétablissement de la monarchie. « Soldats, dit-il « à son armée, une des premières puis- « sauces militaires de l'Europe, qui osa « naguère nous proposer une honteuse « capitulation, est anéantie. Les forêts, « les défilés de la Franconie, la Saal, « l'Elbe , que nos pères n'eussent pas « traversés en sept ans, nous les avons « traversés en sept jours ; nous avons « précédé à Berlin la renommée de nos

« victoires... Les Russes se vantent de « venir à nous : nous leur épargnerons «la moitié du chemin... Qui leur don-

* lierait le droit de renverser nos justes

• desseins? Eux et nous , ne sommet* « nous pas les soldais d'AustiiU/? »

Cependant llohenlohe était arme a Magdebourg; mais, pressé p »r les trois corps qui le poursuivaient, et sachant que la route de Berlin était déjà fermée, il sortit de la place avec vingt-deux mille, hommes, et se jeta sur la route de Rateneau , pour gagner Stettin par Zehdenick et Prentzlow (23 octobre).

Son arrière-garde était formée par un corps de huit mille hommes que commandait Blùcher. Ney bloqua Magdebourg, et Soult se mit à la poursuite d'un corps qui n'avait pas figuré à la bataille d'Iéna : c'était celui du duc de Weymar, qui s'était échappé d'Eisenach'par Brunswick, et avait passé l'Elbe à Spandau; Murât se rabattit sur Dessau , où il passa l'Elbe; il arriva à Spandau , où il se joignit à Larmes . et courut , par Oraniembourg, sur Zehdenick pour couper Hohenlohe. Celui-ci chercha alors a gagner Prentzlow pu Boitzembourg; mais Murât et Lannes y arrivèrent par Templin , le battirent et le forcèrent à mettre bas les armes avec quinze mille hommes , soixante canons et quarante - cinq drapeaux (JS octobre). Six mille hommes s'échappèrent ; mais ils furent atteints à Passewalk , et contraints de se rendre. L'avant-garde de Murât courut sur Stettin; et cette grande place, qui avait six mille hommes de garnison, ouvrit ses portes à quelques escadrons de hussards. line restait plus que le corps de Blùcher, qui , avant le désastre de Prentzlow.

s'était rabattu sur îseu - Strélitz , où il se joignit au corps de Weymar. Blùcher prit le commandement de ces debris, formant vingt-cinq mille hommes, et se dirigea sur Schwerin pour gagner Rostock , mais il trouva Murât devant lui ; il se rabattit sur le bas Elbe , mais il rencontra Soult; il voulut rerenir vers Havel , il rencontra Bernadotte ; alors il se replia sur Lubeck, et entra en force dans cette ville, qui voulait garder sa neutralité. Murât, Soult et Bernadotte se réunirent , enfoncèrent les portes de Lubeck , et Mirèrent dans

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les rues an combat terrible, où la malheureuse ville souffrit toutes les horreurs d'une prise d'assaut; huit mille Prussiens périrent ou mirent bns les armes.

BliMier réunit encore dix mille hommes, et ga^na la Trave; mais il se trouva acculé à la frontière du Danemark, devant une armée danoise décidée à faire respecter sa neutralité, et il capitula (8 novembre). Le même jour, Magdebourg se rendit avec vingt mille liommes, huit cents canons et d'immenses approvisionnements.

Les trois corps que Napoléon avait laissés en arrière étaient entrés en campagne. Celui de Mortier partit de Mayence pour exécuter la sentence rendue contre le prince Fulde-Orange, le duc de Brunswick, l'électeur de Hesse- C issel, instigateurs de la quatrième coalition : un décret déclara qu'ils avaient cessé de régner. Mortier occupa leurs États, licencia leurs troupes, démolit leurs forteresses. F.n même temns, le roi de Hollande partit de Wesel, prit Paderborn , Munster , Osnabruck , et joignit Mortier a Cassel ; tous deux entrèrent dans le Hanovre, firent capituler Hameln et Niembourg, s'emparèrent de Brunswick, de Brème, de Hambourg, enfin, occupèrent le Mecklembourg. Le neuvième corps, formé des contingents de Bavière et de Wurtemberg, marcha de Bayreuth sur Dresde, sous le commandement de léroNne Bonaparte et de Vandame. L'empereur, aussitôt après la bataille d ïéna, avait renvoyé les prisonniers saxons, en leur disant qu'il venait délivrer leur pays, qui, depuis deux cents ans , était sous la protection de la France; l'électeur rappela ses troupes, se déclara neutre, et ouvrit des négociations qui aboutirent à un traité par lequel il prit le titre de roi, entra dans la confédération du Rhin , et y fit entrer avec lui les quatre ducs souverains de la maison de Saxe. Le corps de Jérôme se dirigea de Dresde sur l'Oder, où il s'empara de Glogau et Investit Breslau. Déjà Auçereau avait occupé Francfort, et Davoust Custrin , place inabordable , qui se rendit sans coup férir. Les capitulations des villes étaient encore plus scandaleuses que celles des corps d'armée : du délire de l'orgueil, les Prus-

siens étaient passés au délire du découragement ; jamais l'insolence d'un peu* pie n'avait été punie d'une bonté plus rapide et plus complète. Les Français entrèrent dans la Pologne prussienne* et le roi Frédéric s'enfuit à Kœnigsberg avec 15,000 hommes, seuls débris de toute sa puissance militaire (*).

Alexandre s'avança pour défendre son allié; ses troupes furent défaites à Pultush, à Eylau, a Friedland, et il demanda la paix. Elle fut signée à Tilsitt, le 7 juillet 1807, et Napoléon, par égard pour son nouvel allié, consentit à n'enlever au roi de Prusse que ses provinces situées entre le Rhin et l'Elbe, et celles qui avaient fait partie de l'ancienne Pologne. Les premières formèrent, aveo la liesse, le Brunswick et une partie du Hanovre , le royaume de Westphalie , qui fut donné à Jérôme Bonaparte; les dernières formèrent le grand-duché de Warsovie.qui fut donne au roi de Saxe* Dantzig fut déclarée ville libre. Les duchés d'Oldenbourg et de Mecklenv* bourg furent restitués à leurs posses* seurs , arec la condition que les ports auraient garnison française jusqu'à la paix générale. Les États prussiens ne devaient être évacués par les troupes françaises qu'après l'entier acquitte* ment des contributions frappées sur le pays. Le roi de Prusse reconnut le blo* eus continental.

Ce prince conclut, le 8 septembre 1808, avec l'empereur, un traité pour l'évacuation de ses États, par lequel sa dette fut 8xée à 120 millions; ce qui porta les contributions payées par la Prusse pendant deux ans, soit en argent, soit en nature, à 684 millions. H s'engagea à n'avoir sur pied, pendant dix ans. qu'une armée de 42,000 hommes, et laissa les places de Stettins Custrin et Glogau, aux mains des Français, jusqu'à l'entier acquittement de la dette.

La Prusse ne prit aucune part à la cinquième coalition, et, le 24 février 1812, lorsque Napoléon se préparait à sa funeste expédition de Russie, elle s'engagea à lui fournir un contingent de 20,000 hommes; enfin, bientôt après, le maréchal Victor en rassembla 30,000

(*) Lavallée, Hht. des Français, U IV, p. 4>3o et stiiv.

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à Berlin, pour assurer les communications de l'armée française, surveiller le gouvernement et occuper les places.

Les 20,000 hommes formant le contingent de la Prusse furent placés sous le commandement du général York , à l'arrière-garde de la grande armée. On sait qu'ils furent les premiers à nousabandonner pendant la retraite ; mais les événements qui suivirent, et dans lesquels la Prusse joua l'un des plus grands rôles, ont trouvé ou trouveront leur place ailleurs; ce n'est pas ici le lieu de les raconter. Voyez, dans les Annales, l'histoire des deux restaurations, et dans le Dictionnaire, les articles Russie (expédition de), Fbance ( campagne de }, Watebloo ( campagne de), Sainte alliance, Vienne (Congrès de), etc.

Puget (Pierre), naquit a Marseille en 1022. Son père était architecte; il suivit cette carrière et à l'âge de seize ans il dirigea la construction d'une galère dont il fit lui-même les sculptures. Il partit ensuite pour l'Italie, où il étudia la sculpture et la peinture; travailla avec le Cortone, et revint, en 1643, dans sa patrie, riche de nombreuses connaissances. Sa réputation s'étendit rapidement. Le duc de Brezé , amiral de France , l'ayant appelé auprès de lui à Toulon , le chargea d'exécuter le vaisseau de guerre le plus magnifiquement décoré gue son imagination pût inventer. Ce Ait alors que Puget imagina c*s poupes colossales ornées d'un double rang de galeries saillantes et de figures en bas-relief et en ronde-bosse qu'on imita bientôt dans tous les ports et qui firent l'ornement de tous les vaisseau* de l'Europe. Le bâtiment la Heine, construit en l'honneur d'Anne d'Autriche et terminé en 1646, fut son chef-d'œuvre en ce genre. Dans un nouveau voyage qu'il fit à Rome pour y relever des dessins^il se prit d'une vive passion pour l'architecture et la sculpture en marbre; cependant, de retour dans sa patrie en 1653, il peignit encore un. trèsgrand nombre de tableaux d'église pour Marseille, Aix, Toulon, Cuers et la Ciotat; mais à la suite d'une maladie assez grave (1655), il abandonna la peinture pour se livrer exclusivement à la sculpture en marbre. Ixt porte et le balcon

de Vhôtel de ville de Toulon furent no premier ouvrage. Ce monument est entièrement de lui, il en fut l'architecte et le sculpteur.

La réputation de Puget était désormais parfaitement établie ; on l'envoyait chercher de toute part, soit pour construire des palais magnifiques , soit pour exécuter d'admirables sculptures.

De Normandie , où il venait d'exécuter Hercule et Janus et la Terre pour le marquis de Girardin, il vint à Paris ou Fouquet le chargea des sculptures et des embellissements de son château de Grand-Vaux , et l'envoya à cet effet à Carrare pour y choisir 'les marbres nécessaires. Il était à peine arrivé à Gènes qu'il apprit la disgrâce de son patron. Les Génois, appréciant son talent, le retinrent alors parmi eux, le comblèrent de biens et d'honneurs, et leur ville devint pour lui une seconde patrie. Il y exécuta la statue colossale du bienheureux Alexandre Sauii, celle de saint Sébastien ; le groupe de l'Assomption , la statue de saint Philippe Nériy le groupe de f Enlèvement d Hélène pour le palais Spinola , et un très* rand nombre d'autres sculptures et as reliefs.

Rappelé en France par Colbert, il fut nommé directeur de la décoration des vaisseaux à Toulon , et ce fut pendant son séjour dans cette ville qu'il exécuta, entre autres ouvrages, le groupe colossal de Milon, le grand basrelief d'Alexandre et Diogène, et celui û' Andromède, qui fut placé dans le pare de Versailles avec le groupe de Milos- La dernière production de ce grand maître est le bas -relief représentant la Peste de Milan, qui se voit à Marseille dans la salle du conseil de la Santé. Il mourut dans cette ville en 1694, avant d'avoir pu mettre la dernière main à cet admirable ouvrage.

François Puget son fils, architecte et assez bon peintre de portraits, mort en 1707, a laissé, entre autres ouvrages, un tableau qui se voit au Musée; il représente Lulli , Quinault et plusieurs autres poètes et artistes, au nombre desquels il s'est placé lui-même.

Puisaye (Le), petit pays de l'ancienne France , faisant partie du Gênais Orléanais , sur la rive droite de

PUISAYE FRANCK. PULLY

la Loire , et dont les principales villes étaient Saint- Fa rgeau, fileneau, Bonny et Saint-Amand.

Puisaye (Joseph, comte de), né à Mortagne en 1754 , fut officier dans les :ent-suisses ; siégea à l'Assemblée constituante, où il défendit les idées nouvelles; devint, en 1791, maréchal de »mp, embrassa le parti des fédérés îprès le 31 mai 1793; se mit à la téte Je l'armée départementale de l'Eure; fut raincu par l'armée conventionnelle, et finit par se faire royaliste. Retiré en Bretagne, il y organisa la chouannerie H lui donna une consistance qu'elle n'avait pas eue jusqu'alors. Revêtu, sous le îom de comte Joseph, du commandenenl de tout ce qui tenait encore pour a cause royale, il forma le projet de .'emparer de Nantes par surprise ; mais I échoua, et la garnison le poursuivit et 'attaqua avec vigueur. Réfugié dans le Morbihan, où il refit son armée, il repa- *ut en force dans la plaine située entre Plélan et Baignon , et y fut encore battu lar les troupes républicaines , quoique ;rès- inférieures en nombre. Après ces léfaites, il passa en Angleterre, pour y jréparer l'expédition de Quiberon, avec aquelle il revint en Bretagne.

Nous avons dit ailleurs^ (*) quel fut e résultat de cette expédition ; Puisaye ut du nombre de ceux qui échappèrent »u désastre, en se sauvant à bord des 'aisseaux du Commodore Waren.On l'acuisa de s'être vendu aux Anglais. S'il se *endit en effet coupable de cette trahi- ;on, c'est sur lui que doit retomber une >artie de l'horreur qu'inspira l'exécrable •onduite des Anglais dans cette circonsance. Car on dit qu'animés d'une joie 'éroce en voyant des Français s'égorger es uns les autres , ils tiraient sur les Jeux partis , mais dirigeaient surtout eurs boulets contre les rangs des royalistes, et cela dans le but de ruiner la marine française, dont les meilleurs officiers faisaient partie de la fatale expédition; exécrable conduite, avonsnous dit, qui transporta d'indignation zeux de leurs compatriotes qui étaient plus sensibles à l'honneur national q[u'au résultat utile d'une infâme politique; Pitt ayant osé dire dans le par-

(*) Voyez Qoiberqv.

lement, en parlant de cette désastreuse affaire : Du moins ffe sang anglais n'y a pas coulé ! — C'est vrai, s'écria Shéridan , à la fois rougissant de honte pour sa patrie, et transporté d'indignation contre le ministre ; c'est vraL comme vous dites f milord, le sang anglais n'y a pas coulé ; mais l'honneur anglais y a coulé à pleins bords.

Cependant Puisaye reparut encore en Bretagne, après la mort de Stofïlet et de Charette et la soumission de George Cadoudal. Retiré dans le département d'Ille-et- Vilaine , et toujours en correspondance avec l'Angleterre dont il sollicitait les secours, il fut attaqué par le général Rey; vaincu à Saint- Ouen de la Rouairie, vaincu de nouveau dans la forêt de Fougères, il essaya, mais vainement, de ranimer, par des circulaires et des proclamations, son parti complètement détruit. Resté encore en Bretagne après le 15 juillet 1796, époque où le Directoire annonça que la guerre civile était terminée, il lit de nouveaux efforts pour la ranimer; mais il n'y eut rien de sérieux dans les mouvements qu'il parvint à exciter.

Réfugié, après tous ces échecs, chez ses amis les Anglais, il obtint du ministère tory un établissement au Canada, et fut loin d'y faire fortune. Après 1814, il n'osa point rentrer en France , et se Qt naturaliser Anglais. Il mourut fort pauvre aux environs de Londres, en 1827.

Pully ( Charles - Joseph - Randon , comte de), né à Paris en 1751, entra au service, en 1768, dans le régiment de Berchiny (hussards), et il était, au commencement de la révolution, lieutenant-colonel du régiment de cavalerie de Royal-Cravate, dont il devint colonel le 5 février 1792. Employé , dans le courant de cette année, entre la Sarre et la Moselle, il contribua à l'occupation des hauteurs de Waren , et fut nommé général de brigade, le 19 septembre. Il s'empara, le 15 décembre, avec 1,200 hommes, de la montagne de Haem, qui était hérissée de canons et défendue par 3,000 Autrichiens. Promu au grade de général de division , le 8 mars 1793 , il tut chargé du commandement du corps des Vosges. Après le 9 novembre 1799, il commanda une division à l'armée d'Italie, et eut une grande part à la prise

Ttf PUT

de Saint-Alberto. Dans la campagne de 1804, il se distingua, à la téte des cuirassiers , au passage du Tagliamento. Il commanda , en 1809, une division contre les Autrichiens, et fut chargé, en 1813, d'organiser, à Versailles, le premier régiment des gardes d'honneur. Il fut misa la retraite le 4 septembre 1815.

Pultusk (bataille de). Le 26 décembre 1807, le maréchal Lannes arriva avec son corps d'armée devant Pultusk.

Le général russe Beningsen s'y trouvait avec les troupes qui avaient été battues à Masielsk. Lannes Ht ses dispositions et divisa son corps d'armée eu trois divisions d'attaque, commandées par les généraux Suchet, Gazan et Oaulhaune. Les Russes étaient en grand nombre et parfaitement retranchés. Le combat commença vers dix heures du malin et ne cessa qu'à la nuit. Nos soldats firent des prodigfs de valeur; mais les Russes se montrèrent de redoutables adversaires.

L'avantage qu'obtinrent les Français ne fut pas très-considérable. Cependant les Russes, craignant d'être débordés sur leur droite, évacuèrent leur camp et la ville de Pultusk pour se retirer à Ostrolenka.

Les Russes, sur le faux rapport du général Beningsen , célébrèrent le combat de Pultusk comme une victoire.

Pdhe (Michel de), abbé et homme de lettres, ne a Lyon en 1634, mort à Paris en 1680, est connu principalement par le ridicule dont Boileau l'a rouvert dans ses satires. On a de lui plusieurs pièces de théâtre , la vie du maréchal de 6assiony des traductions françaises des Institutions de Quintilien, de \ Histoire des Indes orientales et occidentales, de J .-P. Maffee, «le Y Histoire africaine, de Birago, I66G, w-12; etc.

Puy (le), Podium , ancienne capitale du Velay, aujourd'hui chef-lieu du département de la Haute-Loire. Ce n'était encore, au neuvième siècle, qu'un simple bourg; mais elle prit une grande importance après la ruine de Hevessio, dont le siège épiscopal fut transféré, vers cette époque, sur la montagne appelée Anis ou Anicium , où fut bâtie la ville du Puy.

Cette ville passa, en 975,atosi que le Velay, sous la domination des comtes d'Auvergne. £a 1029, l'église de Hotre-

Pl'T

Dame du Puy, qui jouissait déjà d'oi* grande célébrité , fut visitée par le roi Robert. Louis le Jeune séjourna dans cette vilte en 1 138, 1 146, 1 162 et 1169. Saint Louis y eut une entrevue avec le roi d'Aragon en 1243, et s'y arrto trois jours en 1254 , a son retour de la terre sainte. Quelques historiens prétendent que la statue de la sainte Vierçe qu'on voyait avant la révolution dam l'église cathédrale, avait été apportée d'Egvpte par ce prince. Philippe le Hardi lit un séjour au Puy en 1283, et Philippe le Bel, son (ils, y passa en revenant du Roussillon. Les Bourç»

gnons tentèrent de surprendre le Puy.

en 1419; mais les seigneurs du V> lay s'y enfermèrent et résistèrent au* assaillants, que commandait le prince d'Orange. En 1476, Louis XI fil un pèlerinage à l'église Notre-Dame ia Puy; il s'arrêta à trois lieues de la v ile et se rendit de la pieds nus jus^u'j U cathédrale , qu'il gratifia de 400 ea»

d'or, de plusieurs autres présents e:

de divers privilèges. Kn 1533, François 1er visita le Puy, où il fut recuavee une grande magnificence; il ordonna la réparation des murs de la ville, *»• quels il fit ajouter de nouvelles tour? et rétablit les fortifications du rocher de Corneille. En 1562, Blacons, Iteutrwi du baron des Adrets, tenta, sans succès, de s'emparer de celte ville, qui fa défendue avec un grand courage par^ habitants. En 1572, Antoine de Senn-v tère, évéque du Puy, sauva les relitf** naires du massacre de la Saint- Barthélémy, en les réunissant dans son pala»

et en leur faisant faire sur-le-chawp^ juration. En 1585, François de Cmguy, comte de Cbâtillon, tenta inutilement de surprendre le Puv. Kn tâ#.

Saint-Vidal, qui en était gouverne* força les habitants à embrasser le part de la ligue; l'autorité de Henri IV n* lut reconnue qu'en 1596.

On compte aujourd'hui au PuylirW habitants;* et l'on y remarque une magnifique cathédrale qui contient le tombeau du connétable du Gufsclin. Cest la patrie du cardinal de Polignac.

Puy (monnaies du). On attribue à w ville de Puy un tiers de sou d'or mérovingien dont voici la descrption anicio vacbto ; dans te champ une

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